Chronologie de la télévision française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Cet article est un portail concernant la chronologie de la télévision française, qui conduit vers les différents articles traitant des évènements, émissions et autres de la télévision française, classés par décennie :

Années 1930[modifier | modifier le code]

L'environnement technique se met en place, un début de standardisation apparaît.

René Barthélemy réalise la première transmission d'une image de trente lignes de Montrouge à Malakoff le . Henri de France fonde la Compagnie générale de télévision (CGT) en cette fin d'année 1931. L'années suivante, René Barthélemy réalise un programme expérimental en noir et blanc (définition : 60 lignes) d'une heure par semaine, « Paris Télévision ».

Années 1940[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre, le sort de la télévision française est pris en main par les Allemands qui créent la chaîne de télévision Fernsehsender Paris. Elle diffuse à partir du 7 mai 1943 vers 15h, d'abord des émissions pour distraire les soldats du Reich dans les hôpitaux. Les émissions sont faites au studio de la rue Cognacq-Jay.

Après la Libération de la France, et conformément au programme du CNR, les Français sont libérés de la propagande nazie ou collaborationniste. Le 23 mars 1945 est créée la Radiodiffusion française.

En 1949, la télévision s'adresse encore à un nombre très restreint de Français. Seuls 297 foyers possèdent un poste[1].

Un premier journal télévisé est diffusé le 29 juin 1949, une redevance sur les récepteurs (postes) de télévision est fixée. Le Tour de France s'invite sur les écrans[2].

Années 1950[modifier | modifier le code]

La technique est désormais maîtrisée, ce sont les programmes qui vont désormais créer l'événement. Ainsi, la retransmission en direct du couronnement d'Elisabeth II marquera les esprits. Les émissions mythiques se succèdent, La Vie des animaux, La Piste aux étoiles, La caméra explore le temps, 5 colonnes à la une, Discorama... Les premiers feuilletons apparaissent, la télévision enthousiasme ceux qui l'ont voulue culturelle et intelligemment divertissante. Les pionniers de cette époque ont façonné une télévision de qualité.

Il est vrai que le coût élevé des récepteurs à cette époque limite temporairement l'audience à une minorité relativement aisée, et ayant sans doute des exigences culturelles élevées elles aussi. Mais la télévision s'implante inexorablement : 24 000 postes sont recensés en 1952, 683 200 en 1957[3].

Un soin jaloux est apporté à ne jamais montrer quoi que ce soit qui puisse passer pour de la publicité clandestine. On va jusqu'à masquer par un velours noir la marque des pianos de concert, on tourne les étiquettes de bouteilles du côté opposé à la caméra, et un participant au Club des inventeurs qui présentait un dispositif verseur pour eaux, apéritifs et sirops se fera rabrouer en direct pour avoir évoqué un second modèle adapté à la forme des bouteilles de Perrier. Horresco referens.

Une publicité existe pourtant, mais uniquement pour des types de produits généraux, sans aucune précision de marque : concentré de tomates, fromage fondu, etc. Et la RTF informe les téléspectateurs de ses manifestations culturelles et des pièces de théâtre qui sont montées avec son appui : Rhinocéros d'Eugène Ionesco ou Caligula d'Albert Camus. Une émission de midi nommée Télé Paris présente chaque jour de la semaine les divers événements culturels de la capitale. Jacques Chabannes, l'un des trois animateurs de l'émission, est le premier à comprendre que la notoriété télévisuelle peut aider une carrière d'écrivain et publie avec succès son livre Prince Carolus.

L'opérette est présente chaque dimanche après-midi, dans le cadre du spectacle de divertissement populaire de qualité. Hélas, le répertoire du domaine n'étant pas illimité, on verra et reverra Les Cloches de Corneville, Véronique et Les Mousquetaires au couvent jusqu'à ce qu'une saturation - qui fut d'ailleurs préjudiciable à l'opérette - s'installe. Lointain écho de cette époque : la France restera longtemps le pays où on ne peut pas monter une comédie musicale à succès (même Starmania dans les années 1970 n'en sera pas un lors de sa sortie ; elle se rattrapera par la suite).

Années 1960[modifier | modifier le code]

C’est pour les jeunes la génération du Teppaz et du poste à transistors (vulgairement appelé transistor) de marque Pizon Bros ou autres, et c’est donc majoritairement sur la radio que ceux-ci se retrouvent. Un magazine pourtant est prévu pour eux, Âge tendre et tête de bois, d’Albert Raisner (de l’ancien trio Raisner), qui saura jouer des effets visuels pour conforter son audience, en particulier lors d'une confrontation tendue jouant de l’opposition de l’époque entre Johnny Hallyday et le chanteur Antoine.

La décennie voit le début des fameuses émissions de variété de Maritie et Gilbert Carpentier.

Lors de l’élection présidentielle de 1965, 40 % des Français possèdent un téléviseur. (Source : France 5, Pouvoir et télévision 12/2/2006). En 1967, début des émissions en couleur de la deuxième chaîne.

Années 1970[modifier | modifier le code]

Cette décennie est marquée par la montée du nombre de postes de télévision en couleurs. Dès 1970, le nombre de téléviseurs couleurs vendus en France dépasse celui des téléviseurs en noir et blanc. La publicité devient plus attractive pour les annonceurs, à la fois à cause de la couleur et du nombre grandissant de postes. Elle commence elle aussi son ascension.

Jean-Michel Folon et Ennio Morricone créent le générique d'Italiques (ORTF), animée et produite par Marc Gilbert, en couleur qui deviendra le générique de référence des chaînes pendant 36 ans.

Un nouveau style d'émissions de vulgarisation scientifique apparaît, qui utilise de grandes maquettes pour ses démonstrations et cherche à tenir en permanence le spectateur en haleine : c'est la Planète bleue du jeune présentateur Laurent Broomhead, dont la pétulance assurera le succès de ce nouveau genre.

Yves Mourousi, présentateur et rédacteur en chef du journal de 13 heures de TF1 à partir de 1975, réalise les premiers directs aux quatre coins du monde.

Années 1980[modifier | modifier le code]

C'est cette fois-ci le magnétoscope, dont s'équipent de plus en plus de foyers français, qui change légèrement la donne. Les émissions culturelles tardives (outre qu'elles permettent aux parents de jeunes enfants de les regarder à l'heure où ceux-ci sont couchés) cessent de poser problème. Apostrophes, qui est devenue une institution, pourra être décalée de 21h30 à 22h30 sans trop perdre de son audience.

Années 1990[modifier | modifier le code]

Le son avait été jusque-là négligé par les fabricants de téléviseurs, dont les appareils n'avaient, pour la plupart, qu'une qualité médiocre, très inférieure à celle d'une chaîne de salon. Le procédé de transport du son (modulation d'amplitude) ne permettait toutefois pas une transmission de qualité non plus. Tout cela change avec l'arrivée du procédé Nicam qui apporte à la fois la haute-fidélité et la stéréophonie aux spectateurs qui le désirent. C'est peu à peu la notion de home cinema qui est en train d'émerger.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Le , la télévision numérique terrestre (TNT) est lancée : 14 chaînes gratuites (dont 5 nouvelles : Direct 8, W9 (du groupe M6) NT1, NRJ 12 et France 4) ont pour but de compléter les chaînes déjà disponibles (TF1, France 2, France 3, Canal+, France 5/Arte, M6). L'achat d'un adaptateur est néanmoins nécessaire à la réception de celles-ci, elles sont malgré tout proposées, en partie, sur le câble, le satellite et l'ADSL.

Un problème juridique commence à se manifester : il est licite d'enregistrer une émission reçue sur son téléviseur (dans le cadre du droit de copie privée du 11 mars 1957), et cela qu'on soit présent au moment de l'enregistrement ou non. Comment alors déclarer illicite le chargement le lendemain de la même émission en peer to peer ? Les numériscopes commencent de surcroît à apparaître, dans le même temps que des documentaires de la BBC britannique, du PBS américain et de France 5 commencent à se distribuer largement sur le Net. France 5 prend soin de préciser au début de certains de ses programmes, pour éviter tout malentendu, que leur usage est libre dans le cadre d'une salle de classe.

Années 2010[modifier | modifier le code]

Le Sécam (Système électronique de commutation à mémoire) qui est exploité en couleur depuis 1967 uniquement par les émetteurs de télédiffusion terrestre (analogiques) et l'offre de base des réseaux câblés sera définitivement abandonné en 2011. De ce fait, le signal PAL (625 lignes) et ses déclinaisons numériques (SD, ED, et HD) deviendra le standard employé par le plus grand nombre de pays au monde (contre le NTSC- 525 lignes et ses variantes pour les autres pays).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Évelyne Cohen, Marie-Françoise Lévy, Avner Ben-Amos, La télévision des trente glorieuses. Culture et politique, CNRS, , p. 8
  2. source: émission « Pouvoir et télévision » sur France 5, le 11 février 2006
  3. Marie-Françoise Lévy, La télévision dans la République. Les années 50, Editions Complexe, , p. 12

Voir aussi[modifier | modifier le code]

La mort d'une chaine: La Cinq (Documentaire) La mort d'une chaine: TV6 (chaîne musicale)

Lien interne[modifier | modifier le code]