Henri Ier de Champagne

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Henri Ier de Champagne
Image illustrative de l’article Henri Ier de Champagne

Titre Comte de Champagne
(1152 - 1181)
Prédécesseur Thibaut II de Champagne
Successeur Henri II de Champagne
Allégeance Roi de France
Biographie
Dynastie Maison de Blois
Surnom Le Libéral ou Le Large
Naissance
Vitry
Décès
Troyes
Père Thibaut II de Champagne
Mère Mathilde de Carinthie
Conjoint Marie de France
Enfants Henri II de Champagne
Marie de Champagne
Thibaut III de Champagne
Scholastique de Champagne

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Blason des comtes de Champagne

Henri Ier de Champagne dit le Libéral ou le Large, né en à Vitry et mort le à Troyes, est comte de Champagne et de Brie de 1152 à 1181. Il est le fils aîné du comte Thibaud II le Grand et de Mathilde de Carinthie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Période d'apprentissage[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Né en 1127 au château de Vitry, il est le fils aîné du comte Thibaud II le Grand et de Mathilde de Carinthie.

Il est mentionné pour la première fois dans une charte de 1132, réalisée par son père et le prieuré de Sainte-Foy de Coulommiers. Il semble accompagner très jeune ses parents dans leur charge comtale. Ainsi, à partir de 1134, son père l'associe au pouvoir et il commence à donné son consentement sur les chartes en signant d'une croix. Il signe de son sceau pour la première fois dans une charte de 1145. La même année, il réalisera sa première charte.

Au cours de sa jeunesse, Henri a notamment côtoyé Bernard de Clairvaux, un ami proche de son père, et probablement son oncle Étienne de Blois qui fut roi d'Angleterre de 1135 à 1154.

Fiançailles[modifier | modifier le code]

En 1143, son père, craignant une guerre avec le roi de France Louis VII le Jeune, cherche de nouveaux alliés. A cet effet, il négocie avec Thierry d'Alsace, comte de Flandre, les fiançailles entre sa fille Laurette et Henri, ainsi que celles entre une sœur d'Henri avec Yves de Nesle, comte de Soissons. Toutefois, aucun de ces mariages n'eut lieu, peut-être pour cause de parenté (conformément à ce que défend le roi) ou alors selon une condition de paix entre le roi et le comte qui eût été la renonciation à ces alliances.

Un autre projet se forme toutefois rapidement et qui semble encore plus profitable pour le jeune prince.

Depuis la signature du traité de Vitry, la paix était revenue entre Thibaud et Louis VII, et le jeune Henri fut alors fiancé à Marie de France, fille du roi et d'Aliénor d'Aquitaine. Le couple royale n'ayant encore pas d'enfant mâle, Marie est donc héritière présomptive de la Guyenne et du Poitou, et est par conséquent un parti fort recherché.

Louis VII avait d'abord voulu fiancer sa fille à Henri Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, fils de Geoffroy V d'Anjou, comte d'Anjou et du Maine, et de Mathilde d'Angleterre, comtesse d'Anjou, duchesse de Normandie. Mais Bernard de Clairvaux s'opposa à ce projet à cause de consanguinité entre les deux partis et Louis VII abandonna donc cette idée.

Marie fut alors fiancée à Henri. Toutefois, compte tenu de l'age de la jeune fille, le mariage eu lieu beaucoup plus tard. La date exacte de ces nouvelles fiançailles n'est pas connue mais est probablement antérieure de peu au départ d'Henri pour la Terre Sainte, soit vers 1147.

Départ en Terre Sainte[modifier | modifier le code]

Saint-Bernard prêchant la 2e croisade, à Vézelay, en 1146.

À la suite de la chute d'Édesse en 1144, le pape Eugène III, ancien moine à Clairvaux et disciple de Bernard de Clairvaux, lance en la deuxième croisade. Bernard prêche cette croisade le , jour de Pâques, à Vézelay en présence du roi Louis VII le Jeune et de la reine Aliénor d'Aquitaine.

A l'instar de son roi et de sa reine, ainsi que de nombreux autres nobles ou évêques, le jeune Henri décide de prendre la croix.

Henri et les autres croisés français partent donc de Metz, lieu de départ de la croisade, en , et prennent par voie terrestre à travers l'Allemagne.

Henri, qui n'avait pas encore été armé chevalier, parti avec une lettre de Bernard de Clairvaux adressée à l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène lui demandant de bien vouloir armer chevalier le jeune prince, ce qu'accepta de faire le basileus à Constantinople.

Lors de la route vers Édesse, Henri fait partie des survivants de la défaite subie lors de la bataille du défilé de Pisidie le .

Les croisés sont ensuite harcelés par les Turcs seldjoukides, mais Henri s'illustre particulièrement sur la bataille des bords du Méandre.

Henri accompagne ensuite le roi Louis VII à Antioche le puis à Jérusalem. Le , il est au concile d'Acre afin de définir la meilleure cible pour la croisade. Il participe ensuite au siège de Damas le qui est une défaite majeure des croisés et qui mène au démantèlement de la croisade. Néanmoins, Henri s'y couvre de gloire et y gagne l'estime de son roi.

A la demande de son père et par l'intermédiaire de Saint-Bernard, Henri rentre de croisade avant Louis VII et commence son voyage de retour fin 1148 et début 1149.

Lors de son voyage de retour, pendant qu'il traversait sur mer une tempête particulièrement violente, Henri fait vœu à Saint Nicolas que s'il pouvait revoir son pays, il établirait un chapitre de trois chanoines dans l'église de Pougy, ce qui fut fait cinq ans plus tard, le . A cette libéralité, le seigneur de Pougy Eudes et ses frères Manassès et Renaud y ajoutèrent deux autres chanoines et divers autres dons.

Retour en Champagne[modifier | modifier le code]

Représentation d'une joute.

Henri est de retour dans le comté de Champagne vers la moitié de l'an 1148. En qualité de chevalier, son père lui donne en apanage les seigneuries de Vitry et de Bar-sur-Aube.

Comme beaucoup de jeunes nobles de cette époque, Henri participe volontiers à divers tournois, bien que l'église ait interdit ces pratiques. Bernard de Clairvaux essaya notamment d'empêcher un tournoi organisé par Henri et Robert de Dreux, frère du roi Louis VII le Jeune.

Début 1152, la mort de son père Thibaut II mène à l'avènement d'Henri au comté de Champagne. Parmi ses frères puînés, Thibaut hérite des comtés de Blois, de Châteaudun et de Chartres, tandis qu'Étienne obtient le comté de Sancerre. Le plus jeune des quatre frères, Guillaume, mènera quant à lui une carrière ecclésiastique et sera évêque de Chartres, archevêque de Sens puis archevêque de Reims.

Avènement au comté de Champagne[modifier | modifier le code]

Guerre contre les Plantagenêt[modifier | modifier le code]

En tant que nouveau comte de Champagne, un des premiers acte politique d'Henri est de soutenir le roi Louis VII le Jeune contre Henri Plantagenêt dans le conflit entre Capétiens et Plantagenêt.

Outre les lois féodales qui obligeaient les vassaux à défendre par les armes leur suzerain, Henri est également fiancé à la fille de Louis VII. De même, Henri II a longtemps été en guerre avec Étienne de Blois, son prédécesseur au trône d'Angleterre et oncle d'Henri. De plus, Henri II refusait de rendre hommage pour la ville de Tours à Thibaut, comte de Blois, frère et vassal d'Henri.

Après la Saint-Jean de l'an 1152, Louis VII et Henri, accompagnés d'Eustache IV de Boulogne (fils d'Étienne de Blois et donc cousin d'Henri), Robert de Dreux (frère du roi de France) et Geoffroy VI d'Anjou (oncle d'Henri Plantagenêt, qui s'estime lésé dans son héritage), chevauchent sur la Normandie et l'Anjou, dans l'intention de se partager leurs conquêtes à eux-cinq. Ils font le siège de Neuf-Marché, mais Henri Plantagenêt revient pour défendre sa ville et les assiégeants doivent se retirer après avoir signé une trêve.

L'année suivante, Louis VII chevauche à nouveau en Normandie et prend Vernon et Neuf-Marché avant de devoir signer une nouvelle trêve dont une des conditions est la restitution de ces deux villes, mais on ne sait si le comte Henri l'a accompagné.

Guerre avec son frère Étienne de Sancerre[modifier | modifier le code]

Grace à l'intervention d'Henri, un de ses plus fidèles chevaliers, Anseau de Traînel, qui l'avait accompagné en Terre-Sainte, fut fiancé en 1153 avec Alix (ou Mathilde), fille de Geoffroi III de Donzy, dont les fiefs étaient voisins de la Champagne. Le mariage fût projeté à une date ultérieure, probablement à cause du jeune âge de la demoiselle, et Anseau et Henri rentrèrent chez eux. Puis, Étienne de Sancerre, frère cadets d'Henri, demanda à Geoffroi III de Donzy la main de sa fille, ce qui celui-ci accepta malgré les fiançailles précédentes et fit même une dot plus importante que pour le seigneur de Traînel.

Une fois informé de la situation, celui-ci en appelle au comte de Champagne qui se trouve personnellement outragé par son frère et vassal qui viole un traité qu'il a lui-même ratifié. Anseau est accompagné dans sa requête par Hervé de Donzy, fils de Geoffroi III, car il estimait que son père dilapidait ses terres dans la dot de sa sœur. Henri porte l'affaire devant le roi de France Louis VII le Jeune. Le roi mène alors une armée avec le comte de Champagne, Thibaut V de Blois, Anseau de Traînel et Hervé de Donzy et assiège puis prend Saint-Aignan où se trouvent Étienne de Sancerre et sa femme. Ce dernier est obligé d'accepter un accord à l'amiable. Il doit restituer la dot de se femme au frère de celle-ci, Hervé de Donzy, et Anseau de Traînel garde la dot qu'il avait initialement négocié avec Geoffroi III de Donzy. Toutefois, le mariage entre Étienne de Sancerre et Alix de Donzy ayant été fait publiquement et consommé, ils purent rester ensemble.

Rôle d'arbitre[modifier | modifier le code]

Une fois la couronne comtale ceinte, Henri sert d'arbitre pour les grands de ce monde.

En 1152 le pape Eugène III, ancien moine de l'abbaye de Clairvaux, lui demande d'intervenir pour régler un litige entre l'abbé de Vézelay et les bourgeois de la ville. En 1152, Anastase IV, successeur d'Eugène, refera la même demande.

En 1155, il est désigné par le roi des Francs Louis VII le Jeune comme juge pour un différend entre l'évêque de Soissons et le chapitre de chanoines.

Henri ne joue alors plus de grand rôle pendant environ cinq ans, ce qui laisse envisager un refroidissement entre lui et le roi, dont il n'épouse toujours pas la fille bien qu'il en fût le fiancé depuis 1147. Le rapprochement de son frère Thibaut, comte de Blois, et d'Henri II d'Angleterre fût probablement également une cause de ce refroidissement. Thibaut prit même part à une expédition anglaise contre la ville d'Agen.

Beau-frère du roi Louis VII[modifier | modifier le code]

Adèle de Champagne et Louis VII dans une enluminure du XIVe siècle.

Thibaut V de Blois, frère cadet d'Henri, se rapproche d'Henri II d'Angleterre. En , il cède au roi anglais Amboise et Fréteval, avec la médiation de Louis VII, momentanément réconcilié avec le roi d'Angleterre. Mais en 1159, le conflit entre les deux rois reprend, et Thibaud se trouve dans le camp anglais lors d'un attaque sur Agen.

Mais en 1160, un événement va changer des allégeances. Le , la reine de France Constance de Castille décède. Très vite, le roi Louis VII cherche de nouvelles alliances et épouse le Adèle de Champagne, sœur d'Henri, comte de Champagne, de Thibaut, comte de Blois, de Châteaudun et de Chartres et d'Étienne, comte de Sancerre.

Les trois frères font donc front commun sous la bannière du roi de France et font leurs préparatifs de guerre afin de soutenir leur suzerain.

Rôle dans le schisme du christianisme[modifier | modifier le code]

En 1159, à la mort du pape Adrien IV, Alexandre III est élu comme successeur. Toutefois, quelques évêques ne reconnaissent pas ce résultat et proclament Victor IV comme pape (candidat soutenu par l'empereur Frédéric Barberousse) qui prend militairement possession de Rome ce qui oblige Alexandre III à fuir vers la France.

Louis VII, qui soutient Alexandre III, charge Manassès de Garlande, évêque d'Orléans, de trouver Henri afin de négocier avec Frédéric Barberousse pour juger de la validité des élections pontificales, avec la promesse de ratifier tous les arrangements que le comte prendrait.

Henri, qui était possiblement parent avec Victor IV par sa mère Mathilde de Carinthie, se charge de rencontrer l'empereur, mais il est possible qu'il ait eu préalablement avec lui une entrevue dans laquelle avait été préparé le rôle qu'il voulait jouer au profit de l'antipape Victor, en abusant du roi de France.

Le couronnement d'Alexandre III.

En 1162, une première rencontre a lieu à la limite de l'Empire et de la France afin de choisir des arbitres dans le clergé et dans le baronnage, tant français qu'allemand, afin juger de la validité de l'élection des deux papes. Le comte Henri se porte alors caution de la ratification de ce jugement par le roi de France, et de se livrer personnellement comme otage à l'empereur dans le cas où le roi refuserait le verdict puis de lui faire hommage des fiefs qu'il tient du roi de France.

Le eu lieu à Saint-Jean-de-Losne la rencontre entre le roi des Francs et l'empereur accompagné de Victor IV. Mais comme Alexandre III a refusé de venir (probablement par crainte de tomber entre les mains de l'empereur, ainsi qu'à cause de l'inconvenance de soumettre à un jugement), Frédéric Barberousse demande au roi de soumettre à l'antipape et à Henri de se soumettre à son serment de se porter prisonnier. Louis VII, qui n'était pas informé de cette dernière résolution, obtient par l'intermédiaire d'Henri de reporter l'entrevue de trois semaines et laisse comme caution à l'empereur le duc de Bourgogne, le comte de Flandre et le comte de Nevers.

Le , Louis VII, Alexandre III et Henri reviennent à Saint-Jean-de-Losne, mais l'empereur ne vient pas. Seul se présente à midi son chancelier Rainald von Dassel, archevêque de Cologne, qui annonce que seuls les prélats soumis à l'empire romain ont qualité pour être juges de la validité de l'élection du pape, et que les évêques et le clergé accompagnant le roi sont présents seulement à titre d'amis et d'alliés. Louis VII, estimant la parole de l'empereur rompue se déclare dégagé de sa parole.

Le soir venu, l'empereur se présenta mais face à l'absence du roi envoya une ambassade le chercher à Dijon. Louis VII refusa de l'écouter et l'empereur déclare ses engagements remplis et ceux du roi violés. Il fit des menaces de guerre et somma Henri de tenir son serment. Les menaces de guerre restent sans résultats, mais Henri, se croyant lié (et conservant peut-être un soutien pour la cause de l'antipape), se livre prisonnier à l'empereur. Pour sa liberté, il fit hommage à l'empereur de neuf châteaux mouvant du comté de Champagne : Bourmont, Dampierre-le-Château, Possesse, Reynel, La Fauche, Gondrecourt, Cernay-en-Dormois, Raucourt et Belrain.

Après ces événements, il semble qu'Henri soit resté en bon terme avec Louis VII (ils sont ensemble à Châlons en 1163) et Frédéric Barberousse, mais il refusa d'aller rendre visite au pape Alexandre III, qui vivait alors à Sens et était donc son voisin du au . Henri semble également être partisan de Pascal III, antipape successeur de Victor IV.

Vers la fin de 1164, Henri rencontre une nouvelle fois Frédéric Barberousse pour reprendre les négociations entamées à Saint-Jean-de-Losne puis part à Paris pour en parler avec le roi, mais en vain.

Mariage avec Marie de France[modifier | modifier le code]

En 1164 , il épouse Marie de France, fille de Louis VII le Jeune et d'Aliénor d'Aquitaine, avec qui il était fiancé depuis près de dix-sept ans et dont il aura quatre enfants.

A peu près à la même période, son frère Thibaut, comte de Blois, de Châteaudun et de Chartres, épouse Alix de France, sœur de Marie, et donc également fille de Louis VII le Jeune et d'Aliénor d'Aquitaine. Mais le comte Henri n'assista pas au mariage de son frère et de sa belle-sœur.

Succession au duché de Bourgogne[modifier | modifier le code]

En 1162, le duc de Bourgogne Eudes II décède, laissant le régence du duché à sa femme Marie de Champagne, sœur du comte Henri, qui est également tutrice de leur fils Hugues III de Bourgogne âgé d'environ quatorze ans et donc trop jeune pour régner.

Vers 1163, Hugues, sous les impulsions de plusieurs de ses barons, se fâche avec sa mère pour se libérer de sa tutelle.

Vers , Marie est alors chassée de la cour et privée de son douaire, et se voit ainsi obligée de demander l'aide du roi des Francs Louis VII le Jeune, qui convoque la mère et le fils pour rendre justice, mais ce dernier ne répond pas à la convocation.

Après plusieurs avertissements qui restent sans réponse, le monarque commence à faire ses préparatifs de guerre. Hugues III fait alors alliance avec l'empereur du saint empire germanique Frédéric Barberousse, qui envoi alors le comte de Champagne Henri servir de médiateur auprès du roi et du duc. Henri semble avoir réussi à rétablir la paix entre Hugues et sa mère, sans avoir besoin au recourt armé du roi de France ou de l'empereur germanique[1]

Soutien à Thomas Becket[modifier | modifier le code]

Persécuté par Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, l'archevêque de Cantorbéry Thomas Becket est obligé de fuir l'Angleterre en 1164 et se rend à Sens demander l'aide au Pape. Il reste pendant presque deux ans dans l'abbaye de Pontigny, jusqu'à ce que les menaces d'Henri en 1166 l'obligent à se rendre de nouveau à Sens où il demeura à l'abbaye Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens.

Tout comme le roi Louis VII le Jeune, le comte Henri témoigne d'une vive sympathie à l'archevêque exilé. Il reçoit du pape Alexandre III une lettre le remerciant de sa sympathie à Thomas Becket et l'exhortant de continuer à le soutenir.

Le comte Henri tient également pendant cette période une correspondance avec Jean de Salisbury, secrétaire, ami et compagnon d'exil de Thomas Becket et futur évêque de Chartres, et qui a résidé successivement à l'abbaye de Montier-la-Celle puis à l'abbaye Saint-Remi de Reims, dont l'abbé était Pierre de Celle.

Seconde affaire de Vézelay[modifier | modifier le code]

En 1165, Guillaume IV de Nevers, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, eut un litige avec l'abbaye de Vézelay et son abbé Guillaume de Mello. Le , Guillaume de Nevers entre à Vézelay à la tête d'une armée et saisit les biens et les revenus de l'abbaye. Les moines prirent la fuite et portèrent l'affaire devant le roi des Francs Louis VII le Jeune.

Alors que le roi commence à rassembler l'ost, le comte Henri et son frère Thibaut, comte de Blois, de Châteaudun et de Chartres, assistés d'Anseau de Traînel, se portent alors comme médiateurs entre le comte de Nevers et l'abbé de Vézelay et reçoivent les félicitations et les encouragements du roi. Mais le comte de Nevers refuse l'arbitrage des deux frères ainsi que le montant compensation financière qu'il avait été condamné à payer en dédommagement à l'abbaye. Le roi en fut irrité et convoque son armée à Sens. Effrayé, Guillaume de Nevers, envoie Guillaume de Dampierre, connétable de Champagne, promettre sa soumission. Le roi désigne alors son frère Henri de France, archevêque de Reims, et le comte Henri pour arbitrer et mettre fin à cette querelle.

Nouvelles négociations avec l'empereur Barberousse[modifier | modifier le code]

Fin 1167 ou début 1168, le comte Henri est de nouveau envoyé en ambassade auprès de l'empereur du saint empire germanique Frédéric Barberousse, qui se trouve alors en Italie après sa défaite à Rome, qui voit son armée ruinée par la faim et la maladie et qui doit faire face à la ligue lombarde, afin de négocier le mariage du fils du roi de France Louis VII le Jeune, Philippe Auguste alors âgé d'environ deux ans, avec la fille de l'empereur Frédéric Barberousse, Sophie.

Henri avait à cœur la réalisation de ce projet, mais que l'église voyait avec inquiétude. À la suite de la pression du clergé, le projet échoua.

Ce projet de mariage reprit cinq ans plus tard, on ne sait pas si Henri fit partie des négociations, mais échoua définitivement.

En 1171 ou 1172, le comte Henri sert encore une fois d'ambassadeur avec Louis VII le Jeune auprès de Frédéric Barberousse, entre Toul et Vaucouleurs, où les deux monarques prirent l'engagement de chasser de leurs terres et de celles de leurs barons, situées entre le Rhin, les Alpes et la ville de Paris, tous les mercenaires, brabançons ou cotereaux, l’exception de ceux qui s'étaient mariés dans le pays ou qui avaient contracté un engagement à vie avec un baron. Parmi les nombreux seigneurs présents, ce fut le comte Henri que le roi choisit pour jurer en son nom l'observation du traité.

Lutte avec l'épiscopat champenois[modifier | modifier le code]

L'hostilité du comte Henri contre le pape Alexandre III, que le clergé français entier reconnaissant comme chef de l'église, eut des répercutions dans ses relations avec les évêques de ses états.

Outre l'élection de ce pape, il attaqua aussi la légitimité de l'élection de Gui de Dampierre, fils de Gui Ier, seigneur de Dampierre, de Saint-Dizier et de Moëslains et vicomte de Troyes, et d'Helvide de Baudement, élu en 1162 à l'évêché de Chàlons et qui mourut l'année suivante, sans avoir pu être sacré.

Il eut des conflits avec Geoffroy de Rochetaillée, évêque de Langres, ainsi qu'avec son successeur Gautier de Bourgogne, fils d'Hugues II, duc de Bourgogne. Gautier porta plainte auprès du roi des Francs Louis VII le Jeune. Ce dernier qui devait rencontrer le roi d'Angleterre Henri Plantagenêt à Gisors le , convoqua les deux parties afin de rendre un jugement en présence d'un grand nombre de barons. Le comte Henri refusa de s'y rendre, estimant qu'il n'avait pas le temps de consulter ses barons compte tenu de la gravité de la situation.

Vers 1165, il a un contestation avec l'évêque de Meaux Étienne de la Chapelle. Afin de lui nuire, Henri fit fabriquer en métal de mauvais aloi des deniers semblables à ceux de la ville de Meaux, où le droit de frapper monnaie appartient à l'évêque. Lorsque ce fut de notoriété publique, les deniers de Meaux étaient acceptés à un cours inférieur, voire même refusés. Henri dut reconnaitre ses torts et jurer la main sur les reliques de respecter les droits du prélat. Les trois seigneurs Anseau II de Traînel, Eudes de Pougy et Hugues III de Plancy prêtent serment et se portent caution pour le comte.

Henri eut également une lutte ardente contre l'archevêque de Reims Henri de France, ancien moine de l'abbaye de Clairvaux, frère du roi des Francs Louis VII le Jeune, et grand partisan du pape Alexandre III. En 1167, ce dernier provoqua la colère des habitants de Reims à cause de l'instauration d'une nouvelle taxe. Les habitants se soulevèrent, s'emparèrent de la ville et jetèrent hors des murs les officiers et amis de l'archevêque. Le prélat demanda l'aide de son frère Louis VII le Jeune tandis que les habitants cherchèrent l'aide du comte Henri. Celui-ci refusa d'intervenir et conseilla aux rémois de se soumettre au roi, qui fit raser cinquante maison pour châtiment.

Quelques années plus tard, l'archevêque de Reims voulu sécuriser la route entre Reims et Châlons qui étaient infestées de brigands qui avaient refuge dans la forteresse de Sempigny. Henri de France leva une armée et rasa cette forteresse. Afin de défendre cette route, il fit construire la château de Sept-Saulx, non loin de Sempigny, ainsi que ceux de Courville, Cormicy, Chaumuzy, Bétheniville en plus de celui de Reims. Le village de Sept-Saulx dépendait de l'abbaye de Saint-Remi de Reims. Pierre de Celle, abbé de Saint-Remi, donna son consentement à l'établissement de cette citadelle, mais le comte Henri prétendit que l'archevêque n'avait pas le droit d'élever une construction militaire si prés des domaines du comté de Champagne. De plus, à la même époque, l'archevêque menaça de guerre Guermond de Châtillon, seigneur de Savigny et vassal du comte de champagne.

La guerre entre les deux Henri commença sans que l'on sache lequel commença. Les armées du comte, accompagnées de mercenaires cotereaux, pénétrèrent dans les domaines de l'archevêché et se livrèrent au pillage, tuant les hommes et les femmes ou les faisant prisonniers pour ne les mettre en liberté que moyennant rançon. Une église fut brûlée avec trente-six malheureux qui s'y étaient renfermés. L'archevêque répondit à cet excès par une sentence d'excommunication qu'il lança contre le comte, mais il ne la fit pas publier. Le comte Henri propose un trêve que archevêque accepte à trois conditions : qu'elle n'entraînerait pas la levée de l'excommunication ; que le statu quo serait maintenu ; et que le butin enlevé serait rendu. Une fois la trêve expirée, le butin n'ayant pas été restitué, le prélat fit publier l'excommunication dans tout l'archevêché.

Le comte Henri demanda au pape la réformation de la décision archiépiscopale et lui envoya deux ambassadeurs, qui affirmèrent que les hommes de l'archevêque avaient les premiers franchi la frontière et que les leurs avaient envahi la terre de l'archevêque uniquement en poursuivant l'armée du prélat vaincue et mise en fuite, et soutinrent que l'excommunication était nulle car préalablement à sa prononciation, le comte avait signifié son intention d'en appeler au pape. Les ambassadeurs de l'archevêque prétendirent que cette notification d'appel était nulle car le comte avait fait postérieurement acte d'hostilité et rappelèrent l'église brûlée, les hommes tués, les prisonniers faits et les demandes de rançons. À la suite du désaccord entre les deux parties, le pape demanda une enquête à l'archevêque de Tours et à l'évêque d'Autun afin de juger l'affaire. Comme l'affaire se compliquait de droit féodal, le pape Alexandre III pria le roi des Francs Louis VII le Jeune de juger ou de faire juger cette question. L'affaire se termine en 1171 ou 1172 par l'intermédiaire de Louis VII le Jeune, de l'archevêque de Tours et de l'évêque d'Autun, comme le souhaitait le pape.

Le comte Henri eut également un différend de nature inconnue avec l'évêque de Troyes Matthieu. L'affaire a soulevé l'indignation d'un chroniqueur contemporain anonyme qui indique que le pape avait été sollicité.

Fin de règne[modifier | modifier le code]

Nouvelle guerre contre les Plantagenêt[modifier | modifier le code]

En 1167, la guerre repris entre Louis VII le Jeune et Henri II Plantagenêt à la suite d'une querelle sur la manière dont l'argent destiné aux États latins d'Orient devait être collectée et envoyée. Louis VII attaqua la Normandie. Henri II répondit en attaquant Chaumont-sur-Epte où se trouvait le principal arsenal français. Un trêve fut conclue, et le comte Henri fut chargée de négocier une paix définitive. Mais comme le comte et le monarque anglais cherchaient à se surpasser l'un et l'autre en astuce, ces négociations furent inutiles.

En 1168, à Soissons, le comte Henri et Philippe d'Alsace, comte de Flandre, qui s'était associé aux négociations, présentèrent au roi une proposition de paix, que ce dernier accepta. La paix n'arriva qu'en 1169 où les deux monarques se réconcilièrent à Montmirail.

Mais la paix ne dura pas longtemps. Louis VII le Jeune encouragea les tensions entre Henri II et ses fils Henri le Jeune, Richard Cœur de Lion et Geoffroy.

En 1173, l'armée française, dont faisaient partie le comte Henri ainsi que son frère Thibaut, fit le siège de Verneuil avant de battre en retraite.

En 1174, l'armée française, dont fait toujours partie le comte Henri met le siège devant Rouen, mais doit se retirer faute de vivres.

Le , Henri le Jeune se réconcilie avec son père et lui jure fidélité, avec la cautionnement du roi français et de divers barons français dont le comte Henri.

Légende d'Anne Musnier[modifier | modifier le code]

En 1175, trois chevaliers, mécontents du comte de Champagne, avaient tramé un complot contre lui. Anne Musnier, probablement originaire des Noës, qui avait découvert leur plan réussi à tuer le meneur et à faire arrêter les deux autres, qui avouèrent sous la torture leur projet.

Le comte Henri les fit pendre au gibet et accorda à Anne Musnier, en remerciement, des privilèges particuliers, qu'elle pu transmettre à ses filles, ainsi qu'aux époux de celle-ci, eux aussi considérés comme héritiers, pendant près de cinq siècles (ce fait sera appelé hoirs Musnier).

Si ces privilèges particuliers sont avérés, aucun chroniqueur n'a rapporté cet acte d’héroïsme, mais seulement la tradition orale. Il n'est donc pas impossible que cette histoire ait été embellie, voir même inventée, peut-être par les héritiers d'Anne Musnier afin de justifier leurs privilèges.

Certains historiens affirment qu'Anne Musnier a également été anoblie.

D'autres disent qu'Anne Munsier aurait obtenu ces privilèges car elle aurait été la maîtresse du comte Henri[2].

Nouvelle Croisade[modifier | modifier le code]

En 1177 ou 1178, sur les exhortations d'Henri de Marcy, abbé de Clairvaux, le comte Henri décide de prendre la croix une seconde fois lors d'une assemblée solennelle.

Le départ eu lieu vers le milieu de l'année 1179. Le nombre de croisés était important, mais il y avait peu de grands seigneurs : Pierre Ier de Courtenay, frère du roi Louis VII le Jeune, Philippe de Dreux , évêque de Beauvais, fils de Robert de France, Henri de Grandpré et son frère Geoffroi de Balan. Henri fut naturellement nommé chef de cette expédition.

De Troyes il passe par Châtillon-sur-Seine et Dijon, où il visite l'abbaye de Saint-Bénigne, et embarque probablement à Marseille. Sur sa route, il croise à Brinses l'archevêque de Tyr et historien des croisades Guillaume de Tyr. Puis il débarque à Saint-Jean-d'Acre.

A son arrivée, Saladin faisait le siège de la forteresse de Tibériade. Baudouin IV, roi de Jérusalem, réunit les croisés à l'armée des barons de Terre-Sainte afin d'aller secourir la place. Mais l'opération est trop lente et Tibériade tombe aux mains des sarrasins. D'un de vue militaire, l'expédition d'Henri est donc sans résultat.

Henri visita ensuite plusieurs lieux saints : Jérusalem, Hébron, Sébaste et Nazareth, leur fit diverses libéralités, puis donna l'ordre du départ.

Il suivit le chemin par terre en travers de l'Asie Mineure, mais tomba entre les mains des turcs qui le firent prisonnier avec une partie de ses compagnons, les autres étant massacrés. Henri fit alors le veux que s'il s'en sortait vivant, il s'engagerait à donner à la cathédrale de Langres, dont le patron Saint Mammès était mort à peu de distance, une rente de trente livres sur les foires de Bar-sur-Aube. Henri fut exaucé, car l'empereur byzantin réussi à obtenir sa liberté et il peut alors rejoindre Constantinople.

Le comte Henri reprend ensuite la voie de terre, traverse l'Illyrie et arrive enfin en France fin .

Hommage au nouveau roi des Francs[modifier | modifier le code]

Une des première visites d'Henri depuis son retour de Terre-Sainte fut pour son nouveau souverain Philippe Auguste (et qui est également son neveu), qui a succédé à décédé le , et qui résidait à ce moment là à Sens.

Le jeune roi projetait alors, à la suite des sollicitations d'Henri II d'Angleterre, de partir en guerre contre l'empire germanique, sous prétexte de venger le duc de Bavière Henri Le Lion, qui venait d'être dépouillé par l'empereur Frédéric Barberousse. Le comte Henri l'en dissuadaet lui dit qu'il n'est ni avantageux ni juste d'attaquer un souverain qui n'a jamais fait de tort, ni à votre père, ni à vous.

Décès du comte[modifier | modifier le code]

A peine rentré à Troyes, Henri tombe gravement malade et succombe dans la semaine, le soir du .

Son fils aîné Henri II de Champagne lui succède au comté de Champagne, mais celui-ci, étant encore mineur, règne sous sous la tutelle de sa mère, veuve d'Henri, Marie de France jusqu'en 1187.

Le comte Henri est inhumé au cœur de la collégiale Saint-Étienne à Troyes, dont il souhaitait faire le lieu de sépulture de sa famille, où sa veuve Marie lui fit élever un tombeau magnifique en bronze.

Tombeau d'Henri le Libéral.

Histoire posthume[modifier | modifier le code]

Le tombeau d'Henri fut une première fois profané en 1583, où des voleurs ôtèrent les lames d'argent dont il était orné. Des réparations ont alors été effectuées.

Ensuite, la Collégiale Saint-Étienne de Troyes, où étaient inhumés les corps du comte Henri et de son second fils Thibaut III, fut détruite pendant la Révolution française. Le , les corps d'Henri et de son fils furent exhumés en présence des commissaires du département et après les avoir déposés dans la salle du trésor, ils ont été transférés solennellement à la cathédrale de Troyes le 27 du même mois puis enfouis dans la chapelle Notre-Dame. Les deux tombeaux, placés d'abord de chaque côté du chœur comme ornement, furent détruits l'année suivante. Il fut également question de jeter au vent les cendres d'Henri et de Thibaut comme ceux des rois de France inhumés à Saint-Denis.

Le , les dépouilles d'Henri et de Thibaut furent une nouvelle fois exhumés lors de fouilles faites pour établir le caveau des évêques. Les corps étaient dans les cercueils de pierre où ils avaient été enterrés à Saint-Étienne.

De nos jours, les dépouilles de des comtes sont toujours ensevelis sous les pavés de la chapelle Notre-Dame de la cathédrale de troyes, mais leurs tombes ne comportent pas d'inscription.

Dessin de l'aumônière d'Henri le Libéral[3].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Grands officiers[modifier | modifier le code]

Statue du comte Henri à Igny-le-Jard depuis 1895.

Le comte Henri, chef suprême du comté de Champagne, a eu pour le seconder un nombre important de grands officiers et de conseillers, clercs ou laïcs.

Parmi les grands officiers, la fonction de sénéchal était tenue par Geoffroy III de Joinville, dit Le Gros ou Le Vieux, qui a notamment accompagné Henri en Terre-Sainte en 1147.

Henri eu aussi successivement trois connétables. Le premier fut Eudes de Pougy, connétable jusqu'en 1169. Il fut ensuite remplacé par Guillaume Ier de Dampierre jusqu'en 1173, et eu enfin le fils de ce dernier Guy II de Dampierre.

Quant au poste de bouteiller, il est rempli par Anseau II de Traînel, qui semble avoir été l'un des plus intimes conseillers du comte.

Le poste de chambrier fut tenu par trois personnes successives : Pierre Bursaud, ancien conseiller de Thibaut II, qui était chevalier et qui avait une maison à Provins ; Habran ou Abraham, fils de Pierre Bursaud, également appelé appelé Habran de Provins ; Artaud ou Ertaud de Nogent, qui fit construire le château de Nogent-l'Artaud, principal chambrier d'Henri et qui l'accompagne en Terre-Sainte en 1179. Isambard, Josbert, Aubert de Milly et Ebrard ont également tenu le poste de chambrier.

Pour la fonction de maréchal, elle fut d'abord occupée conjointement par Gautier de Provins (de 1152 à 1158) et Geoffroi de Chartres (de 1153 à 1158). Gervais est cité comme maréchal dans une charte de 1157. Guillaume le Roi est lui maréchal de 1158 à 1179, et semble avoir été un des plus intimes conseillers d'Henri, et l'accompagna en Terre-Sainte en 1179, où il fait probablement partie des victimes tombées sous le fer des sarrasins dans la bataille où Henri est fait prisonnier. Guillaume le Roi laissa plusieurs fils dont Milon de Provins, dit aussi Bréban, qui est également présent en Terre-Sainte en 1179 et qui reprendra plus tard la charge de maréchal de Champagne.

Henri eut également trois chanceliers : Guillaume (jusqu'en 1176) puis Etienne (de 1176 à 1179) qui accompagne le comte Henri en Terre-Sainte en 1179, et est là-bas remplacé par Haïce de Plancy, fils d'Hugues II, seigneur de Plancy, et d'Emeline de Bazoches, et frère d'Hugues III de Plancy et de Miles de Plancy, qui avait déjà occupé ponctuellement le poste en 1168 et en 1173. Il sera plus tard évêque de Troyes de 1190 à 1193 sus le nom de Barthélémy.

Foires de Champagne[modifier | modifier le code]

Foire de Champagne, gravure du XIXe siècle

C'est sous le règne du comte Henri que les Foires de Champagne prennent leur essor.

Il poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs et conserve le rythme de six foires réparties sur l’année et dont l’accès est garanti par le conduit du comte de Champagne :

  • en janvier : foire des Innocents de Lagny-sur-Marne,
  • de la mi-carême au dimanche de la Passion : foire de Bar-sur-Aube,
  • en mai : foire chaude de Saint-Quiriace de Provins,
  • de fin-juin à la mi-juillet : foire chaude de la Saint-Jean à Troyes,
  • en septembre et octobre : foire froide de Saint-Ayoul à Provins,
  • de début novembre à la semaine avant Noël : foire froide de la Saint-Remi à Troyes.

Grace à ses relations avec l'empereur Frédéric Barberousse, il réussit à attirer les grands marchands allemands en Champagne.

Justice[modifier | modifier le code]

Le comte Henri fit supprimer les duels et instaura divers tribunaux.

Arts et littérature[modifier | modifier le code]

Gravure de 1580 de Chrétien de Troyes.

Lettrés et cultivés, le comte Henri et son épouse connaissaient le latin et les arts libéraux, et ont fait de leur cour un véritable centre culturel avec un art de vivre raffiné.

Henri a pris sous sa protection les clercs chassés d'Angleterre avec Thomas Becket, comme Herbert de Bosham et Jean de Salisbury et il a fréquenté les théologiens de l'abbaye de Clairvaux, et les clercs de la région, tels Pierre le Mangeur, chanoine qui sera maître parisien, ou Pierre de Celle, futur abbé de Saint-Remi de Reims.

A partir de 1160, Nicolas de Montiéramey, ancien secrétaire Bernard de Clairvaux, fut son bibliothécaire. Il possédait une vingtaine de manuscrits en latin et plus de quinze autres en langue romane, traitant d'histoire antique, biblique et chrétienne, de dialectique ou de philosophie.

Son épouse Marie de France aimait, comme sa mère Aliénor d'Aquitaine, les œuvres d'amour et de chevalerie, et a encouragé des trouvères et romanciers tels Gace Brulé, Chrétien de Troyes, André le Chapelain, Gautier d'Arras, Guiot de Provins, Hugues III d'Oisy ou encore Geoffroi de Villehardouin. Elle avait participe à la cour lettrée d’Aliénor d'Aquitaine à Poitiers et a tenu elle-même une cour d'amour brillante. Elle est aujourd'hui considérée comme protectrice de la littérature et de l'idéologie courtoise.

La plus grande partie de la bibliothèque personnelle du comte Henri le Libéral et de sa femme Marie de Champagne, est maintenant conservée à la médiathèque de Troyes. C’est la plus ancienne bibliothèque connue d’un grand prince féodal, témoin de la naissance de la culture courtoise et chevaleresque au XIIe siècle.

Fondations[modifier | modifier le code]

Fondations religieuses[modifier | modifier le code]

Outre ses nombreuses libéralités et donations envers diverses abbayes et prieurés, le comte Henri fonda l'abbaye bénédictine de de Champbenoît en 1138 à Provins, ainsi que l'abbaye cistercienne de la Charmoye en 1167 sur la commune de Montmort-Lucy.

De plus, Henri fit faire des démarches à Pierre de Celle, abbé de Montier-la-Celle, pour obtenir une colonie de Chartreux qu'il voulait établir à ses frais dans ses états.

Henri offrant la collégiale à Étienne.

Le comte Henri participa également à la fondation de six églises collégiales :

Il prit également l'abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains sous sa protection, et la comble de biens.

Fondations hospitalières[modifier | modifier le code]

Le comte Henri a fondé plusieurs hôpitaux afin de soigner les malades ou de loger les pèlerins :

Henri fit également de nombreuses libéralités à divers hôpitaux et léproseries.

Fondations civiles[modifier | modifier le code]

Le comte Henri eu pour résidences principales Troyes et Provins. Dans chacune de ses deux villes, il s'y fit construire un palais :

C'est sous le comte Henri qu'aurait également été bâtie la Tour César à Provins.

C'est également sous la gouvernance du comte Henri que sont réalisés les travaux qui amènent l'eau de la Seine à Troyes, et les bras de la Seine qui passent aujourd'hui à Troyes sont donc une dérivation et le résultat de travaux faits de main d'homme, comme le canal des Trévois ou le ru Cordé.

Famille[modifier | modifier le code]

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

En 1164, il épouse Marie de France, fille de Louis VII le Jeune et d'Aliénor d'Aquitaine, dont il a quatre enfants[4] :

Fratrie[modifier | modifier le code]

Henri est le fils aîné légitime de Thibaut IV de Blois et de Mathilde de Carinthie. Il a pour frères et sœurs :

Henri a également au moins deux demi-frères, enfants illégitimes de Thibaut IV de Blois :

Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie Henry d'Arbois de Jubainville, Histoire des Ducs et Comtes de Champagne, 1865.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, 1888.
  2. Jean-Charles Courtalon-Delaistre, Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyes, 1783.
  3. Collection CHG 42 de la bibliothèque municipale de Reims
  4. Foundation for Medieval Genealogy.
  5. Michel Bur, Une Famille et sa maison, Vanault le Châtel (XIIe – XIVe siècles), Presses Universitaires de Nancy, (ISBN 978-2814301443, lire en ligne), p. 23-31.