Aller au contenu

Marie de France (1145-1198)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Marie de France, aussi connue sous le nom de Marie de Champagne, née en 1145, morte le 11 mars 1198[1], est la première fille de Louis VII le jeune, roi de France, et d'Aliénor d'Aquitaine, ce qui présente la particularité de faire d'elle la demi-sœur à la fois de Richard Cœur de Lion et de Philippe Auguste. Comtesse de Champagne par son mariage, elle assume trois fois la régence sur ses terres.

Peu de temps après sa naissance, Geoffroy V d'Anjou en demande la main pour son fils Henri, mais sans succès. Le comte est loin d'imaginer qu'Henri épousera finalement la mère de Marie[2].

Après la séparation de ses parents en 1152, Marie est fiancée par son père à Henri Ier de Champagne, à qui elle a été promise durant la deuxième croisade, afin de renforcer des alliances politiques déterminantes et s'attacher la maison de Blois-Champagne. Sa sœur cadette, Alix de France (1150-1197), est de même promise, en 1154, à Thibaut V de Blois, frère de son fiancé. Un ou deux ans après le départ de sa mère, Marie est envoyée auprès de son fiancé. Elle est éduquée par les religieuses de l'abbaye Saint-Pierre d'Avenay, près d'Épernay, en attendant son mariage et sa majorité canonique. En novembre 1160, Louis VII épouse la sœur de son fiancé, Adèle de Champagne. Ces trois unions entre les deux maisons sont consanguines[3],[4],[5].

En 1164, elle épouse Henri Ier le Libéral (1127 † 1181), comte de Champagne et de Brie, dont elle a quatre enfants qui laissent une postérité :

Elle assume trois fois la régence du comté de Champagne, pendant l'absence de son époux parti combattre à Jérusalem de 1179 à 1181[6], puis au nom de son fils aîné pendant sa minorité jusqu'en 1187 et à partir de 1190 lorsqu'il part combattre en Terre Sainte, épouse la reine de Jérusalem et devient roi de Jérusalem[réf. nécessaire]. À la mort d'Henri II en 1197, elle laisse le pouvoir à son second fils Thibaut III et se retire au couvent. Elle meurt l'année suivante. Son tombeau, dans la cathédrale de Meaux, est détruit au XVIe siècle pendant les guerres de religion.

Sa présence à la cour lettrée d’Aliénor d'Aquitaine à Poitiers (1170-1173), longtemps envisagée sous l'influence du seul traité d'André le Chapelain, n'est plus désormais jugée crédible[7],[8],[9]. Elle tient elle-même une cour brillante et protège ou encourage plusieurs écrivains, dont Chrétien de Troyes, Gace Brulé, Gautier d'Arras, Guyot de Provins, Huon d'Oisy, Geoffroi de Villehardouin.

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Jean Flori, Aliénor d'Aquitaine, La reine insoumise, Paris, Payot, , 545 p. (ISBN 2-228-89829-5), p. 250.
  2. Martin Aurell, Aliénor d'Aquitaine Souveraine femme, Paris, Flammarion, Grandes Biographies, , 503 p. (ISBN 978-2-08046324-1), p. 33
  3. Aurell 2024, p. 126-127.
  4. Turner 2011, p. 131.
  5. Flori 2004, p. 82.
  6. (en) Theodore Evergates, The aristocracy in the County of Champagne 1100-1300, University of Pennsylvania Press, , p. 24
  7. Ralph V. Turner, Aliénor d'Aquitaine, Paris, Fayard, , 485 p. (ISBN 978-2-213-66286-2), p. 244.
  8. Edmond René Labande, Les filles d'Aliénor d'Aquitaine, Cahiers de civilisation médiévale, vol. XXIX, n°113, 1986, p. 101-102.
  9. Flori 2004, p. 350.

Bibliographie complémentaire

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]