Angela Davis

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Angela Davis
Angela Davis au CCCB de Barcelone en 2017.
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Citoyenne d'honneur de Magdebourg (d) ()
Étoile de l'amitié des peuples ()
Médaille du centenaire de la naissance de Lénine (en) ()
Ordre de Playa Girón (en) ()
Prix Lénine pour la paix ()
American Book Awards ()
Prix Thomas-Merton ()
Prix de la planète bleue (d) ()
Docteure honoris causa de l'université de la République ()
Docteur honoris causa du Spelman College (d) ()
Docteur honoris causa de l'université Pompeu Fabra ()
Docteure honoris causa de l'université Paris-Nanterre
Docteure honoris causa de l'université d'État de MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Archives conservées par
Stuart A. Rose Manuscript, Archives, and Rare Book Library (d)[2]
Bibliothèque Schlesinger[3]Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Angela Davis /ˈænd͡ʒələˈdeɪvɪs/, née le à Birmingham en Alabama, est une militante, professeure de philosophie et écrivaine américaine. Militante communiste, pacifiste et féministe, elle défend les droits humains, notamment ceux des minorités.

Militante du Mouvement américain des droits civiques, membre du Black Panther Party, elle est poursuivie par la justice à la suite de la tentative d’évasion de trois prisonniers, qui se solda par la mort d’un juge californien après sa prise en otage en , tué par un des fusils qu'elle avait achetés deux jours auparavant. Emprisonnée vingt-deux mois à New York, puis en Californie, elle est finalement acquittée et poursuit une carrière universitaire qui la mène au poste de directrice du département d’études féministes de l’université de Californie de Santa Cruz. Ses centres d’intérêt sont la philosophie féministe, notamment le Black feminism, les études afro-américaines, la théorie critique, le marxisme et le système carcéral. En 1998, elle fait son coming out en tant que lesbienne.

Pendant la guerre froide, elle visite plusieurs fois l'Union soviétique et l'Allemagne de l'Est, exprimant en ces occasions son soutien et sa sympathie pour leur modèle communiste, la révolution d'Octobre et le fondateur de l'URSS, acceptant notamment le prix Lénine pour la paix en 1979. Elle est à deux reprises, en 1980 et en 1984, candidate à la vice-présidence des États-Unis pour le Parti communiste américain, en tandem avec Gus Hall. Par la suite, elle est active dans le mouvement Occupy et la campagne de boycott anti-israélien Boycott, désinvestissement et sanctions.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Angela Yvonne Davis[4] /ˈænd͡ʒələ iˈvɑn ˈdeɪvɪs/[5] est née en 1944[6] dans une famille afro-américaine du quartier surnommé « Dynamite Hill »[7] de Birmingham[8] dans l'Alabama[9] des années 1940, alors que les lois Jim Crow imposaient toujours la ségrégation raciale dans le Sud des États-Unis. Son père était diplômé de St Augustine’s College, une institution réservée aux Noirs Américains située à Raleigh en Caroline du Nord. Il fut brièvement professeur d’histoire dans l’enseignement secondaire mais, estimant son salaire insuffisant, il quitta son emploi de professeur pour acquérir une station service dans le quartier noir de Birmingham. Sa mère, qui mena aussi ses études jusqu’au supérieur, était professeur au primaire. La famille Davis occupe, dans un premier temps, les logements sociaux de Birmingham. En 1948, elle quitte les petites maisons uniformes en briques rouges qui composent le logement social de la ville pour une vaste maison en bois[10], dans un quartier qu’elle est la première famille noire à occuper[11]. Rapidement après son arrivée, elle est suivie par de nombreuses autres familles noires. Cette mixité nouvelle exacerbe les tensions raciales. En 1949 a lieu le premier attentat contre une des maisons nouvellement construites par des Noirs. C'est le premier d’une longue série qui donne au quartier son surnom de « Dynamite Hill »[12].

Durant sa jeunesse, Davis est profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations de la ségrégation raciale et du climat de violence qui règne dans son environnement quotidien[13]. Cette expérience s’accompagne des premiers éléments de socialisation politique. La famille d’Angela y joue un rôle important. Ses deux parents possèdent une expérience militante : à l'école secondaire, sa mère a participé à des mouvements antiracistes, militant notamment pour la libération des Scottsboro Boys[12]. Ses deux parents sont par ailleurs membres de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP). Sa grand-mère maternelle, née quelques années après la Proclamation d'émancipation, lui parle de l’esclavage qu’avaient connu ses propres parents[14]. Ses premières vacances à New York, où elle goûte aux joies d’une vie non ségréguée dans la famille de son amie Margaret Burnham (en), sa future avocate, avive encore sa conscience des humiliations quotidiennes qu’impose la ségrégation[15]. Plusieurs nouveaux épisodes lors de ses visites ultérieures ― entre six et dix ans, elle passe la plus grande partie de ses étés à New York ―, viendront réviser son jugement sur la situation idéale des Noirs dans le Nord[16].

Elle fréquente l’école primaire de Birmingham réservée aux Noirs. Abritée dans des bâtiments vétustes, elle est moins bien dotée financièrement que l’école réservée aux Blancs[17]. Davis note toutefois que la ségrégation avait aussi pour effet de laisser aux enseignants noirs une marge de liberté qui leur permettait d’orienter le contenu de leur enseignement dans un sens qui favorisait l’émergence d’une identité spécifiquement noire. Outre The Star-Spangled Banner, l’hymne national américain, les enfants apprenaient et chantaient en classe l’Hymne national noir de James Weldon Johnson. Ils se voyaient enseigner la vie des personnages historiques noirs qui avaient marqué la vie du pays comme Frederick Douglass, Sojourner Truth ou Harriet Tubman[18]. Le modèle de réussite qui était proposé aux enfants noirs par les enseignants s’appuyait néanmoins selon elle sur une morale de la réussite individuelle qui masquait la dimension collective de la lutte qu’elle pensait devoir être mise en œuvre pour renverser le système raciste et libérer les Noirs de leur oppression[19].

À quatorze ans, alors qu’elle se dit ennuyée par « le provincialisme de Birmingham »[20], elle doit choisir son orientation pour l'école secondaire. Deux opportunités s’offrent à elle : elle est acceptée dans l’école préparatoire de l'Université Fisk de Nashville, une des institutions réservées aux Noirs les plus prestigieuses du pays, et au sein d’un programme expérimental de l’organisation quaker American Friends Service Committee qui place des étudiants noirs du Sud dans des écoles mixtes du Nord[20]. Intégrer l’Université Fisk lui ouvrirait la voie des études médicales auxquelles elle se destine alors pour devenir pédiatre. La seconde option lui permettrait de rejoindre l'école secondaire Elisabeth-Irwin, une école privée de Greenwich Village (New York) défendant les principes de l’éducation nouvelle. Après de longues hésitations, elle finit par choisir New York[21].

Les années new-yorkaises[modifier | modifier le code]

Son arrivée à New-York marque une nouvelle étape dans sa socialisation politique. Elle est logée chez le révérend William Howard Melish. Pasteur de la plus grande église épiscopale de Brooklyn dans les années 1950, il avait perdu ses fonctions au terme d'un long bras de fer avec sa hiérarchie à cause de ses prises de position contre le maccarthysme et son affiliation à la Soviet-American Friendship Organization (Organisation de l’amitié américano-soviétique)[22]. Le corps enseignant de l'école secondaire Elisabeth Irwin que Davis a rejoint est dans sa grande majorité interdit d’enseignement dans le secteur public à cause de son positionnement politique marqué à gauche[23]. C’est dans ce nouvel environnement qu’elle entend pour la première fois parler du socialisme, s’avouant notamment fascinée par les expériences utopiques, comme celle de Robert Owen[13]. Elle lit le Manifeste communiste qui la conduit « à replacer les problèmes du peuple noir dans le contexte plus large d’un mouvement de la classe ouvrière »[13].

Elle entre dans une organisation de jeunesse marxiste-léniniste nommée Advance. C’est sa première expérience du militantisme. Elle y côtoie des amies de longue date comme Margaret Burnham ou Mary Lou Patterson mais retrouve aussi à cette occasion Bettina Aptheker, la fille de l’historien communiste Herbert Aptheker dont le domicile accueille la plupart des réunions du groupe[24]. Elle participe aux manifestations de soutien au mouvement des droits civiques qui connaît un nouvel élan avec la campagne de sit-in initiée le à Greensboro. Davis a cependant le sentiment d’avoir quitté le Sud au moment où le mouvement prenait véritablement de l’ampleur et en éprouve une vive frustration. Elle se range néanmoins à l’avis de ses parents qui lui enjoignent de finir son année scolaire à New York[24].

Études supérieures[modifier | modifier le code]

En 1962, elle obtient une bourse pour étudier à l’université Brandeis[25] dans le Massachusetts. Elle est l’une des trois étudiantes noires de première année[26]. Davis décrit cette première année comme une année d’isolement qu’elle « cultive de façon quelque peu romantique »[26], se plongeant notamment dans les œuvres des existentialistes français (Jean-Paul Sartre, Albert Camus…). Son année universitaire est marquée par une série de conférences de l'écrivain afro-américain James Baldwin sur la littérature qui est interrompue par la crise des missiles de Cuba ; Baldwin refuse de poursuivre son exposé mais s’exprime sur le conflit lors d’une assemblée générale, aux côtés du philosophe Herbert Marcuse, que Davis entend alors pour la première fois et avec qui elle étudiera par la suite[27]. Elle occupe divers emplois pour financer un voyage en Finlande où se déroule le Festival mondial de la jeunesse et des étudiants[28]. Elle s’arrête à Londres et passe quelques jours à Paris et à Lausanne. À Helsinki, elle se montre particulièrement impressionnée par l’énergie dégagée par la représentation que donne la délégation cubaine[29].

Lors de sa deuxième année à Brandeis, elle étudie la littérature et la philosophie française contemporaine ; Sartre en particulier continue de susciter son intérêt. Elle voit Malcolm X haranguer un amphithéâtre composé presque exclusivement d’étudiants blancs, en leur annonçant la prochaine punition divine de leurs péchés envers les Noirs[30].

À l'issue de son cursus, Davis obtient une prolongation de sa bourse pour suivre le programme français de troisième année du Hamilton College. En , elle passe ainsi un mois à Biarritz[31]. C’est dans la station balnéaire française qu’elle apprend l’attentat qui a frappé l’église baptiste de sa ville natale de Birmingham où quatre jeunes filles sont tuées. Trois étaient de proches connaissances. Refusant d’y voir le résultat d’un comportement extrémiste isolé, elle analyse « cet événement violent et spectaculaire » comme l’expression paroxystique de « la routine quotidienne, souvent monotone, de l’oppression raciste »[32]. Elle passe novembre à Paris (suivant un cours de littérature contemporaine à la Sorbonne[33]), puis l’été à Francfort où elle assiste à des conférences de Theodor W. Adorno. Sa formation intellectuelle se poursuit : elle lit Marcuse et de retour à Brandeis se rapproche du philosophe après avoir assisté à sa série de conférences sur la pensée politique européenne depuis la Révolution française[34]. Sur ses conseils, elle décide de partir étudier la philosophie à Francfort. Elle quitte ainsi les États-Unis en 1965, au milieu des émeutes de Watts.

Angela Davis et Donald Kalish (en) (logicien et activiste antimilitariste), en 1967.

En Allemagne, elle étudie avec Marcuse, une des figures principales de l'école de Francfort, dont elle affirmera en 2007 qu'il « [lui] a appris qu'il était possible d'être une universitaire, une activiste, une chercheuse, et une révolutionnaire »[35]. Elle côtoie des étudiants allemands membres de l’Union socialiste allemande des étudiants (SDS), participe à des manifestations contre l'intervention militaire américaine au Viêt Nam ou contre la projection du film documentaire italien pro-colonisation Africa Addio et visite régulièrement Berlin-Est[36].

Pendant son séjour, le mouvement de libération des Noirs connaît de profondes évolutions et tend à se radicaliser dans le sillage du Black Arts Movement et du mouvement Black Power. Frustrée de ne pouvoir participer à l’effervescence militante qui semble régner dans son pays, elle décide de rentrer aux États-Unis à l’issue de sa deuxième année en Allemagne. Marcuse, désormais en poste à l’Université de San Diego, accepte de reprendre la direction de sa thèse, initialement dirigée par Adorno[37].

Prise d'otages du comté de Marin, cavale et procès[modifier | modifier le code]

Angela Davis, rebelle à la politique de son propre pays[38], enseigne aujourd'hui l'histoire de la prise de conscience (en) dans une université californienne.

Son adhésion au parti communiste américain et au mouvement des Black Panthers lui vaut d'être surveillée par le FBI, dans le cadre du programme COINTELPRO. Elle enseigne en 1969 à l'université de Californie à Los Angeles mais en est renvoyée à cause de son activisme politique[6].

La prise d'otages[modifier | modifier le code]

Angela Davis s'investit dans le comité de soutien aux Frères de Soledad (en), trois prisonniers noirs américains accusés d'avoir assassiné un gardien de la prison de Soledad (en)[39] en représailles de l'assassinat de trois de leurs codétenus[40]. Dans le cadre de cet activisme, elle est accusée d'avoir organisé une prise d'otages dans un tribunal dont l'issue a été meurtrière.

Le , Jonathan Jackson (en), adolescent afro-américain de 17 ans et jeune frère de George Jackson, l'un des Frères de Soledad, prend d'assaut une salle de tribunal dans le comté de Marin (Californie). Il y arme les prévenus, également afro-américains, et prend en otage le juge Harold Haley, le procureur et trois jurées[40],[41]. Alors que Jonathan Jackson s'enfuit avec le groupe dans une camionnette, celle-ci est la cible de tirs de la police. Dans la fusillade qui en résulte, le juge, Jonathan Jackson, et les deux prévenus afro-américains sont tués, et l'une des jurées est blessée. Le juge est tué par une balle de fusil, et est blessé à la poitrine par une balle qui aurait pu être tirée de l'extérieur de la camionnette. L'un et l'autre tirs auraient pu lui être fatals, selon les éléments présentés lors du procès[42]. Angela Davis avait acheté plusieurs des armes utilisées par Jonathan Jackson lors de l'attaque[43], dont le fusil utilisé pour faire feu sur le juge Haley, qu'elle avait acquis deux jours auparavant dans une boutique de prêt sur gage à San Francisco[41],[44]. Il est aussi établi qu'elle a correspondu avec l'un des détenus impliqués[45].

Cavale et procès[modifier | modifier le code]

À la suite de la prise d'otage ratée, Angela Davis se met en cavale à travers les États-Unis, et apparaît sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés par le FBI. Après deux mois de cavale, elle est arrêtée dans un hôtel le et placée en détention puis emprisonnée pendant seize mois[46] à New York puis en Californie, dans le comté de Marin puis à San José, avant d'être jugée et acquittée[47]. À New York, elle est d'abord placée dans une cellule d’isolement aménagée spécialement pour elle au sixième étage de la prison[48]. Elle entame une grève de la faim pour exiger son placement avec les autres détenues[49] et, au dixième jour de grève, une décision du tribunal fédéral enjoint aux autorités pénitentiaires de suspendre son isolement, jugeant injustifié un régime exceptionnel motivé par les opinions politiques d’un détenu[50].

Le , elle est officiellement inculpée par l’État de Californie de meurtre, enlèvement et conspiration. Transférée en Californie, elle comparaît avec Ruchell Magee, le seul survivant de la fusillade[51].

Son affaire connaît un retentissement international. En France, des personnalités de renommée internationale telles que Jean-Paul Sartre la soutiennent[6].

Carrière académique[modifier | modifier le code]

Dès sa sortie de prison, en 1972, Angela Davis se met à publier[52]. Ses essais autant que ses discours véhéments font d'elle l'une des intellectuelles radicales les plus connues de l'époque : la paix au Viêt Nam, l'antiracisme, le féminisme constituent ses thèmes de prédilection[6].

En 1980 et en 1984, Angela Davis se présente aux élections présidentielles américaines comme candidate à la vice-présidence aux côtés du leader du Parti communiste des États-Unis d'Amérique, Gus Hall[6],[53],[54].

Jusqu'à ses 68 ans, Angela Davis a été professeure d'« histoire de la prise de conscience »[55] à l'université de Californie à Santa Cruz. Elle a fait campagne contre la guerre d'Irak. Elle a reçu le prix Thomas-Merton en 2006. Elle a rejoint le « Comité international de soutien aux victimes vietnamiennes de l'agent orange et au procès de New York » (CIS) conduit par André Bouny. Elle lutte contre l'industrie carcérale et la peine de mort aux États-Unis et dans le monde[6].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Erich Honecker, secrétaire général du Parti socialiste unifié d'Allemagne, avec Angela Davis à Berlin-Est en 1972.
Angela Davis à Moscou en 1972.

À son arrivée à San Diego, elle est privée de tout contact au sein du mouvement noir californien (Black Panther Party) et adhère en désespoir de cause à l’organisation radicale des étudiants du campus dont l’action se tourne principalement vers la lutte contre la guerre du Viêt Nam[56]. Elle subit à cette occasion sa première arrestation à la suite d'une distribution de tracts[57]. Souhaitant s’impliquer dans une action spécifique à destination des Noirs, elle travaille à fonder en 1967[58] la Black Student Union de l’université de San Diego, jusqu’alors inexistant[59]. Sa première action est de participer à un comité de soutien à Ed Lynn, un soldat qui avait lancé une pétition contre la discrimination raciale dans l’armée[60].

Son implication militante lui révèle la profonde désunion du mouvement de libération des Noirs et les très fortes rivalités qui le traversent. Sur le plan des objectifs, elle s’oppose au séparatisme de certaines des organisations du Black Nationalism, qui pensent que la libération du peuple noir doit passer par une séparation de la société blanche et la fondation d’une Nation Noire sur le sol américain ou africain. Sur le plan des moyens, elle refuse la méthode consistant à exacerber les antagonismes entre Noirs et Blancs dans le but de provoquer des soulèvements spontanés similaires aux émeutes de Watts ou de Detroit, dans lesquelles certaines organisations voyaient les prémices d’un soulèvement généralisé du peuple afro-américain[61].

Elle n’en refuse pas moins l’intégrationnisme qui fut la position de Martin Luther King. Le marxisme constitue un des éléments centraux de son positionnement : elle pense que la lutte de libération des Noirs doit s’insérer dans le mouvement révolutionnaire dont le socialisme constitue l’horizon[62]. Or le marxisme est rejeté par une grande partie des organisations nationalistes qui le désignent, à l’image de Stokely Carmichael, le leader du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), comme étant « la chose de l’homme blanc »[63]. Les Blancs ont d’ailleurs été écartés des leviers de commande du SNCC à partir du printemps 1966. Pour ces nationalistes, les Noirs ne doivent compter que sur leurs propres valeurs, leurs propres analyses et leurs propres forces pour se libérer[64].

Si Davis affiche son marxisme, elle hésite plus longuement avant de s’affilier au mouvement communiste. Elle met cette réticence initiale sur le compte de son parcours militant. En Allemagne notamment, elle s’est imprégnée d’un discours libertaire très critique à l’égard du communisme soviétique. Elle finit par adhérer en 1968 au Che-Lumumba Club, une section du Parti communiste USA réservée aux Noirs. Elle rejoint aussi le Black Panther Party, dont la position révolutionnaire se caractérise par un égal refus de l’intégrationnisme et du séparatisme[réf. nécessaire].

Une autre composante de son identité militante est son féminisme. Ce dernier est en partie nourri par son parcours militant, au cours duquel elle s'est heurtée au sexisme d’une partie du mouvement nationaliste noir voire d’une partie des organisations auxquelles elle appartient. On lui reproche notamment le rôle de leader qu’elle est amenée à assumer au sein du mouvement. Pour l’organisation United Slaves (en) de Ron Karenga ou le poète Amiri Baraka (alors nommé Leroi Jones), le leadership masculin est un moyen pour les hommes noirs de regagner leur dignité face aux Blancs. Par conséquent, la place des femmes au sein du mouvement ne peut être que subordonnée à celle des hommes : les tâches domestiques et l’inspiration des leaders masculins sont les rôles qui leur sont dévolus. Davis estime au contraire qu’un authentique mouvement de libération doit lutter contre toutes les formes de domination : l’homme noir ne peut se libérer s’il continue d’asservir sa femme et sa mère[65].

En France, Angela Davis dénonce ce qu'elle considère comme un acharnement contre le voile musulman, qui le transforme en outil de résistance, et rend certaines femmes voilées « plus féministes » que celles qui ont entrepris de les dévoiler[66]. En , lorsque François Hollande fait part de sa volonté d'interdire les signes religieux aux personnels des crèches, elle se joint à des femmes musulmanes et des intellectuelles pour dénoncer une « loi raciste » qui « vise d'abord les femmes, et devrait aboutir à exclure les plus vulnérables d'entre elles du monde du travail et de l'éducation. »[67]

En , elle participe à la conférence internationale « Bandung du Nord », organisée par le Decolonial International Network afin de « questionner la mémoire coloniale »[68], à laquelle participe aussi le militant antiraciste Fred Hampton Jr. (en) et le journaliste Muntadhar al-Zaidi.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Angela Davis a fait son coming out en tant que lesbienne en 1998 dans le magazine Out[69],[70],[71].

En 2012, elle déclare, lors d'une discussion publique avec l'autrice et activiste Grace Lee Boggs, être végane et considérer que la question alimentaire sera l'« une des prochaines arènes majeures de la lutte »[72].

Angela Davis parle couramment français[73].

Controverse et critiques[modifier | modifier le code]

Angela Davis en 2019.

En , l'Institut des droits civils de Birmingham (en) décide de révoquer la récompense d'honneur que devait recevoir Angela Davis pour son engagement pour les droits de l'homme, en raison de son soutien à BDS, une campagne de boycott d’Israël[74].

Dans un article publié dans The Forward, la journaliste Cathy Young qui écrit surtout sur Reason Magazine, une revue libertarienne[75] se montre critique à l'égard du statut d’« icône des droits de l'homme » d'Angela Davis. Elle rappelle qu'elle a été un soutien du gourou Jim Jones mais lui reproche principalement sa complaisance à l'égard des régimes communistes. Elle note qu'« en ce qui concerne les régimes communistes, Davis a montré un manque de préoccupation notable pour les causes qu’elle a défendues aux États-Unis, telles que les droits des homosexuels et les droits des femmes », alors qu'elle a reçu plusieurs récompenses d'honneur en URSS, en RDA et à Cuba (régimes répressifs à l'encontre des homosexuels et des mouvements féministes) et y a rendu hommage à ses hôtes. Cathy Young cite également l'activiste Charlene Mitchell, amie de Davis, selon laquelle Davis a refusé d'apporter son soutien à la libération de prisonniers politiques d'Europe de l'Est, car « [elle] ne pensait pas que les gens devaient quitter les pays communistes pour retourner dans le système capitaliste[76]. »

En 2023, la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, refuse de baptiser un lycée de Saint-Denis du nom de la militante anti-raciste (nom choisi par la communauté éducative) en raison de ses prises de position sur l'application de la laïcité en France et notamment la loi sur le port du voile et la dissolution du CCIF par Gérald Darmanin - opinion exprimée à travers une tribune cosignée en 2021[77]. Le lycée est renommé du nom de Rosa Parks. Le ministre de l'Éducation, Pap N'Diaye, exprime son désaccord avec cette décision[78].

Hommages[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Éditions anglophones[modifier | modifier le code]

  • (en-US) If They Come in the Morning: Voices of Resistance, The Third Press, 1971, rééd. 1 janvier 2001, 288 p. (ISBN 9780893882174),
  • (en-US) An Autobiography, New York, International Publishers, 1 septembre 1974, rééd. 4 novembre 2013, 428 p. (ISBN 9780717806676, lire en ligne),
  • (en-US) Women, Race & Class, Penguin Classics, 12 février 1983, rééd. 3 octobre 2019, 256 p. (ISBN 9780241408407, lire en ligne),
  • (en-US) Violence Against Women and the Ongoing Challenge to Racism, Kitchen Table, , 18 p. (ISBN 9780913175118),
  • (en-US) Women, Culture, and Politics, Random House, , 238 p. (ISBN 9780394569765),
  • (en-US) Feminist Family Values (En collaboration avec Gloria Steinhem, Maria Jimenez, Milani Trask), Austin, Texas, Plain View Press, , 136 p. (ISBN 9780911051865, lire en ligne),
  • (en-US) Blues Legacies and Black Feminism: Gertrude "Ma" Rainey, Bessie Smith, and Billie Holiday, New York, Pantheon Books, , 466 p. (ISBN 9780679450054, lire en ligne),
  • (en-US) Joy James (dir.), The Angela Y. Davis Reader, Wiley-Blackwell, , 380 p. (ISBN 9780631203612),
  • (en-US) Are Prisons Obsolete?, New York, Seven Stories Press, , 132 p. (ISBN 9781583225813, lire en ligne),
  • (en-US) Abolition Democracy: Beyond Prisons, Torture, and Empire, New York, Seven Stories Press, , 132 p. (ISBN 9781583226957, lire en ligne),
  • (en-US) The Meaning of Freedom: And Other Difficult Dialogues, San Francisco, City Lights Publishers, 1 octobre 2009, rééd. 14 août 2012, 212 p. (ISBN 9780872865808, lire en ligne),
  • (en-US) Freedom Is a Constant Struggle, Haymarket Books, 17 août 2015, rééd. 25 janvier 2016, 145 p. (ISBN 9781608465644),


Éditions francophones[modifier | modifier le code]

  • Angela Davis parle, traduction et introduction de Jacques Hily, Paris, Éditions Sociales (collection Notre temps), 1971, 95 p.
  • S’ils frappent à l’aube…, textes choisis et présentés par Angela Davis et Bettina Aptheker, trad. René Baldy, Paris, Gallimard (collection Témoins), 1972, 322 p.
  • Femmes, culture et politique, trad. Gilberte Alleg-Salem, préface de Jean Daniel Simon, Paris, Messidor-Editions Sociales, 1989, 243 p.
  • Les Goulags de la démocratie : réflexions et entretiens, entretiens recueillis par Eduardo Mendieta, trad. Louis de Bellefeuille, Au diable vauvert, 2006, 156 p. (ISBN 2-84626-115-6)
  • Femmes, race et classe, trad. Dominique Taffin-Jouhaud et le collectif des femmes, 2e éd., Paris, Des femmes ; Antoinette Fouque, 2007 (ISBN 978-2-7210-0552-6), 3e éd., Paris, Des femmes ; Antoinette Fouque, 2013
  • Autobiographie, trad. Cathy Bernheim, éd. Albin Michel, 1975 ; Livre de poche, 1977 ; réédition augmentée d’un entretien, Bruxelles, Éditions Aden, 2013, 468 p.
  • La prison est-elle obsolète ?, trad. Nathalie Peronny, Au diable vauvert, 2014, 154 p.
  • Sur la liberté : petite anthologie de l'émancipation, trad. Cihan Gunes et Julie Paquette, Éditions Aden, 2016, 141 p.(première livraison d'une série de plusieurs volumes anthologiques à paraître)
  • Une lutte sans trêve, trad. Fréderique Popet, Paris, La Fabrique Editions, 2016, 180 p. (recueil d'entretiens et de textes inédits)
  • Blues et féminisme noir, Gertrude "Ma" Rainey, Bessie Smith et Billie Holiday, Paris, Libertalia, 2017, 407 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur la liberté, édition Aden, p. 58.
  2. « http://pid.emory.edu/ark:/25593/8z6dg »
  3. « https://id.lib.harvard.edu/ead/sch01609/catalog » (consulté le )
  4. (en) « Angela Davis | American activist », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  5. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  6. a b c d e et f Béatrice Turpin, « Davis, Angela [Birmingham, Alabama 1944] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 1168
  7. (en-US) « Angela Davis (1944-) • BlackPast », sur BlackPast, (consulté le )
  8. (en) « Angela Davis », sur Encyclopedia of Alabama (consulté le )
  9. « Angela Davis | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
  10. Angela Davis, Autobiographie, Albin Michel, Paris, 1975, p. 79.
  11. Davis (1975), p. 80.
  12. a et b Davis (1975), p. 81.
  13. a b et c Davis (1975), p. 107.
  14. Davis (1975), p .83.
  15. Davis (1975), p. 84.
  16. Davis (1975), p. 85.
  17. Davis (1975), p. 90.
  18. Davis (1975), p. 91.
  19. Davis (1975), p. 92.
  20. a et b Davis (1975), p. 102.
  21. (en) Sam Roberts, « In a Private School, Seeds of Dissent », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  22. Davis (1975), p. 105. Voir aussi sur ce point les archives Melish.
  23. Davis (1975), p. 106.
  24. a et b Davis (1975), p. 109.
  25. « Angela Davis - HISTORY », sur www.history.com (consulté le )
  26. a et b Davis (1975), p. 114.
  27. Davis (1975), p. 115.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Bettina Aptheker, The Morning Breaks: The Trial of Angela Davis, Cornell University Press, (ISBN 0801485975) (date de première parution 1975)
  • Alice Kaplan, Trois Américaines à Paris : Jacqueline Bouvier Kennedy, Susan Sontag, Angela Davis, Gallimard, (ISBN 978-2070136650)
  • Dina Hampton, Little Red: Three Passionate Lives through the Sixties and Beyond, PublicAffairs,
  • Elsa Solal, Angela Davis : "Non à l'oppression", Actes Sud Junior, (ISBN 978-2330081973)
  • Sybille Titeux de la Croix (auteur), Amazing Ameziane (illustrations), Miss Davis, Éditions du Rocher, (ISBN 978-2268102658)

Articles en français[modifier | modifier le code]

  • « Journal à plusieurs voix : Daniel Berrigan et Angela Davis. Le procès des “dossiers noirs de la police” », Esprit. Nouvelle série, no 7-8, juillet-août-, Paris, Seuil
  • Nassira Hedjerassi, « Angela Davis : la formation d'une philosophe féministe radicale, au croisement des oppressions de classe, de race et de sexe » in Former envers et contre le genre, 2014
  • Nassira Hedjerassi, « Du côté de trois féministes… Africaine-Américaine : à l'intersection du sexisme, du racisme et du classisme » (lire en ligne)

Presse[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

Vidéo-filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notices et bases de données[modifier | modifier le code]