Magnat-l'Étrange

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Magnat-l'Étrange
Magnat-l'Étrange
Le château du Bost.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Creuse
Arrondissement Aubusson
Canton Auzances
Intercommunalité C.C. des Sources de la Creuse
Maire
Mandat
Philippe Breuil
2014-2020
Code postal 23260
Code commune 23115
Démographie
Population
municipale
235 hab. (2016 en augmentation de 4,44 % par rapport à 2011)
Densité 9,1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 47′ 36″ nord, 2° 16′ 44″ est
Altitude Min. 636 m
Max. 867 ou 868 m
Superficie 25,87 km2
Localisation

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Magnat-l'Étrange est une commune française située dans le département de la Creuse, en région Nouvelle-Aquitaine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Paysage à proximité du bourg de Magnat-l'Étrange.

Incluse dans le parc naturel régional de Millevaches en Limousin, dans le quart sud-est du département de la Creuse, sur la frange du plateau de Millevaches située à l'est de la vallée de la Creuse, la commune de Magnat-l'Étrange s'étend sur 25,87 km2. Elle est arrosée par la Rozeille et plusieurs de ses affluents.

La géographie de la commune est représentative de celle du sud du département : région de collines dont l'altitude est de l'ordre de 700 à 800 mètres, avec une proportion importante de surfaces boisées.

L'altitude minimale avec 636 mètres se trouve localisée à l'extrême nord, à proximité du château du Bost, là où la Rozeille quitte la commune et entre sur celle de Saint-Georges-Nigremont. L'altitude maximale avec 867 ou 868 mètres[Note 1] est située dans le sud-ouest, au Puy du Bois du Suc[1].

À l'intersection des routes départementales (RD) 18, 25, 32 et 90, le bourg de Magnat-l'Étrange est situé, en distances orthodromiques, dix-neuf kilomètres au sud-sud-est d'Aubusson, la sous-préfecture.

Le territoire communal est également desservi par les RD 23, 28 et 31.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Carte de Magnat-l'Étrange et des communes avoisinantes.

Magnat-l'Étrange est limitrophe de sept autres communes, dont Malleret au sud-est, sur moins de 500 mètres.

Communes limitrophes de Magnat-l'Étrange
Saint-Georges-Nigremont
Poussanges Magnat-l'Étrange Saint-Agnant-près-Crocq
Clairavaux,
La Courtine
Beissat Malleret

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune ne vient pas de phénomènes surnaturels qui s'y seraient passés, mais du nom des deux familles qui y régnèrent : les Magnat et les de Lestrange.

En occitan, la commune porte le nom de Manhac.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'existence d'un habitat sur le site du village de Magnat ainsi que des hameaux qui l'environnent est sans doute très ancienne, et peut remonter au Néolithique. Un prieuré a été érigé sur le territoire communal au VIIIe siècle[2]. Plusieurs fois démoli puis reconstruit, il a définitivement été détruit à la Révolution française.

La configuration du village de Magnat, conservée jusqu'à nos jours, est caractéristique de celle d'un village médiéval : situé sur les flancs d'une petite butte, en surplomb de la Rozeille, le village est dominé par un château (de taille modeste et remanié au XIXe siècle[3]) auquel l'église, qui pourrait dater du Xe ou XIe siècle[4], est attenante.

Sans épisode notable, l'histoire de Magnat a essentiellement été marquée, dans les deux derniers siècles, par la diminution importante de sa population, liée à l'exode rural du tournant des XIXe et XXe siècles ainsi qu'au solde naturel négatif qui a caractérisé la démographie du département dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Le chou de Magnat[modifier | modifier le code]

Vers 1760, lors d’un séjour en Russie, le marquis de Lestrange, baron de Magnat, remarque dans les jardins de Saint-Pétersbourg, une variété de choux pommés (ou choux cabus) particulièrement résistante au froid, peu exigeante pour la qualité du terrain et de conservation facile.

Le marquis de Lestrange se dit probablement que cette plante permettrait à sa région, pauvre, de mieux passer les hivers longs, froids et rigoureux. Il ramena en conséquence des graines et la méthode de culture et de conservation. La réussite dépassa son espérance et dès 1884 la culture de ce chou sera très développée et son « exportation » se fera vers le reste de la Creuse, le Cantal, la Corrèze et le Puy-de-Dôme.

Au-delà de ces qualités de résistance, ce chou peut mesurer jusqu’à 1,20 m de diamètre, peser 20 kg et se conserve en terre, tête retournée[5].

Aujourd’hui, Magnat et la commune voisine de Beissat fêtent toujours ce chou. Cette fête, généralement organisée en mai et octobre, animée par l’association éponyme, permet d’acheter des graines, des plants, et d’échanger sur la meilleure façon de soigner ces choux ou de les cuisiner.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie en 2018.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
mars 2001 2014 Lucien Mestat    
mars 2014 En cours Philippe Breuil PS Enseignant
Conseiller général du canton de La Courtine (2001-2015)

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2016 en augmentation de 4,44 % par rapport à 2011, la commune de Magnat-l'Étrange comptait 235 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Les autres chiffres sont des estimations.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2001 1081 2201 3901 3731 5301 5711 6041 638
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 5791 5951 6071 7121 8421 6961 8251 5921 652
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6091 5081 505960954828819703559
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
460462384318245212229231222
2016 - - - - - - - -
235--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La commune comporte plusieurs exploitations agricoles, pratiquant principalement l'élevage bovin.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

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Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Ce double clocher fait l’objet d’une légende :

« Avant de partir en croisade, le seigneur de Magnat promit au curé de la paroisse, s’il revenait vivant de son périple, de payer un clocher pour l’église. Mais son absence se prolongea et sa femme prit un amant. Désirant l’épouser, elle acheta l’accord du curé en payant le clocher promis par son mari. Mais malchance pour elle, son mari revint d’Orient quelque temps après. Il tua la femme et l’amant mais, ayant promis le clocher à un homme d’église, le fit construire malgré tout, ce qui explique la présence des deux clochers. »

À l'intérieur, le maître-autel est composé d'un remarquable ensemble autel-tabernacle[13]-retable[14] du XVIIe siècle inscrit en 1987 au titre des monuments historiques[15]. Il est agrémenté de statues de la même époque représentant saint Martial[16] et saint Roch[17] et quatre anges, toutes les six inscrites au titre des monuments historiques, ainsi que la Vierge de l'Assomption, classée en 1988[18]. L'église et le retable ont fait l'objet d'une restauration par les monuments historiques en 2016-2017. Les vitraux sont l'œuvre de Charles Lagaye en 1879[19],[20] et 1887[21],[22] et de Charles Borie vers 1929[23],[24],[25],[26].

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Magnat-l'Étrange dans la littérature[modifier | modifier le code]

Magnat-l'Étrange est citée dans le poème d’Aragon, Le conscrit des cent villages, écrit comme acte de résistance intellectuelle de manière clandestine au printemps 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale[30]. La commune est également le lieu de l'intrigue de la bande-dessinée Intrus à l'Étrange de Simon Hureau.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Antoine du Plantadis, né vraisemblablement au château du Bost, est lieutenant-général du comté de la Marche de 1581 à 1588.
  • Alexandre de Lestrange (1747 - 1828), 4e marquis de Lestrange, né à Magnat-l'Étrange, est officier dans les Volontaires de Soubise, puis capitaine de dragons. Descendant de Laurent du Plantadis (seigneur du Bost, châtelain d'Aubusson et Felletin fin XVIe siècle), il est l'aïeul, à la 6e génération, d'Antoine de Saint-Exupéry.
  • Paul Fressanges du Bost (1886-1943) est un aviateur de la Première Guerre mondiale. Une partie de ses origines familiales se trouvent au château du Bost, à Magnat-l'Étrange.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Deux valeurs différentes pour l'IGN, 867 mètres sur la carte et 868 sur son ancien site.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Puy du Bois du Suc » sur Géoportail (consulté le 16 novembre 2019)..
  2. a et b Inventaire général du patrimoine culturel, « Prieuré de l'Assomption-de-la-Vierge, Saint-Pardoux », notice no IA00030666, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  3. a et b « Restes du château », notice no PA00100101, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  4. a et b Inventaire général du patrimoine culturel, « Eglise paroissiale de l'Assomption-de-la-Vierge », notice no IA00030665, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  5. Reportage de Télé Millevaches sur le chou de Magnat.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  8. Inventaire général du patrimoine culturel, « Château », notice no IA00030667, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  9. Inventaire général du patrimoine culturel, « Château », notice no IA00030673, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  10. Inventaire général du patrimoine culturel, « moulins », notice no IA23000427, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  11. Inventaire général du patrimoine culturel, « plaque commémorative de la consécration de l'église », notice no IM23000596, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  12. « Eglise de l'Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge », notice no PA00100102, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  13. Inventaire général du patrimoine culturel, « autel, tabernacle (autel tombeau, tabernacle à ailes) », notice no IM23000582, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  14. Inventaire général du patrimoine culturel, « retable (retable architecturé)) », notice no IM23000581, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  15. « autel tombeau, gradin d'autel, tabernacle à ailes, exposition, retable architecturé, 6 statues : saint Martial, saint Roch, quatre anges (maître-autel) », notice no PM23000696, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  16. Inventaire général du patrimoine culturel, « statue (grandeur nature) : saint Martial », notice no IM23000584, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  17. Inventaire général du patrimoine culturel, « statue (grandeur nature) : saint Roch », notice no IM23000585, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  18. « statue : Vierge de l'Assomption », notice no PM23000116, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  19. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière figurée : Vierge à l'Enfant », notice no IM23000580, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  20. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière figurée : Sacré-Coeur », notice no IM23000577, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  21. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière figurée : saint Joseph et l'Enfant Jésus », notice no IM23000579, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  22. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière figurée : saint Michel terrassant le démon », notice no IM23000578, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  23. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière : le calvaire », notice no IM23000576, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  24. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière : la Remise des clefs à saint Pierre », notice no IM23000575, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  25. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière : Jésus bénissant les enfants », notice no IM23000574, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  26. Inventaire général du patrimoine culturel, « verrière : la Nativité », notice no IM23000573, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  27. Inventaire général du patrimoine culturel, « Croix monumentales », notice no IA00030664, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  28. Inventaire général du patrimoine culturel, « Croix de cimetière », notice no IA00030669, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  29. Inventaire général du patrimoine culturel, « Fontaine de dévotion Saint-Roch », notice no IA00030671, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 16 novembre 2019.
  30. Louis Aragon, « Le Conscrit des cent villages », publié initialement dans La Diane française, consulté dans Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris : Seghers, 2004 (2e édition). (ISBN 2-232-12242-5), p. 373-375.