Sarah Vaughan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vaughan.

Sarah Vaughan

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Sarah Vaughan en 1946

Informations générales
Surnom Sassy ; La Divine (The Divine One)
Naissance 27 mars 1924
Newark, New Jersey
Décès 3 avril 1990 (à 66 ans)
Hidden Hills, Californie
Activité principale Voix
Genre musical jazz, bebop, scat
Années actives 1942–1988
Labels Columbia, Mercury, Emarcy, Roulette, Pablo

Sarah Vaughan est une chanteuse de jazz américaine née le 27 mars 1924 à Newark dans le New Jersey et morte à Hidden Hills en Californie, le 3 avril 1990.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Née dans une famille aussi religieuse que musicienne, elle apprend le chant et l'harmonium dans un contexte religieux, au sein de l'Église baptiste.

Elle garde la double spécialité (chant et piano), jouant du piano dans l'orchestre de son école et chantant dans les chœurs à l'église ; elle se consacre au chant lorsqu'elle gagne le concours d'amateurs du Théâtre Apollo à Harlem, dix ans après Ella Fitzgerald qui vient la féliciter.

Elle rejoint l'orchestre d'Earl Hines puis l'orchestre moderniste, qui introduit le Be Bop dans la musique de big band, de Billy Eckstine. Elle est notamment influencée par Charlie Parker et Dizzy Gillespie, alors membres de l'orchestre.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

En décembre 1944, elle enregistre sous son nom une splendide version de « A Night in Tunisia » sous le nom "d’Interlude" avec Charlie Parker et Dizzy Gillespie en sidemen de luxe.

En 1949, elle signe chez le label Columbia et y enregistre abondamment. Dans les années cinquante, elle alterne des faces plutôt commerciales avec grand orchestre pour Mercury et des faces accompagnée par de petites formations souvent de grande qualité comme celle de l'album historique With Clifford Brown (1954).

En 1958, elle enregistre un album avec l'orchestre de Count Basie, No Count Sarah.

Dans les années 1960, sa voix perd légèrement en virtuosité mais gagne en profondeur comme le prouve sa formidable performance au Tivoli de Copenhague en 1963 ou celle au Monterey Jazz Festival en 1971 récemment publiée.

Elle enregistre au cours de ces années avec des orchestres symphoniques.

En 1982 elle enregistre pour Pablo Records un album très personnel. Afin de maitriser toutes les étapes dans la création de cet album elle endosse le rôle de producteur. « Sassy » de son petit nom choisit les musiciens, les chansons, les arrangements mais également la pochette et le titre de son album : Crazy and Mixed Up. Son rêve, comme elle dit, c'est « de faire ce qu'elle veut sans interférence de la part de la maison de disques ».

À partir de 1982, les enregistrements et concerts se font plus rares.

Style[modifier | modifier le code]

Sarah Vaughan possède une projection vocale précise et facile, peu importe le registre ou le tempo, et une tessiture de trois octaves et demi[1]. Sa technique vocale lui permet des sauts de registre d'une rare amplitude aux modulations et dosages de volume maitrisés. Avec les années, le registre de Sarah Vaughan s'est approfondi vers la voix d'alto profonde . Sarah Vaughan est aussi une pianiste avec une connaissance fonctionnelle de l'harmonie, et était considérée comme la meilleure chanteuse de bebop[1]. Avec son grand contrôle de voix, elle pouvait glisser sur plusieurs octaves comme lorsqu'elle chante « When you open it to speak » ou dans sa finale « Each day is Valentine's Day ».

Sa culture musicale, nourrie par le bebop, donne à ses improvisations une grande invention harmonique et rythmique. Son style est aussi marqué par une utilisation très poussée du vibrato. Sarah Vaughan joue avec la synchronisation des mots comme si les paroles pouvaient s'étirer pour se produire presque n'importe où par rapport au passage de la pulsation, comme lorsqu'elle chante les mots « funny valentine » ou « heart » dans les deux premiers vers de la chanson « My Funny Valentine ». Sarah Vaughan jongle avec la prononciation des mots, leur timbre et leur tonalité, ce qui donne, selon Gridley[1], un effet excessivement sensuel. Bref, elle préfère remanier le rythme et embellir les notes dans un but qui dépasse le simple ornement, et ce, sans nécessairement se diriger vers la liberté d'expression du scat.

Magnifique interprète de ballades, elle est aussi une chanteuse de scat accomplie. On ne lui connaît guère de rivale dans ce domaine, hormis Ella Fitzgerald. Toutes ces qualités se retrouvent dans ses performances scéniques d'autant qu'elle sait les mettre en scène avec humour, comme dans sa version de « Tenderly », enregistrée au Tivoli en 1963. Elle est considérée, avec Ella Fitzgerald et Billie Holiday, comme l'une des trois plus grandes chanteuses de jazz.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Sarah Vaughan est mentionnée (« She's reborn like Sarah Vaughan ») par la chanteuse britannique Amy Winehouse dans sa chanson October Song, parue en 2003.
  • Sarah Vaughan est mentionnée (« We blowin' like Sarah Vaughan ») par le rappeur américain Chali 2na (du groupe Jurassic 5) dans la chanson de Supernatural Work It Out parue en 2003 sur l'album The Lost Freestyle Files

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • 1954 : Swingin' Easy, Emarcy
  • 1954 : Sarah Vaughan with Clifford Brown, Emarcy
  • 1955 : In the Land of Hi-Fi, EmArcy MG-36058
  • 1957 : At Mister Kelly's, Mercury
  • 1959 : After Hours at the London House [live] Mercury SR-60020 / 2005 CD Mercury [Verve] SR-60020
  • 1958 : No Count Sarah, EmArcy
  • 1961 : After Hours, Roulette Jazz
  • 1962 : Sarah + 2, Roulette Jazz
  • 1963 : Sassy Swings the Tivoli [live], Emarcy
  • 1965 : Sarah Vaughan sings The Mancini, Mercury SR 61009 / 1998 CD Mercury [Verve] 558 401-2
  • 1967 :Sassy swings again, The Verve Music Group
  • 1971 : Live at the 1971 Monterey Jazz Festival, MJF Records,
  • 1974 : Send in the Clowns, Fantasy Inc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c GRIDLEY, Mark C., Jazz Styles; History and Analysis, New Jersey, Pearson Education, 2008, 514 pages.

Sur les autres projets Wikimedia :