Samarobriva

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Samarobriva est le nom de la ville d'Amiens à l'époque gallo-romaine.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Son nom gallo-roman est Samarobriva, qui signifie en gaulois « Pont (briva) sur la Somme (Samara) ».
Comme un peu partout en Gaule, le nom du peuple, les Ambiens, a fini par se substituer à celui de sa capitale Samarobriva (l' -s final d'« Amiens » et de nombreuses autres villes s'explique par l'accusatif pluriel Ambianos, ou bien par l'ablatif-locatif pluriel Ambianis).

Histoire[modifier | modifier le code]

La région est occupée lors de la préhistoire.

Au moment de l'arrivée des Romains, la région est occupée par un peuple gaulois : les Ambiens. On connaît très peu de choses sur la ville gauloise en raison du peu de fouilles effectuées et du peu d'allusions à cette ville dans les textes antiques disponibles.

Dès leur arrivée en Gaule, les Romains reconnaissent le caractère stratégique de la cité. Dans son ouvrage De Bello Gallico (La guerre des Gaules), Jules César explique qu'après sa première tentative de conquête de la Bretagne (l'actuelle grande-Bretagne) il a pris ses quartiers d'hiver à Samarobriva de l'automne -54 au printemps -53. Il y a convoqué deux fois un concilium Galliae ; « Quand il eut fait mettre les navires à sec et tenu à Samarobriva l'assemblée de la Gaule, comme la récolte de cette année avait été peu abondante à cause de la sécheresse, il fut obligé d'établir les quartiers d'hiver de l'armée autrement que les années précédentes, et de distribuer les légions dans diverses contrées»[1]. (...) « César renvoya Fabius dans ses quartiers avec sa légion, et résolut d'hiverner lui-même aux environs de Samarobriva avec trois légions dont il forma trois quartiers. Les grands mouvements qui avaient eu lieu dans la Gaule le déterminèrent à rester tout l'hiver près de l'armée. »[2]

La ville se développe au Ier siècle alors que l'empereur romain Claude Ier décide de conquérir la Bretagne (Grande-Bretagne actuelle). La construction de nouvelles routes en Gaule belgique et la situation favorable de Samarobriva sur la Somme renforce l'importance de la cité. Samarobriva devient un point de passage de l'axe romain Lyon-Boulogne et le principal nœud routier de la Gaule du nord.

On y construit :

  • un vaste forum (320 m x 125 m, de l'actuel hôtel-de-ville à l'actuel palais de justice) ;
  • des thermes romains (actuellement rue de Beauvais, face à l'église St-Germain) ;
  • un amphithéâtre de 15 000 places (aujourd'hui à l'emplacement de l'hôtel-de-ville).

Le plan de la ville est orthogonal, les rues se coupant à angle droit pour former des insulae.

En 2006, lors de la construction d'immeubles dans la ZAC Cathédrale, des fouilles ont permis d’étudier une portion du rempart dressé en 277 à Samarobriva[3] ; cette enceinte, plus petite que la précédente, montre que la population avait baissé au cours du IIIe siècle[4].

En 287, saint Firmin devient le premier évêque d'Amiens, et prêche le christianisme dans la ville. Il est décapité le 25 septembre 303.

A la charnière des IIIe et IVe siècle Samarobriva prend le nom d'Ambianorum (Amiens)[5].

Durant l'hiver 338-339, saint Martin, alors soldat romain en garnison à Amiens, partage son manteau avec un pauvre (une plaque commémore cet événement sur le mur nord du palais de justice actuel).

Au Bas-Empire (IVe siècle), l'amphithéâtre est transformé en forteresse : le Castillon. La surface de l'enceinte est d'environ 20 hectares, ce qui fait d'Amiens la plus grande forteresse du nord de la Gaule.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albéric de Calonne, Histoire de la ville d'Amiens, tome 1, Amiens, Piteux Frères, 1899
  • Didier Bayard, Jean-Luc Massy, Amiens romain, Samarobriva, Ambianorum, Amiens, Revue archéologique de Picardie, 1983
  • Ronald Hubscher (sous la direction de), Histoire d'Amiens, Toulouse, Éditions Privat, 1986

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules César, De Bello Gallico, chapitre V, 24.
  2. Jules César, De Bello Gallico, chapitre V, 53
  3. rapport d'activité 2006 de l’Inrap page 103
  4. Jacques Heers, La Ville au Moyen Âge, Fayard, coll. « Pluriel »,‎ 1990, 550 p., p. 16
  5. Ronald Hubscher (sous la direction de), Histoire d'Amiens, Toulouse, Éditions Privat, 1986