Hypatie

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Hypatia

Philosophe alexandrine

Antiquité tardive

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait imaginaire d'Hypatie d'Alexandrie.

Naissance 370
Décès 415 (Alexandrie, Égypte)
École/tradition néoplatonisme
Principaux intérêts Métaphysique, mathématiques, épistémologie, éthique, astronomie
Influencé par Diophante, Ptolémée, Plotin

Hypatie d'Alexandrie (en grec ancien Ὑπατία / Hypatia, v. 370415) est une mathématicienne et une philosophe alexandrine.

Son père Théon d'Alexandrie, dernier directeur du Musée d'Alexandrie, est éditeur et commentateur de textes mathématiques[1]. Il éduque sa fille en l'initiant aux mathématiques et à la philosophie. Elle a dirigé l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.

Travaux et vie[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Synésios de Cyrène[modifier | modifier le code]

Synésios de Cyrène, un de ses élèves (avant 395), qui était aussi son ami et qui devint évêque de Ptolémaïs, la loue dans ses lettres (en 404-407) pour sa grâce (très belle, elle reste vierge d'après la légende) et lui demande des conseils pour construire un hydromètre, un astrolabe ou pour tracer des cartes géographiques. Il lui a écrit : « C'est pour vous seule que je négligerais ma patrie ; et si jamais je puis la quitter, ce ne sera que pour aller auprès de vous » ; et ailleurs : « Quand bien même nul souvenir ne resterait aux morts dans les enfers, moi je m'y souviendrais de ma chère Hypatie » (Lettre 24). Dans une lettre à son père, il dit d'elle : « La philosophe si chère à Dieu et que nous ne saurions trop vénérer » (Lettre 17)[2].

Socrate le Scolastique[modifier | modifier le code]

L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :

« Il y avait dans Alexandrie une femme nommée Hypatie, fille du Philosophe Théon, qui avait fait un si grand progrès dans les sciences qu'elle surpassait tous les Philosophes de son temps, et enseignait dans l'école de Platon et de Plotin, un nombre presque infini de personnes, qui accouraient en foule pour l'écouter. La réputation que sa capacité lui avait acquise, lui donnait la liberté de paraître souvent devant les Juges, ce qu'elle faisait toujours, sans perdre la pudeur, ni la modestie, qui lui attiraient le respect de tout le monde. Sa vertu, toute élevée qu'elle était, ne se trouva pas au dessus de l'envie. Mais parce qu'elle avait amitié particulière avec Oreste, elle fut accusée d'empêcher qu'il ne se réconciliât avec Cyrille. Quelques personnes transportées d'un zèle trop ardent, qui avaient pour chef un Lecteur nommé Pierre, l'attendirent un jour dans les rues, et l'ayant tirée de sa chaise, la menèrent à l’église nommée Césaréon, la dépouillèrent, et la tuèrent à coups de pots cassés. Après cela ils hachèrent son corps en pièces, et les brûlèrent dans un lieu appelé Cinaron. Une exécution aussi inhumaine que celle-là couvrit d'infamie non seulement Cyrille, mais toute l'Eglise d'Alexandrie, étant certain qu'il n'y a rien si éloigné de l'esprit du Christianisme que le meurtre et les combats. Cela arriva au mois de Mars durant le Carême, en la quatrième année du Pontificat de Cyrille, sous le dixième Consulat d'Honorius, et le sixième de Théodose[3]. »

la Souda[modifier | modifier le code]

L'encyclopédie grecque la Souda, plus tardive, livre les informations suivantes[4], parfois contradictoires, comme la mention à la fois de son mariage et de sa virginité, ou incohérentes dans les dates, si la Souda désigne par le nom d'Isidore le Philosophe Isidore de Gaza qui a vécu plus tard qu'Hypatie.

Hypatie était une philosophe bien connue, née et élevée à Alexandrie, fille de Théon d'Alexandrie le Mathématicien, géomètre et philosophe d'Alexandrie; qui lui enseigna l'arithmétique, à quoi elle refusa de se limiter pour étudier la philosophie en général.

Elle était la femme d'Isidore le Philosophe. Son apogée se situa sous le règne de l'empereur Flavius Arcadius. Elle a écrit un commentaire sur Diophante, le Canon astronomique, et sur les Coniques d'Apollonios de Perga.

Bien que femme, elle portait le manteau des philosophes et se promenait au milieu de la ville où elle expliquait publiquement entre autres Platon et Aristote. En plus de son enseignement, atteignant les sommets de la vertu pratique, devenant juste et sage, elle resta vierge. Elle était belle et attirante. Un des auditeurs de ses lectures l'informa de ce qu'il la désirait. Elle le guérit de cet état non par la musique, comme on l'a dit par ignorance, mais en jetant devant lui un linge tâché de son sang menstruel, lui montrant ainsi son origine impure, et en lui disant « Vous aimez ceci, jeune homme, et il n'y a rien de beau à ce sujet ».

Elle était habile et éloquente dans sa parole, sage et civile dans ses actes. Elle a été dépecée par les habitants d'Alexandrie et son corps a été violenté et traîné dans toute la ville. La raison en serait la jalousie et sa science en particulier dans le domaine de l'astronomie. Selon les uns, ce serait la faute de Cyrille d'Alexandrie, selon les autres, cela serait dû au caractère insolent et rebelle des habitants d'Alexandrie, qui s'en sont parfois pris à leurs propres évêques, comme Georges l'Alexandrin et Protérius.

Elle a été aimée et honorée par les autres habitants de la ville, ainsi que par ses dirigeants qui venaient écouter ses lectures comme on le faisait à Athènes. Car bien que la réalité de la philosophie ait péri, le nom de celle-ci restait magnifique et admirable pour ceux qui accédaient aux plus hautes fonctions.

Or, un jour, Cyrille d'Alexandrie, du camp opposé, passa devant chez elle et remarqua qu'il y avait une grande affluence. Il en conçut de la jalousie et le désir de la faire périr d'une façon déshonorante. Un jour qu'elle sortait de chez elle comme à son habitude, un groupe compact d'hommes méprisables ne craignant ni le regard des dieux ni la vengeance des hommes la tua et infligea cette immense souillure et honte à leur patrie.

L'empereur aurait pu se mettre en colère suite à cela si Edesios, son représentant, ne s'était laissé corrompre. Il versa une indemnité pour les meurtres. Il attira cela sur lui et sa famille et c'est sa descendance qui en paya le prix.

La mémoire de ces événements au sein des habitants d'Alexandrie réduisit considérablement l'honneur et la considération dont jouissait Isidore le philosophe à Alexandrie. Malgré cette menace constante, chacun continua à le fréquenter pour écouter ses sages paroles.

Analyses modernes[modifier | modifier le code]

Hypatie fait ses études de sciences, philosophie et éloquence à Athènes. Elle travaille aussi dans le domaine de l'astronomie et de la philosophie. Elle écrit des commentaires sur L'Arithmétique de Diophante[5], sur Les Coniques d'Apollonios de Perga[6] et sur Les Tables de Ptolémée. Ses exposés publics à Alexandrie, où elle défend les thèses néoplatoniciennes (sans l'influence de Plotin) lui valent une grande renommée. Cependant aucun de ses travaux ne nous est parvenu, en particulier à cause de l'incendie final de la Bibliothèque d'Alexandrie ; cela explique sa faible notoriété.

Michel Tardieu et Pierre Chuvin[modifier | modifier le code]

Pour Michel Tardieu et Pierre Chuvin[7], nous avons une « image tripartite de la philosophie hypatienne » : philosophie générale, sciences et vertu pratique.

  1. Philosophie générale : Hypatie n'est pas une cynique parlant dans les rues, elle dispense un enseignement public, aux frais ou au service de l’État, dans les années 390, à Alexandrie. Elle explique « Platon ou Aristote ou tout autre philosophe » (selon Damascios). L'assistance à ses cours est libre. D'autre part, Hypatie donne sans doute des séances privées (hidia), en cénacles, et peut-être chez elle, auxquelles assistaient Synésios et ses condisciples. Cela explique que Cyrille d'Alexandrie, en poste depuis 412, ne se soit rendu compte qu'en 414 ou 415 de la popularité d'Hypatie.
  2. Sciences : Hypatie connaît les mathématiques, l'astronomie.
  3. Vertu pratique : Hypatie porte sur elle « l'anneau de continence » (selon Damascios). Elle pratique la théurgie.

John Thorp[modifier | modifier le code]

John Thorp, philosophe américain, dit à son sujet[8] :

« Hypatie est l'héroïne idéale. Elle était charismatique ; elle mourut horriblement ; elle fut au centre d'un jeu compliqué de tensions politiques et religieuses ; et – la qualification la plus importante pour le statut de héros – en fin de compte nous savons très peu sur elle de façon claire et certaine. Une étoile qui brille, certes, mais vue à travers les brumes du temps et de l'oubli. Nos incertitudes invitent la construction d'une héroïne. L'un des principaux thèmes des études récentes sur Hypatie est précisément la diversité des interprétations de son histoire. Un livre italien, d'Elena Gajeri, portant le titre Ipazia, un mito letterario (Hypatie, un mythe littéraire), suggère qu'Hypatie, telle que nous la connaissons, est une construction de l'imaginaire plutôt qu'une réalité de l'histoire. »

« Déjà dans l'antiquité tardive elle était une héroïne païenne pour avoir été massacrée par les chrétiens, ou encore une héroïne des ariens pour avoir été massacrée par les orthodoxes, ou encore une héroïne des chrétiens de Constantinople pour avoir été massacrée par les chrétiens intempérants d'Alexandrie. Plus récemment elle s'est vue traiter d’héroïne anticléricale, victime de la hiérarchie ; héroïne protestante, victime de l'église catholique ; héroïne du romantisme hellénisant, victime de l'abandon par l'Occident de sa culture hellénique ; héroïne du positivisme, victime de la conquête de la science par la religion ; et, tout dernièrement, héroïne du féminisme, victime de la misogynie chrétienne. Femme polyvalente ! »

« Vous avez donc, chez Hypatie, tous les éléments idéaux pour une histoire captivante : il y a le fait exotique, dans l'antiquité, d'une femme mathématicienne et philosophe ; il y a son charisme indéniable ; il y a l'élément érotique fourni par sa beauté et par sa virginité ; il y a le jeu imprévisible des forces politiques et religieuses dans une ville qui a toujours connu la violence ; il y a la cruauté extraordinaire de son assassinat ; et, en arrière-plan, le sentiment profond d'un changement inexorable d'ère historique. De plus il y a notre manque d'informations claires et précises sur elle, ce qui permet aux fabricants de légendes de remplir les lacunes comme ils veulent »

La mort d'Hypatie[modifier | modifier le code]

Hypatia, Charles William Mitchell, 1885, Laing Art Gallery (Newcastle-upon-Tyne).

En 416, à 45 ans, elle est assassinée par les hommes de mains de Cyrille, infirmiers-fossoyeurs d'Alexandrie, les parabalani[9].

La victime d'un conflit politique et religieux[modifier | modifier le code]

  • Selon la thèse de Socrate le Scolastique (vers 440), les chrétiens lui reprochaient d'empêcher la réconciliation entre le patriarche Cyrille d'Alexandrie et le préfet romain Oreste à la suite de conflits sanglants entre diverses communautés religieuses d'Alexandrie.

« Contre elle alors s’arma la jalousie ; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons ; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l’image de Cyrille d'Alexandrie et de l’Église d’Alexandrie ; car c’était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. Et cela eut lieu la quatrième année de l’épiscopat de Cyrille, la dixième année du règne d’Honorius, la sixième du règne de Théodose, au mois de mars, pendant le Carême[3]. »

  • Selon la thèse du philosophe néoplatonicien Damascios (en 495), l'évêque aurait découvert par hasard, en passant devant chez Hypatie et en voyant la foule qui s'y pressait, la popularité de la philosophe. Toujours est-il qu'elle est arrachée à sa voiture, entraînée dans une église, siège patriarcal, consacrée à saint Michel, appelée le Cæsareum quand l'édifice était le centre du culte impérial à Alexandrie. Hypatie est déshabillée, tuée à coups de tessons et démembrée. Ses restes sont promenés par les rues et brûlés.[réf. nécessaire]
  • Selon Voltaire, elle serait morte lapidée dans l'église la césarée d'Alexandrie par une foule fanatisée de moines chrétiens sur ordre de Cyrille, évêque d'Alexandrie[10].

L'accusation tardive de sorcellerie[modifier | modifier le code]

D'après Jean de Nikiou (Nicée), au VIIe siècle[11] :

« En ces temps apparut une femme philosophe, une païenne nommée Hypatie, et elle se consacrait à plein temps à la magie [théurgie, selon Michel Tardieu], aux astrolabes et aux instruments de musique, et elle ensorcela beaucoup de gens par ses dons sataniques. Et le gouverneur de la cité l'honorait excessivement ; en effet, elle l'avait ensorcelé par sa magie. Et il cessa d'aller à l'église comme c'était son habitude… Une multitude de croyants s'assembla guidée par Pierre le magistrat — lequel était sous tous aspects un parfait croyant en Jésus-Christ — et ils entreprirent de trouver cette femme païenne qui avait ensorcelé le peuple de la cité et le préfet par ses sortilèges. Et quand ils apprirent où elle était, ils la trouvèrent assise et l'ayant arrachée à son siège, ils la trainèrent jusqu'à la grande église appelée Césarion. On était dans les jours de jeûne. Et ils déchirèrent ses vêtements et la firent traîner (derrière un char) dans les rues de la ville jusqu'à ce qu'elle mourût. Et ils la transportèrent à un endroit nommé Cinaron où ils brûlèrent son corps. Et tous les gens autour du patriarche Cyrille l'appelèrent « le nouveau Théophile », car il avait détruit les derniers restes d'idolâtrie dans la cité. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Cette liste comporte des poèmes, œuvres de fiction et analyses historiques des siècles derniers.

XVIIIe siècle
  • Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, Article sur l'Eclectisme
  • Voltaire l'évoque dans son Dictionnaire philosophique.
XIXe siècle
XXe siècle
  • Mario Luzi, Livre d’Hypatie (Libro di Ipazia), théâtre, 1978
  • Augusto Agabiti, Ipazia : la prima martire della liberta di pensiero, Ipazia, Ragusa, 1979
  • Alexandra Barriole, Hypatie, la lionne de l'apocalypse, La pensée universelle, 1987
  • Andrée Ferretti, Renaissance en Paganie, L'Hexagone, 1987
  • Arnulf Zitelmann, Hypatia, École des Loisirs, Coll. Médium, 1989
  • Jean Marcel, Hypatie ou la fin des dieux, Leméac, 1989
  • J. Rougé, « La politique de Cyrille d'Alexandrie et le meurtre d'Hypatie », in Cristianesimo nella Storia, 11/3, 1990, p. 485-504;
  • Silvia Ronchey, « Ipazia, l'intellettuale », in Augusto Fraschetti (a cura di), Roma al femminile, Roma, Laterza, 1994, p. 213-258;
  • Silvia Ronchey, « Filosofa e martire: Ipazia tra storia della chiesa e femminismo », in R. Raffaelli (a cura di), Vicende e figure femminili in Grecia e a Roma (Atti del Convegno di Pesaro, 28-30 aprile 1994), Ancona, Commissione per le Pari Opportunità della Regione Marche, 1995 p. 449-465;
  • Maria Dzielska, traduit en anglais par F. Lyra, Hypatia of Alexandria, (Revealing Antiquity, No. 8) Cambridge, MA: Harvard University Press, 1995 (1996 en livre de poche)
  • Pan Bouyoucas, Hypatie ou la mémoire des hommes, pièce de théâtre, créée en 1999, publiée par Dramaturges éditeurs en 2005
  • Umberto Eco, Baudolino, 2000.
  • Maurice Magre, Priscilla d'Alexandrie, Albin Michel, 1925 (chapitres III et XII)
XXIe siècle
  • Marie-Florence Ehret, Hypatie, fille de Théon, Atelier Des Brisants, 2001
  • Antonio Colavito e Adriano Petta, Ipazia, scienziata alessandrina. 8 marzo 415 d.c., Lampi di Stampa, Milano 2004;
  • Aida Stoppa, « Ipazia e la rete d'oro », in Aida Stoppa, Sette universi di passione, Colledara, Te, Andromeda éditrice, 2004, p. 20-34;
  • Loup d'Osorio, Hypathia, arpenteur d'absolu, L'Harmattan, 2005
  • Christiane Marciano-Jacob, Hypatia — Un phare dans la nuit, Editions du Lys 2008
  • Christelle Pécout, Virginie Greiner, Hypathie, Dupuis (Grand Public). (Bande dessinée). 2010.
  • Maria Dzielska, Hypatie d'Alexandrie, traduit de l'anglais par Marion Koeltz, préface de Monique Trédé, publié par les Editions des femmes-Antoinette Fouque, mars 2010
  • Laurence Hesse, « Hypathie », in Math à mort. Nouvelles, Tenneville, Les Éditions Memory, 2013.

Le personnage d'Hypatie apparaît dans le roman de l'égyptien Yūsuf Zaydān (en) ‘Azāzīl (Le Caire, Dar al-Chorouq, 2008), construit comme les mémoires fictives d'un moine de Haute-Égypte. Le moine Hépa l'a connue durant son séjour à Alexandrie pour y étudier la théologie et la médecine et assiste à son exécution. Ce roman obtient l'International Prize for Arabic Fiction (en) 2009 en mars 2009.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le film Agora (2009) d'Alejandro Amenábar s'inspire librement de la vie et de la mort d'Hypatie, interprétée par Rachel Weisz. Elle y est montrée comme une patricienne, proche du préfet Oreste et de Synésios, deux anciens disciples. Elle se veut l’égale des hommes et enseigne la philosophie et les sciences en faisant face à la violence fanatique et à l’obscurantisme des chrétiens d’Alexandrie, et est érigée en figure de la laïcité[réf. nécessaire]. Elle cherche à comprendre, dans le film, comment les planètes, dont la Terre, tournent autour du soleil, contrairement au système géocentrique comme on le croyait à l'époque. Elle finit par comprendre que le système héliocentrique fonctionne avec des orbites en ellipse et non en cercle.

Dans la bande-dessinée[modifier | modifier le code]

Hypathie[12] (sic), Dupuis, collections Sorcières, 2010.

Hugo Pratt fait figurer Hypatie dans son oeuvre, dans l'album Fables de Venise, au travers du personnage d'Hypazia, fille du frère maçon Teone (référence à Théon d'Alexandrie, voir ci-dessus). Celle-ci est convaincue d'être la réincarnation de la philosophe alexandrine et les échanges qu'elle entretient par deux fois avec Corto Maltese avant de mettre fin à ses jours font explicitement référence à l'Hypatie historique.

L'École d'Athènes[modifier | modifier le code]

Détail de l'École d'Athènes, une référence à Hypatie ?

Une histoire souvent racontée, mais non prouvée, veut que Raphaël l'ait représentée dans une première version de son tableau L'École d'Athènes. Lorsqu'un des cardinaux aurait examiné le tableau et su que la femme représentée au centre et en bas était « Hypatie, la plus fameuse des membres de l'École d'Athènes », il aurait souhaité qu'elle en soit effacée. Il aurait ordonné : « Enlève-la. La foi ne permet de rien savoir sur elle. À part cela, l'œuvre est acceptable ». Raphaël l'aurait retirée, mais une référence lui en serait restée du fait de son remplacement par la figure efféminée de Francesco Maria Ier della Rovere, un neveu du pape Jules II[8].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hypatia of Alexandria », sur The MacTutor History of Mathematics archive
  2. Hymnes de Synésius de Cyrène, Prolégomènes, trad. Mario Meunier, 1947.
  3. a et b Socrate le Scolastique, Histoire Ecclésiastique (vers 440), VII, 15 lire en ligne.
  4. La Souda en ligne, article Hypatia: http://www.stoa.org/sol/
  5. (en) Oser, Lynn M., Women in Mathematics, Cambridge, (1974) indique que « Une portion de son traité original Sur le canon astronomique de Diophante a été trouvé au XVe siècle dans la bibliothèque du Vatican ; il est probable qu'il y ait été amené après la chute de Constantinople aux Turcs. » (p. 27) Lire en ligne.
  6. Benoît Patar, Dictionnaire des Philosophes Médiévaux, Les Editions Fides,‎ 2006 (ISBN 9782762127416, lire en ligne), p. 510
  7. Pierre Chuvin, Chronique des derniers païens : la disparition du paganisme dans l'Empire romain, du règne de Constantin à celui de Justinien, Paris, les Belles lettres Fayard, coll. « Belles Lettres » (no 97),‎ 2009, 350 p. (ISBN 978-2-2513-8097-1, OCLC 852486444), p. 366-367.
  8. a et b A la recherche d'Hypatie, Allocution par John Thorp (Université de Western Ontario), Association canadienne de philosophie,2004 .
  9. André Chastagnol, La fin du monde antique, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1976, p. 61.
  10. Voltaire "de la paix perpétuelle" par le "docteur goodheart", dans ses œuvres complètes. édition de Th. Desoer, Paris, 1817
  11. Jean de Nikiou, trad. an. : Chronicle, 84, 87–103 (online version) [1].
  12. http://www.dupuis.com/catalogue/FR/al/20559/hypathie.html#.Uckzg5HG_xo

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique (vers 440), VII, 13-15.
  • Damascios, Vie d'Isidore [de Gaza] (495), fragments in Photius, Bibliothèque, Cod. 242. Trad. : La vie d'Isidore ou Histoire de la philosophie, traduit par Anthelme-Édouard Chaignet, Т 1-3 Paris, 1900-1903. fragments 102-105.
  • Jean de Nikiou, Histoire universelle (VII° s., original copte perdu), 84, 100-102, trad. de la version amharique Zotenberg, 1883, p. 474. [2]
  • Anne Jensen, Femmes des premiers siècles chrétiens, Bern, Peter Lang, 2002, p. 180-181. Texte grec et français de Socrate, HE 7,15.
  • Navarro, J. (2013) - « Les femmes et les mathématiques - D'Hypatie à Emmy Noether », coll. Le monde est mathématique présentée par Cédric Villani no 33 (ISBN 978-2-8237-0131-9), Éd. RBA, Paris, p. 11-19

Études[modifier | modifier le code]

  • K. Praechter, Hypatia, in Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, Halbband 17, Band IX,1, Stuttgart, J. B. Metzler, 1914, col. 242-249 (en ligne [3], [4], [5]).
  • J. M. Rist, Phoenix, 19 (1965), p. 214 ss.
  • J. Bregman, Synesius of Cyrene, Berkeley et Londres, University of California Press, 1982, p. 22-25, 36-39.
  • Pierre Chuvin, Chronique des derniers païens. La disparition du paganisme dans l'Empire romain, du règne de Constantin à celui de Justinien (1990), Les Belles Lettres, éd. revue 2009, p. 90-94, 361-367.
  • Maria Dzielska: Hypatia of Alexandria. Harvard University Press, Cambridge (Mass.) 1995, ISBN ... (Revealing Antiquity, 8).
  • H. D. Saffrey, in Dictionnaire des philosophes antiques, 1989 ss., t. III, p. 814-817.
  • Régine Pietra, Les femmes philosophes de l'antiquité gréco-romaine, L'Harmattan, 1997, « Ouverture philosophique ».
  • Hans von Campenhausen, Les Pères grecs (Griechische Kirchenväter), Paris, Éd. de l'orante, 1963. Chapitres « Synésius de Cyrène » et « Cyrille d'Alexandrie ».
  • Olivier Gaudefroy, Hypatie, l'étoile d'Alexandrie, Arléa, 2012.
  • Maurice Sartre, Histoires grecques, Points Seuil, 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Suite au film Agora