Anthémius de Tralles

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Anthémius de Tralles (en grec ancien Ἀνθέμιος ὁ Τραλλιανός) est un mathématicien, ingénieur[1] et architecte byzantin (° fin du Ve siècle - † avant 558).

Vie et travaux[modifier | modifier le code]

Il était le fils d'un médecin de Tralles nommé Étienne[2], qui eut quatre autres fils brillants : Métrodore, grammairien ; Olympios, juriste ; et deux médecins, Dioscore et Alexandre de Tralles (le dernier auteur des Θεραπευτικά)[3]. En tant qu'architecte, il se rendit célèbre par la reconstruction de la cathédrale Sainte-Sophie à Constantinople, avec Isidore de Milet, entre 532 et 537, à la suite de l'incendie provoqué par la sédition Nika. Il était très probablement mort quand la coupole de l'édifice s'effondra en mai 558. Agathias affirme qu'il construisit beaucoup à Constantinople et dans d'autres villes. Ses compétences furent également employées par Justinien en ingénierie, par exemple lors de la réparation des digues de la forteresse de Dara[4].

Agathias raconte la querelle qu'il eut avec son voisin le rhéteur Zénon. Battu dans un procès de voisinage qui les opposa, Anthémius se vengea en fabriquant plusieurs machines pour persécuter son ennemi : un dispositif avec des tuyaux de cuir faisant circuler de la vapeur d'eau qui fit croire à un tremblement de terre chez le voisin ; un miroir concave qui éblouissait les gens qui se trouvaient chez lui ; un mécanisme qui produisait brusquement un bruit épouvantable. Zénon finit par dire qu'il n'était pas de taille en face d'un homme qui lançait le tonnerre comme Zeus et ébranlait la terre comme Poséidon.

En tant que mathématicien, il réalisa de remarquables travaux sur les coniques, ce qui lui fut d'ailleurs fort utile pour l'édification de Sainte-Sophie. On peut également citer une méthode de construction d'une ellipse au moyen d'une ficelle fixée aux deux foyers (dite méthode du jardinier) ou l'étude des propriétés focales d'une parabole, qui lui permit de concevoir des miroirs paraboliques pour concentrer les rayons du Soleil : les « miroirs ardents ».

C'est à Anthémius que l'on doit le récit des miroirs ardents qu'Archimède aurait fait construire pour incendier les voiles des galères romaines venues assiéger Syracuse. Transmis à la Renaissance par les écrits d'Alhazen et de Vitellion, ce récit sera repris, tantôt comme objet de recherche (Oronce Fine), tantôt comme objet de mépris (Descartes) par les savants de la Renaissance au XVIIe siècle.

Un fragment de son traité sur les miroirs ardents fut publié en 1777 par Louis Dupuy sous le titre Περί παραδόξων μηχανημάτων (Machines merveilleuses). Ce fragment réédité en 1786 dans les Histoires de l'Académie des Instrumentistes (vol. 42).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. μηχανοποιός
  2. Stéphane
  3. Agathias, Histoire de Justinien : V, III, 4
  4. Procope de Césarée, De ædificiis, II, I, 11-13.