Comète

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La comète Hale-Bopp en 1997.

Une comète est, en astronomie, un petit corps constitué d'un noyau de glace et de poussière en orbite (sauf perturbation) autour d'une étoile. Lorsque son orbite, qui a généralement la forme d'une ellipse très allongée, l'amène près de cette étoile (par exemple le Soleil dans le Système solaire), la comète est exposée à diverses forces émanant de cette dernière : vent stellaire, pression de radiation et gravitation. Le noyau s'entoure alors d'une sorte de fine atmosphère brillante constituée de gaz et de poussières, appelée chevelure ou coma, souvent prolongée de deux traînées lumineuses composées également de gaz et de poussières, les queues (une de gaz ionisé et une de poussières), qui peuvent s'étendre sur plusieurs dizaines de millions de kilomètres.

Dans le Système solaire, quand elles s'approchent suffisamment de la Terre ou que leur magnitude est importante, les comètes deviennent visibles à l'œil nu (parfois même de jour) et peuvent être spectaculaires ; elles sont alors classées comme « grandes comètes ».

Les comètes se distinguent des astéroïdes, autres petits corps, par l'activité de leur noyau. Cependant, les observations récentes de plusieurs astéroïdes présentant une activité cométaire, notamment dans la ceinture principale, tend à rendre de plus en plus floue la distinction entre comète et astéroïdes[1]. Elles proviendraient de deux réservoirs principaux du Système solaire : ceinture de Kuiper et nuage d'Oort, tandis que les comètes interstellaires, ayant une origine extérieure restent hypothétiques.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le mot « comète » vient du grec komêtês (κομήτης) qui signifie « chevelu ».

Description[modifier | modifier le code]

Une comète se compose essentiellement de trois parties : le noyau, la chevelure et les queues. Le noyau et la chevelure constituent la tête de la comète.

Lors du dernier passage de la comète de Halley en 1986, six sondes spatiales (ICE, Vega-1, Vega-2, Sakigake, Suisei et Giotto) ont frôlé la comète et enregistré des données et des images précieuses pour notre connaissance des comètes.

Le noyau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Noyau d'une comète.

L'hypothèse de constitution du noyau la plus communément admise et confirmée par les récentes expériences spatiales de spectroscopie, est qu'il serait un corps solide constitué pour environ moitié de glaces (essentiellement d'eau, puis de monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, méthane, éthane, acétylène) et environ moitié de matières météoritiques agglomérées (modèle dit de la « boule de neige sale » proposé par Fred Whipple en 1950, « modèle en couche » proposé par Michael J. Belton (en) suite à la mission Deep Impact). Ces glaces se subliment (lorsque la comète est à une distance de 1 à 3 unités astronomiques du Soleil) sous l'action du rayonnement solaire et donnent naissance à la chevelure, puis aux queues[2].

Le diamètre du noyau (non sphérique, certaines parties étant lisses, d'autres rugueuses) est estimé entre quelques centaines de mètres et quelques dizaines de kilomètres. La période de rotation va de 5 à 70 heures[2].

Le noyau de la comète de Halley est de forme oblongue, sa plus grande dimension mesure environ 15 kilomètres, pour un volume estimé à 500 kilomètres cubes et une masse de 1014 kilogrammes, ce qui correspond à une masse volumique moyenne de 200 kilogrammes par mètre cube (un cinquième de celle de l'eau dans les conditions standards à la surface de la Terre).

La présence de molécules organiques dans les comètes est un élément en faveur de la théorie de la panspermie. Un scientifique de la NASA, Richard B. Hoover (en), prétend ainsi en 2011 avoir trouvé des bactéries fossiles extraterrestres dans des comètes[3], mais la NASA a pris ses distance avec ces travaux, leur reprochant un manque d'évaluation par les pairs[4].

La chevelure[modifier | modifier le code]

La chevelure, ou coma, est constituée d'atomes, de gaz et de poussières issus du noyau de la comète et libérés sous forme de jets. Très rapidement[Quand ?], le rayonnement ultraviolet provenant du Soleil casse les atomes et les molécules (phénomène d'ionisation). La brillance de la chevelure est plus forte à proximité du noyau.

Son diamètre est généralement compris entre 50 000 et 250 000 kilomètres, avec des limites extrêmes de 15 000 et 1 800 000 kilomètres. La chevelure s'identifie fréquemment avec la tête de la comète, étant donné le faible diamètre relatif du noyau.

Les analyses du gaz de la chevelure de la comète de Halley indiquent que celle-ci contient 80 % d'eau, 10 % de monoxyde de carbone, 3 % de dioxyde de carbone, 2 % de méthane, moins de 1,5 % d'ammoniac et 0,1 % d'acide cyanhydrique.

Les queues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Queue (comète).
Queue bleue d'Hale-bopp, due essentiellement à l'ion CO+[5]

Une comète importante possède en général deux queues visibles :

  • Une queue constituée d'un plasma, rectiligne et se maintenant à l'opposé du Soleil (comme une ombre), poussée à haute vitesse (de l'ordre de 500 km/s) par le vent solaire ; les changements de polarité du vent solaire produisent des ruptures dans la queue de plasma qui se reconstitue dans les heures qui suivent.
Halley le 14 avril 1986
  • Une queue plus large constituée de poussières poussées par la pression de radiation solaire, et incurvée dans le plan de l'orbite par la gravité du soleil. Grâce aux travaux de Michael Finson et Ronald Probstein (1968), qui ont mis en œuvre les hypothèses de Fiodor Bredikhine (1885) qui faisaient elles-mêmes suite à celles de Bessel, on peut modéliser la queue de poussières. Les trajectoires (képlériennes) des grains peuvent ainsi être analysées en fonction de la durée d'émission (synchrones) ou en fonction de leur taille (syndynes).
  • Une troisième enveloppe, invisible avec des instruments optiques, mais décelée grâce à la radioastronomie, est la queue d'hydrogène qui s'étend sur des dimensions considérables.
  • Une anti-queue, constituée de gros grains qui, par effet de perspective lorsque la Terre traverse le plan de l'orbite cométaire, semble pointer vers le Soleil.

Leurs dimensions sont considérables : des longueurs de 30 à 80 millions de kilomètres sont relativement fréquentes.

Orbites[modifier | modifier le code]

Orbite d'une comète
A: Soleil, B:Pluton, C:Comète

Comme toute orbite céleste, celles des comètes sont définies à l'aide de six paramètres (éléments orbitaux) : la période P, argument du périhélie ω, la longitude du nœud ascendant Ω, l'inclinaison i, la distance du périhélie q et l'excentricité e. Lorsqu'on découvre une nouvelle comète, après au moins trois observations distinctes, on modélise une première orbite en prenant e = 1 : par défaut, l'orbite est supposée parabolique. Lorsque plus d'observations ont pu être effectuées, une meilleure orbite osculatrice est calculée en affinant la valeur de l'excentricité.

La majorité des comètes répertoriées ont une orbite elliptique et gravitent autour du Soleil : ce sont les comètes périodiques, leur période pouvant être modifiée par des perturbations gravitationnelles.

Les comètes sont dites, par convention, à courte période quand leur période est inférieure à 200 ans. Celles-ci seraient originaires de la ceinture de Kuiper, passeraient par un stade de centaure avant d'atteindre le Système solaire interne.

Les comètes dont la période est supérieure à 200 ans, appelées comètes à longue période, sont supposées provenir du Système solaire externe (objets détachés, objets éjectés dans le nuage de Hills ou le nuage d'Oort par le passage d'étoiles et de nuages moléculaires et réinjectés dans le Système solaire par le même type de perturbation gravitationnelle).

Les comètes attachées au Système solaire ont une orbite dont l'excentricité est inférieure à 1 (orbites elliptiques, donc comètes périodiques). Il existe quelques rares cas de comètes dont l'excentricité est supérieure à 1 (orbites hyperboliques, donc comètes non périodiques) : soit il s'agit de comètes provenant de l'extérieur du Système solaire (moins d'une par siècle[6]), soit il s'agit de comètes dont l'orbite a subi des perturbations gravitationnelles telles que, en l'absence de perturbations supplémentaires modifiant leur orbite en sens inverse, elles vont sortir du Système solaire.

Les comètes rasantes se caractérisent par un périhélie extrêmement proche du Soleil, parfois à quelques milliers de kilomètres seulement de la surface de celui-ci. Alors que les petites comètes rasantes peuvent complètement s'évaporer lors d'un tel passage, celles de plus grandes tailles peuvent survivre à plusieurs passages au périhélie. Cependant, l'importante évaporation et les forces de marée entraînent souvent leur fragmentation.

Modification des éléments orbitaux[modifier | modifier le code]

Lorsqu'une comète passe à proximité des grosses planètes (essentiellement Jupiter), elle subit des perturbations gravitationnelles qui peuvent modifier certains de ses éléments orbitaux. C'est ainsi que la comète Shoemaker-Levy 9, initialement en orbite autour du Soleil, a été capturée par Jupiter puis a finalement percuté cette dernière en 1994 parce que lors de son précédent passage, cette comète était passée suffisamment près de cette planète pour qu'à la fois son orbite soit modifiée et son noyau décomposé en une multitude d'éléments répartis le long de l'orbite.

Les éléments orbitaux d'une comète peuvent aussi être modifiés de manière non prévisible par l'activité du noyau (perturbations non gravitationnelles).

Pour ces raisons les éléments orbitaux d'une comète ne sont jamais définitifs et doivent être recalculés lors de chaque passage (dans le cas des comètes à courte période).

Paramètres de quelques comètes[modifier | modifier le code]

Voici quelques-uns des paramètres de quelques comètes connues.

Comète Période
(années)
Paramètres de l'orbite
Excentricité Aphélie (ua) Périhélie (ua)
1P/Halley 75,31 0,967 35,1 0,586
2P/Encke 3,30 0,847 4,096 0,339
Hale-Bopp (C/1995 O1) 2537 0,994 371,146 0,914
108P/Ciffréo 7,23 0,542 5,774 1,713
13P/Olbers 69,51 0,930 32,635 1,178
West (C/1975 V1-A) 558306 0,999 13560,217 0,196
109P/Swift-Tuttle 133,28 0,963 51,225 0,959
3D/Biela 6,64 0,751 6,190 0,879
Bradfield (C/2004 F4) 3679 0,999 476,543 0,168
Bennett (C/1969 Y1) 1678 0,996 281,892 0,537
Morehouse (C/1908 R1) 1,0007 0,945

Comètes et étoiles filantes[modifier | modifier le code]

Les essaims d'étoiles filantes (par exemple : Perséides, Orionides, Géminides) sont associés à des comètes. Les poussières perdues par une comète lors d'un passage se répartissent le long de l'orbite de celle-ci en formant une sorte de vaste nuage. S'il advient que la Terre, dans son mouvement orbital annuel, traverse un tel nuage, on assiste alors à une pluie d'étoiles filantes plus ou moins dense suivant l'activité et la nature de la comète. Ces « étoiles filantes » semblent provenir d'un même point du ciel appelé le radiant, un peu comme lorsqu'on est dans un tunnel rectiligne et que l'on a l'impression que les bords de celui-ci convergent vers un même point. L'essaim est nommé d'après la constellation où est situé le radiant (par exemple : Persée pour les Perséides, les Gémeaux pour les Géminides).

Les poussières cométaires, lorsqu'elles pénètrent dans la haute atmosphère de la Terre s'échauffent et s'ionisent, produisant la traînée lumineuse que l'on connaît.

L'intensité d'un essaim météoritique est variable et dépend notamment du réensemencement en poussières lors de chaque passage des comètes.

L'eau sur Terre découlerait probablement des comètes, si ce n'est des astéroïdes[modifier | modifier le code]

Une équipe internationale a pu décrypter, par les données du télescope spatial Hershel, que l'eau de la comète Hartley 2 ressemblait parfaitement, au niveau chimique, à celle des océans de la terre. Jusqu'ici, on croyait que les astéroïdes étaient les sources les plus crédibles d'avoir pu amener de l'eau sur notre planète. Lors de sa formation, la Terre était très chaude et ses petites réserves d'eau se seraient évaporées. L'eau que l'on retrouve aujourd'hui serait présente grâce au bombardement de corps célestes, quelques dizaines de millions d'années après la naissance de la Terre. La plupart des comètes viennent du nuage de Oort autour du Système solaire. Les comètes de ce secteur renferment environ 50 % de glaces d'eau, bien que des analyses avaient démontré que cette eau contenait beaucoup plus de deutérium que celle de nos océans. Les chondrites carbonées, astéroïdes issus de la ceinture située entre Mars et Jupiter, similaire à notre eau, s'avéraient alors être les meilleurs candidats. Dorénavant, les comètes de type Hartley 2 rivalisent avec eux, ne provenant pas du nuage de Oort mais de la ceinture de Kuiper[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Comète de Halley dessinée sur la tapisserie de Bayeux, présage guerrier sur la bataille d'Hastings ?

Premières observations[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, les premières traces écrites d'observations de comètes figurent dans des annales chinoises (à l'époque ces chroniques sont essentiellement de la scapulomancie gravée sur carapace de tortues ou omoplates d’animaux) de la dynastie Shang datant de 1059 av. J.-C. (le plus ancien passage attesté de la comète de Halley remontant à l'an 240 avant J.-C est consigné dans ces archives chinoises[8]), mais aussi à la même époque sur des tablettes en écriture cunéiforme chaldéennes[9]. Le plus ancien dessin date du IVe siècle av. J.-C. : sur un livre de soie découvert en 1974 dans la tombe du marquis de Dai en Chine, sont représentés 29 types de comètes[10].

Les premières interprétations sur la nature des comètes viennent de la philosophie naturelle grecque. Aristote dans son traité Du ciel divise le cosmos en monde céleste, composé d'éléments sphériques parfaits et monde sublunaire avec ses objets imparfaits. Dans son traité Meteorologia, Aristote classe les comètes dans le monde sublunaire : elles sont selon lui des phénomènes atmosphériques de la sphère de l'air remontant dans la sphère du feu. Au contraire, les pythagoriciens considèrent qu'il s'agit de planètes rarement observables. Diodore de Sicile y voit des poutres enflammées alimentant le soleil[11]. Chez les Romains, Sénèque reprend la théorie d'Apollonius de Rhodes[12] selon laquelle les comètes sont des astres errants revenant à des périodes trop longues à l'échelle d'une vie humaine[13]. Malgré ces interprétations de savants et de philosophes, la croyance populaire en fait à cette époque (et jusqu'au XXe siècle) des signes annonciateurs, le plus souvent de mauvais augure, plus rarement propitiatoires : ainsi les Chaldéens et les Mésopotamiens leur offrent de l’encens pour infléchir le funeste présage ; certaines femmes grecques et romaines en deuil délient leurs cheveux (d'où le terme de komêtês, « chevelu ») pour manifester leur chagrin ; certains astrologues égyptiens pensent que sacrifices et prières ne peuvent conjurer leur pouvoir annonciateur ; les astrologues au Moyen Âge les associent à des morts illustres : comète de 451 pour la mort d’Attila, de 632 pour Mahomet, de 1223 pour Philippe-Auguste, comète de Halley pour Henri IV, etc. Outre ces présages funestes, elles sont également associées à des batailles (bon augure pour les Normands, mauvais pour les Anglo-saxons lors de la Bataille d'Hastings)[14]. En 1472, l’astronome Johann Müller observe une comète à Nuremberg. Il fonde la cométographie[15]. Paolo Toscanelli observe les comètes de 1433, 1449, 1456 et calcule leur position.

Leur nature véritable comme leur périodicité n'ont été trouvées qu'à partir de la Renaissance. En 1531, Petrus Apianus et Girolamo Fracastoro observent indépendamment que la queue des comètes est orientée à l'opposé du Soleil (des astronomes chinois au VIIe siècle l'avaient déjà remarqué), mettant ainsi en évidence l'effet des vents solaires[16]. Tycho Brahe montre en 1577, grâce au phénomène de parallaxe, que les comètes ne sont pas un phénomène sublunaire comme on le croyait couramment à son époque. En 1609, Johannes Kepler suppose, dans son ouvrage De cometis, que les comètes naissent par génération spontanée et suivent une trajectoire rectiligne à une vitesse variable. En 1652, il est contredit par Pierre Gassendi qui, dans son Traité sur les comètes, leur attribue une vitesse constante et par Seth Ward qui comprend qu'elles suivent des ellipses, d'où le fait qu'elles ne soient visibles que lorsqu'elles sont suffisamment proches de la terre et du soleil.

Puis Edmond Halley, grâce à ses travaux effectués depuis 1682 sur le calcul de la trajectoire cométaire par la gravitation, émet en 1705 l'hypothèse que les apparitions cométaires de 1531, 1607 et 1682, ne sont en fait qu'une seule et même comète dont il prédit l'apparition suivante en 1758 (voir comète de Halley), ce qui fit sa célébrité.

John Flamsteed propose en 1680 une relation d'attraction-répulsion entre comètes et le Soleil.

Après avoir d'abord réfuté cette théorie, Isaac Newton prouve dans son œuvre majeure, Philosophiae Naturalis Principia Mathematica, que les comètes obéissent aux mêmes lois de mécanique céleste que les planètes, et possèdent une masse.

Connaissances actuelles[modifier | modifier le code]

Une comète est un objet céleste de forme irrégulière, pouvant atteindre une dizaine de kilomètres de diamètre, constitué de glace et de poussière. Les comètes étaient vues à l'origine comme un halo lumineux qui apparaissait épisodiquement dans le ciel, et qui était interprété, selon son aspect et la période historique, comme un signe de bon ou mauvais augure. En fait, elles ne deviennent visibles que quand elles se rapprochent du Soleil, l'action de ce dernier provoque des émissions de gaz et de poussières qui réfléchissent la lumière solaire.

Les premiers résultats obtenus par la mission Stardust ont considérablement modifié les hypothèses concernant la formation des comètes. En effet les grains prélevés dans la coma de la comète Wild 2 par cette mission et ramenés sur Terre contiennent de l'olivine, matériau qui ne peut être synthétisé qu'à de très hautes températures (1 300 K). On est donc amené à penser que les noyaux de comètes ont été formés à proximité du Soleil et ont par la suite été éjectés vers le Nuage d'Oort. Pourtant les premières interprétations données de l'analyse des grains rapportés par Stardust doivent être prises avec circonspection : on soupçonne des interactions entre le matériau qui les contenait (aérogel) avec l'atmosphère terrestre.

Notamment du fait des expériences spatiales, l'étude scientifique des comètes au XXe siècle a révélé leur vraie nature.

La récupération in situ n'est pas l'unique moyen de récupérer de la matière cométaire. La Terre traverse continuellement divers nuages de poussières stellaires et notamment de la matière cométaire lorsque l'orbite de la Terre coïncide avec le sillage d'une comète. C'est ainsi que depuis 1982, la NASA récupère à l'aide d'avion pouvant voler à haute altitude de la poussière cométaire[17].

Les missions spatiales[modifier | modifier le code]

L'étude des comètes a considérablement progressé avec l'avènement de l'ère spatiale. Dix sondes ont contribué à mieux connaître les noyaux cométaires, les quatre premières s'étant approchées de la comète de Halley en 1986.

A signaler également :

  • La sonde européenne SoHO (Solar and Heliospheric Observatory), lancée le 2 décembre 1995, destinée à étudier le Soleil en continu et qui de ce fait a permis de découvrir des comètes qui finissaient leur vie en « tombant » dans le Soleil, appelées comètes rasantes.
  • Les satellites jumeaux de la mission américaine STEREO (Solar TErrestrial RElations Observatory), lancés le 25 octobre 2006 et destinés eux aussi à étudier le Soleil, ont permis, comme SoHO, de nombreuses comètes rasantes.

Désignation[modifier | modifier le code]

Bien avant la publication en 1705 d'Edmond Halley sur la comète portant son nom, ces petits corps du Système solaire étaient considérés comme des phénomènes isolés, uniques et non périodiques, aussi les comètes ne portaient pas de nom.

Mise à part la comète de Halley, ou celle de Encke, le nom d'une comète est attribué officiellement par une commission de l'Union Astronomique Internationale (UAI, IAU en anglais), dont le siège est à Washington, D.C.. Certaines comètes historiques, spectaculaires et aisément visibles à l'œil nu, n'ont aucun nom officiel et sont simplement désignée comme grande comète. Par exemple la grande comète de 1811.

Traditionnellement, on donne aux comètes le nom de son (ou de ses) découvreur(s), jusqu'à trois noms maximum. Dans le cas des comètes Halley, Encke ou Lexell, il s'agit du nom des personnes qui ont déterminé la périodicité de ces astres. Quelques comètes sont nommées d'après le lieu de leur découverte (la comète Lulin) et un nombre de plus en plus important reçoit le nom d'un programme de recherche automatique, comme LINEAR ou NEAT, ou bien celui d'un satellite artificiel, comme SOHO.

En plus du nom, les comètes reçoivent une référence officielle dont l'attribution obéit à un nouveau procédé (préfixe selon la période suivie d'une désignation séquentielle suivant l'ordre des découvertes : l'année, puis une lettre majuscule identifiant le demi-mois de la découverte, puis un nombre indiquant l'ordre de la découverte dans ce demi-mois) depuis le 1er janvier 1995[20].

Ancien procédé[modifier | modifier le code]

Avant le 1er janvier 1995 les comètes recevaient une désignation provisoire constituée par l'année de la découverte suivie d'une lettre en minuscule correspondant à l'ordre de la découverte. Par exemple, 1965, sixième comète trouvée pendant l'année 1965. Plus tard, le nom définitif lui était attribué selon les critères suivants : l'année du passage au périhélie, suivie d'un numéro noté en chiffres romains indiquant l'ordre chronologique du passage au périhélie (exemple : 1994 IV, quatrième comète passée au périhélie en 1994).

Ce procédé comportait de nombreux inconvénients : la multiplication des découvertes épuisait l'alphabet. Quand on découvrait une 27 e comète dans l'année, il fallait recommencer l'alphabet en faisant suivre la lettre du chiffre 1 (comme 1991a1). Les découvertes de comètes après leur passage au périhélie rendaient difficile une désignation officielle cohérente. Les comètes à courte période multipliaient les désignations, une nouvelle étant attribuée à chacun de leurs retours.

Nouveau procédé[modifier | modifier le code]

Depuis le 1er janvier 1995, une nouvelle nomenclature, inspirée par celle appliquée aux astéroïdes, est attribuée comme ceci :

  1. Une lettre servant à identifier le type de comète : C indique une comète à longue période (supérieure à 200 ans) ou non périodique. P indique une comète à courte période (inférieure à 200 ans). C'est utilisé pour les comètes disparues ou éteintes. X pour une comète dont l'orbite n'a pu être calculée.
  2. L'année de la découverte.
  3. Une lettre majuscule correspondant à la quinzaine du mois de la découverte (Voir tableau).
  4. Un chiffre précisant l'ordre chronologique de découverte durant cette quinzaine.
  5. Le nom du (ou des) découvreur(s).

Ainsi pour C/1995 O1 Hale-Bopp :

  • C/ indique qu'il s'agit d'une comète à longue période (éventuellement non périodique).
  • 1995 indique que la comète a été découverte en 1995.
  • O indique qu'elle a été découverte au cours de la deuxième quinzaine de juillet.
  • 1 indique qu'il s'agit de la première comète découverte au cours de cette période.
  • Hale-Bop est le nom de ses deux découvreurs, Alan Hale et Thomas Bop.

Lorsqu'il a été vu plusieurs comètes à l'occasion d'une même observation, un numéro d'ordre est ajouté après le nom de l'observateur (comète Hartley 2 par exemple).

Pour les comètes périodiques dont le retour a été observé au moins une fois, la désignation subit une légère modification.

Par exemple la comète P/2001 J1 (NEAT) a été retrouvée en 2008, conformément aux calculs de sa période orbitale. Sa périodicité ne faisant aucun doute, elle a reçu l'appellation définitive 207P/NEAT, indiquant qu'il s'agit de la 207 e comète périodique confirmée[21].

Tableau de correspondance des lettres aux quinzaines[modifier | modifier le code]

Note : les lettres I et Z ne sont pas utilisées.

Mois Quinzaine Lettre
Janvier du 1er au 15 A
du 16 au 31 B
Février du 1er au 15 C
du 16 au 28 ou 29 D
Mars du 1er au 15 E
du 16 au 31 F
Avril du 1er au 15 G
du 16 au 30 H
Mai du 1er au 15 J
du 16 au 31 K
Juin du 1er au 15 L
du 16 au 30 M
Juillet du 1er au 15 N
du 16 au 31 O
Août du 1er au 15 P
du 16 au 31 Q
Septembre du 1er au 15 R
du 16 au 30 S
Octobre du 1er au 15 T
du 16 au 31 U
Novembre du 1er au 15 V
du 16 au 30 W
Décembre du 1er au 15 X
du 16 au 31 Y

Liste de comètes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de comètes.
Mission de la sonde Rosetta :
1 - Mars 2004 : lancement de Rosetta, 2 - mars 2005 : 1re assistance gravitationnelle de la Terre, 3 - février 2007 : assistance gravitationnelle de Mars, 4 - novembre 2007 : deuxième assistance gravitationnelle de la Terre, 5 - septembre 2008 : survol de l'astéroïde Šteins, 6 - novembre 2009 : 3e et dernière assistance gravitationnelle de la Terre, 7 - juillet 2010 : rendez-vous avec l'astéroïde (21) Lutetia, 8 - juillet 2011 : mise en sommeil de la sonde, 9 - 20 janvier 2014 : réactivation de la sonde, 10 - août 2014 : mise en orbite autour de la comète, 11 - novembre 2014 : atterrissage de Philae à la surface de la comète, 12 - août 2015 : fin de la mission.

Le Minor planet Center répertorie à l'heure actuelle 3 800 comètes[22]. L'une des plus célèbres est la comète de Halley, qui réapparaît tous les 75 ou 76 ans.

Parmi les autres comètes les plus célèbres, on peut citer :

Enfin, comète 67P/Tchourioumov-Guerassimenko, a été définie par l'ESA comme objectif d'une visite par la sonde Rosetta, prévue vers août 2014[23],[24] au terme d'une mission qui aura duré une dizaine d'années (cf. schéma ci-contre).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Jean-Luc Dauvergne, « Le sursaut de Scheila (l'astéroïde) », Ciel et Espace,‎ 13 décembre 2010 (consulté le 27 décembre 2010)
  2. a et b Olivier Groussin, À la rencontre des comètes, conférence du Bureau des longitudes, 6 avril 2011
  3. (en) Richard B. Hoover, « Fossils of Cyanobacteria in CI1 Carbonaceous Meteorites : Implications to Life on Comets, Europa, and Enceladus », Journal of Cosmology, vol. 13,‎ 2011 (lire en ligne)
  4. (en) Kerry Sheridan, « NASA shoots down alien fossil claimsEnceladus », ABC News, vol. 13,‎ 7 mars 2011 (lire en ligne)
  5. La queue des comètes sur Astrosurf
  6. Nicolas Biver, « Les comètes, archives glacées du Système solaire », Ciel et espace radio, 12 janvier 2009
  7. http://www.sciencesetavenir.fr/espace/20111007.OBS1951/les-cometes-ont-elles-apporte-l-eau-sur-terre.html
  8. La comète de Halley
  9. M. Festou, op. cité, p. 34
  10. Les comètes sur le site Astrosurf
  11. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XV, c.50
  12. Sénèque : Naturales quaestiones, VII, 24
  13. (en) History of comets site de l'Observatoire européen austral
  14. Peurs et superstitions des comètes
  15. Aimé Henri Paulian, Dictionnaire de physique portatif, Volume 1, Avignon, Girard et Seguin (lire en ligne)
  16. (en) Andrew Pettegree, The Reformation World, Routledge,‎ 2000, Broché, 600 p. (ISBN 0415163579, lire en ligne), p. 531
  17. (fr) Jean Étienne, « Le brownleeite, un minéral inconnu dans la poussière d'une comète », Futura-Science,‎ 16 juin 2008 (consulté le 16 juin 2008)
  18. Lancée le 21 décembre 1984, la sonde Vega 2, jumelle de Vega 1, reste à 14 millions de kilomètres d'Halley.
  19. Site du centre national d'Études Spatiales : http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/11310-l-atterrisseur-philae.php
  20. (en) Cometary Designation System
  21. (fr) Gilbert Javaux, « Nouvelles du ciel d'octobre 2008 », PGJ Astronomie,‎ octobre 2008 (consulté le 8 décembre 2010)
  22. Minor Planet Center, chiffres de Mai 2014
  23. (en) « Comet rendezvous », ESA,‎ 22 octobre 2004 (consulté le 13 mai 2010)
  24. Sébastien Rouquette, Cahier de l'espace n°2 : Comètes : un rêve plus loin ! De Rosetta à nos origines, CNES,‎ janvier 2004, 24 p. (lire en ligne), p. 21

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Festou, Philippe Véron, Jean-Claude Ribes, Les comètes : mythes et réalités, Flammarion,‎ 1985, 319 p. (lire en ligne)
  • André Brahic, Les Comètes, PUF (QSJ), 1993
  • Jacques Crovisier, Thérèse Encrenaz, Les Comètes, témoins de la naissance du Système solaire, CNRS Éditions/Belin, 1995
  • Annie-Chantal Levasseur-Regourd, Philippe de la Cotardière, Les comètes et les astéroïdes, Le Seuil, 1997

Liens externes[modifier | modifier le code]