Louis Gallois

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Louis Gallois

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Louis Gallois en 2008.

Naissance 26 janvier 1944 (70 ans)
Montauban
Nationalité Drapeau de la France française
Profession Dirigeant d'entreprises
Formation
HEC et ENA

Louis René Fernand Gallois, né le 26 janvier 1944 à Montauban dans le Tarn-et-Garonne, est un haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprise français. Il est, entre autres fonctions, Commissaire général à l’investissement de 2012 à 2014 puis président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën.

Biographie[modifier | modifier le code]

Énarque et haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Bachelier en 1961, il suit jusqu'en 1963 la classe préparatoire aux grandes écoles au Lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles, puis entre à HEC. Diplômé en 1966, il intègre l'ENA, promotion Charles de Gaulle. À cette époque, il adhère à la nouvelle section de la CFDT de l'ENA et au Parti socialiste avec son camarade de promotion Jérôme Clément. À sa sortie, en 1972, il entre à la Direction du Trésor.

Il la quitte en mai 1981 pour devenir directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Recherche et de la Technologie. Il est ensuite nommé directeur général de l’Industrie, Ministère de l'Industrie en septembre 1982, puis chargé de mission au ministère de l’Économie, des Finances et de la Privatisation en octobre 1986. Il retrouve la direction du cabinet de Jean-Pierre Chevènement, cette fois ministre de la Défense, en mai 1988.

Dirigeant d'entreprises nationalisées (1989-2006)[modifier | modifier le code]

Le 5 juillet 1989, il est nommé PDG de la Snecma. En juin 1992, il est nommé PDG de l’Aerospatiale.

Appelé à la présidence de la SNCF en juillet 1996 par Alain Juppé, premier ministre, pour remplacer Loïk Le Floch-Prigent impliqué dans l'affaire Elf, il négocie un pacte social avec la CGT, mettant en œuvre une cogestion avec les salariés. En revanche, il ne reprend pas en main la filiale de ferries SeaFrance, mise en liquidation en 2011, et laisse à ses successeurs la réforme du fret[1]. Lors de son départ de la SNCF, en juillet 2006, les syndicats saluent les qualités de ce patron atypique[citation nécessaire]. Il avoue cependant au magazine Challenges que « franchement, je ne pensais pas rester dix ans à la SNCF. Je suis venu par hasard. Je n'étais pas prédestiné ».

A la tête de EADS (2006-2012)[modifier | modifier le code]

Avec l'appui de Jacques Chirac, il est nommé coprésident d'EADS le 2 juillet 2006 et PDG de la branche civile, Airbus, le 9 octobre de la même année, en remplacement de Christian Streiff. Le 16 juillet 2007, il est nommé PDG d'EADS (et président d'honneur de la Fondation EADS) ce qui met fin à la structure bicéphale de l'entreprise. Il parvient à dépasser les blocages franco-allemands au sein d'EADS, fragilisé par les dissensions nationales et les soupçons de délit d'initiés parmi ses dirigeants, mais échoue à fusionner le groupe avec le britannique BAE face au refus d'Angela Merkel. Pour conserver le fragile équilibre entre les deux pays, il renonce à réformer l'entreprise aéronautique. En revanche, il dessine un plan pour rééquilibrer activités civiles et militaires à l'horizon de dix ans[1].

En 2008, il est le 14e patron le mieux payé de France avec 2,52 millions € en 2008[2]. Il aurait refusé à son arrivée de percevoir un salaire supérieur à 180 000 euros par an, somme qu'il touchait à la SNCF, mais aurait été empêché par les statuts de EADS prévoyant une équivalence avec le traitement du coprésident allemand, Thomas Enders. En 2008 et 2009, Louis Gallois a refusé de toucher sa part variable d'un million d'euros, touchant donc 900 000 euros de salaire fixe au titre de 2009, comme en 2008[3]. En janvier 2012, il déclare gagner 2 600 000 euros, somme qu'il estime incompréhensible par le plus grand nombre et se prononce en faveur d'une limitation des hauts revenus par l'autodiscipline et la fiscalité. Il déclare dans cette même émission verser une part de son salaire à des associations sociales et humanitaires[4].

Le 10 octobre 2011, il prend la présidence de La Fabrique de l'Industrie, laboratoire d'idées patronal nouvellement fondé pour réfléchir aux enjeux et aux perspectives de l'industrie française[1]. Il est également président de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS), une fédération française d'organismes et d'associations proposant aux personnes en situation de grave détresse sociale un accueil, un hébergement et une aide à la réinsertion sociale.

Son mandat à EADS prend fin le 31 mai 2012, alors qu'il visait une prolongation de deux ans ou bien une élection à la tête du conseil d'administration[1].

Commissaire général à l'investissement (2012-2014)[modifier | modifier le code]

Grand serviteur de l'État, patron médiatique à l'image sociale travaillée, classé à gauche mais essentiellement par des gouvernements de droite, il est décrit comme un dirigeant solitaire[1].

Alors que son nom est cité dans les médias comme possible ministre dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault, pour le portefeuille de l'industrie, des transports ou des Finances[1], il est nommé, le 6 juin 2012, commissaire général à l'investissement en Conseil des ministres[5], dans le cadre du programme des investissements d'avenir, ancien « Grand emprunt ». Il est chargé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault de la rédaction d'un rapport sur la compétitivité française, qu'il remet le 5 novembre 2012 à son commanditaire [6]. Avant même sa remise, ce rapport et les thèmes qui y sont supposés abordés sont discutés par la classe politique française[7]. Le rapport de 74 pages propose 22 propositions dont celle de créer un choc de compétitivité en transférant une partie significative des cotisations sociales jusqu’à 2,5 SMIC – de l’ordre de 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB – vers la fiscalité et la réduction de la dépense publique. Ce transfert concernerait pour deux tiers les charges patronales, et pour un tiers les charges salariales.

Le journaliste économique Jean-Marc Sylvestre estime, en conclusion d'un article publié en décembre 2012, que Louis Gallois serait, selon ses vues, le mieux placé[8], pour succéder à Jean-Marc Ayrault dans les fonctions de Premier ministre, notamment en raison du bon accueil réservé au rapport sur la compétitivité, de sa « sensibilité sociale » appréciée à gauche, d'un « sens aigu de la responsabilité et du pragmatisme » appréciés à droite et dans les milieux patronaux, et du fait qu'il n'aurait « aucune ambition électorale », afin de « faire sauter tous les verrous qui bloquent les réformes pourtant nécessaires », dans un contexte d'aggravation de la crise économique française en 2013.

SNCM[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 2014 Frédéric Cuvillier, secrétaire d'État chargé des Transports et de la Mer, confie à Louis Gallois « la mission d'établir un plan stratégique de soutien aux compagnies de transport maritime françaises », pour redresser la SNCM [9]. Son travail doit être livré fin 2014.

Président du conseil de surveillance de PSA (2014-)[modifier | modifier le code]

Le 18 décembre 2012, il est pressenti pour être nommé membre du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën. L'État avait exigé, en échange de l'obtention d'une garantie publique de 7 milliards d'euros à Banque PSA Finance, une ouverture du conseil de surveillance à un administrateur salarié, et à un autre administrateur en lien étroit avec l'État[10]. Il est coopté au conseil de surveillance le 12 février 2013, sa nomination étant ensuite ratifiée par l’Assemblée générale des actionnaires de PSA Peugeot Citroën le 24 avril 2013[11].

En février 2014, c'est à la présidence du conseil de surveillance du groupe automobile que Louis Gallois est pressenti. Cette nomination est poussée par l'État français, opposé sur ce dossier à la famille Peugeot[12]. Celle-ci lui préfère Gérard Hauser, ancien PDG du fabricant de câbles Nexans mais également jusqu'en 2009 administrateur de Faurecia, une filiale de Peugeot. Le 18 mars 2014, Louis Gallois est nommé à l'unanimité à la présidence du conseil de surveillance[13].

Mandats sociaux[modifier | modifier le code]

Louis Gallois est également :

Il a été :

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Véronique Guillermard et Yann Le Galès, « Louis Gallois, le Janus de l'industrie », Le Figaro, 5 novembre 2012.
  2. « Les salaires des patrons »
  3. « Le président d'EADS, Louis Gallois, ne veut pas gagner son million », 20 Minutes, le 3 mai 2010
  4. « LE 7/9 par Patrick Cohen », France Inter, le 18 janvier 2012
  5. Gallois Commissaire à l'investissement, Le Figaro, 6 juin 2012.
  6. Remise du rapport de Louis Gallois, commissaire général à l'Investissement Portail du Gouvernement, 02/11/2012
  7. Le rapport Gallois BFM TV, novembre 2012
  8. Jean-Marc Sylvestre, « François Hollande a-t-il trouvé une carte secrète pour échapper au désastre annoncé en 2013 ? », Atlantico,‎ 29 décembre 2012 (lire en ligne).
  9. Louis Gallois appelé à la rescousse à la SNCM, Le Monde, 1 juillet 2014
  10. PSA : l'État met un pied au conseil de surveillance Le Point, 18/12/2012
  11. Assemblée générale des actionnaires du 24 avril 2013 Psa-Peugeot-Citroen, site officiel du groupe
  12. 12/02/2014 latribune.fr
  13. Louis Gallois prend la tête du conseil de surveillance
  14. élection du successeur de Louis Gallois, Luc Ourse, site officiel de l'ANRT, le 20 septembre 2012, consulté le 1er octobre 2012

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Voir aussi[modifier | modifier le code]