Serge Tchuruk

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Serge Tchuruk, de son vrai nom Serge Tchurukdichian, né le 13 novembre 1937 à Marseille, est un homme d’affaires français.

Origines[modifier | modifier le code]

Ses parents sont des réfugiés arméniens, ayant fui la Turquie au début des années 1920. Commerçants, ils s'installent en France en 1922.

Serge Tchuruk nait le 13 novembre 1937 à Marseille, dans le quartier du lycée Thiers, où il fait toutes ses études secondaires. Une de ses passions est le rugby et il occupe le poste de trois-quarts dans l'équipe de rugby à XIII du RC Marseille XIII.

Fidèle à ses origines, il apprend l'arménien (que l'on ne parlait pas chez lui), et de passage à Venise, il se rend au monastère mekhitariste de l'île Saint-Lazare, haut lieu religieux et culturel de cette congrégation catholique arménienne.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est en 1962, diplômé de l'École polytechnique (promotion X1958). À la sortie, il choisit le corps de l'armement, mais son mariage avec une Polonaise lui interdit l'accès au « secret défense ».

Il débute sa carrière aux États-Unis dans le groupe ExxonMobil, où il occupe plusieurs postes de 1964 à 1979. Il devient président de Mobil Benelux en 1979.

De 1980 à 1986, il occupe différents postes dont celui de directeur général de la division Engrais, à Rhône-Poulenc, groupe chimique et pharmaceutique français, pour finir par être nommé directeur général de ce groupe en 1983. Il devient PDG d'Orkem (auparavant CDF-Chimie) de 1986 à 1990, puis PDG de la société pétrolière Total de 1990 à 1995.

En 1995, il est nommé PDG d'Alcatel-Alsthom en remplacement de Pierre Suard. Il décompose le groupe en deux entités distinctes :

  • la société d'équipements de télécommunications terrestres et spatiales Alcatel ;
  • le groupe Alstom, ce dernier redevenant rapidement indépendant et coté lui-même en bourse.

Il orchestre ensuite le rachat de l'équipementier américain Lucent par Alcatel, les actionnaires de ce dernier représentant 60 % de l'entité nouvellement créée. Après de longs examens par les autorités, notamment américaines, qui aboutirent à la cession de l'activité satellites à Thales au sein de Thales Alenia Space, le nouveau groupe Alcatel-Lucent voit le jour au 1er décembre 2006.

Serge Tchuruk quitte alors la direction générale pour devenir président du conseil d'administration[1] de la nouvelle entité.

Le 1er octobre 2008, Serge Tchuruk démissionne de son poste devant les difficultés du groupe Alcatel-Lucent.

Mandats sociaux[modifier | modifier le code]

  • Administrateur de Weather Investment SPA
  • Administrateur de Total SA depuis 1989

Polémique sur le « parachute doré »[modifier | modifier le code]

Au moment où il a quitté la direction générale pour devenir président du conseil d'administration, Serge Tchuruk, sans quitter le groupe mais en abandonnant juste la direction opérationnelle, perçoit un parachute doré de 5,7 millions d'euros. La question se posera alors de l'équité de pareil avantage à la fin d'un mandat globalement perçu comme un échec de gestion : sous l'ère Tchuruk (1995-2007), le cours de l'action Alcatel a diminué de moitié, et depuis qu'il est président de plus d'une autre moitié (la valorisation boursière ALU, c'est-à-dire « Alcatel plus Lucent » vaut moins en 2008 qu’Alcatel tout seul avant la fusion en 2006 et la moitié de la valeur actuelle d'Alstom).

Le 16 septembre 2008, 17 organisations syndicales européennes et américaines du groupe Alcatel Lucent ont envoyé un courrier à M. Tchuruk et à Mme Patricia Russo (l’ex-directrice générale d’Alcatel Lucent, elle aussi bénéficiaire d'un parachute doré, et elle aussi démissionnaire depuis) leur demandant de renoncer à leurs parachutes dorés, jugés « indécents ». Cette demande trouva des partisans politiques, en particulier du ministre Xavier Bertrand, du Secrétaire Général de l'Elysée Claude Guéant, et de la présidente du Medef, Laurence Parisot. À la date du 30 octobre 2008, ni M. Tchuruk ni Mme Russo n'avaient remboursé leurs indemnités[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in Le Monde 1er décembre 2006.
  2. « Tchuruk et Russo n'ont pas rendu leur parachute » dans le blog Les cordons de la Bourse sur liberation.fr, 29/10/2008 (consulté le 30-11-2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]