Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg

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L’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), (fr) Équipe d'intervention du Reichsleiter Rosenberg, était une section du bureau de politique étrangère du NSDAP, dirigée dès 1933 par Alfred Rosenberg (1893-1946). L'ERR se voulait être l'organe exécutif de la Hoher Schule (« École supérieure ») de Rosenberg.

L'ERR a effectué à partir de 1940 d'importantes confiscations de biens appartenant à des juifs et des franc-maçons dans les territoires occupés par la Wehrmacht.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sceau de l' "Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg", utilisé de 1941 à 1944 pour marquer les documents saisis par les troupes d'occupation allemande

Par un ordre du Führer du 5 juillet 1940 Adolf Hitler autorise l'ERR à confisquer :

  • les bibliothèques d'État et les archives des manuscrits précieux pour l'Allemagne ;
  • les greffes des autorités ecclésiastiques et des loges maçonniques ;
  • tous les autres biens culturels de valeur appartenant à des juifs.

En juillet 1940, l'ERR a été mis en place à Paris. L'administration centrale a toutefois été transférée à Berlin le 1er mars 1941. D'avril 1941 à juillet 1944, 29 convois ont transporté des biens saisis de Paris jusqu'au château de Neuschwanstein en Allemagne, où l'ERR avait constitué son principal lieu d'entreposage. Jusqu'au 17 octobre 1944, selon l'estimation de l'ERR elle-même, 1 418 000 wagons de chemin de fer contenant des livres et des œuvres d'art (ainsi que 427 000 tonnes par bateau) ont ainsi transité vers l'Allemagne.

L'ERR en France (à partir de 1940)[modifier | modifier le code]

Instauré à Paris en juillet 1940, il est dirigé par le baron Kurt von Behr (1890-1945) assisté de Bruno Lohse (1911-2007). Des objets d'art ont été confisqués dans plus de 50 lieux différents et exposés lors de 7 expositions au Jeu de paume, surtout dans le but de montrer à Rosenberg et Hermann Göring, avec lequel l'ERR collabore étroitement à Paris, une vue d'ensemble des objets précieux confisqués. Les bibliothèques ayant fait l'objet de saisies, dont la "Bibliothèque polonaise", la "Bibliothèque Turgenjev" et les bibliothèques de nombreuses loges parisiennes devaient alimenter la bibliothèque centre de l'École supérieure. Mi 1941, le travail de l'ERR en France était pratiquement achevé. Selon le rapport de travail, 203 collectes avaient concerné 21 903 objets. Rose Valland, attachée de conservation au Jeu de paume, a fait l'inventaire détaillé des œuvres transférées, et de leur déplacement de 1940 à 1944.

L'ERR en Europe de l'Est (à partir de 1941)[modifier | modifier le code]

L'ERR a créé de nombreuses antennes en Europe de l'Est. Elle était en concurrence avec d'autres institutions nazies, notamment leSonderkommando Künsberg et la Communauté de recherche et d'enseignement Ahnenerbe sous la tutelle de Heinrich Himmler. Les trois organisations s'occupaient en collaboration avec la Wehrmacht et la SS de détecter, de classer et d'évacuer (ou de détruire) des œuvres d'art et des archives.

Structure de l'ERR[modifier | modifier le code]

Administration de Berlin[modifier | modifier le code]

Le Bureau central de Berlin, sous la direction de Georg Ebert (jusqu'en 1941) et plus tard de Gerhard Utikal, se divisait en trois sections :

  • Département III - Missions spéciales
  • Département IIIa - Organisation de la mise en sécurité des biens juifs
  • Département IIIb - Gestion commerciale pour l'équipe des arts figuratifs

Équipes spécialisées de l'ERR en France[modifier | modifier le code]

Sous la direction de Gerhard Utikal, des docteurs Gerhard Wunder et Karl Brethauer, de Franz Seiboth et de l'inspecteur Hans Hagemeyer, cinq équipes spéciales coordonnaient l'activité de l'ERR à Paris :

  • Équipe musique (Dr. Herbert Gerigk)
  • Équipe arts figuratifs (Kurt von Behr, Robert Scholz)
  • Équipe bibliothèques des grandes écoles (Dr. Walter Grothe)
  • Équipe préhistoire (Prof. Hans Reinerth)
  • Équipe églises (Anton Deinert)

Bureaux extérieurs[modifier | modifier le code]

L' ERR avait des représentations à Amsterdam, Bruxelles, Belgrade, Riga, Reval, Vilnius, Dorpat, Minsk, Horki, Smolensk, Kiev, Kharkov, Dniepropetrovsk, Simferopol et Hohenschwangau.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Auf Transport! Deutsche Stationen "sichergestellter" jüdischer und freimaurerischer Bibliotheken aus Frankreich und den Niederlanden (1940 - 1949) (Reihe: Lesesaal - Kleine Spezialitäten aus der Gottfried Wilhelm Leibniz Bibliothek - Niedersächsische Landesbibliothek, 18) Beschreibt den Buchraub des ERR aus den beiden Ländern und die Restitution ISBN 3-8271-8818-0 (ISSN 1610-4439)
  • (de) Rainer Strzolka: Vernichtung jüdischer Identität durch den nationalsozialistischen Raub von Wort und Schrift. In: AKMB news 9.3003.1, 3-7
  • (de) Rainer Strzolka: Jüdischer Buchbesitz als Beutegut. Zum Symposium im Niedersächsischen Landtag le 14 novembre 2002. In: AKMB news 9.2003.1, 7-13
  • Rainer Strzolka: Die Ausstellung “Seligmanns Bücher” In: AKMB news 9.2003.1, 14-15
  • (de) Rainer Strzolka: Beiträge zur Provenienzforschung. Wiener Symposium zu Raub und Restitution in Bibliotheken. In: Buch und Bibliothek 55.2003.10/11, 650-651
  • (de) Rainer Strzolka: Jüdischer Buchbesitz als Raubgut. Neue Forschungsbeiträge zur Restituierung jüdischer Bibliotheken. Ein Bericht zum 2. Hannoverschen Symposium. In: Buch und Bibliothek 57.2005.7/8, 530-532. – Nachdruck in: L.Aktiv. Gottfried Wilhelm Leibniz Bibliothek N.F. 4.2005.28, 2-4
  • Les carnets de Rose Valland : Le pillage des collections privées d'œuvres d'art en France durant la Seconde Guerre Mondiale d'Emmanuelle Polack et Philippe Dagen, Fage Éditions, 2011

Source[modifier | modifier le code]