Étrusque

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue étrusque. Pour le peuple étrusque, voir Étrusques.
Étrusque
Période VIIIe siècle av. J.-C. - IIe siècle av. J.-C.
Pays Italie
Région Étrurie
Classification par famille
Carte
Zones approximatives de répartition de l'étrusque et des autres langues tyrséniennes dans l'Antiquité
Zones approximatives de répartition de l'étrusque et des autres langues tyrséniennes dans l'Antiquité
Face avant du cippe de Pérouse dit Cippo perugino.

La langue étrusque fut parlée par les Étrusques sur le territoire de l'ancienne Étrurie, en Italie centrale, correspondant grosso modo à l'actuelle Toscane (qui lui doit son nom), à partir du VIIIe siècle av. J.-C., jusqu'à son extinction en tant que langue vivante aux alentours du IIe siècle av. J.-C.

Il existe un corpus, soit un ensemble d'inscriptions en langue étrusque conservées jusqu'à ce jour, dûment répertoriées et provenant pour la plupart d'entre elles de Campanie, du Latium, de Falerii et Faliscus, Véies, Caeré, Tarquinia et alentours, mais aussi d'endroits plus éloignés, hors de l'Étrurie, et avec lesquels celle-ci entretenait d'étroits rapports diplomatiques ou commerciaux : ce qui deviendra à l'époque romaine la Gallia Narbonensis (la Narbonnaise), mais aussi la Corse, la Sardaigne et l'Afrique du NordCarthage était souveraine.

Le seul langage attesté avec lequel on ait trouvé une parenté avec l'étrusque est celui qui fut parlé dans l'île de Lemnos, avant l'invasion athénienne (VIe siècle av. J.-C.), où des stèles ont été trouvées, comportant des inscriptions rédigées avec des caractères proches de ceux utilisés par les Étrusques.

Textes[modifier | modifier le code]

Outre les abécédaires et les inscriptions épigraphiques (voir Alphabet étrusque) que l'on trouve sur quantité d'objets comme les poteries, les tablettes à écrire (tablette de Marsiliana) ou les miroirs de bronze, sur les parois des tombes ou des sarcophages, des « inscriptions parlantes »[1] généralement brèves et limitées aux nom et filiation des personnes auxquelles appartenaient ces objets ou ces sépultures, parmi les 10 000 textes retrouvés[2], les plus longs et les plus importants sont les suivants :

Cippo perugino[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cippo perugino.
Transcription du texte du Cippo perugino.

C'est une stèle, un cippe découvert à Colle San Marco en 1822, contenant, gravés sur deux faces latérales, quarante-six lignes et une centaine de mots dextroverses, relatifs à un contrat passé entre deux familles à propos des limites des domaines respectifs, avec les désignations des parties, des lois invoquées et du dignitaire les faisant appliquer[3].

Quatre inscriptions sur tablettes de plomb[modifier | modifier le code]

Celles-ci ont été trouvées :

  • la première aux alentours de Rome à Sta. Marinella, onze lignes et environ ?? mots lisibles, réponse oraculaire ou formule de nature rituelle ;
  • la seconde, le disque de Magliano à Magliano in Toscana, dans la Maremme, incisée en spirale et faisant allusion aux offrandes en l'honneur de plusieurs divinités ;
  • la troisième à Volterra comportant treize lignes et environ soixante mots, de nature vraisemblablement magico-rituelle ;
  • la quatrième à Campiglia Marittima dans le nord de la Maremme, comportant dix lignes et une cinquantaine de mots, correspondant à une malédiction lancée par une affranchie à l'encontre de plusieurs personnes.

Lamelles de Pyrgi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lamelles de Pyrgi.

Incisions sur plaquettes d'or retrouvées dans le sanctuaire dédié à Astarté, deux inscriptions intéressantes en ce qu'elles ont été retrouvées avec une troisième rédigée en langue punique (phénicien), inscription bilingue donc. La première contient la dédicace, de la part d'un certain Thefarie Velianas, « magistrat » ou « seigneur » de Caeré à la déesse assimilée ici à Uni (Héra-Junon), ainsi qu'une formule augurale. La seconde fait allusion aux cérémonies qui doivent être accomplies en son honneur. Découvertes en 1964.

Momie de Zagreb[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liber Linteus Zagrabiensis.
Les « bandelettes » du Liber linteus

Le texte le plus important qui ait été retrouvé, de par la longueur et par conséquent le contenu, vu la rareté et la brièveté des textes qui sont parvenus jusqu'à nous et qu'il est convenu d'appeler le Liber linteus. Il s'agit d'un « livre », manuscrit sur toile de lin, servant de bandelettes enveloppant une momie trouvée en Égypte et conservée au Musée National de Zagreb, d'où son nom. Datant du Ier siècle av. J.-C. environ, il s'agit d'un texte calligraphié en rouge et noir en une douzaine de colonnes verticales et, sur les 230 lignes contenant environ 1 200 mots lisibles, plus une centaine qu'il est possible de déduire du contexte, cinq cents mots originaux émergent compte tenu des répétitions typiques des formules et invocations rituelles. On pourrait définir ce livre comme une sorte de calendrier religieux évoquant certaines divinités et les cérémonies à accomplir aux lieux et dates indiqués. Découvert en 1868 (acheté en Égypte en 1848-49).

Livre d'or[modifier | modifier le code]

Article détaillé : livre d'or (étrusque).

Appelons ainsi les six plaquettes reliées par des anneaux, récemment retrouvées en Bulgarie et conservées au Musée National de Sofia, depuis qu'elles ont ressurgi de manière assez rocambolesque. Elles avaient, paraît-il, été découvertes vers 1940 dans une tombe lors de l'excavation d'un canal dans le sud-ouest de ce pays, puis conservées secrètement, et anonymement léguées, en ces premières années deux mille, par son possesseur âgé de 87 ans et vivant en Macédoine.

Il s'agit de plaquettes comportant les bas-reliefs d'un cavalier, d'une sirène, une harpe, et un texte (ces feuilles d'or se présentent de la même manière que celles de Pyrgi et ont la même apparence). Il existe ainsi une trentaine de feuilles d'or, selon la responsable du département d'archéologie du musée de Sofia. Le texte étant en cours d'étude à Londres, les experts n'ont pas encore publié le compte-rendu de leurs recherches.

Tabula Capuana[modifier | modifier le code]

La Tabula Capuana ou tavola capuana, est une tablette en terre cuite datant du Ve siècle av. J.-C. contenant un texte en langue étrusque de 390 mots lisibles partagé en dix sections par des lignes horizontales, découverte en 1898 dans la nécropole de Santa Maria Capua Vetere, en Campanie, conservée auprès des Musées nationaux de Berlin.

Article détaillé : Tabula Capuana.

Tabula Cortonensis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tabula Cortonensis.

Découverte en 1992 à Cortone, elle comporte 32 lignes de texte en langue étrusque sur une plaque en bronze fragmentée en huit morceaux (dont un manque).

Autres traces écrites[modifier | modifier le code]

  • Le bilingue de Pesaro, en étrusque et en latin, donnant le nom du défunt et de sa fonction.
  • De petits vases (encriers ?) comportant l'alphabet entier et ordonné, sur le pourtour[4].
  • Les inscriptions étrusques de l'Achensee, gravées sur les parois d'une grotte, dans le Tyrol autrichien

Classification linguistique[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas consensus, actuellement, sur le lien éventuel de la langue étrusque avec la famille des langues indo-européennes, qui ont la particularité d'être flexionnelles, alors que l'étrusque est une langue agglutinante, comme l'élamite, son contemporain, qui n'a jamais pu être liée aux langues sémitiques voisines, ni aux langues indo-européennes.

Certains linguistes avancent des arguments en faveur d'un lien entre étrusque et langues indo-européennes. Ce sont tout d'abord des correspondances dans certains traits grammaticaux : formation du génitif en -s, voire d'autres cas de la flexion nominale, ordre des mots, certaines prépositions (hintha : en dessous) ou particules (-c : et ; cf. indo-européen *-k^we dont est issu le latin -que). Mais ce sont aussi des correspondances dans le lexique : Θezi, hece, tece : poser, faire, radical i.-e. dhē-; clan (fils), souvent cité comme preuve du caractère indiscutablement non-indo-européen de l'étrusque, se rapproche de formes celtes et tokhariennes, dont l'éloignement géographique garantit l'origine indo-européenne (par exemple irlandais clann : enfants, famille ; tokharien B kliye : femme) ; tin, jour, de dei-n, din, le pronom personnel première personne mi, etc.

Certains chercheurs précisent le point de rattachement de l'étrusque à l'indo-européen : pour Francisco Rodriguez Adrados et Jean Faucounau, l'étrusque est apparenté au lycien, langue indo-européenne du groupe anatolien, groupe considéré comme le plus archaïque (c'est-à-dire le plus anciennement détaché du tronc commun). Cet apparentement consisterait à penser que l'étrusque s'est détaché du tronc commun indo-européen encore plus tôt que l'anatolien (pour Faucounau, et contrairement au consensus général, c'est également le cas du lycien). Pour d'autres, la proximité de l'étrusque au groupe anatolien serait plus nette si l'on prend en compte, à la suite d'Hérodote, le lydien (et non le lycien), langue parlée dans la région de la Lydie. Mais l'idée est la même: l'étrusque serait une langue issue du rameau indo-européen avant même le groupe anatolien.

Selon certains linguistes britanniques, elle appartiendrait à une « super-famille » que ceux-ci nomment « nostratique » ou « eurasienne ». Cette thèse intéressante ouvre de nombreuses perspectives puisqu'elle situerait l'origine de l'étrusque en des temps beaucoup plus reculés que l'époque à laquelle la recherche l'a généralement fait jusqu'à présent. Aussi s'agirait-il davantage non pas tant d'une langue indo-européenne, que pré-indo-européenne, proto-indo-européenne en son stade le plus avancé. Ceci expliquerait les nombreuses ressemblances qu'on a pu trouver à la langue étrusque avec soit certaines langues du pourtour de la mer Noire par exemple, soit avec des langues définies comme non indo-européennes telles que les langues finno-ougriennes (finnois) ou le basque (cette dernière étant sans doute la plus ancienne parlée sur le continent européen). Pour certaines, il s'agirait alors davantage de langues pré-indo-européennes que non indo-européennes, parlées de l'Atlantique à l'Indus, cristallisées à ce stade, et connaissant par la suite une évolution autonome.

La vaste majorité du lexique étrusque n'a effectivement pas de point commun identifiable avec les racines indo-européennes reconstruites. C'est par exemple la position de Bader, Sergent, et d'autres. Il s'appuient sur la numération étrusque (ðu 1 ; zal 2 ; ci 3 ; sa 4 ; maχ 5 ; huð 6 ; sar 10) ainsi que quelques mots relatifs à la famille (ruva, frère ; seχ, sœur ; clan, fils, lupu, mourir, tiu, lune, mois) à leurs équivalents latins (unus, duo, tres, quattuor, quinque, sex, decem, frater, soror, filius, morire, luna) et indo-européens *(oinos, duwo, treyes, kwetwores, penkwe, s(w)eks, dekmt, bhrater, swesor, sunus, mer-, mans-), mais aussi spur cité ou encore al-, donner, etc. Sachant que la numération et les noms ayant trait à la famille comptent parmi ceux qui sont le moins susceptibles d'être empruntés à des substrats primitifs en raison de leur importance et de leur emploi quotidien, on ne peut qu'examiner avec la plus grande prudence un emprunt des numéraux à une langue aborigène non-indo-européenne. De plus, aucune langue indo-européenne connue, présente ou passée, n'a été classée comme agglutinante ; à l'inverse, l'existence du basque, langue non-indo-européenne agglutinante, probablement plus ancienne que l'étrusque, renforce l'opinion que des idiomes agglutinants préexistaient à l'arrivée des Indo-européens dans le sud de l'Europe. Il existe en outre une somme assez importante de vestiges néolithiques dans le voisinage de l'Étrurie, ainsi que des traces de langues non indo-européennes en toponymie (Ligure).

Un certain nombre de mots, nettement minoritaires, n'appartiennent pas directement à la langue étrusque ; il s'agit d'emprunts « étrusquisés », faits aux langues des divers autres peuples que côtoyaient les Étrusques.

Actuellement, selon Mallory, l'hypothèse la plus économique consiste à voir dans les Étrusques un peuple indigène, de langue non-indo-européenne, ayant sans doute entretenu des liens commerciaux avec l'est du bassin méditerranéen. Mais les faits sont têtus et les dernières recherches effectuées par les généticiens semblent prouver que les Étrusques sont bien venus d'Asie Mineure[réf. nécessaire], comme l'avait écrit Hérodote.

Le débat est parfois faussé par les nombreuses polémiques qui ont agité les linguistes à propos de la connotation idéologique qu'a pu prendre pour certains le terme « indo-européen ». D'une part, cela a contribué à jeter une ombre sur une civilisation qui n'est jamais qu'une civilisation du monde antique parmi les autres, et d'autre part, qu'elle soit ou non indo-européenne importe moins que la compréhension des textes. Or, cette langue suffisamment connue pour que l'on puisse proposer des traductions (pas toujours consensuelles) des textes parvenus jusqu'à nous : dans l'ensemble, on sait de quoi parle un texte donné.

Étrusque, langue des Tyrrhéniens[modifier | modifier le code]

Les Tyrrhéniens étant une composante, la troisième et dernière, du peuple étrusque, recherchés par l'auteur d'une thèse, controversée quant à la méthode de recherche dite « citophonétique », à travers les racines de leur langue. Selon son auteur, A. Di Mario, partis d'Asie Mineure, corroborant la légende de l'Énéide selon laquelle ceux-ci venaient de Troie à la suite d'Énée, et plus précisément de Datassa/Darhutassa, « Dardanelles », ils auraient émigré, sillonnant la mer Égée, laissant trace de leur passage et permanence à Lemnos, en Crète et à travers l'Hellade, en Sardaigne et en Corse avant de débarquer dans le Latium pour y fonder Rome, non loin de la ville des Sabins autochtones, portant avec eux leur langue, que l'auteur définit anatolique et pré-grecque.

Appelés « Tyrsenoi », Tyrrhéniens, par leurs voisins Grecs, ils se nommaient eux-mêmes Rasna (un terme démontré par des inscriptions étrusques comme meχl rasnal, « du peuple Tyrrhénien »).

Le linguiste Helmut Rix a également proposé la réunion de l'étrusque, du lemnien et du rhétique (que l'on considérait jusqu'alors comme des isolats) au sein d'une famille tyrsénienne.

Exemple de texte étrusque[modifier | modifier le code]

Une inscription funéraire de Tarquinia, citée par Jean-Paul Thuillier, donne bien les limites de ce que nous savons et de ce que nous ignorons de la langue étrusque.

FELSNAS:LA:LETHES - SVALCE:AVIL:CVI - MURCE:CAPVE - TLECHE:HANIPALVSCLE

« Larth (prénom) Felsnas (nom de famille), fils de Lethe (nom du père, qui peut signifier esclave ou descendant d'esclave), a vécu 106 ans. Il a (x...) Capoue (y...) par Hannibal »

Si on arrive à lire sans difficulté les noms propres, les liens familiaux et certains termes sociaux comme « esclave », les verbes MVRCE (actif) et TLECHE (passif) restent mystérieux. On pourrait comprendre que le défunt a « défendu Capoue confiée par Hannibal » (il aurait combattu comme mercenaire dans l'armée carthaginoise), ou « repris Capoue conquise par Hannibal » (il aurait servi dans une cohorte auxiliaire de l'armée romaine) ou « restauré Capoue ruinée par Hannibal » (il aurait participé à la reconstruction de la ville après la 2e guerre Punique). Peut-être trouvera-t-on un jour les mêmes verbes dans un autre contexte qui permettra de trancher.

Quelques mots connus de la langue étrusque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langue étrusque (vocabulaire).

Certains degrés de parentés nous sont connus grâce aux inscriptions reportées dans les tombeaux :

  • papa (grand-père),
  • ati nacna (grand-mère),
  • clan (fils),
  • sec (fille),
  • tusurhtir (époux),
  • puia (épouse),
  • thuva (frère),
  • papacs (neveu).

Quelques prénoms révélés par l'épigraphie[modifier | modifier le code]

  • féminins : Ram(a)tha ; Tanachilla ; Velia ; Larthia ;
  • masculins : Larth ; Seth(re) (Setrius) ; Aruns ; Vel.

La numération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Numération étrusque.

Les dix premiers chiffres, dont les six premiers inscrits sur les dés[5] (les autres chiffres ont été déduits par des additions explicites) :

  1. θu
  2. zal
  3. ci
  4. huθ
  5. maχ
  6. śa
  7. semφ
  8. cesp
  9. nurφ
  10. śar

Un article assez récent de S. A. Iatsemirsky [1] remet en cause l'interprétation de śar pour dix, et préfère lui substituer halχ, par comparaison avec les numéraux dizaines, qui, à l'exception de vingt (zaθrum) se forment tous en ajoutant un suffixe -alχ. Le substantif halχ étant par ailleurs attesté dans des passages ayant trait à des nombres, Iatsemirsky en conclut que halχ signifie dix, śar signifiant alors douze, par ressemblance phonétique entre śar et zal (ś et z semblent être, dans une certaine mesure, interchangeables).

Cette hypothèse est évidemment critiquable, elle s'appuie sans doute sur le même rapprochement qui existe en germanique (ancien et récent) entre 2 et 12 : All. zwei/zwölf, vieux norrois tveir/tólf.

À remarquer une certaine ressemblance avec l'amharique: 1.and 2.hulät 3.sost 4.arat 5.amst 6.sdst 7.säbat 8.smnt 9.zät’äñ 10.asr (voir aussi numérotation amazigh).

L'alphabet[modifier | modifier le code]

L'origine de la lettre C semble être la même que celle de la lettre [[g]] ; l'étrusque ne faisant semble-t-il pas de différence entre les consonnes occlusives vélaires sourdes et sonores ([k] et [g] en API), l'alphabet étrusque utilisa la troisième lettre de l'alphabet grec, le gamma, pour transcrire leur [k].

Quelques mots étrusques conservés en latin et en français[modifier | modifier le code]

Les Latins ont emprunté un certain nombre de mots étrusques comme haruspix (devin) et lanista (maître de gladiateurs). Quelques-uns sont encore usuels en français, comme « histrion » (comédien, devenu péjoratif), « mécène » (nom d'un ministre romain d'origine étrusque, devenu nom commun en français) et « personne » ; celui-ci viendrait du nom de Phersu, personnage masqué et barbu, à la fois menaçant et comique, qui apparaissait dans les spectacles funéraires. En latin, persona a désigné le masque de théâtre, puis le rôle, avant de prendre un sens plus général[6].

Les noms des dieux[modifier | modifier le code]

Ils proviennent du Panthéon Hourrite et pré-grec. Teshub par exemple, le Tarhui Hatti devenu Tarhund/Tarchun chez les Hittites devient Tarchonte (Archonte)/Tagete (Tagès) chez les Étrusques. Il en va de même des autres dieux : Turan « déesse du ciel » (Vénus) ; Laran « dieu de la tempête » (Mars) ; Fufluns « dieu soleil » ; Thesan « déesse de la lumière » (Aurore).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Briquel, La Civilisation étrusque, p. 26
  2. « plus que l'ensemble des autres textes de l'Italie pré-romaine », Dominique Briquel, La Civilisation étrusque, p. 22
  3. Notice du musée archéologique de Pérouse
  4. Les Etrusques et l'Italie avant Rome : De la Protohistoire à la guerre sociale de Ranuccio Bianchi bandinelli, Antonio Giuliano, et Jean-Paul Thuillier, p. 165
  5. Exemplaires conservés à la Bibliothèque de France
  6. J. Heurgon, La Vie quotidienne chez les Étrusques, 1961

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Il « mistero » della lingua etrusca, Romolo A. Staccioli (on trouvera à la fin de cet ouvrage un glossaire des mots étrusques actuellement déchiffrés avec certitude.) Newton Compton editori, Roma, 1977. 2° édition, 1987.
  • Gli Etruschi: una nuova immagine, Mauro Cristofani, Giunti, Firenze, 1984.
  • Rivista di epigrafia etrusca, Mauro Cristofani (in Revue Studi Etruschi, publiée par l'Istituto di Studi Etruschi e Italici, Firenze)
  • Rjabchikov, Sergei V. 2014. The Etruscan Astronomy. Etruscan Research, 1: 2-14.
  • Rjabchikov, Sergei V. 2013. Ob etrusskoy “l‟nyanoy knige” iz Zagreba (On Etruscan “Liber Linteus” of Zagreb; in Russian). Visnik Mizhnarodnogo doslidnogo tsentru “Lyudina: mova, kul’tura, piznannya”, 34(3), pp. 30-36.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]