Hinrich Lohse

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Hinrich Lohse
Hinrich Lohse le 8 août 1941
Hinrich Lohse le 8 août 1941

Naissance 2 septembre 1896
Mühlenbarbek
Décès 25 février 1964 (à 67 ans)
Mühlenbarbek
Allégeance Drapeau de l'Empire Allemand Empire allemand
Drapeau de la République de Weimar République de Weimar
Drapeau du Troisième Reich Troisième Reich
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement Reichskommissariat Ostland
Autres fonctions fermier, politicien,responsable du Ghetto de Riga et de l'holocauste en Lettonie

Hinrich Lohse (né le 2 septembre 1896 à Mühlenbarbek, Schleswig-Holstein ; mort le 25 février 1964 à Mühlenbarbek) est un politicien nazi.

Lohse, qui exerçait comme représentant de commerce, était né dans une famille de petits exploitants agricoles. De 1903 à 1912, il suivit une scolarité à la Volksschule de sa ville puis dans une école de commerce. En 1913, il travailla comme employé aux chantiers navals de Blohm & Voss à Hambourg. Durant la Première Guerre mondiale, il servit dans l'armée du 23 septembre 1915 au 30 octobre 1916, date à laquelle il fut exempté suite à ses blessures de guerre.

Montée du nazisme[modifier | modifier le code]

Lohse fut un des leaders, en 1919, de l'association des fermiers du Schleswig-Holstein puis, en 1920, il devint secrétaire général du parti paysan du Schleswig-Holstein. En 1923, il rejoignit le parti Nazi et devint, le 27 mars 1925, le Gauleiter du NSDAP pour le Schleswig-Holstein. En 1924, comme membre de la liste du Völkisch-Sozialer Block, il devint le seul nazi à être élu au collège représentatif de la ville (Stadtverordnetenkollegium) d'Altona/Elbe. Pendant cette période, il dirigea différentes associations nationalistes paysannes dans le nord de l'Allemagne, comme la Landvolkbewegung ("Mouvement du peuple paysan"), au sein du parti Nazi. Entre 1928 et 1929, Lohse administra aussi temporairement le Gau nazi d'Hambourg.

Lohse, qui était membre du Reichstag depuis 1932, fut nommé peu de temps après la prise de pouvoir nazie comme Haut-Président (Oberpräsident) de la province du Schleswig-Holstein. En 1934, il prit la direction de la compagnie nordique (Nordische Gesellschaft). En 1942, Lohse fut nommé Commissaire à la défense du Reich, comme tous les autres Gauleiters.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Commissaire du Reich pour l'Ostland[modifier | modifier le code]

Proche de Rosenberg, mais peu apprécié de Himmler et de Hitler[1], Hinrich Lohse est nommé, le 17 juillet 1941, Reichskommissar für das Ostland, commissaire du Reich pour les territoires de l'Est. Lohse n'abandonna pas pour autant ses fonctions au Schleswig-Holstein et fit la navette entre Riga et Kiel; après sa prise de fonction, il plaça des amis proches du Schleswig-Holstein à toutes sortes de postes importants.
Bureaucrate dans l'âme, ses bureaux préparent durant l'été un certain nombre de directives sur la politique antisémite destinée à être appliquée dans le commissariat, et dans le même temps, il souhaite disposer d'ordres écrits de l'ensemble des supérieurs des acteurs opérant sur le terrain, manifestant ainsi son opposition à une tutelle renforcée de la SS sur les territoires dans lesquels son administration exerce les pouvoirs civils[2]; mais ces directives, qui doivent aboutir à la ghettoïsation, ne sont pas appliquées sur le terrain, notamment en raison des massacres de masse, de la mauvaise volonté[3] et de la politique menée par les SS, qui vise à la création sur place de camps de concentration, exposée pour contrer les arguments du commissaire du Reich[4].
Ainsi, partisan de l'enfermement dans des ghettos[1], il tente de s'opposer aux exécutions des Juifs du Reich. Il souhaite ainsi appliquer la politique pratiquée dans le Gouvernement Général: enfermement et expropriation, mais il se heurte à la SS[5]. Au cours de l'automne 1941, sans remettre publiquement en cause les exécutions massives de Juifs du commissariat, et appuyé sur Rosenberg[6] dans un premier temps[7], puis sur les cadres militaires du commissariat[8], il émet l'idée de subordonner les exécutions aux impératifs du conflit[9], tout en interdisant les exécutions dans les régions baltes[6]. Il s'oppose ainsi directement à la SS et aux cadres des Einsatazgruppen, mais, en plaçant son opposition sur le terrain des impératifs économiques, il déclenche l'ire de Himmler et de la SS, qui mettent alors en avant la volonté du Führer, explicitée au cours d'entretiens avec Himmler durant l'automne 1941[10]. Ces divergences ne doivent cependant pas faire illusion sur la politique de Lohse dans le commissariat: en effet, le 30 novembre 1941, il assiste, avec un nombre importants de responsables des territoires occupés de l'Est, au massacre des 30000 Juifs du ghetto de Riga[11].

Il resta dans cette fonction jusqu'à sa fuite du Reichskommissariat Ostland à l'automne 1944 devant l'avancée de l'Armée rouge. Au Schleswig-Holstein, alors que le régime nazi perdait du terrain, il appliqua totalement, en tant que Commissaire à la défense du Reich, l'ordre nazi.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Le 6 mai 1945, en raison des demandes britanniques, Lohse fut démis de son poste de Haut Président du Schleswig-Holstein par le président du Reich Karl Dönitz et capturé peu de temps après par les troupes britanniques. Il fut condamné en 1948 à 10 ans de prison mais fut libéré en 1951 pour raisons médicales. Deux enquêtes furent lancées par les procureurs contre lui. Le bénéfice de la pension du Haut Président pour laquelle Lohse s'était battue lui fut supprimé sur pression du Landtag du Schleswig-Holstein. Il passa ses dernières années à Mühlenbarbek.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. a et b R. Breitmann, Himmler et la solution finale, p. 234
  2. C.R.Browning, Les Origines de la solution Finale, p. 306
  3. C.R.Browning, Les Origines de la solution Finale, p. 333
  4. C.R.Browning, Les Origines de la solution Finale, p. 307
  5. R. Breitmann, Himmler et la solution finale, p. 234 et 265
  6. a et b R. Breitmann, Himmler et la solution finale, p. 264
  7. R. Breitmann, Himmler et la solution finale, p. 269
  8. C.R.Browning, Les Origines de la solution Finale, p. 355
  9. R. Breitmann, Himmler et la solution finale, p. 262
  10. R. Breitmann, Himmler et la solution finale, p. 263
  11. C.R.Browning, Les Origines de la solution Finale, p. 338

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Richard Breitman, Der Architekt der Endlösung, Munich, 2000, Trad. française Himmler et la solution finale, l'architecte du génocide, Calmann-Levy, 2009, ISBN 978-2-7021-4020-8.
  • Martin Broszat, L’État hitlérien, l'origine et l'évolution des structures du Troisième Reich, Édition Fayard, coll. L'espace du politique, Paris, 1985 (ed. française), ISBN 2-213-01402-7.
  • (fr) Christopher R. Browning, Les origines de la solution finale. L'évolution de la politique antijuive des nazis, septembre 1939-mars 1942, Les Belles Lettres, collection Histoire, Paris, 2007, ISBN 978-2-251-38086-5
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination. L'Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945, Seuil, collection L'Univers Historique, Paris, 2008, ISBN 978-2-02-020282-4.

Lien externe[modifier | modifier le code]