Winoc de Bergues

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La tour de l'abbatiale vestige de l'abbaye Saint-Winoc (2007)

Saint Winoc ou Winok ou Pinnock (frère de saint Guinien, ou saint Guinian ou saint Vignen)[1], né entre 640 et 650, mort le 6 novembre 716 ou 717, est un saint des Églises chrétiennes. Fête le 6 novembre.

Le nom[modifier | modifier le code]

Il y a eu probablement d'autres Winoc que celui qui s'est fait connaître en Flandre. Les formes originelles du nom sont Uinnnoc ou Uinoc. Elles dérivent de l'adjectif Uinn devenu Gwenn en breton et Gwynn en gallois et qui signifie au propre blanc, et aïeul au figuré.

Ce qu'on sait de saint Winoc[modifier | modifier le code]

Il serait le fils du mythique Hoël III , frère d'Urielle de Trémeur[2]. D'après d'autres traditions, il serait le neveu ou le fils de saint Judicaël, roi de Domnonée en Bretagne, où il serait né, dans le pays de Dol plus précisément.

Avec trois compagnons, saint Josse, son oncle, saint Madoc et saint Arnoc, il se rend dans l'évêché de Thérouanne, où il devient le disciple de saint Bertin, abbé de Sithiu (aujourd'hui Saint-Omer), lui-même disciple d'un successeur de saint Colomban[3]. Selon la tradition, dans le monastère de Sithiu, Winoc fut chargé de moudre le blé pour la communauté. La légende veut que fort âgé, un ange l'ait aidé à tourner la meule. Ainsi les meuniers en firent leur saint patron.

Il fonda lui-même un monastère à Bergues (Nord) connu anciennement sous le nom de Winoksbergen, c'est la raison pour laquelle on le nomme Winoc de Bergues.

En 685, à la demande d'Audomar, il fonde une abbaye de bénédictins à Wormhout sur une hauteur appelée depuis "Mont-saint-Winnoc", et en devient 1er abbé. Il y serait décédé en 717 et enterré[4].

En 1024, après le ravage de l'abbaye de Wormhout par les Normands, Baudouin IV fait bâtir à Bergues une nouvelle abbaye de bénédictins. Les reliques de saint Winoc, présentes à l'église de Saint-Omer depuis le milieu du IXe siècle sur ordre de l'évêque Folquin de Thérouanne, pour les protéger des Normands, sont apportées à la nouvelle abbaye de Bergues une fois le calme retrouvé. Lors de la Révolution française, cette abbaye est presque intégralement détruite.

Le culte[modifier | modifier le code]

Le culte de saint Winoc reste vivant en Flandre.

En Bretagne, son culte est attesté à Plouhinec (Finistère), où dans l'église Saint-Winoc, il est représenté en habit de bénédictin, près de ses reliques. On trouve des traces du culte de saint Winoc, non seulement à Plouhinec, mais à Briec-de-l'Odet, Combrit, Landrévarzec et Plourin. On retrouve aussi son nom à Landévennec (dont le nom vient de LanToWinnoc). C'est aussi un prénom et un nom de famille connu en Bretagne : Guénec, Guennec et Guennoc.

Un saint du même nom est honoré en Cornouailles sous le nom de Wednack et en sont dérivés les noms de Lanwenock et de Landewednack (équivalent de Landévennec).

Au Pays de Galles, on trouve un saint Gwynnog (ou Gwynno) et un saint Winoch. Le nom de lieu Llanwnog y fait référence.

En Écosse il serait également le patron de Lochwinnoch dans le Renfrewshire à l'Ouest de Glasgow.

Grégoire de Tours, dans le tome VIII de son Histoires évoque : « le Breton Winoch, élevé aux honneurs de la prêtrise, et dont nous avons parlé dans un autre livre (V), s’était soumis à de telles austérités qu’il ne se vêtissait que de peau, ne mangeait que des herbes sauvages crues, et portait si légèrement le vase de vin à sa bouche, qu’on aurait dit que c’était pour le baiser plutôt que pour le boire. Mais la libéralité des dévots lui ayant souvent apporté des vases remplis de cette liqueur, il s’accoutuma par malheur à en boire outre mesure, et finit par s’abandonner tellement à la boisson qu’on le vit plusieurs fois ivre. D’où il arriva que son ivrognerie augmentant par la suite des temps, le démon s’empara de lui et le tourmenta avec une telle violence que, prenant un couteau ou quelque espèce de projectile qu’il pût attraper, soit pierres, soit bâtons, furieux il poursuivait les hommes qu’il voyait ; en sorte qu’on fut obligé de le garder dans sa cellule, chargé de chaînes. Après avoir passé deux ans frénétique sous le poids de ce jugement, il rendit l'esprit. ». Son nom breton a ainsi valu à ce fils de roi d'être associé par les Français au vin.

Son nom est aussi à l'origine du prénom "Winnie".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=Sant_Guinien
  2. Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne ou, Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, Volume 51,Michaud frères, 1828 [1]
  3. http://homepage.mac.com/thm72/orthodoxievco/ecrits/vies/synaxair/novembre/winnoc.pdf
  4. http://nominis.cef.fr/contenus/saint/56/Saint-Winnoc.html

Liens externes[modifier | modifier le code]