Doulon

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Doulon
regroupée à Nantes
Ancienne mairie de Doulon devenue mairie annexe de la ville de Nantes
Ancienne mairie de Doulon devenue mairie annexe de la ville de Nantes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Démographie
Population 6 990 hab. (1906)
Géographie
Coordonnées 47° 14′ 07″ N 1° 30′ 11″ O / 47.235304, -1.5031847° 14′ 07″ Nord 1° 30′ 11″ Ouest / 47.235304, -1.50318  
Localisation

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Doulon

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Doulon

Doulon est une ancienne commune de Loire-Inférieure, limitrophe de Nantes (à l'est), annexée à cette dernière en 1908. Son territoire correspondait pour une grande part à celui d'un des 11 actuels quartiers nantais, appelé Doulon - Bottière (une partie étant aussi désormais intégré à celui de Malakoff - Saint-Donatien).

Limites[modifier | modifier le code]

À la veille de son annexion en 1908, le territoire de l'ancienne commune était circonscrit approximativement :

Toponymie[modifier | modifier le code]

La plupart des étymologistes d'autrefois faisaient procéder le nom de « Doulon » de la racine pré-indo-européenne Tull signifiant « hauteur », « éminence » qui aurait corrompu pour donner Dol. Cependant aux regards de la topologie des lieux, il serait plus logique d'y voir un dérivé du toponyme celtique Dola qui désigne un pré, vallon, ou tout endroit inondable (comme un marécage) de faible altitude[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques effectuées par Léon Maitre au début du XXe siècle montrent qu'au début de l'ère chrétienne, existait déjà en ces lieux, un établissement gallo-romain, sur le parcours d'une voie partant de Nantes et située entre la Loire et la route allant vers Angers.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'abbaye Saint-Médard de Doulon

Doulon apparaît véritablement dans l'histoire sous le règne de Charlemagne. En 786 ou 787, il autorise l'abbaye Saint-Médard de Soissons à créer un monastère dans cet endroit qui fait alors partie de la paroisse Saint-Donatien de Nantes. Une abbaye bénédictitine est donc créée, avec les privilèges usuels. Son histoire est mal connue, mais elle est tout de même évoquée par une bulle du pape Eugène II en 824, par une charte du roi Eudes en 893 (confirmation des privilèges) et par une charte du duc Alain Barbetorte en 945 : le contrôle sur l'abbaye de Doulon est alors transféré à l'abbaye de Landévennec.

La paroisse Saint-Médard

La documentation reprend seulement à la fin du XIe siècle avec une charte de Harscoët Ier de Saint-Pierre, seigneur de Retz. Celui-ci détient alors un tiers des dîmes de l'abbaye. Il faudra la menace d'une excommunication, à la suite des décisions du Concile de Rome en 1049, pour que Harscouët rétrocède Doulon à l'évêque Benoît de Cornouaille en 1104.

Durant la seconde moitié du XIIe siècle, la duchesse Constance de Bretagne possédait à Doulon, le manoir du Petit-Blottereau (voisin de celui du Grand-Blottereau), puisque selon la légende, elle aurait été à l'origine de la fondation d'une chapelle dédiée à la Vierge Marie baptisée « Notre-Dame de Toutes-Aides », à la suite d'un vœu qu'elle aurait exaucée et qui se réalisa[2].

Cependant, le chapitre de la cathédrale de Nantes, étant incapable de gérer ses biens, cède leurs domaines à des familles aisés, sous la pression du Duc de Bretagne. Des seigneuries se créent alors comme celles du Grand-Blottereau, du Petit-Blottereau, de la Papotière, du Bois-Briand, des Perrines-Chamballan, de La Collinière.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

La paroisse de Doulon fut divisée en deux sections distinctes : le « Haut Doulon » et le « Bas Doulon » :

  • Du Haut-Doulon dépendaient les villages et fermes de L'Aubinière, Le Bois-Brillant (ou Boisbriant), La Grenouillère, La Haluchère, La Papotière, La Ragotière, L'Écusson, Chamballan, La Clarière.
  • Du Bas-Doulon dépendaient le château de La Colinière, La Bonnetière, Les Blottereaux, Les Perrines, Le Gué-Robert, Toutes-Aides, Le Pont-Mitry.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La paroisse Saint-Médard devient la commune de Doulon lors de la réforme administrative de la France au début de la Révolution.

Au XIXe siècle, elle bénéficie du développement économique de Nantes avec notamment : la création de la gare de triage du Grand-Blottereau et l'implantation de l'usine Brissonneau et Lotz.

Elle connaît un essor démographique, notamment dans les quartiers limitrophes de Nantes, qui bénéficient de la proximité de la manufacture des tabacs et de la gare d'Orléans. En 1873, une nouvelle paroisse, « Notre-Dame de Toutes-Aides », est créée et une nouvelle église est construite à partir de 1878 à côté de la chapelle du XVIIe siècle, sous la direction de l’architecte François Bougoüin. L'inauguration a lieu en 1881.

Les deux paroisses sont habitées par des populations très différentes, souvent antagonistes :

  • "Toutes-Aides" avec ses ouvriers et ses cheminots ;
  • "Vieux-Doulon" avec ses agriculteurs, essentiellement des maraîchers.

Cette situation sociale entretient parfois, une certaine rivalité entre les clubs paroissiaux et associations laïques ou ouvrières (notamment sur le plan sportif). En 1887, une pétition des habitants du Vieux Doulon demande même la division de la commune en deux sections électorales destinée à devenir indépendantes, mais la Préfecture rejeta leur demande deux ans plus tard.

Dans l'esprit des Doulonnais, seul Toutes-Aides doit être amené tôt ou tard à être réuni à sa voisine nantaise. Finalement, c'est l'ensemble de la commune qui est annexée en 1908, en même temps que celle de Chantenay à l'ouest de Nantes. L'annexion des deux communes est préparée durant le mandat du maire de Nantes Paul-Émile Sarradin et décidée par une loi du 3 avril 1908. Les municipalités de Nantes, Doulon et Chantenay sont dissoutes et remplacées par une commission municipale dirigée par Joseph Canal (du 4 avril au 17 mai), jusqu'à l'élection de la nouvelle municipalité dirigée par Gabriel Guist'hau.

Doulon, comme Chantenay, conservait une spécificité administrative au sein de la ville de Nantes, grâce à la présence d'une mairie annexe et la désignation d'un « adjoint spécial ». Depuis les élections municipales 2008, aucun adjoint spécial n'a été nommé.

Les maires de Doulon jusqu'en 1908[modifier | modifier le code]

Le premier maire, Jean-Baptiste Lainé, élu en février 1790, était le curé de la paroisse. Ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, voté par la constituante le 12 juillet de la même année, il est sommé par les autorités, de s'éloigner de la commune. Dès lors, pendant un an, les doulonnais semblent ne pas avoir euent de maire déclaré.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Jean-Baptiste Lainé
1791 1792 Pas de maire déclaré
1792 1792 Pierre Millet
1792 1795 Julien Peignon
1795 1800 Jean Vrait Agent municipal de la municipalité cantonale
1800 1800 Jean Vrait Maire de la commune
1800 1804 Mathieu Dupé
1804 1807 Pierre Moriceau
1807 1815 Jean-Augustin Sioc'han de Kersabiec
1815 1816 Pierre Chevalier
1816 1820 Jean-Marie Le Lubois
1820 1824 Jean-Augustin Sioc'han de Kersabiec
1824 1826 Félix de Soussay
1827 1833 Elie de la Barre
1833 1859 Jean-Baptiste Minatte
1859 1870 Jacques Lambert
1870 1871 François Süe
1871 1880 Jean Cottin de Molleville
1880 1892 Joseph Doury
1892 1893 Leuduger Fortmorel
1893 1908 Louis Millet
avril 1908 mai 1908 Joseph Canal Président de la délégation spéciale
Les données manquantes sont à compléter.

Le dernier maire désigné par le suffrage universel, Louis Millet, se voit réélire en mai 1908 au sein du nouveau conseil municipal de Nantes dirigé par Gabriel Guist'hau, qui le nomme alors adjoint spécial pour Doulon. Il le restera jusqu'à sa mort en 1919, durant la municipalité Bellamy.

Évolution démographique de 1793 à 1906[modifier | modifier le code]

Source : [1]

1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
1 319 1 203 1 339 1 401 1 415 1 523 1 463 1 548 1 612
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 740 2 669 2 997 3 304 4 094 4 932 5 521 6 004 6 880
1906 - - - - - - - -
6 990 - - - - - - - -


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noël Guillet, Doulon : De l'indépendance à l'annexion - Cent ans de vie municipale, Nantes, Association Doulon-histoire,‎ 2000, 194 p. (ISBN 2-908289-19-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Doulon-Histoire, Du village à la ville, Doulon de la Révolution à la fin du 19e siècle, Éditions ACL, Nantes, 1985
  • Doulon-Histoire, Une paroisse au quotidien, Histoire de Saint-Médard de Doulon des origines à nos jours, Éditions ACL, Nantes, 1988
  • Noël Guillet, La Colinière, Nantes, 2004

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de villes et villages - Loire-Alantique, Saint-Jean-d'Angély, Éditions Boudessoules,‎ 2002, 287 p. (ISBN 2-913471-45-5), p. 88
  2. Notre-Dame de Toutes-Aides sur « saintemarie-doulon.org »