Landévennec

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Landévennec
Panorama de la façade maritime de Landévennec.
Panorama de la façade maritime de Landévennec.
Blason de Landévennec
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Crozon
Intercommunalité Communauté de Communes de la Presqu'île de Crozon
Maire
Mandat
Roger Lars
2014-2020
Code postal 29560
Code commune 29104
Démographie
Gentilé Landévennécien, Landévennécienne
Population
municipale
341 hab. (2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 32″ N 4° 15′ 53″ O / 48.292223, -4.26472348° 17′ 32″ Nord 4° 15′ 53″ Ouest / 48.292223, -4.264723  
Altitude 19 m (min. : 0 m) (max. : 116 m)
Superficie 13,83 km2
Localisation

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Landévennec [lɑ̃devɛnɛk] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle est située à l'embouchure de l'Aulne dans la rade de Brest, à égale distance de Brest et de Quimper (55 km). Avec ses 1 385 hectares, Landévennec est la plus petite commune de la presqu'île de Crozon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Port Maria avec, en arrière plan, l'église Notre-Dame avec son cimetière marin.

Dom Louis Le Pelletier, moine bénédictin de Landévennec au XVIIIe siècle, auteur du Dictionnaire de la langue bretonne, paru en 1754, emprunte l'étymologie de Landévennec à la qualité exceptionnelle de sa situation climatique, et pour lui le mot viendrait de « Land-Teven » signifiant « lieu exposé au soleil ».

Une autre explication, certes moins poétique, paraît cependant plus réelle. L'implantation insulaire (IVe ‑ VIIe siècle) est marquée par des formations en « plou » qui désignent la paroisse, et par le terme « lan » pour un lieu sacré, tels les ermitages et les monastères.

L'histoire de Landévennec liée à l'abbaye depuis sa fondation par saint Guénolé, en 485 de notre ère, y détient probablement sa dénomination.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Aulne et le village de Landévennec.
Le fond de la rade de Brest (estuaire de l'Aulne) vu des hauteurs dominant le cimetière de bateaux de Landévennec.

Landévennec, niché au fond de la rade de Brest, sur le dernier méandre de l'Aulne en partie submergé lors de la remontée du niveau de la mer après la glaciation de Würm[1], constitue un paysage pittoresque qui inspire la poésie. Tout y est réuni, le bois, la montagne (Ménez-Hom), la rivière et la mer.

Au début du XXe siècle, en 1920, Landévennec se présente comme un joli petit village paisible, encerclé d'eau et de pins, dans un site imprégné de grandeur, au pied des escarpements de la presqu'île et formant une pointe s'avançant aux confins du fond de la rade de Brest et de l'Aulne maritime.

Le climat doux et humide, la situation du pays bien abrité des vents forts, font de ce petit coin de terre l'un de ceux de la Bretagne où la végétation du midi se développe et prospère admirablement. « Les plantes des pays chauds croissent en toute liberté, araucarias et figuiers, mimosas et eucalyptus » écrit Gustave Geffroy en 1903[2].

« Le port de Landévennec ne se compose que d'une simple cale, de 78 mètres de longueur sur 5 m de largeur et 12 % d'inclinaison, situé sur la grève dite de Port-Maria, près de la pointe de Landévennec, sur la rive gauche de l'estuaire de l'Aulne. (...) Le mouvement de la navigation y est sans importance »[3]. Cette description date de 1889 mais est encore valable pour le port d'aujourd'hui.

Depuis le belvédère, à l'entrée du village, la vue est imprenable sur le cimetière de navires et le croiseur Colbert, jadis destiné à la lutte anti-aérienne, qui attend d'être démantelé. Depuis 2007, le lieu fait revivre le souvenir de l'ancienne station navale, quand Landévennec accueillait les bateaux de la Marine en réserve.

Mais la situation de presqu'île coincée entre la rade de Brest et l'estuaire de l'Aulne contribue à faire de Landévennec une commune enclavée, mal reliée à son voisinage, sans liaison maritime désormais avec Brest et les autres ports de la rade de Brest et sans bac permettant de franchir l'estuaire. Même l'accès routier est long (détour important pour rejoindre le pont de Térénez qui permet de franchir l'Aulne et de relier la commune au reste du monde) ou difficile si l'on emprunte la route plus directe étroite et sinueuse. C'est d'ailleurs cet isolement qui avait déjà attiré saint Guénolé et ses disciples lors de la fondation de l'abbaye. C'est aussi la persistance de cet isolement qui fait aujourd'hui le charme de Landévennec.

Description de Landévennec en 1903[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame-de-Landévennec (XVIIe siècle) et son cimetière marin face à la mer (1903).
Procession à Landévennec en 1903.

Gustave Geffroy a décrit Landévennec en 1903 :

« Je quitte la presqu'île de Crozon par la route qui conduit à la rivière de Châteaulin et à Landévennec. Le joli bourg ! Baigné par l'Aulne et la Rivière du Faou. La verdure a reparu. C'est le bois du Folgoët, en mémoire de Salaün ar Fol (...). En face c'est l'île de Térénez, et les ruines de l'abbaye au-dessus de l'anse de Penforn où se dresse la "Pierre du Moine" en robe et en capuchon. La légende voit en cette pierre le corps pétrifié d'un religieux condamné pour mœurs dissolues à demeurer là jusqu'au jugement dernier. En face, au-dessus des méandres des rivières, la fin des montagnes Noires, et le commencement des montagnes d'Arrée, les bosses du Méné-Hom et les arêtes rocheuses de Brasparts et de La Feuillée, au-dessus des collines verdoyantes d'où émergent les clochers des églises et des chapelles et les toits des châteaux. Les magnifiques paysages abondent. C'en est un, et des plus beaux, que celui-là, aperçu au cimetière, derrière le chevet de l'église, toute une vue de côte et de mer à travers les grands arbres qui abritaient les tombes. C'en est un autre que le "Sillon des Anglais", des landes, des bois, qui descendent vers la mer, une découpure allongée et élégante de terre, une vision nette et résumée comme celle des estampes japonaises. C'en est un autre que celui de Térénez, station navale, baie encadrée de verdure, eau tranquille où surgit quelque navire au repos. L'abbaye de Landévennec se date du Ve siècle avec saint Guénolé pour fondateur et le roi Gradlon, au VIe siècle, comme hôte funèbre. Il ne reste que pierre ruinées de l'ancienne bâtisse, sauf un portail romain[2]. »

Carte d'état-major de la région de Landévennec.

Plus loin dans le même texte, Gustave Geffroy poursuit :

« Au seuil d'une porte, une aïeule file, une jeune femme tricote, toutes deux assises sur une marche ; derrière elles, un marin à figure sérieuse fume sa pipe. Des enfants regardent des merveilles à un sou dans une vitrine. La couturière penche sa tête à la vitre, tout en tirant son fil. La marchande de poisson disserte doucement avec la bouchère. Une procession passe où des hommes, des femmes, portent des bannières. Tout le monde s'arrête au pied d'un calvaire. Un vieux curé chante, les enfants de chœur répondent, des gens s'agenouillent sur le pavé, d'autres regardent tranquillement. Il n'est guère d'autre spectacle à Landévennec. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Landévennec devint un centre d'échange et de communication par l'importance de son abbaye.

L'activité venue des foires et marchés et les différentes manifestations religieuses liées au monastère, amenaient de nombreux visiteurs.

Landévennec utilisait divers moyens de communication par mer. L'ensemble des bacs permettait de franchir l'Aulne. Le passage de Poulben était desservi par deux chalands. Les jours de marché, il était utilisé un grand chaland servant au transport d'une vingtaine de chevaux, les autres jours, un plus petit, pour les passages habituels des habitants et de quelques chevaux. Ils se rendaient à Argol et au Faou.

L'Aulne et un moulin à marée près de Landévennec

Avant 1782, il existait une liaison de l'île Tibidy à Landévennec. Un bateau était utilisé pour les bestiaux, et un canot pour les gens.

Les emplois ne manquaient pas. L'abbaye employait de nombreux domestiques. Les tâches étaient distribuées comme suit :

  • un maître jardinier et un aide ;
  • un cuisinier et un marmiton ;
  • un palefrenier ;
  • un postillon (il portait les lettres à la poste du Faou) ;
  • un maréchal ferrant ;
  • un chaudronnier (il venait de Quimper tous les trois mois) ;
  • un garçon de salle ;
  • un barbier ;
  • un boulanger (il était aidé par d'autres domestiques) ;
  • une blanchisseuse ;
  • une porteuse d'eau ;
  • des tailleurs, couturiers et aides servantes venaient certains jours.

Tous ces gens vivaient par le travail que leur fournissait le monastère. Ils s'y accommodaient dans de bonnes conditions et relations avec les moines.

Une autre source importante était la juridiction abbatiale et sa cour de justice. Elle s'étendait sur tout le territoire de la presqu'île de Crozon jusqu'à Plomodiern, et était représentée à la cour de Châteaulin par un procureur et un greffier. Cette cour de justice comptait des membres par ordre de fonction :

  • le sénéchal (officier féodal ou royal) ; il possédait le rang de chef de justice et veillait à son bon fonctionnement. Il était aidé dans sa tâche par le bailli (officier d'épée ou de robe), qui, en France, rendait la justice au nom du roi ou d'un seigneur ;
  • le procureur général était chargé des recouvrements, taxes et impôts ;
  • Notaires, greffiers, sergents, officiers étaient chargés des significations à comparaître, de faire exécuter les arrêts rendus.

Cette cour de justice value à Landévennec le titre de ville. En 1679, les audiences se tenaient le mercredi à 15h00 aux horloges de la ville, dans la salle de l'auditoire, située dans la rue du presbytère. Le sénéchal et le bailli présidaient, venaient ensuite les prévosts (titre donné à différents magistrats d'ordre civil ou judiciaire sous l'Ancien Régime) qui représentaient les seigneurs de la presqu'île et étaient tenus d'y assister.

Les abbés avaient les pouvoirs seigneuriaux les plus étendus. Ressortissant comme cour d'appel du présidial de Quimper et disposant du droit de « haute justice » (du latin le jus Gladii du droit romain), l'abbé se considérait le seigneur haut justicier de Landévennec, Argol et Telgruc.

« La moyenne justice » avait le droit de condamner à la prison. « La basse justice », la plus répandue, que l'on peut comparer à des interventions de simple police. L'insigne de « haute justice » était les « fourches patibulaires » (appareil à pendre). Il était composé de quatre hauts piliers de pierre, couronnés par une traverse de bois. Les condamnés étaient attachés à cette dernière pour être étranglés. Les dépouilles restaient un certain nombre de jours exposées à la vue des passants. Cette potence se situait au village de Gorréguer non loin de l'abbaye. Il ne reste plus de vestiges de ce passage de la justice.

Landévennec ne conserve du passé que la jolie petite chapelle de Folgoat, témoin d'un passé des moines de l'abbaye.

La chapelle de Folgoat[modifier | modifier le code]

Située à 5 km environ du bourg, en direction de moulin mer, elle se niche à l'orée d'un bois de hêtres. Selon la légende, cette chapelle aurait été construite entre 1358 et 1360, pour y recevoir le corps de Salaün le fou du bois.

Il y a très longtemps vivait dans cette forêt un simple d'esprit. Les seuls mots qu'il connaissait étaient Ave Maria, les répétant à longueur de journée. Il dormait dans le creux d'un arbre, à proximité de la fontaine, et se rendait chaque jour à l'église du bourg et quémandait du pain aux habitants qui le lui donnaient de bon cœur. Puis il retournait à sa fontaine où il trempait son pain, en chantant Ave Maria.

Un jour de novembre de l'an 1358, on trouva Salaün sans vie. Il fut enterré près de sa fontaine sous l'arbre où il dormait. Quelques jours plus tard, un magnifique lys fleurit sur la tombe, et sur chaque pétale d'une blancheur éclatante on lisait Ave Maria inscrit en lettres d'or. De toutes parts on vint voir le miracle.

La chapelle était entourée d'un petit enclos. Au fil des siècles, les guerres et les troubles n'épargnèrent pas le monument. En 1593, les troupes royales qui saccagèrent l'abbaye, firent de même pour cet édifice.

À l'état de ruines, ce fut l'abbé Tanguy qui, en 1645 la fit restaurer. Son blason figure sur le pignon. Au-dessus on peut lire : « Deo et Immaculatae Virginis Conceptioni » ce qui signifie que la chapelle est dédiée à Dieu et à l'Immaculée Conception de la Vierge.

En 1695, les moines cèdent la chapelle à la paroisse de Landévennec. Selon d'anciens documents, l'office avait lieu les dimanches et jours de fêtes.

Lors de la Révolution, la chapelle est reconnue d'utilité publique par la municipalité de 1792, considérant que les trois paroisses de Landévennec, Argol et Trégarvan pouvaient profiter des messes. Puis l'édifice est oublié et délaissé. Seuls les prêtres, assistés des fidèles l'entretiennent avec les faibles moyens dont ils disposent. Ce n'est que grâce à l'intervention du recteur de Landévennec, Pierre Brenéol, que la petite chapelle est restaurée en 1961. Le culte est remis, le pardon fixé le jour de l'Ascension. Avec le concours du maire de l'époque Jean Le Bot et des conseillers, le recteur eut la possibilité d'entreprendre des travaux : réfection de la toiture, remplacement de l'autel et dallage du sol, à l'origine en terre battue.

La Marine à Landévennec[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIIe siècle, Landévennec a été convoitée par la Marine. Compte tenu du trafic important du port de Brest, elle souhaitait la création d'un port de réserve. Ces projets n'aboutirent pas. Seule la période de 1870 à 1935 marquera la présence de la Marine.

Au cours de sa visite, le 9 octobre 1666, le duc de Beaufort (François de Bourbon 1616-1669), petit-fils d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, accompagné de Duquesne, - officier de la Marine sous Louis XIV, nommé commandant et subdélégué de l'intendant de 1665 à 1672 - désignait l'anse de Penforn « comme un bassin capable de contenir à flot toute la flotte de sa Majesté ». Dans son esprit, le port de Brest devenait secondaire. En 1683, Vauban reprit l'idée et y projeta une sorte de refuge. « Excellent port, supérieur à Brest, les navires pouvant tenir à flot sur deux lieues ». Mais les manœuvres, rendues difficiles par les vents contraires, lui firent choisir plutôt la rivière de Landerneau.

L'anse de Landévennec abrita, semble-t-il, l'escadre de quarante-deux navires du roi commandée par l'amiral de Châteaurenault.

En 1697, M. de Pontchartrain, ministre sous Louis XIV, prescrit à Desclouzeaux, intendant de la Marine, de construire douze vaisseaux, afin de dégager le port de Brest. La présence maritime devenait effective. Louis-Joseph de Beaussier de l'Isle (Toulon 1701-Brest 1765) montre la possibilité d'établir une réserve de vaisseaux à Landévennec . Mais les manœuvres étaient rendues relativement difficiles par les pêcheries de l'abbaye et les moulins à marée. Si bien que le projet de création d'une réserve de vaisseaux dans l'anse de Penforn a été abandonné. Ce fut le comte Aymar Joseph de Roquefeuil et du Bousquet qui prit cette décision en 1764. Il connaissait parfaitement l'arsenal et son port, pour avoir été commandant intérimaire à partir du 10 septembre 1761, puis titularisé à partir du 1er janvier 1763 et promu lieutenant général le 3 août 1766. Il joua l'un des plus importants rôles actifs dans le redressement de la Marine à Brest.

Sous Louis XVI, en 1775, jusqu'en 1785, les projets de création d'un port annexe, pour désengorger Brest, se multiplient. Le vice-amiral M. Thévennard, nommé chef d'escadre par Louis XVI en 1785, désapprouve ce projet. Il s'appuie sur la difficulté des manœuvres de navigation entre Brest et Landévennec. Il propose néanmoins le projet établi par Vauban, à savoir la construction d'une enceinte fortifiée sur les hauteurs environnantes. Cette dernière permettrait de surveiller la baie de Douarnenez et contrer d'éventuels débarquements ennemis. Mais le coût élevé de cette opération ne permet pas d'y donner suite.

Des projets en études, la seule idée retenue et créée sera, en 1856, la construction de la réserve ou base maritime, officialisée par la venue de l'empereur Napoléon III en 1858, à bord du yacht impérial La Reine Hortense. Désormais la vie du bourg est liée à l'activité de la « Royale » et ce, durant une cinquantaine d'années.

Les différents bâtiments à Landévennec[modifier | modifier le code]

Quatre bâtiments se détachent de la réserve pour servir de pontons aux déportés de la commune. Ils viennent en renfort aux onze bâtiments ancrés au large de Quélern (Roscanvel) :

  • Le Breslaw, vaisseau de 74, a participé à la prise d'Alger ;
  • Le Fontenoy, vaisseau de hauts bords, déclassé et affecté au transport des forçats en Nouvelle-Calédonie, puis définitivement désarmé à Brest en 1885 ;
  • La Ville de Lyon, désarmé en 1870 ;
  • Le Duguay-Trouin, navire ayant participé à la bataille de Trafalgar.

D'autres bâtiments tout aussi célèbres viendront finir leur vie à Landévennec.

Depuis la dernière guerre, la réserve s'est éteinte lentement. Il reste les bateaux de guerre, de pêche, dans l'attente de destruction. D'autres servent de cible pour la Marine. De cette activité, Landévennec devient au XVIIe siècle la plaque tournante des voies de communications de la presqu'île de Crozon. L'activité du bourg est marquée par le cabotage et la construction de bateaux.

Une autre animation importante également, celle des passages vers les marchés du Faou par Landévennec.

En 1639, il y a trois bacs qui desservent l'anse de Penforn, Pors-Coz et le Cosquer. À la fin du XVIIIe siècle, les relations extérieures diminuent, les bacs ne sont plus entretenus. En 1777, le passage de l'île Tibidy vers Daoulas n'est plus assuré. En 1780, c'est au tour du bac de l'anse de Penforn, puis celui du Pors-Coz. À compter de cette période, des liaisons irrégulières sont assurées par gabares locales.

Les habitants de Landévennec sont mécontents et demandent que les différents passages soient rétablis. Devant les difficultés croissantes des communications maritimes, le service de la rade se crée. Celui-ci est assuré par le Brestois, vapeur à roues, lancé en 1841, qui fait la liaison Brest-Port-Launay-Lanvéoc-Landévennec-Dinéault, à raison de trois jours par semaine. Les départs de Brest sont fixés aux lundis, mercredis, vendredis et retour les lendemains. Des promenades sont organisées le dimanche à la grande satisfaction des Brestois. Mais les proportions du navire ont mal été étudiées : tirant d'eau trop important ne permettant pas l'accostage. Les passagers attendent le passage en barques, celles-ci assurant également le transfert des marchandises. Trop fin de ligne, il fonctionnait avec la marée et ne pouvait assurer la correspondance régulière avec les diligences.

La relève est assurée par le Parisien en 1842, vapeur métallique à roue. Acheté d'occasion et n'ayant navigué que sur la Seine, le bateau arrive à Brest en très mauvais état et demandera de grosses réparations. Un an plus tard, à la suite d'une manœuvre malencontreuse, il sombre à l'embouchure de Pont-de-Buis. Devant ce désastre, la société des vapeurs brestois remet en fonction le Brestois en 1843 pour deux ans. Le service régulier de la rade est ensuite abandonné.

En 1852, un nouveau plan de vapeur est projeté, mais il reste sans suite. Ce n'est qu'en 1855 que l'Éclair est mis en service. En 1859, il est abandonné car la ligne n'est pas rentable.

En 1862-1863, un projet de vapeur adapté à la navigation côtière est présenté. Afin de faciliter les accostages, la municipalité de Landévennec construit une cale de 43 mètres en 1868 au port Maria. En 1878, cette dernière sera prolongée de 42 mètres. Mais la coulée de galets et l'envasement progressif au fil des années la rendront insuffisante malgré les aménagements successifs.

La concurrence du chemin de fer commence à se faire sentir. Mais les gares de Quimerc'h et Daoulas sont éloignées et les passages ne sont pas assurés à des heures régulières. Celui de Térenez n'offre aucun abri aux voyageurs qui attendent parfois des heures, exposés au vent et à la pluie.

En 1883, le service régulier des vapeurs, malgré son prix élevé (1 franc pour Brest), assure davantage de sécurité et moins de fatigue.

Le début du XXe siècle voit successivement le Rapide, le Hoche et le Saint-Michel.

La construction du pont de Térénez vers 1927 met fin au règne de la navigation en assurant une liaison directe avec la presqu'île.

Landévennec aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Deux petits hôtels accueillent les voyageurs. En quittant le bateau, on emprunte le chemin qui passe devant l'église. À l'extrémité de la rue qui traverse le bourg, on trouve une croix de pierre et un peu au-delà l'entrée de l'ancienne abbaye. Celle-ci a été fondée au Ve siècle par saint Guénolé et détruite sous la Révolution. Il reste la chapelle ruinée, le portail roman, des fûts de colonnes, le pourtour du chœur et trois chapelles rayonnantes dont l'une servait à l'inhumation des abbés.

À l'abside, se trouve le tombeau du saint fondateur ainsi qu'une petite source, qui fut elle-même une des raisons qui incita le saint à se fixer en ce lieu. La crypte funéraire du roi Gradlon n'est plus qu'un trou béant. Au centre de l'abside, au milieu d'une végétation abondante, la statue de saint Corentin en granit, avec à sa base, les armes de Tanguy du Vieux-Chastel, dernier abbé de Landévennec. Statue couchée autrefois sur le tombeau de saint Guénolé, fragments lapidaires avec armoiries d'abbés et la devise des bénédictins sur un écusson. Des meules ferrugineuses sont les restes de fonderies établies par les moines.

Landévennec aujourd'hui, dispose des structures adaptées pour accueillir les touristes et reste un havre de paix où l'hiver, il est très agréable de s'y promener.

Des animations sont proposées, notamment l'été, et en particulier au musée de l'ancienne abbaye de Landévennec.

Depuis 2010, chaque année en septembre, l'événement Verbe Sacré propose des créations théâtrales (le plus souvent dans les ruines mêmes de l'ancienne abbaye), dont la particularité est de présenter un travail d'écriture reprenant textes anciens et actuels, religieux et laïc, avec l'ambition d'illustrer les questionnements universel de notre condition humaine.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Landévennec

Blason de Landévennec :
D'hermine au gousset d'azur, chargé d'un navire équipé et habillé d'or soutenu d'une crosse du même[4].
Devise: Da vro atav (Da vro atao) ("Ton pays toujours")

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
497 530 561 650 722 747 838 891 921
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
934 939 1 023 1 008 974 944 1 038 1 057 1 184
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 066 1 058 1 043 822 812 1 004 744 747 579
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
564 523 423 377 374 371 349 341 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : La commune de Landévennec est de nos jours moins peuplée qu'elle ne l'était en 1793, ayant perdu 141 habitants en un peu plus de deux siècles. Mais cette analyse globale masque des évolutions très contrastées selon les périodes : une croissance démographique continue et importante de 1793 à 1866, la commune gagnant 526 habitants en 73 ans, faisant plus que doubler sa population ; ensuite, une brève et légère période de déclin démographique entre 1866 et 1881, la commune perdant alors 79 habitants en 15 ans ; une nette mais brève reprise de l'essor démographique ensuite entre 1881 et 1896, année du maximum démographique avec 1184 habitants, la commune gagnant alors 240 habitants en 15 ans. Dans le courant du XXe siècle, Landévennec connaît un déclin démographique continu et spectaculaire, la commune perdant 835 habitants en 110 ans de 1896 à 2006, soit 70 % de sa population en un peu plus d'un siècle.

Landévennec continue à connaître un important solde naturel négatif : - 1,3 % l'an entre 1999 et 2007 (en valeur absolue, 23 naissances ont été enregistrées entre 1999 et 2008 pour 71 décès pendant la même période (entre 1999 et 2007, le taux de natalité a été de 6,2 pour mille et celui de mortalité de 19,0 pour mille, soit un taux d'accroissement naturel négatif de - 12,8 pour mille ; ce déficit naturel n'et pas compensé par un solde migratoire certes désormais positif depuis 1975, mais illusoire car il est dû essentiellement à la venues de personnes âgées, attirées par le bord de mer et la calme, ce qui contribue à accentuer un net vieillissement de la population : en 2007, Landévennec comptait 33,5 % de personnes âgées de 65 ans et + pour seulement 12,5 % de moins de 15 ans, soit presque trois fois moins de jeunes que de personnes âgées[7].

Le nombre des résidences principales stagne : 165 en 2007, exactement le même chiffre qu'en 1999. Les rares constructions neuves sont des résidences secondaires (12 de plus en 2007 par rapport à 1999. Landévennec est devenue une commune touristique : en 2007, les résidences secondaires (158) y étaient presque aussi nombreuses que les résidences principales (165)[8].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Ancienne abbaye de Saint-Guénolé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye de Landévennec.

L'ancienne abbaye de Saint-Guénolé fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 26 mai 1992[9]. Ouvert depuis 1990, le musée de l'ancienne abbaye installé à proximité du site archéologique présente aux visiteurs la remarquable et longue histoire de ces lieux à travers notamment l'exposition de découvertes issues des recherches archéologiques entreprises depuis 1978. C'est l'association Abati Landevenneg qui, depuis 1988, a reçu la mission de gérer et mettre en valeur le site, le jardin et le musée de l'ancienne abbaye de Landévennec.

L'Aulne et au fond la nouvelle abbaye de Landévennec.

Église Notre-Dame de Landévennec[modifier | modifier le code]

Décrite au début du XXe siècle par les chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron[10], l' église Notre-Dame-de-Landévennec fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 11 mai 1932[11].

La petite église de Landévennec date du XVIIe siècle et est située au nord du bourg, en bordure de mer. L'enclos percé d'un portail surmonté d'une niche permet d'accéder au cimetière marin qui entoure l'église. Les tombes disposées en espalier sont tournées vers l'océan.

L'édifice en contrebas impose par son architecture. Le clocher (1659) à chambre est sans galerie. Sur le pignon on distingue les armes de l'abbé Tanguy. Ce dernier contribua, après les troubles du XVIe siècle, à restaurer l'abbaye mais aussi à dynamiser le bourg. Le blason comporte les armes de son prédécesseur, l'abbé Briant : « écartelé d'azur au pigeon d'argent portant dans son bec un rameau de sinople ». Ce qui signifie : « un pigeon blanc portant dans son bec un rameau vert ».

Les armes de l'abbé Tanguy « ...et d'azur à l'aigle éployé d'or accompagné de trois étoiles de même » signifie : « ...et un aigle aux ailes déployées, deux étoiles à la tête et une aux pieds, le tout sur fond bleu ».

Ces armoiries se retrouvent sur la chapelle du Folgoat, sur l'arc de triomphe d'Argol, sur l'église et sur le presbytère de Crozon. Sur ce dernier bâtiment, elles ont été martelées pendant la Révolution.

L'ensemble de l'église date en grande partie du XVIIe siècle. De nombreuses dates sont gravées à l'intérieur. On retrouve la date de 1659 dans la nef, l'abside semble datée de 1652, le porche surmonté d'une croix de 1699, la sacristie de 1740. Il y a de très belles statues et un magnifique retable.

Au bas de la nef, un rideau adoucit la longueur de l'édifice. Les tableaux sauvés du vandalisme durant la Révolution, proviennent de l'abbaye.

Sur le pignon ouest, l'un des tableaux représente saint Corentin devant la cathédrale de Quimper. On distingue la flèche en plomb du transept, brûlé en 1620, les fortifications, le port Sainte-Catherine. Un seigneur coupe en deux le poisson du saint, au bord de la fontaine.

L'autre tableau représente le supplice d'un jeune martyr : saint Sébastien. Un bourreau lui lie les pieds, un autre lui passe des liens sur le milieu du corps. Les personnages sont au nombre de sept ou huit. L'un tient en main une flèche, l'autre une enseigne romaine. Trois ou quatre sont coiffés de turbans.

Le mur est orné d'une grande toile représentant la Cène. Elle provient aussi de l'abbaye.

Sur le mur sud, une peinture sur bois représente le martyre de saint Jacques le Mineur, évêque de Jérusalem. Trois hommes d'armes et un chef broient les membres et la tête du Saint à coups de bâton. Au second plan, on distingue des bateaux.

À côté, se trouve la statue en bois de saint Jacques le Mineur, en souvenir peut-être des pèlerins de Compostelle qui faisaient escale à Landévennec.

Au nord de la nef, une statue du Christ datant du XVIIe siècle, est posée sur un bénitier et adossée au mur de l'autel de Saint Jean-Baptiste.

Le confessionnal construit en bois, possède une porte ajourée sculptée de fleurs de lys. Cette œuvre semble datée de la Restauration.

Depuis 1761, cette église est sous le patronage de Notre-Dame de Bonne Nouvelle. Le pardon a lieu le jour de l'Assomption. Actuellement le pardon se déroule le dimanche qui suit le 15 août.

Patrimoine militaire[modifier | modifier le code]

Cimetière des navires[modifier | modifier le code]

Le cimetière de bateaux de Landévennec.
Le cimetière de bateaux

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1983 – 2014 Roger Lars PS Professeur de mathématiques en retraite

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau du Royaume-Uni The Lizard (Royaume-Uni)Sous-modèle utilisé pour la maintenance du modèle {{Jumelage}} via les pages liées. Sous-modèle utilisé pour la maintenance du modèle {{Jumelage}} via les pages liées.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Tableaux[modifier | modifier le code]

Légende[modifier | modifier le code]

  • La Légende des Sept-Saints concerne pour partie Landévennec. Le texte intégral de ses différentes versions est consultable[12].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Père Marc Simon : Saint Guénolé et l'abbaye de Landévennec, La Bretagne au cœur, éditions Jean-Paul Glisserot, 1997[13]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Vacher, "La rade de Brest et ses abords" , Annales de Géographie, 1919, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1041823/f206.image.r=Terenez.langFR
  2. a et b Gustave Geffroy, "La Bretagne du Centre", dans "Le Tour du monde", Hachette, Paris, juillet 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k34446z/f218.pagination
  3. B. Girard, "La Bretagne maritime, 1889, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r.r=Pleyben.f290.langFR.hl
  4. La phrase « chargé en pal » sur le blasonnement trouvé sur les sites tel que GASO (http://www.newgaso.fr) D'hermine au gousset d'azur, chargé en chef d'un navire équipé et habillé d'or et en pal d'une crosse du même n'est pas correct.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  7. http://www.recensement.insee.fr/chiffresCles.action?zoneSearchField=&codeZone=29104-COM&idTheme=3&rechercher=Rechercher
  8. http://www.recensement.insee.fr/chiffresCles.action?zoneSearchField=&codeZone=29104-COM&idTheme=6&rechercher=Rechercher
  9. « Notice no PA00090040 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Chanoines Abbé Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, [Notices sur les paroisses] Landévennec, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236, consultable http://catholique-quimper.cef.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/landevennec.pdf
  11. « Notice no PA00090041 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. http://www.wiki-brest.net/index.php/L%C3%A9gende_des_Sept-Saints
  13. consultable http://books.google.fr/books?id=Umt1B1rGFd0C&pg=PA3&lpg=PA3&dq=Evang%C3%A9liaire+de+Land%C3%A9vennec&source=bl&ots=Mc-JS6LR7y&sig=Smny0qOTFI7nt5TZktydrDpZLTg&hl=fr&sa=X&ei=aPmyULTXF_SW0QWF54GwDw&ved=0CGkQ6AEwCQ#v=onepage&q=Evang%C3%A9liaire%20de%20Land%C3%A9vennec&f=false

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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