Priziac

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Priziac
L'église Saint-Beheau.
L'église Saint-Beheau.
Blason de Priziac
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Le Faouët
Intercommunalité Communauté de communes du pays du roi Morvan
Maire
Mandat
Dominique Le Niniven
2014-2020
Code postal 56320
Code commune 56182
Démographie
Gentilé Priziacois, Priziacoise
Population
municipale
1 021 hab. (2011)
Densité 23 hab./km2
Population
aire urbaine
25 412 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 03′ 43″ N 3° 24′ 29″ O / 48.0619444444, -3.4080555555648° 03′ 43″ Nord 3° 24′ 29″ Ouest / 48.0619444444, -3.40805555556  
Altitude 166 m (min. : 56 m) (max. : 230 m)
Superficie 44,63 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de la mairie de Priziac

Priziac [pʁizjak] est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne. Son nom breton est Prizieg, prononcé [pʁiˈʒɛk].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation de Priziac au nord-ouest du Morbihan.
La rue principale du bourg.

La commune de Priziac est une commune rurale du centre Bretagne assez vaste. Son territoire est bordé à l'ouest par la rivière Ellé (frontière naturelle avec les communes limitrophes de Langonnet et Le Faouët) et au sud par l'Aër, affluent de l'Ellé. Le bourg, de forme très allongée, s'étire le long de l'axe routier Le Faouët-Le Croisty. Il occupe une position excentrée à l'est de la commune et à proximité de l'étang du Bel Air, un plan d'eau de plus de 50 ha aménagé en base de loisirs. L'habitat, très dispersé, est constitué, outre le bourg, de 147 villages et hameaux.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Priziac est mentionné pour la première fois dans le cartulaire de l'abbaye de Landévennec, datée du XIe siècle. Il y est question en effet d'un Brisiaci Silva[1], c'est-à-dire de la forêt de Priziac, comme lieu où s'est rendu Louis Le Pieux depuis Vannes lors de son expédition militaire en Bretagne en l'an 818.

Nom de lieu formé sur le suffixe d'origine gauloise *-āko « lieu de » > « propriété », équivalent du suffixe brittonique -og > -eg (-oc > -euc > -ec)

La forme ancienne postule un nom gaulois * Brisāko > gallo-roman * BRISIACU, composé avec le nom de personne gaulois Brisos > gallo-roman Brisius, que l'on retrouve dans Brézay, Brézé ou Brisach, si la forme la plus ancienne est exacte. Cependant, le passage de [b] à [p] est obscur et il pourrait s'agir alors de l'anthroponyme gallo-roman * Pretius que l'on retrouve dans Prizy[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Priziac a, selon toute vraisemblance, servi de lieu de campement à l'armée franque de Louis le Débonnaire avant qu'elle n'affronte l'armée de Morvan Lez-Breizh à Langonnet en l'an 818. 2000 monnaies carolingiennes découvertes en 1860 à proximité des villages de Kervenah et de Belair permettent en effet d'accréditer cette thèse.

Les terres de Priziac furent pendant toute l'ère féodale très morcelées puisque pas moins de 19 seigneuries se les partageaient dont celles de La Roche-Piriou, de Cremenec et de Dréors.

La seigneurie de la Roche Piriou doit son origine à un dénommé Piriou, fils cadet de Budic comte de Cornouaille. Ce dernier fit bâtir sur une colline escarpée au confluent de l'Ellé et de l'Aër en Priziac une forteresse imprenable, la Roche-Piriou. En novembre 1342, durant la guerre de succession, le château qui était aux mains des partisans de Charles de Blois fut assiégé par Gautier de Mauni qui se retira ensuite dans Hennebont.

La seigneurie du Dréors était une juveigneurie de Guémené, fondée en faveur d'un cadet des Beaumetz. Elle jouissait des droits de haute, moyenne et basse justice. Les armes du Dréors, étaient celles de Beaumetz : «  de sable à la croix engreslée d'argent ». Dés avant 1362, la famille de Beaumetz était fondue dans celle des Le Scanff, la lignée mâle s'étant éteinte. Les Le Scanff, furent au XVe siècle et au XVIe siècle, chambellans, écuyers et pensionnaires des ducs de Bretagne[3]. Par suite d'alliances, la seigneurie du Dréors passe aux familles Talhouët Kerservant (1591) et de Volvire (1632). Ces derniers la vendent aux Lopriac (1684).

Le château de Cremenec en Priziac servit pendant un temps de repaire au célèbre brigand La Fontenelle qui s'en était emparé le 10 février 1595. Ce château était alors la propriété de Nicolas de Talhouët Kerservant, qui venait de passer au parti du roi. Le brigand y enfermait dans les cachots des prisonniers qu'il n'hésitait pas à torturer pour obtenir d'eux en échange de leur libération une plus forte rançon[4]. Le chanoine Jean Moreau rapporte dans ses Mémoires sur les guerres de la ligue en Bretagne que les prisonniers qui avaient la chance d'être libérés contre rançon sortaient demi-morts, semblant plutôt à des anatomies ou spectres hideux, n'ayant que la peau sur les os, chargés de puanteur et de vermine, lesquels sitôt qu'ils étaient à changer d'air et de viande, mouraient pauvrement d'une enflure.

Au XVIIe siècle, le clergé tenta de substituer à saint Beheau, le patron de l'église paroissiale, saint Avit mais les paroissiens s'y opposèrent fermement.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue en usage sur la commune avant le basculement linguistique survenu au siècle dernier était le bas vannetais pourlet, un sous-dialecte du breton vannetais.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Priziac (Morbihan).svg

Les armoiries de Priziac se blasonnent ainsi :

Coupé : au premier parti: au I de sable à la croix cannelée d'argent et au II de gueules à une tête de crosse épiscopale d'or, au second d'argent aux deux fasces ondées d'azur, à une roue de moulin de sable issant de la seconde fasce et brochant.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 2008 Yves Lavolé    
2008 en cours Dominique Le Niniven   Cadre de direction, Retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 021 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 079 2 071 1 830 2 089 2 021 2 062 2 068 2 252 2 257
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 206 2 214 2 213 2 415 2 636 2 425 2 255 2 519 2 532
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 578 2 830 3 007 2 995 2 957 2 872 2 853 2 722 2 389
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 862 1 640 1 367 1 210 1 074 986 1 025 1 026 1 021
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


La commune de Priziac a vu sa population divisée par trois en l'espace d'un siècle illustrant de la sorte parfaitement le phénomène de désertification des campagnes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sites naturels[modifier | modifier le code]

l'étang du bel air
  • l'étang du bel air, celui-ci a été aménagé en base de loisir
  • le bois de Kerlen
  • la vallée de l'Ellé

Vestiges préhistoriques et antiques[modifier | modifier le code]

Châteaux & manoirs[modifier | modifier le code]

  • Castel Bel Air, seuls les soubassements subsistent
  • Château du Dréors, vestiges. Ses grandes chambres et ses vastes salles, aux cheminées monumentales, ses fenêtres à croisillons, sa tourelle très haute qui dominait le pays, ses lucarnes sculptées, faisaient de ce château bâti par les Le Scanff, une des plus belles demeures seigneuriales de son époque. En 1827, le château comprenait encore un logis encadré de deux bâtiments parallèles, un colombier et une chapelle, un enclos à l'ouest des bâtiments. Le logis noble a été démonté et ses ruines transportées à Pluvigner. Il ne subsiste plus que les deux communs en équerre.
  • Château de la Roche Piriou, déjà détruit au XVIe siècle, des vestiges d'une tour ronde furent mis au jour en 1907
  • Château du Cremenec
  • Manoir de Plascaër (cadran solaire daté de 1739)

Église et chapelles[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Beheau, inscrite au titre des monuments historiques depuis 1925, restes des XIIe siècle, XVe siècle, XVIe siècle. L'édifice primitif date du XIIe siècle mais a subi de nombreux remaniements par la suite. De la construction initiale subsistent cependant les piles de la croisée, les supports sud, les bras du transept, le mur-gouttereau sud et les murs du chœur. Un projet de reconstruction totale fut envisagé en 1899 mais, faute d'argent, seuls le grand clocher porche occidental et le départ des collatéraux furent construits[7]. Les chapiteaux sculptés de forme cubique sont remarquables par leur style qui n'est pas sans rappeler l'art celtique.
  • Chapelle Saint-Yves, XIXe siècle, de style néo-gothique
  • Chapelle Saint-Nicolas, XVIe siècle, magnifique jubé en bois polychrome daté de 1580 constitué de neuf panneaux en haut relief représentant la légende de saint Nicolas, les armes des Le Scanff seigneurs de Dréors y figurent (voir le lien externe)
  • Chapelle de la Madeleine, plusieurs fois reconstruite
  • Chapelle de Poulran
  • Chapelle Notre-Dame de Lotavy, XVIe siècle, XVIIe siècle
  • Chapelle Saint-Guénolé, XVIIe siècle
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Maisons et autres établissements[modifier | modifier le code]

Maison en pierre de taille datée de 1572, sur rue grande baie plein cintre ayant servi de porte cochère
  • Bourg, maison en pierre de taille du XVIe siècle, portant la date 1572, inscrite aux monuments historiques depuis 1925. Sur rue une grande baie plein cintre ayant servi de porte cochère, avec à gauche une entrée à piétons. Cette maison servait à l'origine d'auditoire au sénéchal du Dréors.
  • Orphelinat Saint-Michel des Orphelins Apprentis d'Auteuil

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989 (ISBN 2-85023-076-6) p. 548.
  2. A. Dauzat et Ch. Rostaing, Op. cité.
  3. http://www.infobretagne.com/paule.htm
  4. Henri Guiriec, La région de l'Ellé
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. Secrétariat d'état à la culture Le Faouët et Gourin, inventaire topographique, Imprimerie Nationale, 1975.

Liens externes[modifier | modifier le code]