Jean-Paul Huchon

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Jean-Paul Huchon
Jean-Paul Huchon, en 2008.
Jean-Paul Huchon, en 2008.
Fonctions
Président du conseil régional d'Île-de-France

(17 ans 9 mois et 3 jours)
Élection
Réélection
26 mars 2010
Prédécesseur Michel Giraud
Successeur Valérie Pécresse
Maire de Conflans-Sainte-Honorine

(6 ans 7 mois et 27 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Michel Rocard
Successeur Philippe Esnol
Biographie
Nom de naissance Jean-Paul Huchon
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de Institut d’études politiques de Paris
École nationale d'administration
Profession Haut fonctionnaire

Jean-Paul Huchon, né le 29 juillet 1946 dans le 1er arrondissement de Paris, est un haut fonctionnaire (administrateur civil) et un homme politique français, président du conseil régional d'Île-de-France de 1998 à 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Jacques Salvator, Daniel Goldberg et Jean-Paul Huchon à Aubervilliers en 2009.

Jean-Paul Huchon est élève du lycée Rodin à Paris avant d'entrer à l'Institut d'études politiques de Paris et à l'École nationale d'administration (promotion Thomas-More, avec Michel Bon, Claude Guéant, Jacques Graindorge, Alain Richard, François d'Aubert et Jean-Claude Trichet).

Il conserve de sa jeunesse une passion pour le rock (de Led Zeppelin à Coldplay en passant par les groupes Magazine et New York Dolls[1]).

Débuts politiques auprès de Michel Rocard[modifier | modifier le code]

Entré en 1971 à la direction du budget au ministère des Finances comme administrateur civil, il intègre la division des relations internationales au ministère du travail et des affaires sociales en 1975, puis devient chef du bureau agriculture et communautés européennes à la direction du budget de 1978 à 1981.

De 1981 à 1985, il est directeur de cabinet de Michel Rocard, ministre d’État chargé du Plan, puis ministre de l’Agriculture.

En 1985, il est nommé directeur général de la Caisse nationale du Crédit agricole puis conseiller du président, avant d'être écarté en 1986 par Édouard Balladur, ministre de l'Économie et des Finances[2]

Lorsque Michel Rocard est nommé Premier ministre en 1988, il reprend Jean-Paul Huchon comme directeur de cabinet. À sa sortie de l'hôtel de Matignon, il devient en 1991 premier collaborateur de l'homme d'affaire François Pinault[3], puis vice-président d’un cabinet de chasseurs de têtes (Progress Associés) jusqu'en 1998.

Membre du PSU puis du PS depuis 1970[3], il est maire-adjoint de Michel Rocard à Conflans-Sainte-Honorine de 1977 à 1994 puis maire de la commune de 1994 à 2001

Lors des élections législatives de 1997, Jean-Paul Huchon est le candidat du Parti socialiste dans la 7e circonscription des Yvelines, fief historique de Michel Rocard. Il est, comme ce dernier en 1993, battu par Pierre Cardo avec 47,44 % des voix.

Présidence du conseil régional d'Île-de-France[modifier | modifier le code]

Lors des élections régionales de 1998, c'est Dominique Strauss-Kahn[2], alors ministre de l'Economie et des Finances qui mène la liste socialiste en Île-de-France. Néanmoins, il préfère rester au gouvernement plutôt que de prendre la présidence du conseil régional. C'est alors Jean-Paul Huchon, tête de liste du PS dans les Yvelines qui brigue la présidence et y est élu. Néanmoins, lors de son premier mandat, sa majorité est relative face à la droite et au Front national[4].

En 2001, pour se conformer à la règle du non-cumul de plusieurs tête d'exécutifs, il renonce à son mandat de maire de Conflans et redevient adjoint[5]. C'est Philippe Esnol qui lui succède.

En 2003, il devient membre du Comité d'orientation scientifique de l'association À gauche, en Europe, fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn.

En 2004 il est réélu président de région face à l'alliance RPR-UDF menée par Jean-François Copé et André Santini. À partir de 2007, sa révision du schéma directeur de la région Île-de-France rencontre l'opposition du gouvernement où Christian Blanc doit élaborer un projet de « Grand Paris » en contradiction avec les propositions du conseil régional[6].

En 2008, dans Le Figaro[7], il affirme ses idées réformistes en appelant le PS à rompre avec la « doctrine marxiste ».

Il gagne en notoriété lors de la campagne des élections régionales françaises de 2010[2]. Un accord pour le rassemblement de la gauche (PS, EELV et FDG)[8] est conclu entre les deux tours de cette élection. Les alliés s’accordent sur une mesure concernant les transports dans la région[9]. Celle-ci supprime les zones (8 en 2010 contre 1 seule en 2015) et ne pratique qu’un seul tarif à l’ensemble des utilisateurs du réseau de transport francilien[10].

Article détaillé : Passe Navigo.

Ses comptes de campagne sont retoqués par le Conseil d'État en 2011, qui le condamne à rembourser 1,6 million d'euros sans annuler son élection[11].

Entre 1998 et 2012, il double le nombre d'organismes parapublics satellites au conseil régional. Ce mode de gouvernance est critiqué par l'opposition UMP et au sein de sa majorité de gauche[12]. En 2013, Le Point publie « Le scandale caché », un dossier sur le même sujet[13].

En janvier 2015, il annonce son souhait de se présenter à un quatrième mandat à la présidence de la région ; il doit compter sur la volonté de sa première vice-présidente, la socialiste Marie-Pierre de La Gontrie, d'être également candidate[14] puis du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui se déclare début mai. Une primaire socialiste devait les départager le 28 mai 2015[15]. Après l'annonce de la candidature de Claude Bartolone, Marie-Pierre de La Gontrie choisit rapidement de le soutenir, suivie quelques jours plus tard par Jean-Paul Huchon, ce qui annule de fait la primaire prévue[16].

Mandats électifs et fonctions liées[modifier | modifier le code]

Affaire politico-financière[modifier | modifier le code]

Au Forum des PME en 2009.

En novembre 2004, après l'envoi d'une lettre anonyme sur l'existence d'emplois fictifs au conseil régional d'Île de France, il est jugé avec son épouse, Dominique Le Texier, pour prise illégale d'intérêts dans des marchés publics passés en 2002 et 2003, entre le conseil régional et les sociétés de communication Image Publique, Sertis et LM Festivals, employant Dominique Le Texier[18],[19]. Il est condamné à 6 mois de prison avec sursis, 60 000 euros d'amende et un an d'inéligibilité le 20 février 2007 par le tribunal correctionnel de Paris puis la peine est confirmée en appel le , hormis l'inéligibilité[20].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Travaux et publications[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Le Marché commun contre l’Europe (sous le pseudonyme de Daniel Lenègre)
  • 1993 : Jours tranquilles à Matignon
  • 2002 : La Montagne des Singes
  • 2005 : Ceux qui aiment ne peuvent pas perdre
  • 2008 : De battre ma gauche s'est arrêtée (Seuil HC - Essais)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean-Paul Huchon inaugure le Bakchat », Bakchich,‎ (consulté le 28 février 2010)
  2. a, b et c « Huchon, le cave se rebiffe », Le Journal du dimanche,‎ (consulté le 28 février 2010)
  3. a et b Biographie de Jean-Paul Huchon, fluctuat.net
  4. Interview de Jean-Paul Huchon, latribune.fr, 19 février 2010
  5. La mairie, Ville de Conflans-Sainte-Honorine
  6. « Huchon : “Une grande structure pour le Grand Paris n'est pas nécessaire” », 20 minutes,‎ (consulté le 28 février 2010)
  7. « Huchon : “Le PS doit sortir de la doctrine marxiste” », Le Figaro, 20 mars 2008.
  8. « RÉGIONALES ILE-DE-FRANCE - Accord signé entre le PS, Europe Écologie et le Front de gauche », Le Point,‎ (lire en ligne)
  9. « PS et EELV s'entendent sur un pass transports unique en Ile-de-France », L'Express,‎ (lire en ligne)
  10. « Le passe unique de transports, une mesure de justice et de progrès social pour les Franciliens », "Le passe unique de transports, une mesure de justice et de progrès social pour les Franciliens" Libération,‎ (lire en ligne)
  11. Libération.
  12. Le Monde.
  13. Le Point
  14. « Jean-Paul Huchon candidat à sa réélection en région Ile-de-France », lemonde.fr, 15 janvier 2015.
  15. « Régionales : "Trois mandats, ça suffit" pour Huchon, estime Marie-Pierre de La Gontrie (PS) », leparisien.fr, 6 avril 2015.
  16. Sylvain Chazot, « Jean-Paul Huchon estime que la direction du PS l'a "assassiné au coin d'un bois en moins de 48 heures" », lelab.europe1.fr, 11 mai 2015.
  17. Membre du conseil d'administration de l'ESPCI Paristech
  18. « Huchon et son épouse devant le tribunal correctionnel », Le Figaro, 8 janvier 2007.
  19. « Dix mois requis contre Jean-Paul Huchon », nouvelobs.com, 17 janvier 2007.
  20. « AFP : Prise illégale d'intérêt : Jean-Paul Huchon coupable mais éligible », 21 novembre 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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