Karin Viard

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Karin Viard
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Karin Viard à la cérémonie des prix Lumières en 2015.

Nom de naissance Karin Michèle Viard
Naissance (50 ans)
Rouen, Seine-Maritime, France
Nationalité France Française
Profession actrice
Films notables Tatie Danielle
Delicatessen
Les Randonneurs
Haut les cœurs !
Embrassez qui vous voudrez
Polisse
La Famille Bélier

Karin Viard, née le à Rouen, est une actrice française. Révélée dans les années 1990, Karin Viard s'est vite fait remarquer grâce à son allure naturelle et sa capacité à aborder des rôles et des univers très différents.

Après des débuts difficiles, l'actrice a connu une ascension rapide, passant de rôles secondaires remarqués comme dans Tatie Danielle et Delicatessen à des premiers rôles féminins dans des films comme La Nage indienne ou Les Randonneurs. Son rôle poignant dans Haut les cœurs ! assoit définitivement son talent et lui permet d'obtenir le César de la meilleure actrice et le Prix Lumières de la meilleure actrice en 2000.

Depuis, Karin Viard est devenue une des actrices françaises les plus populaires et les plus sollicitées. Sachant jouer dans de nombreux registres, elle est à l'affiche de films très divers au cours des années 2000 et 2010. Elle joue ainsi dans des drames comme Parlez-moi de vous, Polisse ou Ma part du gâteau, ou des comédies comme Rien à déclarer, Potiche ou Le code a changé. Par ailleurs, l'actrice s'illustre aussi bien dans des œuvres grand public (Embrassez qui vous voudrez, La Famille Bélier, Les Visiteurs : La Révolution) que dans un cinéma plus exigeant (Lulu femme nue, Les Invités de mon père, Les Derniers Jours du monde).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Karin Viard est la fille d'un directeur de plate-forme pétrolière et elle passe ses premières années à Oran en Algérie où son père travaille. Lorsqu'elle a quatre ans, ses parents divorcent, et elle est envoyée avec sa sœur Nadège chez ses grands-parents maternels à Sainte-Marguerite-sur-Duclair, près de Rouen, tapissiers-décorateurs à la retraite. Ce sont eux qui élèvent les deux filles, mêmes si elles retrouvent leur mère pendant les vacances[1], [2].

Enfant, Karin Viard n'a pas d'admiration spéciale pour les actrices mais adore des acteurs comme l'Américain Spencer Tracy[3]. Son rêve de devenir comédienne est alimenté par ses grands-parents qui l’emmènent voir des opérettes. Étant tapissiers, ils avaient d'ailleurs travaillé pour le Théâtre des Arts de Rouen[4]. À 14 ans, Karin Viard participe à l'atelier théâtre du Club Med où sa mère est employée[1]. Ensuite, elle décide de partir étudier la comédie à Paris à 17 ans[4], une fois son bac littéraire obtenu avec mention[4],[2] au lycée Corneille de Rouen[5]. Pendant cette période, elle fait des petits boulots alimentaires, comme vendeuse aux Galeries Lafayette ou serveuse au Burger King[2].

Karin Viard a souvent abordé la période difficile qu'elle a connue à l'adolescence et lorsqu'elle était jeune adulte. Élevée par sa grand-mère, elle a grandi sans apprentissage de la féminité et de la séduction. Cela a beaucoup nui à sa confiance en elle et elle a connu la boulimie de 17 à 28 ans. Elle s'est affranchie de ses complexes après la naissance de ses deux filles[6].

Débuts[modifier | modifier le code]

À Paris, Karin Viard suit les cours de théâtre de Vera Gregh et de Blanche Salant, et commence sa carrière de comédienne dans des courts métrages et au théâtre avec des rôles comiques[4]. Elle peine cependant à trouver suffisamment de rôles pour gagner sa vie et doit effectuer à côté divers petits boulots pendant sept ans. Elle est ainsi tour à tour vendeuse, serveuse ou télé­mar­ke­teuse pour un parti politique[1].

En 1989, Karin Viard obtient tout de même un rôle pour la télévision dans un épisode de la série Les Enquêtes du commissaire Maigret. Elle joue ensuite un personnage plus conséquent dans un épisode de la nouvelle série Maigret avec Bruno Cremer en 1992. En 1989 également, elle est remarquée par Étienne Chatiliez lors d'une audition pour Tatie Danielle. Il lui offre son premier rôle au cinéma[4].

Karin Viard enchaîne ensuite avec un autre second rôle dans un autre film à succès, Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro. Tatie Danielle et Delicatessen lui permettent de jouer le même type de femme pulpeuse et rigolote, mais l'actrice souhaite s'illustrer avec des personnages plus complexes. En 1993, son vœu est exaucé avec les premiers rôles de La Nage indienne de Xavier Durringer, et Emmène-moi, de Michel Spinosa. Le premier film lui vaut d'être nommée au César du meilleur espoir féminin en 1994. Ce sont ces deux œuvres qui lancent véritablement sa carrière d'actrice et lui assurent la tête d'affiche dans de nombreux autres films[3].

Consécration[modifier | modifier le code]

Karin Viard et sa statuette pour le César de la meilleure actrice aux César 2000.

Au cours des années 1990, Karin Viard est sollicitée par de nombreux réalisateurs comme Nicole Garcia, Philippe Harel ou Catherine Corsini[1]. Elle obtient le premier rôle féminin de nombreux films au registre souvent léger : Adultère, mode d'emploi en 1995, Les Randonneurs en 1997 ou La Nouvelle Ève en 1999. Elle joue aussi dans plusieurs courts métrages ainsi que des films plus graves comme Les Victimes en 1995. Sa participation au premier film de Sólveig Anspach en 1999 affirme son statut de nouvelle égérie du cinéma d'auteur[7]. Haut les cœurs !, film difficile dans lequel elle incarne une femme atteinte d'un cancer, lui apporte définitivement la consécration et lui permet de remporter le César de la meilleure actrice en 2000[1].

L'actrice demeure très active dans les années 2000. En 2003, elle fait partie du jury du festival de Cannes et elle remporte le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc. Néanmoins, elle n'est pas jugée suffisamment « bankable » pour jouer dans Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau et le rôle pour lequel elle était pressentie est offert à Isabelle Adjani[4].

Actrice populaire et exigeante[modifier | modifier le code]

En dehors de certains rôles complexes comme sa prestation dans Les Ambitieux en 2007, Karin Viard privilégie toutefois les films simples et populaires au cours des années 2000, comme Les Enfants en 2005. De son propre aveu, elle se trouve mauvaise et insignifiante dans des films peu intéressants qui ne lui plaisent pas[3]. Elle est particulièrement déçue par Les Randonneurs à Saint-Tropez. L'actrice décide alors de mieux choisir ses contrats[3].

En 2008, elle revient au théâtre qu'elle avait quitté depuis ses débuts et joue dans La Estupidez de Rafael Spregelburd[4]. Au cinéma, elle n'accepte de travailler qu'avec de bons réalisateurs, même si les rôles proposés sont secondaires. Elle joue ainsi dans Potiche de François Ozon, Polisse de Maïwenn ou encore Paris de Cédric Klapisch dans lequel elle campe une boulangère raciste, un rôle bref mais jubilatoire pour la comédienne[3]. Elle retrouve Klapisch pour Ma part du gâteau, film engagé dans lequel elle a le premier rôle. Elle précise apprécier ce genre de film militant tout en ayant aussi envie de participer à de gros succès populaires qui lui permettent financièrement de se diversifier vers des films plus confidentiels[3],[8].

Depuis Haut les cœurs !, Karin Viard a été nommée trois fois pour le César de la meilleure actrice : en 2005 pour Le Rôle de sa vie, en 2012 pour Polisse et en 2015 pour La Famille Bélier. Selon Le Figaro, elle est la quatrième actrice française la mieux payée en 2012[9]. Très présente dans le cinéma français, elle n'a néanmoins pas eu d'ambitions internationales car elle ne parle pas anglais et rares sont ses films à s'être exportés[10]. L'actrice aborde d'ailleurs le sujet de la langue anglaise et ses difficultés dans le film de Maïwenn Le Bal des actrices.

Vie personnelle et engagements[modifier | modifier le code]

Karin Viard a épousé un directeur de photographie, Laurent Machuel, avec qui elle a eu deux filles, Simone et Marguerite. Elle vit dans le 20e arrondissement de Paris[9].

Remarquée dans plusieurs films engagés comme Ma part du gâteau et Les invités de mon père, elle se définit de gauche mais elle refuse d'étaler ses convictions politiques ou de prendre des engagements car elle a le sentiment de ne pas assez maîtriser le sujet pour le faire[3].

Jeu d'actrice[modifier | modifier le code]

Karin Viard est une actrice connue pour sa spontanéité et son caractère gouailleur. Nicolas Duvauchelle, son partenaire dans Parlez-moi de vous, a dit qu'« on se sent tout de suite à l'aise avec elle. Elle ne minaude pas, elle est vraie, simple et très drôle. » Étienne Chatiliez, qui lui a offert son premier rôle au cinéma, déclare quant à lui : « il y a de la vie chez Karin ! C'est quelqu'un de sain, d'abordable, elle nous raconte un peu tous[4]. »

Karin Viard se distingue aussi par sa capacité à évoluer entre des films totalement différents et à pouvoir jouer une vaste panoplie de personnages sans montrer d'effort apparent. Elle excelle tout aussi bien avec les personnages drôles, décalés ou burlesques, que les personnages sombres ou antipathiques. L'actrice préfère en général les personnages complexes qui ont beaucoup de potentiel comique ou dramatique et peut travailler très longtemps pour préparer un rôle[3]. Sa métamorphose d'un film à l'autre est parfaitement visible dans La Nouvelle Ève et Haut les cœurs !, sortis la même année et qui ont marqué sa consécration. Dans le premier, elle incarne une femme burlesque, désinvolte et imprévisible, et dans le second, elle est enceinte, atteinte d'un cancer et le crâne rasé[10].

En raison de sa facilité à changer de registre, et pour son aptitude à se rendre immédiatement reconnaissable et accessible pour le spectateur, Karin Viard est parfois comparée à Meryl Streep. Comme l'actrice américaine, Viard partage aussi au spectateur et au réalisateur son goût et son plaisir du jeu[10]. En cela, Cédric Klapisch la rapproche aussi de Jeanne Moreau, Catherine Deneuve et Isabelle Huppert[4]. Le réalisateur, qui a tourné à trois reprises avec l'actrice, pense également « qu'elle fait partie de ces acteurs comme Fabrice Luchini qui sont à la fois intelligents et sensibles[4]. »

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Césars[modifier | modifier le code]

Karin Viard lors du Festival de Cannes en 2011.

Prix Lumières[modifier | modifier le code]

Globes de cristal[modifier | modifier le code]

Festival de Montréal[modifier | modifier le code]

Festival de Sarlat[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Longs-métrages[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Karin Viard à l'avant-première de La famille Bélier.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Années 2010[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Liste des films avec Karin Viard ayant attiré au moins un million de spectateurs en France[12].

Films Réalisateur Années France (entrées)
1 Rien à déclarer Dany Boon 2011 8 150 825
2 La Famille Bélier Éric Lartigau 2014 7 336 297
3 Polisse Maïwenn 2011 2 413 914
4 Potiche François Ozon 2010 2 318 221
5 Tatie Danielle Étienne Chatiliez 1990 2 151 463
6 La Haine Mathieu Kassovitz 1995 2 042 070
7 Paris Cédric Klapisch 2008 1 723 642
8 Le Code a changé Danièle Thompson 2009 1 626 878
9 Embrassez qui vous voudrez Michel Blanc 2002 1 528 784
10 Les Randonneurs Philippe Harel 1997 1 422 318
11 Delicatessen Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro 1991 1 407 818
12 Ma part du gâteau Cédric Klapisch 2011 1 025 838

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Karin Viard à l'avant-première du film Week-ends.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Livres audio[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 2009 : I Can't Speak English, chanson écrite par Anaïs présente sur l'album Le bal des actrices.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Biographie de Karin Viard », Gala
  2. a, b et c Nathalie Rouiller, « Hyperactrice » sur Libération, 23 novembre 2015
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Pierre Murat, « Karin Viard : “A 12 ans, je voulais être Spencer Tracy” », Télérama,‎
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Nathalie Simon, « Parlez-moi de Karin Viard », Le Figaro,‎
  5. Galerie des illustres anciens du lycée Pierre-Corneille de Rouen
  6. Catherine Schwaab, « Karin Viard : "J'ai perdu un temps fou à me détester" », Psychologies
  7. a et b « Karin Viard, le naturel au galop », La Croix,‎
  8. Sarah Louaguef, « Karin Viard évoque le succès de "La famille Bélier" », Paris Match,‎
  9. a et b Chloé Lacourt, « Karin Viard : “On prend peu de plaisir dans la vertu” », Madame Figaro,‎
  10. a, b et c Mick LaSalle, The Beauty of the Real: What Hollywood Can Learn from Contemporary French Actresses, Stanford University Press,‎ (ISBN 9780804782074), p. 113
  11. Décret du 13 novembre 2009
  12. jpbox-office.com

Liens externes[modifier | modifier le code]

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