Sandrine Bonnaire

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Sandrine Bonnaire
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Sandrine Bonnaire en 2009 à la 66e Mostra de Venise.

Naissance (49 ans)
Gannat (Allier), France
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Actrice, réalisatrice et scénariste
Films notables À nos amours
Sans toit ni loi
Jeanne la Pucelle
La Cérémonie
Joueuse

Sandrine Bonnaire, née le à Gannat (Allier), est une actrice, réalisatrice et scénariste française.

César du meilleur espoir féminin en 1984, elle remporte en 1986 le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Sans toit ni loi et, en 1995, la Coupe Volpi de la meilleure actrice à la Mostra de Venise pour La Cérémonie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Sandrine Bonnaire, septième d'une famille de onze enfants[1], est la fille de Lucienne et Marcel Bonnaire. Elle passe l'essentiel de son enfance et de son adolescence à Grigny[1] en région parisienne où elle effectue ses études au lycée Jean Vilar[2].

Son père est ouvrier ajusteur[1]. Sa mère est Témoin de Jéhovah et c'est la raison pour laquelle elle ne garde pas beaucoup de souvenirs de son enfance, sans fêtes d'anniversaire ni Noëls[1]. Elle déclare : « J'ai une amnésie, peut-être pas inconsciente, mais totale de mon enfance »[3]. Elle ne parle pas de sa mère pour ne pas en dire du mal et doit son équilibre à son père qui n'était pas dans cette secte. À cause de la destruction d'humains proclamée et annoncée plusieurs fois par la secte des Témoins de Jéhovah, « principe négatif et terrorisant » dit-elle, elle déteste les religions, mais respecte la foi. Elle déclare : « Il y a un aspect très castrateur dans les religions. Une espèce de soumission et cette idée du péché qui me fait froid dans le dos »[4].

À la mort de son père, elle devient le soutien financier de la famille dont la mère est absente et s'occupe de ses deux petits frères[1]. Une de ses sœurs, Sabine, souffre d'autisme[1].

Elle débute au cinéma en 1980 en tant que figurante dans La Boum et Les Sous-doués en vacances.

Carrière[modifier | modifier le code]

En juin 1982, alors qu'elle tente de décrocher un CAP de coiffure[1], Sandrine Bonnaire accompagne sa sœur Corinne, à la suite de l'annonce d'un casting dans le journal France-Soir pour faire de la figuration dans le film À nos amours de Maurice Pialat[5]. Mais c'est elle qui est finalement engagée dans le film où sa jeunesse, sa fraîcheur, sa spontanéité et sa sensualité crèvent l'écran[1]. Pour sa prestation, elle gagne à 15 ans le César du meilleur espoir féminin.

Sa carrière est désormais lancée et son rapport avec Pialat s'affirme comme une ligne de force dans sa jeune filmographie, puisqu'elle tourne deux autres films avec lui : Police et Sous le soleil de Satan, récompensé par la Palme d'or au Festival de Cannes en 1987.

Tout au long de sa carrière, elle s'illustre dans un registre plutôt sombre et grave comme dans Sans toit ni loi d'Agnès Varda où elle joue une jeune marginale qui finit par mourir de froid. Son interprétation lui vaut, en 1986, un deuxième César, cette fois en tant que « Meilleure actrice », devenant ainsi la plus jeune comédienne à être distinguée dans cette catégorie (18 ans). Elle avoue elle-même que son apparence doit évoquer la gravité ; gravité que des réalisateurs comme Patrice Leconte, Jacques Doillon, Jacques Rivette, André Téchiné ou encore Claude Chabrol exploitent à bon escient.

Sa prestation troublante dans Monsieur Hire est saluée par une nouvelle nomination aux Césars et son rôle subversif de bonne analphabète et meurtrière dans La Cérémonie est distingué par la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine à Venise en 1995, ex æquo avec Isabelle Huppert.

Dans les années 2000, elle trouve pourtant une note de jeu plus légère et pétillante dans des films comme Mademoiselle de Philippe Lioret ou Je crois que je l'aime de Pierre Jolivet entre autres même si elle reste intimement liée à un cinéma d'auteur sérieux.

Marraine en 2001 de la journée de l'autisme, elle réalise en 2007 un documentaire sur sa sœur, intitulé Elle s'appelle Sabine[6], présenté au festival de Cannes (Quinzaine des réalisateurs) la même année et sorti en salles en 2008.

En 2006, dans le téléfilm Le Procès de Bobigny, elle joue le rôle d'une personne vivante, la mère d'une jeune fille mineure ayant avorté en 1972, ce qui donna lieu à un procès historique de l'avortement. Ce qu'elle commente dans une interview : « Ça oblige à mettre de côté son ego de comédienne. Il faut être dans le vrai parce que, toujours, il y a cette pensée que l’autre, la personne concernée, verra le film. La pensée de ne pas trahir, même s’il s’agit d’une adaptation. »[7].

En 2013, elle travaille avec le chanteur Jacques Higelin et, dans l'album Beau Repaire, elle chante Duo d'anges heureux en duo avec lui[8].

En 2014, elle effectue son retour sur scène en interprétant, à Valence, L'Odeur des planches de Samira Sedira en lecture théâtrale sous la direction de Richard Brunel.

Membre et présidente de jury[modifier | modifier le code]

Engagements[modifier | modifier le code]

  • Sandrine Bonnaire est depuis 2007 marraine de l'association « Ciné-ma différence »[14].
  • Le , elle intègre l'équipe de campagne de Martine Aubry pour la préparation des primaires socialistes[15]. Elle devient, aux côtés de Patrick Bloche, chargée des sujets « Culture-Média ».

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sandrine Bonnaire n'a aucun lien de parenté avec l'acteur Jean-Paul Bonnaire.

À 20 ans, elle rencontre Jean-Yves Escoffier, un chef opérateur de 17 ans son aîné. Ils restent quatre ans ensemble. Puis elle rencontre l'acteur américain William Hurt en 1991 sur le tournage de La Peste de Luis Puenzo. Il est le père de Jeanne, sa fille aînée, née en 1996. En 2003, elle épouse Guillaume Laurant, scénariste et dialoguiste (notamment du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain) qu'elle avait rencontré lors du Festival du film romantique de Cabourg. Il est le père d'Adèle, sa deuxième fille, née en 2005. Le couple divorce en 2015[16].

En 1993, pour protester contre la publication de photographies prises sans son consentement, elle fait déverser une demi-tonne de fumier devant les locaux du magazine Voici à Paris, devant les caméras de Canal+[17],[18].

Dans sa biographie, Le soleil me trace la route[1], elle révèle qu'en 2000, à Paris, pendant le tournage du film C'est la vie avec Jacques Dutronc[19], elle est victime d'une très violente agression qui lui vaut une lourde intervention chirurgicale à la mâchoire, avec pose de plaques en titane et de nombreuses séances de dentiste[20]. Ses agresseurs sont arrêtés et jugés.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Sandrine Bonnaire au festival de Cannes 2000.
Sandrine Bonnaire en 2003 sur le tournage de Le cou de la girafe.
Sandrine Bonnaire en 2012 au festival du cinéma américain de Deauville.

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

  • 2007 : Elle s'appelle Sabine (documentaire TV), auteur et réalisatrice[21]. Ce film est sorti en salles le 30 janvier 2008[22].
  • 2012 : J'enrage de son absence (Long-métrage de fiction)
  • 2014 : Ce que le temps a donné à l'homme sous-titré Jacques Higelin par Sandrine Bonnaire, reportage de 53 minutes réalisé pour Arte, diffusé le 1er novembre 2015[23].

Télévision[modifier | modifier le code]

Voix off[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

  • Sandrine Bonnaire, Le soleil me trace la route, Paris, Éditions Stock, , 250 p. (ISBN 9782234063235)
    Conversations avec Tiffy Gaillac et Jean-Yves Morgue

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Sandrine Bonnaire : crever l'écran », Jean-Luc Douin, Le Monde.fr, 1er mars 2010.
  2. Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Who's Who in France, J. Lafitte, , p. 302
  3. « Sandrine Bonnaire est née deux fois » par Marie Guichoux, Palain.org, 4 avril 1997.
  4. « Sandrine Bonnaire : "De mon enfance, je ne garde que les bons souvenirs" », Psychologies.com.
  5. « Témoignages : Sandrine Bonnaire », Cahiers du cinéma, no 576,‎ , p. 41
  6. « Elle s'appelle Sabine », France 3.fr.
  7. Interview de Sandrine Bonnaire sur France 2
  8. Sandrine Bonnaire : “Jacques Higelin incarne la liberté” Télérama.fr, mars 2013
  9. « L’association du festival du film de Cabourg, loi 1901 », Festival-cabourg.com (consulté le 14 mars 2017).
  10. « Sandrine Bonnaire et Diane Kruger, membres du jury au Festival de Berlin », Pure People.com, 30 janvier 2008.
  11. « Sandrine Bonnaire obligée de renoncer à sa participation à la Berlinale », Pure People.com, 7 février 2008.
  12. « Beaune 2016 : Sandrine Bonnaire présidente du jury », Allociné.fr, 19 février 2016.
  13. « Festival du Cinéma Américain de Deauville 2012 (édition n°38) », Allociné.fr (consulté le 14 mars 2017).
  14. « Ciné-ma différence, c’est… », Cinemadifference.com (consulté le 14 mars 2017).
  15. « Aubry dévoile son équipe de campagne », Le Figaro.fr avec AFP, 12 juillet 2011.
  16. « Sandrine Bonnaire annonce son divorce et n’est pas prête à retomber amoureuse », Anthony Martin, Voici.fr, 26 novembre 2015.
  17. « En privé avec Sandrine Bonnaire », Ariel Maudehous, Le Figaro.fr, 28 octobre 2012.
  18. « Interview "life" Sandrine Bonnaire » par Thierry Ardisson dans l'émission Tout le monde en parle diffusée le 25 mars 2006, sur le site de l'INA.fr (consulté le 15 mars 2017).
  19. « Sandrine Bonnaire, étranglée et passée à tabac : elle évoque son agression », Gala.fr, 3 octobre 2016.
  20. « Sandrine Bonnaire donne des détails sur son agression : "Je nageais dans le bonheur... et quelques heures plus tard, j'étais détruite..." », Pure People.com, 23 février 2010.
  21. « "Sabine" la bien aimée », Gérard Lefort, Libération, 25 mai 2007.
  22. « Elle s’appelle Sabine - film de Sandrine Bonnaire », Evene.fr.
  23. « Ce que le temps a donné à l'homme », sur Arte.tv

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]