Potiche (film)

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Potiche
Description de cette image, également commentée ci-après
Catherine Deneuve en 2010, à l'avant-première du film.

Réalisation François Ozon
Scénario François Ozon,
d'après la pièce de théâtre éponyme de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 103 minutes
Sortie 2010


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Potiche est un film franco-belge de François Ozon sorti en 2010. Il s'agit d'une comédie de mœurs dont le thème principal est le sexisme[1] ainsi qu’un film historique, qui se déroule en 1977. Il est adapté de la pièce de théâtre homonyme de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy. Le rôle principal, interprété par Jacqueline Maillan dans cette pièce[2], est repris par Catherine Deneuve dans le film.

Il est présenté le 5 septembre 2010 à la Mostra de Venise. Il n’obtient aucune récompense et n’a guère plus de succès dans les autres compétitions susceptibles de le primer. Par contre il est assez bien accueilli par la critique[3] et le public français (plus de deux millions d’entrées en salles[4]).

Synopsis[modifier | modifier le code]

1977. Dans la petite ville fictive de Sainte-Gudule, située dans le Nord, près de Saint-Amand-les-Eaux, l'usine de parapluies Pujol-Michonneau est dirigée par un patron réactionnaire et misogyne, Monsieur Pujol (Fabrice Luchini), qui a épousé la fille Michonneau, Suzanne (Catherine Deneuve). Cette dernière, surnommée « la potiche » par sa propre fille, supporte sans broncher le mauvais caractère, les vexations et les infidélités de son mari, notamment la relation qu’il entretient avec sa secrétaire, Nadège (Karin Viard). Pujol est excédé par le climat social exécrable qui règne dans son usine. Le député-maire communiste de la ville, Maurice Babin (Gérard Depardieu) ne se prive pas de souffler sur les braises. Un jour les ouvriers déclenchent une grève sans préavis qui débouche sur la séquestration de Pujol. Il fait une grave attaque cardiaque. Dans l'attente de son rétablissement, sa « potiche » de femme décide, à la surprise générale, de prendre la direction de l'entreprise. Et, à la surprise générale, elle s'en tire plutôt bien.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Bernard Giraudeau avait été initialement pressenti durant l'été 2009 pour jouer le rôle de Robert Pujol.

Tournage[modifier | modifier le code]

L'action du film se déroule dans le département du Nord. Les plaques d'immatriculation des voitures que l'on y voit portent toutes des plaques 59 et les références au Nord, notamment à Lille et à Saint-Amand, sont nombreuses. Néanmoins le tournage a été entièrement réalisé en Belgique (en 2009).

Bande originale[modifier | modifier le code]

La bande originale est sortie le . Elle est éditée en France par Naïve Records :

  1. Ouverture - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (1:50)
  2. Emmène-moi danser ce soir - Michèle Torr (3:03)
  3. Viens faire un tour sous la pluie - Il était une fois (3:06)
  4. Parlez-vous français ? - Baccara (4:27)
  5. Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ? - Sylvie Vartan (3:05)
  6. J’ai oublié de vivre - Johnny Hallyday (4:41)
  7. More than a woman - Bee Gees (3:13)
  8. Sunny - Boney M. (3:55)
  9. 1, 2, 3 - Catherine Ferry (2:26)
  10. C’est beau la vie - Catherine Deneuve (2:22)
  11. Générique d’Aujourd'hui Madame - Jo Moutet (1:34)
  12. Le Transistor - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (0:54)
  13. Teen ager cha cha cha - Stelvio Cipriani (1:58)
  14. Slow Giradschi - Stelvio Cipriani (0:59)
  15. Mon ami l'écureuil - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (1:04)
  16. La Rose du matin - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (1:43)
  17. L’Usine - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (1:41)
  18. Pujol sequestré - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (2:05)
  19. Les Souvenirs de Suzanne - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (2:57)
  20. Flashback Suzanne et Maurice (Dialogue extrait du film) (1:53)
  21. Sur la route de Saint-Amand - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (2:28)
  22. Suzanne et Maurice - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (2:02)
  23. De père en fille - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (2:12)
  24. Secrétaire (Dialogue extrait du film) (0:41)
  25. Suzanne candidate - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (1:20)
  26. Valse des votes - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (1:24)
  27. Thème de Suzanne - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (2:52)
  28. C’est beau la vie - Catherine Deneuve & Benjamin Biolay (2:42) - Bonus Track
  29. Chantage et trahison - Philippe Rombi et l'Orchestre Symphonique Bel'Arte (3:23) - Bonus Track

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Potiche
Score cumulé
SiteNote
Metacritic68/100[7]
Rotten Tomatoes83 %[8]
Allociné3.9 étoiles sur 5[3]
Compilation des critiques
PériodiqueNote

Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film récolte 83 % d'opinions favorables pour 117 critiques[8]. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 68100 pour 31 critiques[7].

En France, le site Allociné propose une note moyenne de 3,95 à partir de l'interprétation de critiques provenant de 25 titres de presse[3].

Le Canard enchaîné, dans son édition du , classe le film dans sa rubrique « Les films qu'on peut voir cette semaine »[9]. D'une façon générale, les critiques de la presse généraliste et spécialisée l'ont défendu[3]. En revanche, La Croix — qui titre sa chronique « Potiche, un film cruche » — a trouvé « cet exercice balourd » et écrit : « Rien n'est vraiment drôle. Les effets comiques tombent à plat. On est gêné par ce rire, tellement sollicité, qui ne vient pas nous libérer... »[10]. Cela dit, certains critiques estiment que cette « balourdise » est voulue par le réalisateur : pour Le Canard enchaîné, « tout est surjoué, et assumé aussi »[9] ; pour Critikat, « Ozon se joue des clichés. Il s’amuse du kitsch qui inonde son film de bout en bout. »[11]

Public[modifier | modifier le code]

Film Box-office France[5] Box-office étranger[12] Total
Potiche 2 318 100 entrées 1 207 534 entrées 3 525 634 entrées

On peut dire que le public a suivi les recommandations de la critique[non neutre]. Avec 2,3 millions d'entrées en France, Potiche est un petit succès. Sur le plan mondial, il rapporte 28,8 millions de dollars à ses producteurs. Il leur en avait coûté 12,5 millions environ, ce qui fait un taux de rentabilité de 230 %[réf. nécessaire].

Distinctions[modifier | modifier le code]

L'actrice Karine Viard est nommée pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle 2011.

Analyse[modifier | modifier le code]

Anachronisme[modifier | modifier le code]

Les chansons Emmène-moi danser ce soir, fredonnée par Madame Pujol au début du film, interprétée par Michèle Torr, et Parlez-vous Français ? du duo Baccara, qui passe dans la discothèque à l'arrivée de Suzanne Pujol et Maurice Babin, datent de 1978 or l'histoire commence en mi-1977.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • François Ozon a émaillé son film de références à des situations et des personnalités politiques françaises des années 2010. Les propos de Monsieur Pujol sur la nécessité de « Travailler plus pour gagner plus », reprennent le slogan de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2007. Le même Pujol s'exclame également « Casse-toi, pauv' con ! ». Madame Pujol en tailleur blanc lançant dans son discours de campagne législative un appel à la fraternité, évoque inévitablement Ségolène Royal et son « Rassemblement pour la fraternité » de [13]. Autre allusion à cette dernière, la visite par Madame Pujol de la fromagerie « Chabrechou », parodie de la visite de la candidate socialiste à la fromagerie Chabichou en . Pendant sa visite, la très BCBG Madame Pujol, se voit affublée, comme la politicienne charento-poitevine, d'une coiffe « traditionnelle » particulièrement grotesque rappelant celle de Bécassine[14].
  • On aperçoit plusieurs fois la caméra dans le film : dans la boucle de ceinture dorée de Nadège au début du film, dans les vitres des voitures et plus particulièrement lorsque Mme Pujol se fait larguer en rase campagne. Enfin, lorsque M. Babin fait un créneau, on peut voir alors l'équipe technique ainsi que de la lumière rouge dans les reflets des vitres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [vidéo] Potiche de François Ozon avec Catherine Deneuve et Fabrice Luchini - Bande-annonce sur YouTube.
  2. « Potiche », sur ina.fr.
  3. a b c et d « Potiche - critiques presse », sur Allociné (consulté le 20 avril 2020).
  4. « Potiche », sur JP's Box-Office.
  5. a et b JP's Box-Office Fiche : Potiche.
  6. a et b Sorties Potiche Unifrance.
  7. a et b (en) « Potiche Reviews », sur Metacritic, CBS Interactive (consulté le 20 avril 2020).
  8. a et b (en) « Potiche (2010) », sur Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le 20 avril 2020).
  9. a et b S. Ch., « Le Cinéma : Potiche », Le Canard enchaîné, no 4698,‎ , p. 6.
  10. « Potiche, un film cruche », sur La Croix.
  11. Sarah Elkaïm, « Le pire pour moi maman ce serait de devenir comme toi », sur Critikat,
  12. Unifrance bilan Mai 2011.
  13. « Discours lors du Rassemblement de la Fraternité », sur Dailymotion.com.
  14. « Ségolène Royal en costume folklorique », sur ina.fr.

Liens externes[modifier | modifier le code]