Hillary Clinton

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Hillary Clinton
Hillary Rodham Clinton, en 2013.
Hillary Rodham Clinton, en 2013.
Fonctions
67e secrétaire d'État des États-Unis

(&&&&&&&&&&&014724 ans, 0 mois et 10 jours)
Président Barack Obama
Gouvernement Administration Obama
Prédécesseur Condoleezza Rice
Successeur John Kerry
Sénatrice des États-Unis
pour l'État de New York
Élection
Réélection
Prédécesseur Daniel Patrick Moynihan
Successeur Kirsten Gillibrand
44e Première dame des États-Unis
Président Bill Clinton
Prédécesseur Barbara Bush
Successeur Laura Bush
Biographie
Nom de naissance Hillary Diane Rodham
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Chicago (Illinois, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Bill Clinton
Enfant(s) Chelsea Clinton
Diplômé de Wellesley College
Université Yale
Profession Avocate
Religion Méthodisme

Signature

Hillary Clinton
Secrétaires d'État des États-Unis

Hillary Diane Rodham Clinton, née le à Chicago (Illinois), est une femme politique américaine, notamment secrétaire d'État des États-Unis de 2009 à 2013.

Elle est la première dame des États-Unis d’Amérique de 1993 à 2001 en tant qu'épouse du quarante-deuxième président, Bill Clinton. De 2001 à 2009, elle est sénatrice démocrate de l'État de New York. Elle se présente aux primaires présidentielles du Parti démocrate de 2008, qu'elle perd face à Barack Obama.

Elle est secrétaire d'État des États-Unis au sein de l'administration Obama jusqu'en 2013, date à laquelle lui succède John Kerry. Elle est choisie cinq fois par le Time pour figurer sur la liste des cent personnes les plus influentes au monde[1] ; en 2011 et 2012, Forbes la classe au deuxième rang de la liste des femmes les plus puissantes du monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Hillary Diane Rodham est née le à Chicago, dans l'Illinois. Elle est la fille aînée de Hugh Rodham (1911-1993) et de Dorothy Howell (1919-2011), et a deux frères, Hugh et Tony. Son père était un républicain conservateur et sa mère était démocrate. Son prénom inédit est dû à l'admiration que vouent ses parents à Sir Edmund Hillary, l'alpiniste néo-zélandais[2].

Elle grandit à Park Ridge, dans la banlieue de Chicago, elle était une camarade du chanteur Steve Goodman. Sportive, méthodiste fervente, elle est une élève assidue, ce qui la conduit à être élue au conseil de classe. Ses parents l’encouragent par ailleurs à étudier sérieusement afin de réussir et de choisir la carrière qui l’intéresse. En 1962, Don Jones, son pasteur méthodiste, l'éveille au mouvement des droits civiques[3] et lui offre l'occasion de voir Martin Luther King lors d'un discours à Chicago.

Études et premiers engagements politiques[modifier | modifier le code]

En 1964, à dix-sept ans elle s'investit dans la campagne présidentielle du sénateur républicain de l'Arizona, Barry Goldwater[4]. Après l'école secondaire, elle entre à la prestigieuse université féminine de Wellesley où, à nouveau, elle représente ses condisciples au conseil d’établissement et préside le mouvement des Jeunes Républicains du collège. Cependant, de plus en plus opposée à la guerre du Viêt Nam et marquée par la lutte pour les droits civiques, elle rallie d'abord Eugene McCarthy, le candidat anti-guerre lors des élections primaires à l'élection présidentielle de 1968, puis participe à la campagne du républicain Nelson Rockefeller. Les liens sont définitivement rompus avec les républicains quand ceux-ci désignent Richard Nixon pour les représenter.

À la fin de ses études, Hillary Rodham consacre sa thèse au sociologue américain Saul Alinsky, intitulée Une analyse du modèle Alinsky[5]. Lors de la remise des diplômes, elle prononce un discours où elle s'en prend à l'administration Nixon, dénonçant la guerre du Viêt Nam et les « pesanteurs hypocrites héritées des années 50 »[6].

En 1969, Hillary Rodham intègre la prestigieuse Yale Law School, où elle partage sa chambre avec la future avocate Marian Wright Edelman et Janet Hill, la future mère du joueur de basket-ball (Grant Hill). Bill Clinton aime à rappeler leur première rencontre : il l’observait avec insistance dans la très austère bibliothèque de Yale quand elle vint et lui dit « Si tu dois continuer à me fixer ainsi, et moi à en faire autant, nous ferions mieux de nous présenter. Je m’appelle Hillary Rodham ». Avec Bill Clinton, elle participa à la campagne présidentielle de George McGovern, en 1972, finalement battu par Richard Nixon.

À sa sortie de Yale, Hillary Rodham devient une avocate brillante, conseillant le Fonds de défense des enfants de Cambridge avant de rejoindre l’équipe de juristes qui conseillait la commission judiciaire (Judiciary Committeke) des représentants lors de la procédure d’impeachment du président Richard Nixon dans l’affaire du Watergate.

Elle déménage en Arkansas pour suivre Bill Clinton qui commence sa carrière politique à Little Rock. Ils se marient en 1975 et ont une fille, Chelsea Clinton, en 1980. Hillary Clinton devient professeur à l’école de droit de l’université de l'Arkansas. Elle fait alors la connaissance de Vince Foster qui est responsable du comité de l'association des avocats de l'Arkansas, lequel gère l'assistance juridique. Foster travaille ainsi avec Hillary Rodham Clinton, avocate stagiaire chargée de l'aide juridique[7]. Foster favorise l'entrée de Hillary Rodham Clinton au « cabinet juridique Rose », où elle devient peu de temps après, la première femme associée[7]. Foster et son collègue, Webster Hubbell, contribuent à surmonter la réticence des autres associés à embaucher une femme[8]. En 1978, le président Jimmy Carter la nomme au conseil de la Legal Services Corporation, alors que Bill Clinton devient gouverneur de l’État de l’Arkansas.

Première dame de l’Arkansas[modifier | modifier le code]

Hillary Clinton en 1992.

Hillary Clinton reste Première dame de l’Arkansas durant douze ans. Elle préside le comité des programmes de l’enseignement de l’État, l'Arkansas Educational Standards Committee, cofonde l’association de soutien des enfants et familles de l'Arkansas, et est aussi membre des comités directeurs des hôpitaux pour enfants, Arkansas Children’s Hospital, des services légaux et du fond de défense légal des enfants, Children’s Defense Fund. À cette époque, elle est aussi membre des comités exécutifs de plusieurs compagnies dont la chaîne de supermarché Wal-Mart.

À partir de 1995, Hillary Clinton écrit une rubrique hebdomadaire[9] intitulée Talking It Over (« Parlons-en ») dont les sujets sont en rapport avec son expérience de Première dame de l’Arkansas, ses observations sur les femmes ou bien les enfants et les familles qu’elle rencontre de par le monde.

Première dame des États-Unis[modifier | modifier le code]

La famille Clinton.

Lorsque son époux est élu à la Maison-Blanche en 1992, Hillary Clinton devient la Première dame des États-Unis et probablement, parmi celles-ci, la plus impliquée dans la vie politique fédérale. Le couple Clinton est aussi le premier couple présidentiel issu du baby-boom. Clinton nomme son épouse dans le groupe de conseillers de la Maison-Blanche chargés de réfléchir aux réformes du système de santé. Le groupe de travail adopte un plan de réforme compliqué qui n’arrive d'ailleurs jamais devant les instances législatives et est définitivement abandonné en septembre 1994.

Comme son époux, elle devient l’objet d’enquêtes judiciaires mais aucune d'entre elles n’aboutit à une condamnation criminelle. Ainsi, il lui est reproché son obstruction dans l’enquête sur la mort du conseiller présidentiel Vince Foster. Une autre affaire hante également sa carrière politique : le scandale Whitewater. Hillary Clinton est accusée d’avoir utilisé des informations obtenues dans le cadre de son cabinet d’avocats à Little Rock, afin de s’enrichir personnellement par l’intermédiaire d’amis, en achetant des terrains sur les rives de la rivière Whitewater dans l’Arkansas. Elle a dû déposer sous serment, dans le cadre de cette affaire, devant la Justice le .

Lors de l’affaire Monica Lewinsky, Hillary Clinton a une attitude invariable à l'égard de son mari : elle le soutient dans ses dénégations, parlant d’une « vaste conspiration de droite », ceci même après la confirmation des rapports extra-conjugaux de son mari.

Pour beaucoup de républicains, son nom fut prononcé avec le même mépris que celui d’un Ted Kennedy : celui d’une libérale (liberal au sens américain du terme, c'est-à-dire socialiste), gauchiste, progressiste, ayant fait des études dans les grandes universités de l’Ivy League. Ils lui reprochent d’être sortie du rôle de Première Dame réservée, d’influer sur les questions politiques notamment celles de la réforme du système de santé. Certains affirment même que son mariage n’était qu’une alliance politique entre deux jeunes gens brillants et ambitieux, scellée au plus profond du rayon « juridique » de la bibliothèque de Yale. D’autres y voient un mariage comme un autre d’où les désaccords et brouilles sont soigneusement cachés à l’extérieur pour ne pas nuire aux ambitions des deux époux. Ils lui reprochent aussi son activisme pro-avortement[10]. Pourtant, depuis 2003, elle est membre du groupe chrétien traditionaliste The Family (La Famille), dirigé par Douglas Coe, dont font également partie des sénateurs connus pour leurs positions conservatrices et anti-avortement tels que Tom Coburn, George Allen ou Rick Santorum[11].

Hillary Clinton obtient de nombreux soutiens en raison de sa défense incessante du droit des femmes à travers le monde et de son engagement pour les enfants. Elle défend toujours son projet d’extension du régime d’assurance maladie, les campagnes de vaccinations obligatoires pour les enfants et une sensibilisation plus forte de la population aux problèmes de santé. Elle travaille aussi sur d’autres projets moins renommés tels le CHIP, Children’s Health Insurance Program ou Programme d’Assurance Maladie pour les Enfants, et un financement pour le dépistage du cancer du sein.

Sénatrice de l'État de New York[modifier | modifier le code]

Hillary Clinton prêtant serment au Capitole dans la chambre de l’ancien Sénat en tant que sénatrice de New York le 3 janvier 2001 devant le vice-président de son mari Al Gore, accompagnée de son mari tenant la Bible et de sa fille Chelsea.

Après quelques problèmes légaux liés à son « parachutage » dans l'État de New York, notamment pour y obtenir une adresse, et sous le feu des médias des États-Unis ainsi que de la presse mondiale, Hillary Clinton se présente pour le siège de sénatrice de New York aux élections de 2000, l’autre siège de sénateur, tenu par le démocrate Charles Schumer n’étant pas à pourvoir lors de cette élection. Afin de contrer son image de libérale, au sens américain du terme, c’est-à-dire de gauche, elle tint à faire campagne dans le Nord de l'État, région traditionnellement républicaine.

Le populaire Rudolph Giuliani, maire républicain de la ville de New York, est pressenti pour se présenter face à elle, mais il en est empêché pour des raisons de santé (Rudolph Giuliani souffrant d'un cancer de la prostate). Son adversaire est alors le jeune Rick Lazio, représentant républicain de Long Island au Congrès fédéral. Malgré une campagne intense du Parti républicain, afin de faire échouer un symbole des « années Clinton », elle est élue avec 56 % des voix le . Bien que battu, Lazio obtient lors de cette élection le meilleur résultat d’un candidat républicain dans l’État de New York depuis de nombreuses années.

En gagnant son siège, elle devient la première Première dame des États-Unis à être élue à un poste officiel et la première femme, élue sénatrice de l'État. Elle est investie au Sénat par le vice-président de son mari, Al Gore.

Lors des élections de mi-mandat du président George W. Bush, le , Hillary Clinton est réélue, avec plus de 68 % des suffrages.

Une ambition présidentielle[modifier | modifier le code]

Hillary Clinton, le .

Alors que depuis plusieurs années, de nombreuses rumeurs font état de sa volonté de se présenter à la présidence des États-Unis, Hillary Clinton le confirme officiellement sur son site Internet le [12]. Elle annonce de suite la constitution d'un comité exploratoire de candidature, premier pas traditionnel dans la course à l'investiture.

Elle est déjà considérée par beaucoup d’analystes politiques comme une des femmes politiques les plus brillantes de toute l’histoire des États-Unis. Elle bénéficie d’autre part d’une très grande habitude de la scène politique et les électeurs la connaissent déjà. Cet argument est à double tranchant car les républicains en ont fait leur cible prioritaire et un parangon honni des libéraux. Avec cette étiquette de « gauchiste », elle avance avec une large cible dans le dos. Malgré des rumeurs dans la presse et quelques hésitations personnelles, Hillary Clinton ne se présente pas contre George W. Bush, lors de l'élection présidentielle de 2004.

Depuis son élection au poste de sénatrice, Hillary Clinton entreprend de gommer son image de libérale invétérée pour se repositionner au centre. Après avoir activement soutenu les opérations militaires en Afghanistan et la guerre d'Irak, elle s'exprime également sur des thèmes comme l’IVG, qu'elle souhaite maintenant pouvoir restreindre, la peine de mort qu'elle a toujours soutenue ou l’immigration clandestine. Bien que l’analyse de ses votes au Sénat la place bien à l’aile gauche du Parti démocrate, les derniers sondages montrent que sa nouvelle image, plus consensuelle rencontre un certain écho dans l'Amérique profonde qu'elle a entrepris de séduire depuis la réélection de George W. Bush en novembre 2004.

Mais pour être candidate en 2008, Hillary Clinton a fort à faire : Barack Obama, John Edwards, Joe Biden, Christopher Dodd, Dennis Kucinich et Bill Richardson sont également rentrés dans la course à l'investiture démocrate, d'autres candidats s'étant déjà retirés de la course, dont Tom Vilsack et Evan Bayh. Certains analystes ont souligné, après l'échec de John Kerry à l’élection présidentielle, le , que cette défaite ouvrirait une sorte de « boulevard » électoral pour Hillary Clinton dans le camp démocrate, en vue de l’élection présidentielle de 2008. Cette analyse n’était toutefois pas unanimement partagée, d’autres commentateurs, notamment dans le camp démocrate, se plaisant à souligner que la résistance des « idées républicaines » semble témoigner d’un certain rejet, par l’électorat populaire, d’un modèle de candidature démocrate associant un politicien de la côte Est, généralement issu d’un milieu aisé, avec un politicien du Sud ou du Middle West, généralement d’extraction plus modeste, ou inversement. Ces derniers commentateurs affirment en outre que, dans leur optique, le Parti démocrate devrait privilégier pour 2008 une candidature « chaleureuse » et « charismatique », qualités que n’auraient pas possédées les deux derniers candidats, Al Gore et John Kerry, et qui manqueraient également à Hillary Rodham Clinton.

Selon plusieurs sondages réalisés en 2005, Hillary Clinton emporterait l'État de New York lors de l’élection présidentielle sauf au cas où elle serait opposée au républicain Rudolph Giuliani, l'ancien maire de la ville de New York. Selon un sondage du Siena Research Institute du , Rudolph Giuliani obtiendrait le vote de 48 % des électeurs new yorkais contre 43 % à Hillary Clinton. Selon un autre sondage téléphonique de Strategic Vision, basé sur un échantillon de mille-deux-cents personnes, réalisé du 2 au , 33 % seulement des habitants de l'État de New York déclareraient souhaiter sa candidature à l'élection présidentielle de 2008, contre 62 % pour Rudolph Giuliani. Le Financial Times, celui même qui avait prédit la victoire de Nicolas Sarkozy en France en 2007, prédit qu'elle sera assurément, en janvier 2009, la première présidente des États-Unis d'Amérique.[réf. nécessaire]

Hillary Clinton en campagne en février 2008.

La campagne à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle commence traditionnellement par le caucus de l'Iowa, le . Contre toute attente, Hillary Clinton arrive alors en troisième position (29 %) derrière John Edwards (30 %) et Barack Obama (38 %)[13].

Lors de la primaire du New Hampshire, alors que l'ensemble des sondages la donne – jusqu'au matin même du vote – largement perdante, elle remporta le scrutin, avec trois points d'avance sur Barack Obama (39 % des suffrages contre 36 % à Obama). Dans le même temps, elle devient la deuxième femme à gagner une primaire aux États-Unis après Shirley Chisholm en 1972. Elle s'impose ensuite sans gloire dans la primaire du Michigan, boycottée par Obama et Edwards et dont les résultats ne furent pas reconnus par le comité national démocrate.

Elle obtient le plus grand nombre de voix dans la primaire du Nevada avec 50,77 % des voix contre 45,12 % à Barack Obama, mais moins de délégués pour la convention que son adversaire. Lors du débat précédant les primaires de Caroline du Sud, elle accuse son principal rival d'avoir accepté de l'argent d'un homme d'affaires soupçonné de fraudes. Barack Obama lui rétorque qu'elle était une « avocate d'affaires siégeant au conseil d'administration de Wal-Mart » et l'accuse, elle et Bill Clinton, de déformer systématiquement ses propos notamment sur l'influence qu'aurait eu sur lui l'ancien président républicain Ronald Reagan[14]. Distancée dans l'électorat afro-américain qui assure la victoire d'Obama en Caroline du Sud, elle remporte la primaire de Floride, elle-aussi non comptée pour le résultat final.

Les élections du Super Tuesday du dans le camp démocrate n'arrivent pas à la départager de Barack Obama. Elle gagne dans huit États sur vingt-deux et notamment dans les États très peuplés, donc avec beaucoup de délégués, comme l'État de New York ou la Californie. Elle subit ensuite onze défaites successives, certaines cinglantes, face à Barack Obama, avant de remporter, le 4 mars, les primaires démocrates de l'Ohio et du Rhode Island. Au Texas elle obtient moins de délégués que Barack Obama, en raison du système mixte qui y est en vigueur : elle perd le caucus mais gagne les primaires. Le , elle remporte la primaire de Pennsylvanie qui lui permet de se maintenir dans la course à l'investiture démocrate.

Au mois de mai, Hillary Clinton a désormais une chance quasi-nulle de battre Barack Obama en nombre de délégués élus. Malgré les appels à son abandon de la course à l'investiture démocrate, elle se maintient, en comptant notamment sur un faux-pas de son concurrent avant le 3 juin : c'est elle qui en fera un, le 23 mai, par une allusion maladroite à un éventuel assassinat du sénateur de l'Illinois[15] ou sur la prise en compte par le parti des primaires controversées du Michigan et de la Floride. Or, sur ce dernier point, les cadres du parti démocrate décident finalement de n'accorder qu'une demi-voix aux délégués issus de ces deux primaires, ce qui empêche Hillary Clinton de combler significativement son retard sur Barack Obama (31 mai)[16]. Sa défaite étant devenue inéluctable depuis le 3 juin, Clinton annonça officiellement le 7 juin son ralliement à la candidature de Barack Obama[17]. Lors de cette campagne, Hillary Clinton avait toutefois réussi à emporter plus de voix que Barack Obama. En additionnant primaires et caucus, elle obtint environ 18,2 millions de voix contre 18 millions à son adversaire[18].

Secrétaire d'État des États-Unis[modifier | modifier le code]

La secrétaire d'État Hillary Clinton prêtant serment auprès de Joe Biden, accompagnée de son mari Bill Clinton, de sa fille Chelsea et de sa mère Dorothy Rodham.
Le ministre des Affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu et la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton à Washington D.C., 13 février 2012.

Le , des rumeurs évoquent la possibilité de la nomination de Hillary Clinton à la tête du département d'État des États-Unis par Barack Obama[19]. Le , le président élu Barack Obama nomme Hillary Clinton, secrétaire d'État des États-Unis de son futur cabinet présidentiel[20]. Le , la nomination d'Hillary Rodham Clinton est validée par la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, dirigé par John Kerry. Elle reçoit l'aval de l'ensemble des seize sénateurs à l'exception du sénateur de Louisiane, David Vitter[21]. Le sénateur du Texas John Cornyn prend alors la tête d'un comité conservateur pour empêcher Hillary Clinton d'être investie dès le 20 janvier comme la majorité des membres de l'administration Obama ; ils justifient leur blocage à la suite de la controverse sur la fondation Clinton[22].

Le , la nomination d'Hillary Rodham Clinton au département d'État des États-Unis est approuvée par le Sénat avec quatre-vingt-quatorze voix contre deux oppositions (David Vitter et Jim DeMint)[23].

Le , Hillary Rodham Clinton devient officiellement secrétaire d'État des États-Unis. Lors de son discours d'entrée en fonction, elle annonce la nomination de deux émissaires diplomatiques : George Mitchell, pour le Proche-Orient et Richard Holbrooke pour l'Afghanistan et le Pakistan. Elle rappelle que l'une des priorités de la politique étrangère américaine est la paix entre Israël, la Palestine et les voisins arabes d'Israël.

Du 16 février au , elle parcourt l'Asie du Sud-Est faisant escale en Corée du Sud, en Indonésie, en Chine et au Japon. Elle en profite pour appeler à renforcer les liens entre la Chine et les États-Unis.

Le 12 octobre 2009, elle déclare, au cours d'une interview, qu'elle ne se présentera plus à la présidence des États-Unis[24].

Elle annonce, en , son intention de quitter ses fonctions à la tête du département d'État au terme du mandat présidentiel de Barack Obama. Parmi tous les secrétaires d'État américains, elle est celle qui s'est le plus déplacée, avec plus de 1,5 million de km parcourus en avion et 112 pays visités[25]. À la suite de la réélection de Barack Obama, les médias s'interrogent sur une possible candidature à l'élection présidentielle de 2016, en raison de sa grande popularité dans le pays et à l'international ; Hillary Clinton minimise ses ambitions en vue de ce scrutin[26].

Hillary Clinton est hospitalisée en urgence en , après que les médecins ont découvert, dans le cadre d’un examen de contrôle, un caillot de sang qui s'est formé à la suite d’une commotion cérébrale. Elle n’a ainsi pas pu notamment témoigner le 20 décembre devant le Congrès des États-Unis, concernant les manifestations et attentats anti-américains de septembre 2012 à Benghazi. Elle avait confié qu’elle était épuisée après quatre ans de voyages incessants à travers le monde.

Possible candidature à l'élection présidentielle de 2016[modifier | modifier le code]

Depuis son départ du secrétariat d'État, Hillary Clinton est restée très présente sur la scène politique américaine et sa candidature à l'élection présidentielle de 2016 est un sujet de spéculations importantes. Hillary Clinton est régulièrement donnée largement en tête des primaires démocrates par les instituts de sondage américains[27] qui la montrent également capable de battre les nouvelles figures du parti républicain comme Marco Rubio ou Ted Cruz[28].

Le vendredi 4 octobre 2013, Hillary Clinton déclare à un groupe d'hommes d'affaires de Long Island qu'elle allait « sérieusement considérer » à partir de l'année prochaine une candidature à l'élection présidentielle américaine de 2016[29].

Publications[modifier | modifier le code]

Son ouvrage It Takes a Village: And Other Lessons Children Teach Us (titre français : Il faut tout un village pour élever un enfant) paru en 1996 fut l'une des meilleures ventes de l’année, il reprenait les chroniques hebdomadaires Talking It Over du temps où Hillary Clinton était en Arkansas. Son enregistrement audiophonique du livre lui valut un Grammy Award le 27 février 1997 à New York.

En 2001, Hillary Rodham Clinton reçoit de l’éditeur Simon & Schuster l'avance record de 8 millions de dollars pour ses mémoires. Le livre est sorti aux États-Unis en juin 2003 sous le titre Living History (traduit en français par Mon histoire). Avant même sa sortie, les commandes générées par une campagne publicitaire sans précédent avaient fait de ce livre une des meilleures ventes avec plus d’un million d’exemplaires le premier mois. Parmi ses autres publications (autres que des articles de droit) : An Invitation to the White House et Dear Socks, Dear Buddy: Kids' Letters to the First Pets (feu Socks était le chat de la famille Clinton et Buddy le chien).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "Hillary Clinton", Time, mai 2008.
  2. 100 champions pour un siècle de sport, Ed. L'Équipe, 2000, p. 97 (ISBN 2-9512031-2-8)
  3. Interview de Carl Bernstein dans L'Express no 2952 du 31 janvier 2008
  4. J. William Middendorf, Glorious Disaster: Barry Goldwater's Presidential Campaign And the Origins of the Conservative Movement, Basic Books, 2006, p. 266 ISBN 0-465-04573-1.
  5. Corine Lesnes, « Barack Obama : la leçon des ghettos », dans Le Monde du 06-10-2007, mis en ligne le 05-10-2007, [lire en ligne]
  6. Article de L'Express no 2952, le dernier défi des Clinton
  7. a et b (fr) Biographie d'Hillary Clinton.
  8. Carl Bernstein, A Woman in Charge: The Life of Hillary Rodham Clinton, Knopf, ISBN 0-375-40766-9. p. 128–131.
  9. (en) Collection des éditoriaux de H. Clinton, d'autres éditoriaux et encore d'autres
  10. (en) Abortion Activist Hilary Clinton Uses photo of Herself with Mother Teresa in Campaign Video
  11. Doug Ireland, Hillary, l’Amérique, et l’intégrisme chrétien, Bakchich, 13 avril 2008
  12. (en) I'm in. And I'm in to win, Video Transcript: Presidential Exploratory Committee Announcement, 20 janvier 2007
  13. Primaires dans l'Iowa : Obama l'emporte chez les démocrates, Huckabee chez les républicains, Agence France-presse, 4 janvier 2008.
  14. Article du Figaro du 22 janvier 2008 intitulé Clinton et Obama règlent leurs comptes en direct
  15. A.C., « Clinton dérape sur la mémoire du frère de Kennedy », sur LCI.fr,‎ 26 mai 2008 (consulté le 1er juin 2008)
  16. Dépêche d'agence, « Une demi sanction qui n'arrange pas Clinton », sur LCI.fr,‎ 1er juin 2008 (consulté le 1er juin 2008)
  17. La Presse Canadienne, « Hillary Clinton annoncera samedi son ralliement à Barack Obama »,‎ 5 juin 2008 (consulté le 5 juin 2008)
  18. Dave Leip's, Atlas of US Presidential Elections, « Résultats des primaires démocrates de 2008 en voix et nombre de délégués »
  19. http://www.liberation.fr/monde/0101266175-hillary-clinton-secretaire-d-etat-d-obama?xtor=RSS-450
  20. http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques/0,,4177527,00-obama-clinton-couple-detonnant-pour-la-diplomatie-us-.html
  21. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/20/01011-20090120FILWWW00631-confirmation-de-clinton-mercredi-.php
  22. http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5gQO9CBm0mJ3lWVXpe6ivgYQy7gZg
  23. http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-nomination-d-hillary-clinton-approuvee-par-le-senat_735034.html
  24. (en) Clinton Says She Will Not Run Again, Political Wire, 12 octobre 2009.
  25. http://www.lefigaro.fr/international/2012/12/15/01003-20121215ARTFIG00631-hillary-clinton-se-remet-apres-une-commotion-cerebrale.php
  26. http://fr.news.yahoo.com/clinton-minimise-ses-ambitions-pour-la-pr%C3%A9sidentielle-2016-070615811.html
  27. (en) « CNN 2016 Poll: Clinton Favored for Democrats », CNN,‎ 16 septembre 2013
  28. (en) « Poll: Clinton vs. [Insert Republican Here] », CNN,‎ 2 octobre 2013
  29. (en) Amy Chozick, « Clint Says She'll Probably Weigh 2016 Bid Sometimes Year », The New York Times,‎ 4 octobre 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Sidney Bluementhal, The Clinton Wars (ISBN 0-374-12502-3)
  • (en) David Brock, The Seduction of Hillary Rodham (ISBN 0-684-83451-0)
  • (en) Joe Conason and Gene Lyons, The Hunting of the President: The Ten-Year Campaign to Destroy Bill and Hillary Clinton (ISBN 0-684-83451-0)
  • (en) Peggy Noonan, The Case Against Hillary Clinton (ISBN 0-06-039340-8)
  • (fr) Christopher Andersen, Hillary Clinton, objectif Maison-Blanche (traduit de l'anglais par Jacques Martinache), Presses de la Cité, coll. « Document », Paris, 2005 (ISBN 2-258-06801-0)
    Titre original : American Evita: Hillary Clinton's path to power.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]