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Rangoun

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Rangoun
Rangoun
Aspects de Rangoun.
Administration
Pays Drapeau de la Birmanie Birmanie
Région Région de Rangoun
Maire Maung Maung Soe
Démographie
Population 4 348 000 hab. (2010)
Densité 7 271 hab./km2
Géographie
Coordonnées 16° 48′ nord, 96° 09′ est
Altitude 30 m
Superficie 59 800 ha = 598 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Birmanie
Voir sur la carte administrative de Birmanie
Rangoun
Liens
Site web www.yangoncity.com.mm
Le site de Rangoun, vue satellite.
Vue de Rangoun vers la pagode Sule et le fleuve

Rangoun[1] (en birman : ရန်ကုန်, prononcé : /jàɴɡòʊɴ mj/) ou Rangoon[2], officiellement renommée Yangon en 1989, est la capitale économique et la plus grande ville de la Birmanie (ou Myanmar) avec 4,5 millions d'habitants. Située sur le fleuve Yangon né de la confluence des rivières Bago et Myitmaka, elle se trouve à trente kilomètres du golfe de Martaban, sur la mer d'Andaman.

Rangoun fut la capitale de la Birmanie britannique, puis indépendante, à partir de 1853. En novembre 2005, la junte militaire au pouvoir a commencé à déplacer sa capitale à l'intérieur du pays, à Naypyidaw (région de Mandalay). Naypyidaw est officiellement la nouvelle capitale depuis le [3].

Rangoun appartient à l'Asian Network of Major Cities 21 (ANMC21, Réseau asiatique des grandes villes)[4].

Étymologie

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Son nom birman Yangon est formé de yan (ရန္) et koun (ကုန္), qui signifient « ennemis » et « manquer de », respectivement. Le nom peut donc être traduit comme « fin de la discorde », « fin du conflit ». Rangoon/Rangoun provient quant à lui de la prononciation de la ville en arakanais, un dialecte du birman, où le son /r/ historique a été maintenu et n'a pas évolué en /j/ comme en birman.

Rangoun en 1945. Vue de la pagode Sule et ses environs
Hotel de ville de Rangooun en 1945

La ville a été fondée sous le nom de Dagon par les Môns au VIe siècle ; ce peuple dominait à l'époque le Sud de ce qui est aujourd'hui la Birmanie. Dagon n'était alors qu'un petit village de pêcheurs autour de la pagode Shwedagon.

Elle fut conquise en 1755 par le roi Alaungpaya et renommée Yangon. Détruite par un incendie en 1841, elle fut aussi lourdement endommagée pendant la seconde guerre anglo-birmane (1852), lors de laquelle la flotte britannique bombarda la ville[5]. La Basse-Birmanie fut intégrée au Raj britannique et Rangoun en devint la capitale. Ses limites furent établies et les rues du centre-ville (le cantonment) tracées à angles droits le long du fleuve Yangon par les ingénieurs Fraser et Montgomerie.

Les Britanniques « occidentalisent » l'éducation. Ils y établissent plusieurs universités : le Government College (qui fusionnera plus tard avec le Judson College pour créer l'université de Rangoun) et le Theological College for Karens (aujourd'hui l'Institut birman de théologie). Beaucoup de pensionnats religieux virent le jour à cette époque pour éduquer les enfants anglais, anglo-birmans ou karens chrétiens.

Pendant la période coloniale, les industries les plus importantes de Rangoun étaient la riziculture et l'abattage d'arbres, mais d'autres produits (dont le coton, les pierres précieuses, les cheroots et l'ivoire) sont eux aussi exportés. Le développement de la ville fut rapide : au début des années 1900, son infrastructure et ses services publics étaient au même niveau que ceux du Londres de l'époque[6]. Jules DuBern contribua au développement du port, ainsi qu'à la création du jardin zoologique.

Important port d’émigration pendant l'entre-deux-guerres, Rangoun est une ville marchande qui compte plus d'un million d’habitants dans les années 1910, dont la moitié de travailleurs indiens[7].

Rangoun sera très endommagée en 1930 par deux désastres naturels : un tremblement de terre et un tsunami, et souffrira ensuite des ravages de l'armée impériale japonaise, qui envahit la ville pendant la Seconde Guerre mondiale le . Le 2 mai 1945 la 14e armée reprend la ville lors de l'opération Dracula.

Avant la guerre, les Indiens étaient l'ethnie la plus représentée. Après l'indépendance du pays, on vit davantage de Birmans, mais les Anglo-Birmans continuent à former environ un quart de la population de la ville jusqu'à la fin des années 1960. Aujourd'hui le nombre d'habitants des ethnies minoritaires augmente. Le départ des Anglo-Birmans, des Indiens et des Chinois s'explique par le démantèlement des politiques coloniales encourageant l'immigration de ces pays ainsi que par le départ de la plupart des Anglais, diminuant donc la taux de mariages mixtes.

Le nom de Rangoun fut officiellement changé en Yangon en 1989, en même temps que beaucoup d'autres toponymes à travers le pays. Quoique ce changement reflète la réalité de la prononciation locale, il fut sujet à controverse, car la junte militaire effectuant le changement n'est pas officiellement reconnu comme légitime par certains gouvernements et citoyens. Le gouvernement américain, par exemple, persiste dans l'usage des noms anglophones pour le pays et la ville : Burma et Rangoon, respectivement. Les noms de rues sont aussi changés en birman, mais beaucoup d'habitants les appellent encore par leurs noms coloniaux.

En 1996, le gouvernement décide de placer certains édifices coloniaux sous protection gouvernementale ; il rédige une « Liste d'héritage » de structures à protéger. Cependant, sur les 2000 bâtiments de l'époque coloniale que conserve la ville, la moitié sont rasées dans les années 1990-2000 pour construire des tours. Malgré tout, Rangoun possède le plus important ensemble d'édifices coloniaux du Sud-Est de l'Asie[7].

Rangoun hébergea, en décembre 2004, le World Buddhist Summit, qui accueillit plus de mille moines bouddhistes et plusieurs chefs d'État, dont Thaksin Shinawatra, premier ministre de la Thaïlande.

En novembre 2005, le gouvernement birman a commencé à déplacer la capitale à Naypyidaw, 322 kilomètres plus au nord, dans la région de Mandalay. Les raisons sont incertaines. La théorie locale la plus fréquente est que le chef de l'État, le général Than Shwe, adepte de l'astrologie, a déplacé la capitale pour éviter une fin proche[8]. Certains suggèrent aussi que le déplacement de la capitale vers l'intérieur du pays protège mieux le régime militaire d'une éventuelle invasion, ou lui permet de mieux contrôler les minorités ethniques des États Karen, Shan et Chin, ou d'avoir une capitale loin des télécommunications étrangères.

Depuis la mi-2006, les résidents de certains quartiers de Rangoun doivent mettre des photographies des habitants de l'appartement/maison quelque part chez eux pour « des raisons de sécurité », et tout habitant doit maintenir une liste des membres de leur famille[9]. Les visiteurs chez un habitant de Rangoun doivent enregistrer leur séjour avec les autorités locales avant de s'y installer[10].

Géographie

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Située à la confluence des fleuves Yangon et Bago, elle est à trente kilomètres du golfe de Martaban, dans la mer d'Andaman. Le canal de Twante, à, l'ouest, la relie depuis 1935 au réseau fluvial du delta de l'Irrawaddy[11].

Les parcs les plus vastes de Rangon se situent autour de la pagode Shwedagon. Au sud-est du stupa doré se trouve le lieu de loisirs le plus prisé de la ville : le lac Kandawgyi. Ce lac de 61 hectares est entouré par le parc naturel de Kandawgyi (45 hectares), le Jardin zoologique de Rangoun (28 hectares), qui comprend un zoo, un aquarium et un parc d'attractions, ainsi que le parc Bogyoke Aung San. À l'ouest de la pagode, en direction de l'ancien complexe du Hluttaw (Parlement), s'étend la place et parc du Peuple (en) (53 hectares), ancien lieu de parade lors des grandes fêtes nationales, lorsque Rangon était la capitale. À quelques kilomètres au nord de la pagode se trouve le parc du lac Inya, d'une superficie de 15 hectares qui est un lieu de rencontre privilégié des étudiants de l'université de Yangon et un lieu romantique bien connu dans la culture populaire birmane. Les autres lieux remarquables sont le Cimetière de guerre de Taukkyan (en), le parc national Hlawga (en), le mausolée du jardin de Kandawmin (en), le Parc Maha Bandula (en), le mausolée des Martyrs (en), le jardin Sain Lan So Pyae, et la Tombe de Zafar Shah[12]

Rangoun a dans la classification de Köppen un climat équatorial à mousson.

mois jan fév mars avr mai juin jui août sept oct nov déc année
moyenne maximum °C
(°F)
31
(89)
34
(94)
36
(97)
37
(99)
33
(92)
30
(86)
29
(85)
29
(85)
30
(86)
31
(88)
31
(89)
31
(88)
32
(90)
moyenne minimum °C
(°F)
18
(65)
19
(67)
21
(71)
24
(76)
25
(78)
25
(77)
24
(76)
24
(76)
24
(76)
25
(77)
22
(73)
19
(67)
22
(73)

Source: Weatherbase

Évolution démographique

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Évolution démographique
1824 1856 1872 1881 1891 1901 1911
10 00046 000100 000165 000181 000248 000295 000
1921 1931 1941 1950 1960 1970 1980
340 000400 000500 0001 302 0001 592 0001 946 0002 378 000
1990 2000 2010 2014 2025 - -
2 907 0003 553 0005 348 0005 160 0005 813 000--

Composition ethnique

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Yangon est la ville la plus diversifiée ethniquement du pays. Si les Indiens y étaient légèrement majoritaires avant la Seconde Guerre mondialeref name=tmmt/>, aujourd'hui, la population est majoritairement d'origine birmane. D'importantes communautés birmanes d'origine indienne et chinoise sont présentes, notamment dans les quartiers traditionnels du centre-ville. Une population importante d'origine Arakanaise et karen y réside également[18].

Administration

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Rangoun est administrée par le Comité du développement de la ville de Rangoun (Yangon City Development Committee, ou YCDC) ; ce comité coordonne l'urbanisme[19].

Le maire en est le brigadier-général Aung Thein Lynn.

La ville est divisée en quatre districts, qui regroupent trente-deux arrondissements, chacun de ceux-ci étant administré par un comité de leaders de l'arrondissement qui prennent des décisions concernant l'entretien et l'infrastructure.

Divisions administratives

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Les subdivisions de la municipalité de Rangoun incluent les trente-trois arrondissements. Les myo-thit (« villes nouvelles » ou villes satellite) ne sont pas comprises dans ces juridictions. En 2022, les districts de la région de Rangoun ont été réorganisés, donnant à la ville de Rangoun neuf nouveaux districts, ainsi que des parties du nouveau district de Twante.

District Arrondissement Carte des districts de Rangoun
Mingaladon Mingaladon
Carte
Carte des districts (noir) de Rangoun (rouge),
(cliquer pour voir les articles)
Shwepyitha
Insein Insein
Hlaingthaya Est
Hlaingthaya Ouest
Ahlon Ahlon
Kyimyindaing
Sanchaung
Kamayut Bahan
Kamayut
Mayangon Hlaing
Mayangon
Nord Okkalapa
Thingangyun Sud Okkalapa
Tamwe
Thingangyun
Yankin
Kyauktada Dagon
Kyauktada
Lanmadaw
Latha
Pabedan
Seikkan
Botataung Botataung
Dawbon
Mingala Taungnyunt
Pazundaung
Thaketa
Dagon Myothit Dagon Seikkan
Nord Dagon
Sud Dagon
Est Dagon
Twante Seikkyi Kanaungto
Partie de Dala

La langue vernaculaire de Rangoun est le birman. L'anglais est souvent parlé parmi les plus vieux habitants et les plus éduqués.

La ville abrite la plus ancienne université de Birmanie : d'abord affiliée à l'université de Calcutta, l'université de Rangoun fut officiellement fondée comme institution à part en 1920. Deux des quatre universités de médecine de Birmanie se trouvent à Rangoun.

La population de Rangoun compte 80 % de bouddhistes pratiquants. La cathédrale catholique de Rangoun a été construite par les prêtres des Missions étrangères de Paris.

Comme dans le reste de la Birmanie, le bouddhisme est la religion prédominante à Rangoun. Les nombreuses pagodes et temples qui parsèment la ville en témoignent. Les mosquées contribuent également à façonner le paysage urbain. Le christianisme y occupe aussi une place importante. Rangoun est le siège d'un archevêque catholique romain qui dirige l'archidiocèse de Rangoun. La cathédrale est dédiée à l'Immaculée Conception de Marie. La religion anglicane est également représentée à Rangoun par un archevêque. Il dirige le diocèse de Rangoun de l'Église de la Province de Birmanie, dont il est également le primat. L'église principale est la cathédrale de la Sainte-Trinité. Les jaïns et les sikhs possèdent également des centres religieux dans plusieurs quartiers de la ville.

Le musée national (en) abrite des objets tels que le Sihasana (en) (Trône du Lion) ayant appartenu à Thibaw Min[20]. Le Musée des pierres précieuses (en)[20], abrite le plus grand saphir du monde, provenant de Mogok[21]. La verrerie Nagar, qui possède une collection de cristal soufflé, a notamment réalisé les yeux du Bouddha couché de la pagode Chaukhtatgyi[21].

Les autres musées remarquables sont lr musée Bogyoke Aung San (en), le musée de l'élimination de la drogue (en), le planétarium de Rangoun (en) et le musée du cinéma (en).

Télévision

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Les principales chaînes de télévision du pays sont basées à Rangoun. Il y a deux chaînes principales : TV Myanmar et TV Myawaddy (cette dernière créée en 1995), qui diffusent de h à h, et de 16 h à 23 h, respectivement. La plupart des hôtels sont équipés pour la réception de la télévision par satellite.

Il y a d'autres chaînes, mais thématiques : Myanmar International (ex MRTV-3), MRTV-4, et Channel 5. Myanmar International diffuse des émissions en anglais de 9 à 10 h en Birmanie ; à l'étranger elle diffuse de 13 à 14 h, de 18 à 19 h, et de 2 à h. C'est une chaîne en anglais pour un public étranger, pouvant être vue dans 126 pays. MRTV-4 (lancée en 2004) diffuse des émissions éducatives et de divertissement, de 7 à 23 h. Channel 5 diffuse des films en langue étrangère (anglais, chinois, hindi…), avec des sous-titres en birman, ainsi que des dessins animés.

Radio Myanmar diffuse en anglais de h 30 à h, de h 30 à h, et de h à 10 h 30. New City FM (fondé en 2002) diffuse de 8 à 10 h et de 13 à 17 h, tandis que City FM diffuse de 7 à 21 h (musique de Birmanie et ailleurs, émissions diverses, entrevues…).

Presse écrite

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Il y a trois journaux publiés le matin : Myanmar Ah Lin, Kye mon in Myanmar, et The New Light of Myanmar (ce dernier en anglais). (Un autre journal national est publié à Mandalay, The Yadanabon News.) En journaux hebdomadaires on trouve le Myanmar Times, en anglais tous les lundis, et en birman tous les vendredis. Il y a trois magazines en anglais, Golden Myanmar, Myanmar Chronicle, et Myanmar Perspective. On trouve des journaux et magazines étrangers dans certaines librairies.

La Bibliothèque nationale de Birmanie (en) est située dans le quartier de Yankin. Il y a plusieurs douzaines de cinémas à Rangoun et le théâtre national de Rangoun (en). On y trouve également des cafés, des salons de thé.

Le week-end, les habitants les plus aisés de Rangoun sortent parfois passer quelques jours aux plages proches de la ville, dont Chaung Tha et Ngwe Saung (région d'Ayeyarwady). La majorité des autres habitants, travaillant tous les jours, sont également occupés le week-end. Les centres commerciaux sont d'ailleurs ouverts tous les jours de la semaine et sont très populaires auprès de la population. En effet, ils représentent un havre de fraîcheur très appréciable.

Portail de l'école Sanchaung 2.
L'école TTC.

Alors que de nombreux élèves des quartiers pauvres n'atteignent pas le niveau du lycée, quelques lycées de Rangoun situés dans des quartiers plus aisés, tels que Dagon 1 (en), Sanchaung 2 (en), Kamayut 2 (en), Bahan 2 (en), Latha 2 (en) ou TTC (en), fournissent la majorité des élèves admis dans les universités les plus sélectives du pays[22]. Les familles aisées contournent complètement le système éducatif public, envoyant leurs enfants dans des écoles privées d'enseignement en anglais, telles que l'International School of Myanmar (ISM), ou à l'étranger, généralement à Singapour ou en Australie, pour leurs études universitaires.

Les jeunes expatriés étudient entre-autres à l'école internationale de Rangoun (en), au Lycée français international de Rangoun - Joseph-Kessel[23] ou à l’école japonaise de Rangoun (en).

Enseignement supérieur

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Université de technologie de Rangoun.

Rangoun compte plus de 20 universités et établissements d'enseignement supérieur. Si l'université de Rangoun demeure la plus prestigieuse (son campus principal est un pilier de la culture birmane populaire, notamment à travers la littérature, la musique et le cinéma), la plus ancienne université du pays est aujourd'hui principalement dédiée aux études supérieures, et ne propose plus de cursus de premier cycle. Suite au soulèvement national de 1988, le gouvernement militaire a fermé à plusieurs reprises des universités et a transféré la plupart des étudiants de premier cycle vers de nouvelles universités de la périphérie, telles que l' Université de Dagon (en), l'Université de Yangon-Est (en) et l'Université de Yangon-Ouest (en).

La plupart des universités les plus sélectives du pays se trouvent toujours à Rangoun. L'université de Médecine 1 de Rangoun (en), l'université de Médecine 2 de Rangoun (en), l'université de Technologie de Rangoun (en), l'Université d'Informatique (en) et l'université Maritime de Birmanie (en), l'université de médecine dentaire (en) et l’université des sciences de l'éducation (en) figurent parmi les plus sélectives du pays[24],[25].

Lieux et monuments

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L’hôtel de ville (en).

Rangoun est la ville ayant le plus grand nombre d'édifices coloniaux de toute l'Asie du Sud-Est[26]. Des bureaux du gouvernement situés dans des immeubles coloniaux (la Cour suprême, la mairie, le marché Bogyoke, etc.) seront bientôt rénovés[27]. Mais après le coup d'État militaire du général Ne Win en 1962, Rangoun resta peu développée, par rapport aux autres grandes villes d'Asie du Sud-Est. Toutefois, le domaine de la construction voit un essor dû à l'investissement étranger (notamment de Singapour et de Chine). Beaucoup d'immeubles résidentiels et commerciaux ont été reconstruits ou modifiés au centre-ville et aux environs. Les « villes nouvelles » (မ္ရုိ့သစ္) et la région environnante restent pauvres.

Édifices religieux

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La ville abrite de nombreux édifices bouddhistes, la population du pays étant majoritairement bouddhiste, parmi lesquels citons la Pagode Shwedagon, la Pagode Sule, la Pagode Botataung (en), la Temple de Bouddha Chaukhtatgyi (en), le Temple de Bouddha Kyauktawgyi (en), le Temple de Bouddha Ngahtatgyi (en), la Pagode Kaba Aye (en), la Pagode Kyaikkhauk (en), la Pagode Maha Wizaya (en) et la Pagode Ye Le (en). Les édifices chrétiens les plus remarquables sont la Cathédrale de l'Immaculée-Conception, la Cathédrale de la Sainte-Trinité (en) et l’Église baptiste Emmanuel (en). La synagogue Musmeah Yeshua est la seule synagogue de Birmanie.

Bâtiments de grande hauteur

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Contrairement à de nombreuses autres grandes villes asiatiques, Rangon ne compte aucun gratte-ciel. Ceci est dû à une réglementation interdisant les constructions à proximité de la pagode Shwedagon ayant une hauteurde plus de 75 % de celle de la pagode qui culmine à environ 160 mètres. Par exemple, en 2015, un projet immobilier de luxe a été annulé en raison de sa proximité avec la pagode. Les critiques affirmaient que le projet risquait d'endommager la structure de la pagode. Hormis quelques hôtels et tours de bureaux, la plupart des immeubles de grande hauteur (généralement de 10 étages ou plus) sont des résidences disséminées dans les quartiers huppés au nord du centre-ville, tels que Bahan, Dagon, Kamayut et Mayangon. Parmi les bâtiments de grande hauteur citons le Palais de Diamant Inya (en), l'hôtel Sedona (en), le Golden City (en), le Myanmar Plaza (en), l'Inno City (en), la tour Sakura (en), les 9 tours de Golden City (en).

Bâtiments historiques

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Le centre-ville compte de nombreux bâtiments coloniaux[28]

Carte
Jumelages et partenariats de Rangoun.Voir et modifier les données sur Wikidata
Jumelages et partenariats de Rangoun.Voir et modifier les données sur Wikidata
VillePaysPériode
Haikou[29]Chinedepuis le
Hô Chi Minh-VilleViêt Nam
KatmandouNépal
Kunming[30],[31]Chinedepuis le
NanningChine
PusanCorée du Sud
Quezon CityPhilippines
FukuokaJapon
YangzhouChine
Marché Bogyoke Aung San.

Rangoun est le centre économique de la Birmanie. La devise est le kyat. La plupart des importations et exportations se font à Rangoun, surtout au port sur le fleuve Yangon, qui rejoint plus loin l'Irrawaddy. On prévoit la construction d'une zone économique spéciale dans l'arrondissement de Thanlyin, en face du port de Thilawa. Elle est en attente d'autorisation[32].

La ville est un centre de commerce affairé, mais les traces du passé restent évidentes dans des édifices bouddhistes telle la pagode Sule, vieille de deux mille ans, et dans l'architecture coloniale anglaise.

Transport aérien

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Aéroport international de Rangoun.

L'aéroport international de Rangoun est l'aéroport international de Mingaladon, situé à dix-neuf kilomètres du centre-ville. On y inaugura récemment un nouveau terminal d'aéroport pour accueillir de plus grands avions et promouvoir le tourisme en Birmanie.

Axes routiers

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Rangoun est reliée à Mandalay par l'autoroute E1, la route nationale 12, la Route nationale 1, et la route nationale 11. Rangoun est aussi desservie par les routes nationales 5 et 8.

Transport ferroviaire

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Gare centrale de Rangoun.

La gare centrale de Rangoun (en) est le terminus principal du réseau ferroviaire de plus de 5000 kilomètres des Chemins de fer de Birmanie. Les lignes desservies par la gare centrale sont : ligne circulaire de Yangon (en), la ligne de Rangoun à Mandalay (en) et la ligne ligne de Rangoun à Mawlamyine (en).

La ligne circulaire de Yangon (en) est un réseau ferroviaire de banlieue de 45,9 kilomètres et 39 stations qui relie les villes satellites de Rangoun[33].

Le transport en commun rapide de Yangon (en) est un système de transport rapide dont la construction a commencée en 2022 et devrait être achevée en 202713[34],[35].

Transport maritime

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Marchandises
L’INS Saryu (en) accostant au port de Thilawa.
Yangon Water Bus.

Le port de Rangoun est un port international majeur, assurant plus de 90 % des exportations et importations courantes du pays. Le port de Rangoun comprend deux zones portuaires : le port intérieur de Rangoun et le port extérieur de Thilawa. Sur un total de 48 postes d'amarrage, 28 se trouvent dans le port intérieur de Rangoun, pour une longueur de quai totale de 4 640 mètres. Le port extérieur de Thilawa (en) compte quant à lui 20 postes d'amarrage, pour une longueur de quai totale de 3 801 mètres[36].

Passagers

Les quatre principaux embarcadères de Rangoun, tous situés près du front de mer central, desservent principalement les traversiers locaux traversant le fleuve vers Dala et Thanlyin, ainsi que les traversiers régionaux à destination du delta de l'Irrawaddy[37]. Le canal de Twante, long de 35 kilomètres, était la voie la plus rapide entre Rangoun et le delta de l'Irrawaddy jusqu'aux années 1990, date à laquelle la route reliant Rangoun à la région de l'Irrawaddy est devenue praticable toute l'année. Bien que des ferries passagers desservent toujours le delta, les liaisons vers la Haute-Birmanie via l'Irrawaddy se limitent désormais aux croisières fluviales. Un nouveau service de bateau-bus, le Yangon Water Bus, a été inauguré en octobre 2017[38].

Transports urbains

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Bus a Rangoun.
Rue du centre-ville de Rangoun.

Les autobus gérés par le Service de bus de Rangoun (en) sont bondés aux heures de pointe. En janvier 2022, le service de bus affirmait que des terminaux de paiement par carte étaient installés dans plus de 1900 bus[39].

Les voitures, quoique chères, sont de plus en plus vues sur les rues de Rangoun, et il commence à y avoir des problèmes de circulation routière. Le gouvernement restreint régulièrement l'importation de voitures étrangères ; le marché noir est donc la principale source de voitures neuves et d'occasion (elles viennent surtout de Thaïlande, puis du Japon et de la Chine). On y conduit à droite, et le volant est souvent lui aussi placé à droite ; cela a pour conséquence de nombreux accidents. Le gouvernement rationne le pétrole ; c'est pourquoi la plupart des voitures roulent avec un mélange de pétrole du gouvernement et du marché noir.

Dans la ville même il est interdit d'utiliser vélos, motos, et rickshaws.

Rangoun était autrefois un exemple à suivre pour le reste de l'Asie du Sud-Est. Trois types de rues furent incorporées lors de la construction de la ville coloniale. Celles allant d'ouest en est étaient larges de 49 mètres. Celles allant du nord au sud formaient une succession de deux rues de 9,1 m de large chacune, une rue de 15 m de large, deux rues de 10,5 m de large, et une rue de 30 m de large ; cet ordre est répété en ceux allant d'ouest en est. Les rues plus petites furent numérotées tandis que celles de taille moyenne et grande furent nommées, certaines en honneur d'habitants importants.

Par exemple, on pouvait trouver la rue Lanmadow, de 30,5 m de large, suivie des petites rues 17e et 18e, puis la rue Sint-O-Dan, de taille moyenne (17,7 m), suivie des petites rues 19e et 20e, puis la rue Latha, de 30,5 m de large, puis encore deux petites rues, les rues 21e et 22e.

Les rues parallèles allant d'ouest en est sont les rues Strand, Merchant, Dalhousie (« Maha Bandoola »), Fraser (« Anawrahta ») et Montgomery Commissioner (« Bogyoke Aung San »).

Noms des rues

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Après l'indépendance de la Birmanie en 1948, beaucoup de rues furent renommées. Aujourd'hui les noms actuels et coloniaux sont utilisés indifféremment pour certaines artères. Voici une liste des principales rues dont les noms furent changés :

  • Ady Road → May Kha Road
  • Campbell Road → Ngahtatgyi Pagoda Road
  • Dalhousie Street → Mahabandoola Road
  • DuBern Road → Parami Road
  • Lower Kemmendine Road → Lower Kyimyindi Road
  • Montgomery Street → Bogyoke Aung San Road
  • Pagoda Road → Shwedagon Pagoda Road
  • Prome Road → Pyay Road
  • Upper Phayre Road → Upper Pansodan Road
  • Sparks Street → Bo Aung Kyaw Street
  • Stockade Road and Judah Ezekiel Road → Theinbyu Road
  • Voyle Road → U Wisara Road
  • Lancaster Road → Nawaday Road
  • Windermere Road → Than Lwin Road
  • Windsor Road → Shin Sawpu Road
  • Stevenson Road → Hledan Road
  • Fraser Road → Anawratha Road
  • Lewis Street → Seikkanthar Street
  • Bar Street → Mahahbandula Park Street
  • York Street → Yaw Min Gyi Street

Personnalités

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  • Aung San Suu Kyi, femme politique birmane, la leader de l'opposition démocratique, est née à Rangoun le 19 juin 1945.
  • Nick Drake, musicien folk anglais, est né à Rangoun le 19 juin 1948.

Bibliographie

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  • Robert Reid et Michael Grosberg, Myanmar (Birmanie), Lonely planet, , 428 p. (ISBN 9782840704683)
Image panoramique
Le Secrétariat
Voir le fichier

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Yangon » (voir la liste des auteurs).
  1. Terme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, cf. Journal officiel du 24 septembre 2008.
  2. [1] Variante donnée par la Commission nationale de toponymie (CNT-CNIG) de France.
  3. (en) Burma's new capital stages parade, BBC News, 27 mars 2006.
  4. (en) Asian Network of Major Cities 21, site officiel, consulté le : 15 janvier 2008
  5. Henri Wesseling, Les empires coloniaux européens. 1815-1919, Folio,
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