Almohades

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Almohades
(ar) الموحدون (al-muwaḥḥidūn)
(ber) ⵉⵎⵡⵃⵃⴷⵏ (Imweḥḥden)

1121/11471269

Drapeau
Drapeau des Almohades.
Description de cette image, également commentée ci-après
Évolution de l’empire almohade.
Informations générales
Statut Califat[1]
Capitale Tinmel (1121–1147)
Marrakech (1147–1269)
À al-Andalus :
Séville (1147–1162)
Cordoue (1162–1163)
Séville (1163–1248)[2]
Langue(s) Berbère dont Berbère masmoudien[3]
Arabe
Religion Islam sunnite (jurisprudence zahirite)
Monnaie Dinar[4]
Superficie
Superficie (en 1150) 2 300 000 km2[5]
• 1200 2 000 000 km2[6]
Histoire et événements
1121 Ibn Toumert se proclame « mahdi », et fonde l'État almohade
1147 Abd al-Mumin capture Marrakech aux Almoravides.
c. 1147 Abd al-Mumin est proclamé calife des almohades
1152 Les Almohades éliminent les Hammadides
1195 Bataille d'Alarcos
1212 Bataille de Las Navas de Tolosa
1229 Les Hafsides rejettent l'autorité des Almohades et deviennent maîtres de l'Ifriqiya
1238 Reconquête du royaume de Valence par Jacques Ier d'Aragon
1269 Le sultan Marinide Abu Yusuf Yaqub élimine les Almohades de Marrakech

Les Almohades (en arabe : الموحدون (al-Mowaḥḥidoun), en berbère : ⵉⵎⵡⵃⵃⴷⵏ (Imweḥḥden)[7], littéralement en arabe « qui proclame l’unité divine ») sont un mouvement religieux berbère qui se structure en empire[8] et qui gouverne le Maghreb et Al-Andalus entre le milieu du XIIe et le XIIIe siècle.

Face à la domination almoravide sur l'ouest du Maghreb et Al-Andalus[9], les Masmoudas du Haut-Atlas marocain[10], apparentés aux Chleuhs du Maroc moderne[11],[12], forment le mouvement almohade au début du XIIe siècle sous la conduite d'Ibn Toumert. Ce mouvement s'appuie sur la doctrine religieuse d'Ibn Toumert. Ce dernier est originaire de la région du Souss et voyage pour parfaire sa formation et sa doctrine à Cordoue, en Orient et à Béjaïa.

Ibn Toumert fonde ensuite l'État almohade[13] dans le Haut Atlas[14]. Pourchassé par les autorités almoravides, ce dernier prône alors une réforme morale puritaine et se soulève contre les Almoravides au pouvoir à partir de son fief de Tinmel[15]. En s'inspirant de Mahomet, il organise un État qu'il adapte remarquablement aux structures de la société berbère[14].

À la suite du décès d'Ibn Toumert vers 1130, Abd al-Mumin désigné comme successeur (en arabe calife) par Ibn Toumert avant sa mort[16] prend la relève et instaure un pouvoir héréditaire[17]. Le nouveau calife consolidera sa position dans l'armée et l'organisation almohade en s'appuyant sur sa tribu, les Koumya zénètes de la région de Nedroma, et sur les Arabes hilaliens qu'il intégra dans l'armée régulière. Sous son règne, les Almohades renversent les Almoravides en 1147, puis conquièrent le Maghreb central hammadide, l'Ifriqiya (alors morcelée depuis la chute des Zirides) et les Taïfas. Ainsi, le Maghreb et l'Al-Andalus sont entièrement sous domination almohade à partir de 1172.

À la suite de la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, les Almohades sont affaiblis et leur empire se morcelle au profit des rois des Taïfas en Al-Andalus, des Zianides au Maghreb central et des Hafsides en Ifrikiya, et voit l'émergence des Mérinides au Maghreb Al Aqsa qui prennent Fès en 1244. Les Almohades, qui doivent désormais payer tribut aux Mérinides et ne contrôlent plus que la région de Marrakech, sont finalement éliminés par ces derniers en 1269.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation du mouvement almohade[modifier | modifier le code]

Mosquée de Tinmel dans le Haut-Atlas marocain, fief des Almohades[18],[19],[20].

Le mouvement almohade est fondé dans le Haut Atlas marocain[10] au début du XIIe siècle par Muhammad Ibn Toumert, un réformateur de l’Anti-Atlas d'origine berbère de la tribu des Hargha[21] de la branche des Masmoudas[10]. S’opposant au rite malikite pratiqué par les Almoravides, Ibn Toumert prêche le retour aux sources religieuses de l’islam ; formé en Orient et influencé par le chiisme et par les idées de Al-Ghazâlî, il reproche à ceux-ci d’avoir délaissé l’étude du Coran pour un juridisme excessif ; il dénonce également leur conception anthropomorphe de Dieu, contraire au principe fondamental de l’unité divine (ou tawhid, « unité divine »). Sa véritable originalité fut dans la méthode de diffusion de sa doctrine plus que dans son contenu lui-même. Son livre Aazou ma youtlab (le meilleur qu'on puisse chercher), constitua la référence expliquant sa doctrine. À Mallala, petite localité de la banlieue de Béjaïa, il élabore sa doctrine au contact de ses étudiants, auxquels il précise le but de sa mission, voir Almohadisme. C'est dans ce village qu'il rencontre un jeune homme de la tribu berbère zénète des Kuniyas : Abd al-Mumin, le futur calife almohade[14].

Localisation approximative des principales tribus à l'origine du mouvement almohade.

Depuis les montagnes du Haut-Atlas, il organise une communauté militaire et religieuse autour d’un islam austère et rigide et, en 1121, se proclame mahdi (le bien guidé, sauveur attendu par les musulmans, c'est un homme providentiel qui selon les sunnites devra combattre le Dajjāl (« l'imposteur »)[22] et précéder la venue de Jésus-Christ ou ʿĪsā)[23].

Le « Maître du Souss » reconnut en Abd al-Mumin, l'homme prédestiné : « La mission sur quoi repose la vie de la religion ne triomphera que par Abd al-Mumin, le flambeau des Almohades » Ibn Tûmart, « l'Impeccable », enseignera à son disciple préféré le dogme de l'« unicité » divine et l'entraînera vers le Maroc jusqu'à son village natal d'Igli[24].

Ibn Toumert met alors en place une structure hiérarchique rigoureuse qui se veut inspirée du modèle prophétique muhammadien. Ce système hiérarchique est influencé par les structures tribales qu'elle reflète, et vise à encadrer l'ensemble de la société almohade[25].

Il compte ainsi les différents groupes formés après la bay'a proclamant et reconnaissant Ibn Toumert comme Mahdi. Il s'agit du Conseil des Dix, des Cinquante, des talaba, des huffaz, et du reste de la population : la totalité (al-kaffa), c'est à dire la masse des partisans structurés en tribus[25].

Le reste de la population est donc formée des « tribus almohades » fondatrices du mouvement appartenant principalement à l'ensemble tribal des Masmouda : Hargha, Ahl Tinmel, Hintata, Gadmiwa, Ganfisa, Ahl Qabail, Sanhadja et Haskoura[25],[26].

Avant son décès, le fondateur avait donc été rejoint par différentes tribus berbères issues principalement des Masmouda[27].

Conquêtes et établissement de l'empire[modifier | modifier le code]

Phases de l'expansion almohade.

Pour éviter que les Masmoudas, au lendemain d'une défaite, ne voulussent écarter Abd al-Mumin, qui demeurait malgré tout un étranger, la mort d'Ibn Tûmart fut longtemps cachée à ses fidèles - plus de deux ans, assurent Ibn Khaldoun[28] et Mohammed al-Baydhaq (en)[29] - pour respecter la volonté du mahdi Ibn Toumert et le temps de préparer sa montée au pouvoir au sein des Almohades[30].

Après que son autorité a été reconnue, grâce notamment au cheikh Abou Hafs Omar El Hintati, chef des Hintata[29], Abd al-Mumin prit la tête d'une armée et lança la guerre sainte, ou jihad, contre le Maghreb almoravide. Avec une armée majoritairement composée de Masmoudas[31][réf. à confirmer], les Almohades déferlèrent sur le Maghreb central. Ils s'attaquèrent à Tlemcen, sous domination almoravide. Pour s'en rendre maître, Abd al-Mumin fit construire un fort le Maçmoudi, depuis lequel il mena le siège de la ville[32][réf. à confirmer]. Pendant qu'il faisait le siège de Tlemcen, Abd al-Mumin envoya le cheikh Abou Hafs Omar El Hintati, meilleur général almohade, s'emparer du Maghreb central[33][réf. à confirmer]. Une grande coalition de tribus zénètes fidèles aux Almoravides se rassembla à Mindas pour lui faire face. Elle rassembla ainsi les Beni Badin, les Beni Iloumi, les Beni Abdelouad, les Beni Toudjin, les Beni Ourcifen, les Beni Merin et les Maghraouas. Le cheikh Abou Hafs Omar finit par écraser et soumettre les Zénètes de la région suite à une bataille décisive. Il s'empara ensuite d'Oran en 1145[34].

Les Almohades s'emparèrent ensuite de Tlemcen, dévastant la ville et massacrant ses habitants. Abd al-Mumin releva les murs et invita d'autres populations à s'y fixer[35][réf. à confirmer]. Fès puis Marrakech tombèrent en 1147.

Le mouvement almohade doté d'une puissante armée formée de plusieurs tribus berbères[36] propulse Abdul-Mu'min (1130-1163) à la tête d’un empire englobant l'ensemble du Maghreb jusqu’à la Tripolitaine et l'Andalousie occidentale (prise de Cordoue en 1148 et de Grenade en 1154). Le nouveau calife consolidera sa position personnelle en s'appuyant sur sa tribu, les Koumya zénètes de la région de Nedroma, et sur les Arabes hilaliens qu'il intégra dans l'armée régulière[17].

Il se proclame Calife[37],[38] et prend le titre califien d'amīr al-mu'minīn (prince des Croyants), rejetant ainsi la souveraineté des Abbassides, et impose le principe d'hérédité dynastique peu avant sa mort[39]. Pour la première fois un maghrébin prend le titre de calife réservé jusque là aux Qurayshites[38].

Son fils, Abu Yaqub Yusuf (11631184) issu de son union avec la fille d'une lignée de Masmouda de Tinmel[40] lui succède. Ce dernier et son propre fils, Abu Yusuf Yaqub al-Mansur surnommé « le Victorieux » (1184–1199) et troisième calife, poursuivent son œuvre et étendent leur autorité à l'ensemble d'Andalousie en infligeant une défaite à Alphonse VIII de Castille à la bataille d'Alarcos en 1195. En Afrique ils réussirent à chasser les garnisons placées dans des villes côtières par les rois normands de Sicile.

Quand les Almohades eurent occupé Cadix, ils eurent à leur disposition la puissante flotte des Beni Maimoun. Le Berbère Yousof, qui avait servi sur les bateaux du roi Roger II de Sicile, puis avait été nommé amiral par Abou Yaâqoub, avait fait de l'escadre du calife la première de la Méditerranée. Aussi Saladin demanda-t-il, en 1190, son concours pour arrêter les rois chrétiens sur la route de Syrie, mais sans doute ne l'obtint-il pas, car sa complicité avec Qaraqouch n'était pas faite pour lui attirer la bienveillance d'Abou Yaâqoub[41].

Mohammed Ibn Tûmart, fondateur du mouvement Almohade, était un berbère né vers 1080 à Igilliz dans la tribu des Hargas, au versant septentrional de l'Anti-Atlas. Il était le fils du chef de ce village amghar. Quant à Abd al-Mumin Ibn Ali, son disciple, c'est un Zénète, fils d'un potier du village de Tadjra, localité située au nord-est de Tlemcen, près de la ville de Nedroma. Ibn Toumert fut chassé par la population de Béjaïa en raison des troubles qu'il y engendrait, et se réfugia à proximité dans la Zaouia de Mellala, rassemblant autour de lui des disciples dont Abd al-Mumin, qui étudiait alors à Béjaïa, capitale hammadide, où il était parti chercher la science.L'empire almohade va s'étendre de la Libye actuelle au nord de l'Espagne et eut pour capitale Marrakech, où les Almoravides (Mourabitoun ou Moulethemin - « voilés ») étaient au pouvoir. Les Almohades prirent Marrakech des mains des Almoravides en 1147, et ses défenseurs furent massacrés ainsi que tous les représentants de la lignée almoravide, notamment le jeune émir Ishak. Rendu maître de la ville de Marrakech, Abd al-Mumin décida d'élever sur les ruines de Dar al Hajar, la mosquée Koutoubia.

Le calife Abd al-Mumin ordonne de déporter au Maghreb al-Aqsa des tribus d’Arabes bédouins hilaliens. Ces tribus lui permettent de soutenir son entreprise dynastique face à la menace de partis masmoudiens rivaux, de repeupler les plaines atlantiques dépeuplées par la répression contre les Berghouatas de 1149, mais également à le pourvoir en recrues pour affermir durablement sa conquête d’al-Andalus.

Ces déportations de bédouins font également progresser l’arabisation du Maroc, tandis que les populations bédouines demeurées plus à l'est fragilisent l’autorité almohade en Ifriqiya[42].

Déclin et chute de la dynastie[modifier | modifier le code]

À la suite de l'irruption en Berbérie Orientale des frères Ali et Yahia Ben Ghania, descendants des Almoravides qu'Abd el-Moumin avait dépossédés après avoir traversé l'Algérie en vainqueurs. Les deux frères s'étaient taillés une principauté dans le Djerid, Ali fut tué, mais son frère Yahia entreprit la conquête du centre et du nord de l'Ifriqiya. Il réussit à s'emparer de Mahdia, de Kairouan et de Tunis en 1202, faisant prisonniers le gouverneur almohade et ses enfants. Ben Ghania pilla les villes, ses jardins et ses animaux[43].

Devant cette situation pleine de périls, le calife Al Nacir, qui régnait à Marrakech partit à la reconquête de l'Ifriqya. Il entra, en , à Tunis abandonnée par l'ennemi et y resta un an pour rétablir l'autorité almohade sur l'ensemble du territoire. Avant de repartir il confia le gouvernement de la province à un de ses fidèles lieutenants, Abdel Ouhaid Abou Hafs el Hentati (forme arabisée du nom berbère Faska u-Mzal Inti).

Le nouveau gouvernement avait été investi des pouvoirs les plus étendus : il recrutait des troupes qui lui étaient nécessaires pour la paix et pour la guerre, nommait les fonctionnaires de l'État, les cadis. Il fut un chef intelligent et énergique. Après sa mort, son fils Abou Zakariya lui succéda en 1228 et fondera la dynastie Hafside.

Les États chrétiens d'Espagne (Castille, León, Aragon et Navarre) et du Portugal s'organisent pour la Reconquista, notamment en faisant taire leurs disputes et en appelant à leur soutien des troupes de croisés de tout l'Occident, ils infligent à El-Nasir la défaite de Las Navas de Tolosa ().

Au Maghreb, des dynasties locales s'imposent. En 1229, un an après sa nomination, Abou Zakariya se proclamait indépendant du calife de Marrakech sous prétexte que celui-ci avait embrassé le sunnisme, instaurant la dynastie hafside. Les Abdalwadides, gouverneurs du Maghreb central au nom des Almohades, se proclament également indépendants en 1239. ou encore les Mérinides qui s'emparent en 1244 de Meknès dans le Maghreb occidental.

Dans le même temps, la Reconquista progresse à grands pas. Cordoue, la ville symbole de l'islam espagnol, tombe en 1236, Valence en 1238, Séville en 1248. Seul l'émirat de Grenade subsiste, gouverné par la dynastie des Nasrides.

Au Maghreb al-Aqsa, les Mérinides, prennent Fès et Meknès en 1244 et imposent leur suzeraineté aux Almohades qui ne contrôlent plus que Marrakech. En 1269, les Mérinides entrent à Marrakech et destituent le dernier Caliphe, Abû al-`Ula al-Wâthiq Idrîs, mettant ainsi fin à la dynastie almohade.

Langue[modifier | modifier le code]

Du temps de l'Empire almohade, le terme pour désigner la langue berbère dans les textes en arabe est « al-lisān al-ġarbī », la « langue occidentale » davantage à interpréter comme « langue des habitants du Maġrib » et, plus spécifiquement encore, « langue des habitants du Maġrib al-aqṣā ». Fait singulier, l'administration almohade cherche à institutionnaliser la langue berbère et plus précisément le berbère des Masmoudas. La prépondérance du peuplement Masmouda au Maghreb al Aqsa, en sus des facteurs politiques, explique que les corpus les plus substantiels retrouvés le sont lié au chleuh tant du point de vue lexical que morphologique[44].

La tradition linguistique à dominante berbérophone et orale de la base berbère de l’État almohade, dont bon nombre sont des Masmoudas, rend compliqué la dispense des enseignements de la doctrine almohade, et le nécessaire passage à l'écrit de tout fait d'administration. Les Almohades auront ainsi recours principalement aux élites arabophones citadines, lettrées, dont certaines étaient au service des Almoravides. Dans certains cas ces lettrés sont même opposés à la doctrine almohade, mais nécessaires à l'administration des territoires conquis. Ibn Toumert doit faire preuve de réalisme et la société almohade prend la configuration d'une société à « literacy restreinte », où la langue écrite n’est pas la langue vernaculaire[45].

Cette langue fut la langue véhiculaire du Maghreb Al-Aqsa, à l'époque des Almohades[45]. Une lettre rédigée à Béjaïa sur ordre d'Abd el-Mumin en janvier 1161, rappelle, entre autres, son usage dans le domaine religieux (dont la lecture et l'enseignement du tawhid). Elle insiste sur le rôle imparti de cette langue et sur le devoir pour tous ses habitants de l’apprendre[46]. Cependant l'usage de la langue arabe et de la culture arabe progresse durant la période almohade tant d'un point de vue qualitatif que quantitatif, et ce notamment sous l'influence du milieux savant andalous. L’enseignement dispensé aux califes, aux cheikhs almohades et aux fonctionnaires de l’Empire était donné en berbère et en arabe[45]. Dans la première langue, était enseigné uniquement la doctrine d'Ibn Toumert, l'almohadisme[45].

Un manuscrit du XIIe siècle, Kitāb al-asmā’ « livre des noms » du savant de la Qalaa des Beni Hammad, Abu Abdullah Muhammad ibn Jaɛfar al-Qaysi, a été étudié par l'Inalco comme un témoin des lexiques arabo-berbères de l'époque. Il en ressort que la majorité du lexique employé dans cette copie du manuscrit se rapproche du tachelhit (chleuh) actuel mais que l'on retrouve aussi des termes d'autres aires linguistiques berbères[47].

Ghouirghate formule l'hypothèse d'une institutionnalisation de la variante masmouda du berbère du « de haut en bas » dans l'Empire. Abu al-Abbas al-Azafi dans un panégyrique consacré au saint religieux Abū Ya‘zā parle de sa langue comme « langue de l'Occident ». Le lexique employé est proche du chleuh actuel, alors que Abu al-Abbas al-Azafi est originaire du Ǧabal Irūǧān[45]. Van Den Boogert explique cette ressemblance avec le chleuh moderne par une altération du contenu lors de la copîe du vocabulaire des textes médiévaux. Selon lui, au Moyen Âge, le berbère médiéval s'écrit en caractère arabe dans un style dit maghribi dont on retrouve les traces du Xe siècle au XIVe siècle, en dehors du cadre temporel de la seule dynastie almohade[48]. Les copies des textes médiévaux dont nous disposons sont toutes datées de la période post-médiévales quand l'orthographe médiévale est tombée en désuétude. Ainsi les copies par des non-berberophones ou par des locuteurs du tachelhit (chleulh) à partir de la fin du XVIe siècle ont abouti à des versions de manuscrit dans un style fondamentalement différent de celui du berbère médiéval[49].

Elle disposait d'un vocabulaire pointu et avancé, ayant permis la publication de livres de géographie, de botanique ou encore de dictionnaires scientifiques[50].[réf. à confirmer]

Art[modifier | modifier le code]

Calligraphie[modifier | modifier le code]

Les Almohades a adopté un style d'écriture cursive dit maghribi en tant que style officiel utilisé dans l'architecture, les manuscrits, la monnaie ou encore les documents du Maroc moderne[51]. Cependant, le kufi plus angulaire était toujours utilisé, bien que sous une forme retravaillée dans l'épigraphie coranique, et a été vue détaillée en argent dans certains colophons[52]. L'écriture maghribi, souvent dorée, était utilisée pour mettre l'accent lorsque l'écriture standard était considérée comme insuffisante. Le maghrebi de la région d'al-Andalus au cours des XIIe au XIVe siècles était caractérisé par des lignes allongées, des courbes allongées et l'utilisation de plusieurs couleurs pour les vocalisations, dérivées des habitants de Médine[52].

Extrait d'un Coran copié par le calife almohade Abu Hafs al-Murtada en 1266, ce dernier est exposé à Bibliothèque Ben Youssef de Marrakech.

Textiles[modifier | modifier le code]

Les Almohades ont d'abord évité la production de textiles et de soies de luxe, mais finalement ils se sont eux aussi engagés dans cette production. Les textiles almohades, comme les productions almoravides antérieurs, étaient souvent décorés d'une grille de cocardes remplies de motifs ornementaux ou d’écritures arabes. Cependant, les textiles produits par les ateliers almohades utilisaient progressivement moins de décoration figurative que les textiles almoravides antérieurs, au profit d'entrelacs de motifs géométriques et végétaux[53].

Bannière almohade capturé par Alphonse VIII de Castille lors de Las Navas de Tolosa (1212).

Architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture produit de nombreux chefs-d'œuvre dont trois mosquées remarquables par la similitude de leur minaret (base carrée et décoration) au point qu'elles aient été surnommées les trois sœurs : la Giralda de Séville, la Koutoubia de Marrakech et le minaret inachevé de la mosquée Hassan à Rabat, plus connu sous le nom de Tour Hassan.

Fanatisme religieux[modifier | modifier le code]

Persécutions religieuses[modifier | modifier le code]

« Les Almohades vont brutalement changer les conditions de vie des dhimmis juifs et chrétiens[55] », les forçant à se convertir, en infraction, selon Michel Abitbol, avec la tradition musulmane, qui avait jusque-là réservé aux "gens du Livre" un statut particulier[55]. Des milliers de juifs et de chrétiens se sont convertis malgré eux à l'islam ; des milliers d'autres se sont enfuis ; beaucoup ont été tués, en Afrique du Nord comme en Espagne[56].

En Al-Andalus, le douzième siècle est ainsi considéré comme la fin de l'âge d'or de la culture juive dans la péninsule Ibérique.

Selon Adnan Husain, l'avènement du radicalisme austère porté par les Almohades est vécu comme une catastrophe non seulement par les juifs et les chrétiens, mais également, en Espagne, par les musulmans d'Al-Andalus[55].

Autodafés de livres et persécutions contre les savants[modifier | modifier le code]

Les universités rejettent les connaissances de la Grèce et la Rome antique ainsi que l'enseignement de philosophes comme Averroès dont les Almohades firent brûler les œuvres en place publique, après avoir interdit la philosophie et le recours à la raison. Plusieurs grands philosophes de toutes religions furent persécutés sous cette dynastie. Averroès, philosophe musulman, et Maïmonide, philosophe juif, sont les plus connus. Averroès fut accusé d'hérésie et exilé pendant un an et demi (avant d'être rappelé au Maroc). Pour ne pas être contraint d'abjurer sa religion, Maïmonide sera contraint d'émigrer définitivement ; il trouvera refuge en Égypte à la cour des Fatimides puis de Saladin.

Économie[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

À l'époque des Almohades, les musulmans, qui avaient été les premiers à organiser les formes de leur commerce selon les nécessités du trafic international [citation nécessaire], avaient perfectionné leurs méthodes, dont les chrétiens s'inspiraient. Malgré les différences de religion et le développement de la course, dont le contrôle échappait aux souverains africains, les rapports et les échanges entre chrétiens et musulmans ne cessèrent de se développer. Les Almohades abandonnèrent graduellement la notion de jihâd perpétuel contre "les infidèles" qui fut en viguer chez les Almoravides et dont les bases juridiques remontent à l'ouvrage de Abû Bakr al-Qayrawânî[57]. Chez les Almohades, la guerre legale ou jihâd fut principalement dirigée contre les Almoravides conformément à la doctrine d'Ibn Tumart[58]. Le Grand Maghreb ne trafiqua pas seulement avec l'Espagne. Tunis, Bougie, Constantine, Tlemcen, Ceuta (il existait un foundouk marseillais [fundicium marcilliense] à Ceuta en 1236) échangèrent des marchandises avec Pise, Gênes, Venise, Marseille[59].

Monnaie[modifier | modifier le code]

Le califat almohade frappe sa monnaie dans la tradition musulmane : l'unité est le dinar en or. Cependant dès le premier calife Abd el-Mumin, il s'opère une réforme pondérale du dinar qui se poursuit sous ses successeurs[60]. Le poids du dinar passe en effet de 4.2g à 2.3g sous son règne. Le dinar frappé sous Abd el Mumin (dinar mumini) ou celui frappé sous son fils Yusuf (dinar yousoufi) a probablement une inspiration orientale : des exemplaires retrouvées à la Kalaa Beni Hammad, pèsent 2.36g soit la moitié du mitqal abbasside du calife Al Mansur de 4.72g[61]. Plus tard, le dinar yaqubi, lui pèse 4.7g[62]. Un doublon est frappé avec un poids de référence de 4.72g sous le règne du calife almohade Al Mansur[61]. Cette réforme pondérale almohade s'accompagne probablement de motifs idéologiques : se démarquer des dynasties précédentes. Mais le mahdi Ibn Tumert ne s'est pas consacré au poids et mesures dans son kitab. Une des hypothèses est une influence de l'école zahrite, qui toutefois ne peut être ni affirmée, ni infirmée en l'absence de textes officiels de l'époque[63].

Le dinar almohade est décliné en un sous-multiple la masmodina (littéralement « monnaie des Masmouda ») au poids de 2,3 g[64]. Le petit dinar almohade est aussi rencontré sous le nom de masmoudina[65], c'est le dinar plus souvent frappé par les Almohades[66]. Elle était également la pièce fractionnaire la plus importante[67].

La majorité des ateliers de frappe de dinars almohades se trouvaient au Maroc et en Al-Andalus. En effet, selon les comptages de Khaled Ben Romdhane, sur un total de 262 dinars almohades portant une indication de lieu de frappe, seuls 26 sont de Bougie, et 7 de Tunis, l'essentiel des dinars provenant du Maroc ou d'al-Andalus[68][réf. à confirmer].

Abd al-Mumin s'est empressé de frapper une monnaie différente de celle de ses prédécesseurs almoravides, en y introduisant la forme carrée[69].Cette forme carrée se veut un moyen de se démarquer des califes non-orthodoxes dont l"héritage est rejeté par les Almohades. Les inscriptions habituelles des monnaies islamiques sont remplacées par quatre inscriptions inscrites dans des segments de cercle ne comportant ni lieu de frappe, ni date, mais simplement le nom : la kuniya de Abd el Mumin, son titre d'émir des musulmans, suivi d'un verset de la première sourate du Coran. La citation coranique disparait sous les successeurs d'Abd el Mumin. L'inscription du carré sous Abd el Mumin est consacrée à Ibn Toumert, qualifié d'Imam du peuple et « chargé de l’exécution de l'ordre d'Allah »[70]. Dans certaines monnaies frappées sous Abd el Mumin, Ibn Toumert est qualifié de « calife d'Allah », dans d'autres son nom est remplacé par celui d'Abd el Mumin. Sous ses successeurs, le texte du carré est modifié : une place de choix est accordé à Abd el Mumin sous ses deux premiers successeurs, alors que Ibn Toumert, le Mahdi, est passé sous silence[70].

Grâce à la prise de Sijilmassa, les Almohades se sont assuré leur approvisionnement en or dès 1145-1446. Les premières frappes de dinar almohade datent de la même année, dans les villes de Fès, Salé et Meknès[71]. Dès l'année suivante, les dinars sont régulièrement émis à Marrakesh[71]. Durant les années 1155-1156, le dinar des émissions régulières de dinars à Fès et Ceuta, laissent peu de doute sur l'efficience de l'axe commercial Sijilmassa/Fès/Ceuta[71].

Plusieurs villes : Fès, Ceuta, Séville et Bougie, gouvernées par des sayyid (gouverneurs de la famille du calife d'Abd el Mumin), commencent à émettre des séries monétaires de façon continue à partir de l’année 1155-1156 alors que Tlemcen et Sijilmassa ne voient l'émission de dinar commencer que vers 1163-1164, alors qu'elles furent paradoxalement parmi les premières villes conquises[71].

Chronologie de l'empire almohade[modifier | modifier le code]

Souverains almohades[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Almohades en arabe al-Muwaḥḥidūn - LAROUSSE », sur larousse.fr (consulté le ).
  2. Le Moyen Âge, XIe-XVe siècle, par Michel Kaplan & Patrick Boucheron. p.213, Ed. Breal 1994 ( (ISBN 2-85394-732-7))[1].
  3. Mehdi Ghouirgate, « Chapitre V. Le choix de la langue », dans L’Ordre almohade (1120-1269) : Une nouvelle lecture anthropologique, Presses universitaires du Midi, coll. « Tempus », 27 février 2020 (ISBN 978-2-8107-0867-3), p. 215–251, « Ensuite, on y parle différentes langues berbères, langues inconnues des Arabes. [...] tous, quand ils mettent en scène des Almohades en train de s’exprimer, utilisent la terminologie de « langue occidentale » (al-lisān al-ġarbī) ; peut-être faut-il la comprendre davantage comme « langue des habitants du Maġrib » et, plus spécifiquement encore, « langue des habitants du Maġrib al-aqṣā ». »
  4. P. Buresi, La frontière entre chrétienté et islam dans la péninsule Ibérique, p. 101-102, Ed. Publibook 2004, (ISBN 2748306449 et 9782748306446) [2].
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    « son successeur Abdel Moumin prend le titre de Calife et d'Amir El Mouminin. Pour la première fois un maghrébin prend le titre de calife réservé jusque là aux Qorayshites. »

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    « Pour soutenir sa construction dynastique et contrebalancer la menace de partis masmûda rivaux, le calife ordonne de déporter au Maghreb al-Aqçâ des tribus d’Arabes bédouins, destinées à repeupler les plaines atlantiques, dévastées et dépeuplées par la répression de 1149, et à lui fournir des recrues pour affermir durablement la conquête d’al-Andalus. Ces déplacements ont pour effet de faire progresser l’arabisation du futur Maroc. Mais tous les bédouins ne sont pas déplacés : il en reste assez pour fragiliser l’autorité almohade en Ifriqiya. »

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  44. Ghouirgate, op.cit, « L’époque almohade se caractérise par le fait que, pour la première fois, l’État sut donner une traduction institutionnelle au berbère, et plus précisément au berbère des Maṣmūda. Or, tout un faisceau d’indices atteste du fait que les Maṣmūda constituaient le peuplement majoritaire du Maġrib al-aqṣā. La prépondérance numérique de ce groupe expliquerait, en sus des facteurs politiques, pourquoi les sources en berbère les plus substantielles relatives à la période médiévale sont liées au tachelḥit, tant du point de vue du lexique que de la morphologie. »
  45. a b c d et e Mehdi Ghouirgate, « Chapitre V. Le choix de la langue », dans L’Ordre almohade (1120-1269) : Une nouvelle lecture anthropologique, Presses universitaires du Midi, coll. « Tempus », (ISBN 978-2-8107-0867-3, lire en ligne), p. 215–251
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  63. Africa, op.cit, « Nous avions insisté sur le rôle du facteur théologique unitariste dans la philosophie de gouvernement chez les Almohades. Dans son kitab, Ibn Tūmart ne fait aucune allusion sur les poids et les mesures. Il pourrait être éclairant de rapprocher la réforme pondérale muƆ minide d'une école religieuse dont l'idéologie est proche de celle des Almohades et qui aurait insisté sur l'augmentation du mitqal. [...] Or, fait remarquablement, le zāhirisme professé par Ibn Hazm obtient un regain de cause auprès des premiers califes mu’minides. C'est que les califes ont favorisé toutes les écoles sunnites hostiles au malékisme, maudit en ce temps-là. »
  64. Jean Pierre Cuvillier, Histoire de l'Europe occidentale au Moyen âge : IVe siècle-début du XVIe siècle, Ellipses, (lire en ligne), p. 110
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Annexes[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Jacques Attali, La Confrérie des Éveillés, Fayard, Paris, 2004, 314 pages. (Roman historique se déroulant dans le Maroc et l'Andalus almohades, au milieu du XIIe siècle.)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]