Marche verte

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Billet de banque de 100 dirhams à l'effigie du roi Hassan II et commémorant la Marche verte.

La Marche verte (en arabe : المسيرة الخضراء) est une grande marche pacifique partie du Maroc le vers le territoire dit alors « Sahara espagnol » ou encore de nos jours Sahara occidental (disputé avec le Front Polisario), lancée par le roi marocain Hassan II dans le but de le récupérer, le considérant historiquement lié au Maroc et comme faisant partie du Sahara marocain.

La Marche a fait suite à l'avis consultatif de la Cour internationale de justice rendu sur demande d'Hassan II, reconnaissant les liens d'allégeances qu'il avait évoqués, mais aussi le droit à l'auto-détermination des peuples[1].

Les Forces armées royales marocaines, peu avant, étaient intervenues dans l'Est du territoire pour occuper plusieurs points stratégiques et, le moment venu, ont été présentes autour de volontaires marocains.

Le 6 novembre est devenu le jour d'une fête nationale au Maroc.

Pour célébrer le 40e anniversaire de la marche verte, d'anciennes gloires du football mondial se sont retrouvées pour un match de gala au stade Sheikh Mohamed Laghdaf, à l'instar de Diego Maradona, Abedi Pelé, George Weah[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Maroc revendique le territoire du Sahara occidental depuis son retour à l’indépendance en 1956. En août 1974, l'Espagne, qui souhaite se retirer, annonce l'organisation d'un référendum d'autodétermination pour 1975. Le Maroc s'oppose à tout référendum qui pourrait conduire à l'indépendance du territoire et demande à la Cour internationale de justice de statuer sur sa revendication. Le lendemain, la Cour internationale de Justice rend son avis : elle reconnaît que le territoire du Sahara occidental n'était pas terra nullius avant la colonisation par l'Espagne et qu'il avait des liens juridiques d'allégeance avec le Maroc et l'ensemble mauritanien. Cependant, elle ne constate aucun lien de souveraineté territoriale. Elle conclut que ces liens ne sont pas de nature à entraver « l'application du principe d'autodétermination grâce à l'expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire »[1].

La Marche verte est un « coup de poker » d'Hassan II pour rétablir ou établir — selon les points de vue — la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, dans un contexte de plus en plus défavorable. Dans les heures qui suivent la publication de l'avis de la CIJ, il annonce aux Marocains que celle-ci a conclu en faveur du Maroc, et qu'il est temps de prendre possession du territoire en y marchant pacifiquement. En montrant à l'Espagne que son pays est déterminé à reprendre les « territoires du Sud », il veut contraindre celle-ci à choisir entre des négociations directes de cession ou une confrontation avec des civils sans armes, ce qui déclencherait une guerre pour un territoire dont elle ne veut plus. En occupant physiquement le terrain, il cherche également à contrer le Front Polisario sur place et à dissuader l'Algérie d'intervenir.

Selon Jacob Mundy, dans Le Monde diplomatique, quelques jours avant la Marche, le , un détachement des Forces armées marocaines (FAR) commandé par Ahmed Dlimi s'infiltre dans l'extrême Nord-Est du territoire, afin de déjouer une contre-offensive possible de l'Algérie[3]. Il occupe les localités de Farsia, Haousa et Jdiriya (en). D'après l'hebdomadaire marocain Telquel, les FAR étaient bel et bien présentes dès le 31 octobre 1975 pour sécuriser et occuper « plusieurs points stratégiques », et les FAR ont été aussi là « pour mater les guérilleros du tout jeune Front Polisario »[4].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Hassan II sollicite le départ de 350 000 volontaires civils marocains en direction du Sahara occidental, duquel l'Espagne ne s'était pas encore, au moins officiellement, retirée. Devant l'afflux des volontaires, une loterie est organisée pour désigner les participants.

Les volontaires, désarmés et portant chacun un Coran et un drapeau national, entourés par 20 000 soldats des Forces armées royales[5], pénètrent dans le Sahara occidental à Tah le 6 novembre. Trois jours après, Hassan II les appelle à revenir, « ses objectifs politiques et symboliques [étant] atteints »[5].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Devant le fait accompli, l'Espagne négocie alors avec le Maroc et la Mauritanie, et les trois pays signent les accords de Madrid prévoyant le transfert de la souveraineté des deux tiers septentrionaux du territoire (Seguia el-Hamra) au Maroc et le tiers sud restant (Oued ed-Dahab) à la Mauritanie.

Pour commémorer cet événement, le 6 novembre est devenu le jour d'une fête nationale au Maroc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Sahara occidental : Avis consultatif du 16 octobre 1975 », sur Cour internationale de justice, La Haye
  2. « Maradona pour célébrer la Marche verte », sur leseco.ma,‎ (consulté le 10 novembre 2015)
  3. (en) Jacob Mundy, « How the US and Morocco seized the Spanish Sahara », Le Monde diplomatique, Paris,‎
  4. Rédaction, « Dossier : Mensonges d'État », Telquel, Casablanca, no 357,‎ du 24 au 30 janvier 2009 (lire en ligne)
  5. a et b Vermeren 2010, p. 72

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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