Berghouata

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Territoire des Berghouata (Tamesna), en bleu

Les Barghawata (ou Berghouata) sont une confédération tribale berbère, rassemblant des tribus principalement masmoudiennes qui établit un royaume indépendant s'étendant sur la région de la Tamesna entre 744 et 1058, sous l'égide de Tarif al-Matghari.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les Berghoutas designent plusieurs tribus berbères sous les ordres de Saleh ben Thryf qui prétendait être prophète et vint fixer sa résidence à Tamesna. Il est originaire de Bernatha, forteresse de la province de Sidonia en Andalousie. Ses premiers disciples furent appelés Bernathy, dont les arabes firent Berghouaty d’où le nom de Berghouata. .

Religion[modifier | modifier le code]

Saleh ben Tarif se prétendait prophète et prit le nom de Saleh El Moumenyne (vertueux parmi les croyants).

Le Royaume de Barghawata développa une religion inspirée par l’Islam avec quelques éléments du Sunnisme, du Chiisme et une empreinte du paganisme. On croit même qu’ils avaient leur propre Coran en Berbère ayant 80 sourates sous le règne de Salih Ibn Tarif Il s’est autoproclamé prophète puis le dernier Mahdi et a proclamé que Jésus était son compagnon.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Peu de détails historiques sont connus sur Barghawata. La plupart des sources historiques sont largement postérieures à leurs règnes présentant parfois des contradictions voire des confusions dans le contexte historique. Pourtant, une tradition a apparu plus vraisemblable. Elle nous vient de Cordoue en Espagne dont son auteur est l’ambassadeur de Barghawata Abou Salih Zammour, aux environs de la moitié du Xe siècle. Cette tradition est vue comme la plus détaillée concernant les Barghawata.[évasif]

Elle était rapportée par Al Bakri, Ibn Hazm et Ibn Khaldoun, pourtant leurs interprétations comprenaient quelques divergences selon leurs points de vue. Les Barghawatas étaient alliés de la secte des Kharidjites qui embrassèrent une doctrine d’égalitarisme en opposition à celle des Qoraychites qui était essentiellement aristocratique, le règne des Omeyyades en fut plus tard la preuve. Après la défaite des Kharidjites à Kairouan, Tunisie en 741, les Barghawatas au Maroc font une retraite dans la région de Tamesna, lieu où ils fonderont après leur royaume[réf. nécessaire].

Les Barghawatas domineront sur Tamesna plus de trois siècles entre 744 et 1058. Sous la succession de Salih Ibn Tarif, Ilyas Ibn Salih, Younous (842-888) et Abou Ghoufaïl (888-913) la position du royaume tribale a été consolidée et des missions étaient envoyées régulièrement aux tribus voisines. Ayant initialement de bonne relation diplomatique avec le Calife de Cordoue, cette dernière fut arrêtée à la fin du Xe siècle avec le règne des Omeyyades. Deux incursions Omeyyades, ainsi que des attaques des Fatimides avaient mis en péril la stabilité de Barghawata. Depuis le XIe siècle une intense guérilla éclata avec des fractions des Banou Ifrane. Malgré la position précaire des Barghawatas, ils étaient capables de se défendre vaillamment contre les attaques des Almoravides – le leader spirituel des Almoravides, Ibn Yassine, a été tué de leurs mains dans une bataille en 1058. C’est seulement qu’en 1149 que les Barghawata ont été éliminés par les Almohades comme un groupe politique et religieux.[réf. nécessaire]

Rois de Barghawata[modifier | modifier le code]

  • Tarif al-Matghari
  • Salih ibn Tarif
  • Ilyas ibn Salih
  • Younous ibn Ilyas
  • Abou Ghafir Muhammad
  • Abou al-Ansar Abdoullah
  • Abou Mansour Issa

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ulrich Haarmann, Geschichte der Arabischen Welt. C.H. Beck München, 2001.
  • John Iskander, Devout Heretics: The Barghawata in Maghribi Historiography, in The Journal of North African Studies Volume 12, 2007, pages 37–53.
  • Stephan und Nandy Ronart, Lexikon der Arabischen Welt. Artemis Verlag, 1972.
  • Mohammed Talbi, Hérésie, acculturation et nationalisme des berbères Bargawata, in Premier congrès des cultures Méditerranéennes d'influence arabo-berbère, Alger 1973,217-233.
  • Roudh El kartas ecrit à la cour de Fes en 1326

Liens externes[modifier | modifier le code]