Conquête almoravide d'al-Andalus

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La conquête almoravide correspond au passage d'al-Andalus sous domination des Almoravides. Cette période dure de 1086 à 1142.


Évènements[modifier | modifier le code]

Les princes arabes d’Espagne, parmi lesquels Al-Mutamid ibn Abbad de Séville, menacés par Alphonse VI de Castille, font appel à l’almoravide Yussuf Ibn Tashfine.
23 octobre 1086 : bataille de Sagrajas, victoire des Almoravides sur les Castillans à Sagrajas (Zalaca), dans la province de Badajoz.
Le progrès des armées musulmanes furent interrompus par le départ d'Ibn Tashfine pour le Maghreb, où le rappelait la mort de son fils.
Les chrétiens reprirent alors l'offensive vers Murcie et Almeria, Al Mutamid prit le parti de se rendre en personne auprès d'Ibn Tachfine pour implorer une nouvelle intervention des Almoravides (1088 ou 1090).
Ibn Tachfine rendit inutilisable la puissante base militaire d'Alédo (Au Sud-Ouest de Murcie), contre laquelle les Taifas avaient échoué, et rétablit la situation. Tout annonçait une grande offensive des forces conjuguées des Almoravides et des Maures. Mais les royaumes musulmans d'Espagne étaient trop faibles pour prêter un concours efficace à Ibn Tachfine et trop divisés pour ne pas tenter le chef berbère de développer sa puissance à leurs dépens. Il eut tôt fait de ne plus agir en allié, mais en maître.
Si les rois des Taifas, lettrés et corrompus, méprisaient le fruste et austère Saharien, le peuple, victime des représailles chrétiennes, et les jurisconsultes (foqahâ) opposaient à l'incrédulité des émis andalous le malékisme strict de ces Berbères, qu'ils considéraient comme les envoyés de Dieu. Fort de ce double appui, Ib Tachfine put se poser en arbitre des querelles, exiler les rois et confisquer leurs territoires. Les foqahâ légitimèrent chacun de ses empiétements par une fatwa. En 1096 Youssef Ibn Tachfin alla assiéger Séville défendue par Al Mutamid Ibn Abbad son ancien lieutenant. Après un siège long et meurtrier Tachfin pris la ville et réussit ainsi à reconstituer l'unité de l'Islam en Espagne.
Il respecta pourtant le royaume de Saragosse, qu'il considérait comme un État-tampon entre chrétiens et Almoravides.
Valence, aux mains du Cid, puis de sa veuve Chimène, ne tomba qu'en 1102 au pouvoir des Almoravides.
Quand Ibn Tachfine mourut, presque centenaire, dit-on, il légua à Ali, le fils de 23 ans qu'il avait eu d'une esclave chrétienne, un immense empire qui comprenait l'Espagne musulmane jusqu'à Fraga (au Sud-Ouest de Lerida) au Nord, les îles Majorque, Minorque et Ibiza (1106 ou 1107)[1].

Ibn Tashfine englobe les émirats arabes d’Espagne dans ses conquêtes d’Afrique du nord. Les Castillans sont refoulés au nord du Tage. Le contingent juif, qui tenait l’aile gauche du roi de Castille, aurait été massacré en premier lieu par les Almoravides (« bataille des turbans jaunes) ».
Le chef des Almoravides veut forcer les Juifs de Lucène à la conversion. Il y renonce contre une forte somme d’argent.

Conséquences pour Al-Andalus[modifier | modifier le code]

Cette période met fin à l'époque des taifas.

Entre 1142 et 1147, des taïfas (potentats locaux) sont remis en place par suite de l'effritement du pouvoir dans l'Empire almoravide.

Conséquences pour la Reconquista[modifier | modifier le code]

Il faut attendre les Almohades pour que les royaumes chrétiens s'unissent. Des dissensions persistent entre les souverains, qui marquent une pause dans la Reconquista pour assimiler les marches taillées sur les territoires dans l'époque précédente.

Évènements de 1147[modifier | modifier le code]

Au Maghreb, les Almohades sous Abd al-Mumin assassinent le dernier chef Almoravide à Marrakech et en font leur capitale.

Les Almohades sous Abd al-Mumin débarquent au pays d'al-Andalûs (Espagne).

  • 1236 : Les chrétiens s’emparent de Cordoue après avoir avancé jusqu’à Grenade.
  • Le pape étend les privilèges de la croisade (indulgence) aux Espagnols qui ont pris Almeria.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'Afrique du Nord, Ch.-André julien, Publié par Payot, 1966. P 85 et 86.

Articles connexes[modifier | modifier le code]