Tour Hassan

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Tour Hassan
صومعة حسّان
Rabat Hassan tower 1995.jpg

La tour Hassan en 1995.

Présentation
Type
Style
Construction
Hauteur
44 m
Géographie
Pays
Région
Villes impériales du Maroc
Localisation
Coordonnées
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La tour Hassan (ou tour de Hassan) est très probablement un minaret inachevé, érigé au XIVe siècle, sur le site de la mosquée de Yacoub El Mansour, au nord-est de la ville de Rabat. Surplombant l’estuaire du Bou Regreg, elle domine de très haut la rive gauche et l'embouchure du Bou Regreg, et offre une jonction visuelle entre les villes de Rabat et de Salé. Au pied de la tour, l’esplanade est ponctuée des vestiges de colonnes de la mosquée. Le Mausolée Mohammed V a été adjoint au site dans les années 1960.

La tour Hassan est à la fois le symbole de la ville, et l'un des monument les plus célèbres du Maroc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le minaret, n'est pas contemporain de la construction de la mosquée, mais de deux siècles postérieur. Il est resté inachevé probalement en raison de l'incendie dévastateur, qui ravagea la mosquée vers 1400. La mosquée Hassâne ou Hassan fut donc improprement appelée Tour Hassan.

La mosquée quant à elle, est un édifice dont les vestiges témoignent d'un taille gigantesque. Cela s'explique à la vue du contexte monumental grâce auquel elle a vu le jour:

Après un éclatant succès militaire contre les espagnols en Andalousie (Alarcos), Yacoub El Mansour (Yacoub le victorieux, naissance vers 1160, règne de 580-595 de l'hégire, soit 1184-1199), dernier représentant de la dynastie des Almohades, ordonne en 1195 la construction de Ribat al-Fath (camp de la victoire), la future Rabat. Malheureusement la vision almohade, extrêment ambitieuse, devait épuiser le trésor de l’empire. C'est pourquoi es successeurs d’El Mansour décideront après sa mort, de ne pas achever ce projet.

Sur un site une superficie de plus de 418 hectares circonscrite d’une muraille fortifiée de tours, percée de cinq portes ouvrant sur de grandes allées convergeant vers la mosquée de Hassan. Il projetait avec elle de construire[1] la plus grande mosquée du monde musulman, après celle de Samarra en Irak. La date de la construction de l'édifice comme le nom de son fondateur ont été révélés par de multiples inscriptions gravées sur les fûts et sur les chapiteaux des colonnes découvertes[2]. Les travaux furent abandonnés à l'époque de la mort de Yacoub El Mansour, en 1199

Elle était dédiée au culte sous le règne du premier successeur de Yakoub El Mansour, le mérinide Abdel Hakk Nasir Elhakk, dont le nom est frappé sur un Dirham exhumé au cours des fouilles. D'un écrit d'Ibn Batouta, il ressort que la mosquée existait encore en 1357, mais un incendie extrêment violent, dont le site garde les traces, se produisît vers 1400, et contribua à ce que le sanctuaire soit laissé à l'abandon.

En revanche, les matériaux du site furent récupérés pour la construction: en 1242, le calife almohade Es-Saaïd ordonna se servir des poutres de cêdre du sanctuaire pour construire des navires de guerre et sous le règne de Sidi Mohammed Ben Abdallah, au XVIIIe siècle, les habitants de Rabat utilisèrent le bois pour construire un type de bateau appelé Karkagia afin de transporter les quantités de céréales nécessaires à l'approvisionnement de la population.

L'originie du nom du site est sujet à controverse : peut-être est-il lié au site, au nom d'une tribu ou au nom d'un maître d’œuvre. Pour certains historiens du XVIIIe siècle, notamment espagnols, elle tire son nom d'un architecte dénommé Jabir ibn Aflah, latinisé au XVIe siècle sous le nom de Guever, Sévillan mort vers l'an 1197 qui aurait conçu à l'identique la Giralda de Séville, la Koutoubia de Marrakech et le minaret de la mosquée Hassan de Rabat. Cette hypothèse n'a jamais été confirmée. Pour la grande majorité des historiens[3], l'architecte Ben Baso Ahmad, concepteur de la mosquée Koutoubia et de la Giralda de Séville, sous le même modèle, est aussi l'architecte de la tour Hassan. Une troisième hypothèse, plus logique retient la coopération de plusieurs architectes, dont les plus éminents sont Ahmad Ben Baso et Jabir Ibn Aflah.

La colonnade du sanctuaire fut endommagée lors du tremblement de terre de Lisbonne de 1755.

Architecture[modifier | modifier le code]

La Tour Hassan est bâtie au milieu du mur ouest, face à la niche du mihrab. De forme parallélépipède, elle compte 16.20m de côté et repose sur des murs épais de 2,50m. Elle devait culminer à plus de 85 m, lanterneaux non compris mais n'atteint aujourd'hui que 44,3 m.

Construites en belles pierres taillées, les façades de la tour Hassan offrent des combinaisons qui ont fait école dans tout l’occident musulman. Les niches en arcs à lambrequin, ou arcs polylobés, ou arcs à festons, sont surmontées de différents types d’entrelacs architecturaux et bandeaux superposés. Ce style a vite conquis les deux rives du Détroit de Gibraltar[4]. Les minarets de la Koutoubia, à Marrakech, ou de la Giralda de Séville, en Espagne, également construites sous les ordres de Yacoub El Mansour.

En revanche, à l’intérieur, on ne rencontre pas les escaliers typiques des minarets mais de larges rampes d’accès, qui auraient permis d'atteindre le sommet à cheval. Cela aurait non seulement permis au muezzin d’arriver sans peine à la plate forme pour l’appel à la prière, mais encore, elle aurait très bien pu servir de tour de guêt.

Mausolée[modifier | modifier le code]

Son site a été choisi pour ériger, de 1961 à 1971, le mausolée Mohammed-V où reposent :

Tombe du soldat inconnu[modifier | modifier le code]

Au pied de la tour, deux larges escaliers permettent d'accéder au tombeau du soldat inconnu, situé sur le sol de l'ancienne mosquée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce sultan avait auparavant fait construire à Séville le vieil Alcazar et la mosquée dont la Giralda était le minaret
  2. Marcel Dieulafoy, Fouilles à Rabat sur le site de la mosquée de Yacoub el Mansour, in: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Année 1915, Volume 59, Numéro 3, p. 237-242 [1]
  3. (es) « quien fue benbaso »
  4. Description tirée du dossier d'inscription sur la liste du patrimoine culturel de l'humanité auprès de l'UNESCO, intitulé "Rabat, capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage "[2]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]