Émirat de Nekor

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Émirat de Nekor
(ber) ⵜⴰⴳⵍⴷⵉⵜ ⵏ ⵏⴽⴽⵓⵔ
(ar) إمارة النكور

7101019

Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation de l’Émirat de Nekor, en jaune
Informations générales
Statut Émirat
Capitale Temsamane (710-760)
Nekor (760-1019)
Langue(s) Berbère, Arabe
Histoire et événements
710 Établissement
1019 Démantèlement

L'Émirat de Nekor (arabe: إمارة النكور) (berbère: ⵜⴰⴳⵍⴷⵉⵜ ⵏ ⵏⴽⴽⵓⵔ[1] Tageldit n Ennkor) est une principauté arabo-berbère[2] ayant existé au nord du Maroc, dans le Rif, entre la mer Méditerranée et l'émirat Idrisside. Sa capitale était Temsamane puis Nekor.

Il fut fondé et gouverné par les Salihides, une famille d'officiers d'origine himyarite[3],[4],[5].

Histoire des Salihides[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Après la conquête musulmane du Maghreb, plusieurs officiers et soldats arabes s'installèrent dans la région et se partagèrent quelques terres dans les cantons et les provinces du Maghreb, dont Salih Ibn Mansour al-Himyari, un compagnon d'Oqba Ibn Nafi al-Fihri[3]. Salih Ibn Mansour était un Arabe himyarite originaire du Yémen[3],[4],[5] et le fondateur de l'Émirat de Nekor[3].

Ce guerrier était connu par le surnom d’al-'Abd as-Salih (Le bon serviteur) s’installa dans le territoire du Rif actuel[réf. nécessaire].

Sous sa direction, les tribus berbères locales ont adopté l’islam, mais l’ont ensuite déposé en faveur d’un az-Zaydi de la tribu Nafza. Ils ont ensuite changé d’avis et ont prêté à nouveau allégeance à Salih Ibn Mansur. Il régna sur ces tribus jusqu'à sa mort en 749. Sa dynastie, les Banu Salih (ou Salihides), régna ensuite sur la région jusqu’en 1019[3].

Émirat de Nekor[modifier | modifier le code]

Sa succession fut assurée par son fils El-Motacem et ensuite par Idriss son petit-fils qui posa les bases de la fondations de la ville de Nekor. Le prince Saïd, le fils de Idriss, hérita de l’autorité souveraine et atteignit une grande puissance. Ce dernier fait de Nekor une capitale à part entière. Les Normands qui commencent à envisager la possibilité d’un royaume sur la Méditerranée tentent de s’emparer de l’Émirat qui résiste tant bien que mal. Lorsque son fils Salih II monte sur le trône, il est immédiatement contesté par son frère Saïd. C’est la guerre civile dont Salih II sortira vainqueur. Mais à sa mort en 864, Saïd Ier prend le pouvoir avant de se faire contester par un autre de ses frères et un de ses oncles. L'Émirat replongera de nouveau dans la guerre civile pour ne plus en sortir[réf. nécessaire].

En l’an 758, d'après l’historien Évariste Lévi-Provençal, les Vikings du Nord arrivèrent avec une flotte et s’emparèrent de la ville de Nekor. Mais, les tribus Branès se sont ralliées autour de Saïd Ibn Idriss et ont réussi à récupérer la ville. Quelque temps après, les Ghomara déposèrent Saïd Ibn Idriss et mirent sur le trône un homme de leur tribu, nommé Sogguen ; mais Saïd Ibn Idriss a remporté la guerre contre les Ghomara et leur chef Sogguen : Saïd Ibn Idriss mourut en l’an 803-804, après un règne de 37 ans. Son fils, Saleh Ibn Saïd lui succéda et mourut en l’an 864, après un règne de 62 ans. Saïd Ibn Saleh Ibn Saïd, eu à livrer plusieurs batailles contre les membres de sa famille : son frère Obeid-Allah, son Oncle Er-rida, deux autres de ses parents Séadet-Allah Ibn Haroun et son frère Meimoun… jusqu’à l’obtention de la paix de la part des uns et des autres. Quelque temps après, soutenu par les Ghomara, il attaqua les Boutouïa, les Mernissa, les Béni Ourtendi… et fit venir vivre à Nekor son beau frère, Ahmed Ibn Idriss Ibn Mohammed Ibn Soliman, le prince des Djeraoua[réf. nécessaire].

Un général fatimide, Messala ibn Habus, intervient dans le conflit et s’empare durant 6 mois du territoire, laissant se réfugier la famille régnante vers le Califat Omeyyade. Revenant avec une nouvelle armée, Saïd chasse la garnison fatimide et reste au pouvoir jusqu’en 916. Salih III, son successeur, va honorer la promesse de sa famille et prêter allégeance aux Omeyyades[réf. nécessaire].

Abd Al-Badi ibn Salih (dit El-Mu’ayyid 927-929) ne régnera guère plus de deux ans. Les Fatimides ont de nouveau envahi l’Émirat et c’est au combat que l’émir Abd Al-Badi ibn Salih trouvera la mort. Nekor sera investie et ravagée, presque totalement détruite. Abu Ayyub Isma’il ibn ’Abd al-Malik (de 930 à 935) reconstruit la ville mais n’arrive pas à résister aux assauts des Fatimides. Une révolte éclate durant l’absence de Sandal El Mawla, le général fatimide qui gouverne la région. Un prince de la dynastie Al Salih est installé sur le trône vacant en 936. Musa ibn Roumi lance ses armées contre les fatimides et les défait rapidement. Son règne ne dure guère car un soulèvement populaire le chasse en 940 et le remplace par un autre Prince Al Salih, Abd as-Sami’ ibn Jurthum qui connaîtra un sort identique en 947 à la seule différence notable qu’il y perdra la vie[réf. nécessaire].

L’émirat décline, il sera conquis en 1019 par Azdâji Ya’la ibn Futuh[réf. nécessaire].

L'Andalousie et les Salihides[modifier | modifier le code]

Après la chute de l'Émirat, la famille Salihides s'est réfugié en Andalousie où ils sont accueillis par la Taïfas de Saragosse dirigé par la dynastie yéménite des Houdides[3]. La connaissance de la stratégie militaire permet à la famille Salihides d'avoir les postes les plus importants de l'armée[réf. nécessaire].

Mais très vite, les Salihides comprirent qu'il fallait unir tous les Taïfas sous un seul état, un Califat afin de résister et faire face aux royaumes chrétiens et continuer la conquête vers l'Europe[réf. nécessaire].

De ce fait, une délégation de plusieurs familles venues d'Andalousie qui avaient à leurs têtes la famille Salihides a été reçue par les Almoravides qui voulurent envahir l'Andalousie et étendre leur domination. Les Almoravides ont accepté l’allégeance de cette délégation car ces familles sont des musulmans d'obédience Sunnite orthodoxe et malékite. Ainsi avec cette alliance, les Almoravides ont réussi à soumettre la plupart des Taïfas[réf. nécessaire].

La famille Salihides en profite pour accroitre sont ascension dans l'armée des Almoravides et devinrent l'une des familles les plus puissantes. En 1086, l'émir almoravide Youssef Ibn Tachfin décide d'intervenir dans la péninsule et grâce à l'alliance, remporte la bataille de Sagrajas à Badajoz. La famille Salihides déployèrent 2000 hommes[réf. nécessaire].

Pour les récompensés, les Almoravides ont désigné les Salihides pour garder les frontières de leur Califat. Avec cela, la famille Salihides s’enrichit grâce au commerce de l'or[réf. nécessaire].

Mais avec l'avènement du mouvement Almohades et l'affaiblissement du Califat, les Salihides perdent de plus en plus de moyen. Étant la plus active contre les Almohades, la famille Salihides désigne les Almohades comme des hérétiques, fanatiques et même de mécréant apostat du fait qu'il prône une doctrine non conforme à l’orthodoxie Sunnite et n'hésite pas à tuer toute personne professant leurs doctrines[réf. nécessaire].

Sous Abd al-Mumin, les Almohades renversent les Almoravides en 1147, puis conquièrent le Maghreb central Hammadide, l'Ifriqiya (alors morcelée depuis la chute des Zirides) et massacrèrent toutes les familles nobles et importantes au sein des Almoravides et la famille Salihides fut massacrée et certains réussissent à s'échapper dans plusieurs villes comme Fès et Rabat[réf. nécessaire].

Aujourd'hui plusieurs familles sont considérées comme les descendants de cette noble famille comme les Ait Bouyahyi ou les Aït O'ghanou (Aït Ghannou, Ghannouy ou Ghannoui )[réf. nécessaire].

Les souverains Banu Salih[modifier | modifier le code]

  • Salih I ibn Mansur al-Himyari "al-’Abd as-Salih" (710-749).
  • al-Mu’tasim ibn Salih (749-?), connu pour être très pieux.
  • Idris I ibn Salih (?-760), qui fonda Nekor.
  • Said I ibn Idris (760-803), qui a déplacé la capitale à Nekor. Sous son règne, Nekor fut saccagée par les Normands, qui capturèrent beaucoup de prisonniers, dont quelques-uns qui furent rachetés par le souverain omeyyade de Cordoue. Plus tard, une partie de la tribu de Ghomara s'est révoltée, menée par une personne appelée Segguen ; leur révolte a été matée.
  • Salih II ibn Sa’id (803-864), dont le frère a mené une révolte contre lui, mais a été vaincu.
  • Sa’id I ibn Salihibn (864-916) ; son frère et oncle plus âgés ont mené une révolte non réussie contre lui, mais il a été finalement vaincu et tué par le général fatimide Messala ibn Habus, qui a conquis le secteur durant six mois. Cependant, ses fils ont fui à Malaga auprès du calife omeyyade, et sont revenus une fois que Messala était parti de la région et chassèrent avec succès sa garnison.
  • Salih III ibn Sa’id (917-927) ; En remerciement, il reconnut les califes omeyyades légitimes, de ce fait il transféra son allégeance nominale.
  • Abd al-Badi ibn Salih "el-Mu’ayyid" (927-929) ; il a été vaincu et tué par un autre général fatimide, Musa ibn Abi’l-Afiya, qui a encore détruit Nekor. Cependant, la ville a été reprise et reconstruite par :
  • Abu Ayyub Isma’il ibn ’Abd al-Malik ibn Abd ar-Rahman ibn Sa’id I ibn Salih (930?-935), qui a été vaincu et tué par encore un autre général fatimide, Sandal el-mawla. Cependant, quand Sandal est parti pour Fès, installant un gouverneur appelé Marmazu de la tribu des Ketama, les habitants se sont rebellés et installèrent à nouveau un autre membre de la dynastie.
  • Musa ibn Roumi ibn Abd as-Sami’ ibn Salih ibn Idris I ibn Salih (936?-940), qui a défait Marmazu et a envoyé sa tête au Calife omeyyade à Cordoue. Cependant, il a été bientôt exilé par son parent :
  • Abd as-Sami’ ibn Jurthum ibn Idris ibn Salih I ibn Mansour (940-947). Son peuple se révolta et le tua. Le peuple fit venir un de ses parents de Malaga.
  • Jurthoum ibn Ahmad ibn Ziyadat Allah ibn Sa’id I ibn Idris (947-970), qui adopta l’École de jurisprudence malékite. Dès lors, la principauté demeura sous cette souveraineté jusqu'à ce que l'émir Azdâji Ya’la ibn Futuh l'ait conquise en 1019 et ait chassé la famille régnante.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « ⵍⴰⵄⵕⴰⵊ: ⵜⵉⴼⵍⵡⵉⵏ ⵏ ⵜⵎⴰⵡⵙⴰⵙⵜ ⵕⵥⵎⵏⵜ ⵅⴼ ⴽⴰ ⵉⴳⴰ ⵜⵜ ⵜⴰⵏⵏⴰⵢⵜ ⵉⵅⵙⵏ ⴰⴷ ⵉⵙⴱⵓⵖⵍⵓ ⵙ ⵓⵎⵣⴳⵓⵏ ⴰⵎⵖⵣⵉⴱⵉ – Ministère de la culture » (consulté le )
  2. Mohamed Méouak, Ṣaqāliba, eunuques et esclaves à la conquête du pouvoir : géographie et histoire des élites politiques "marginales" dans l'Espagne umayyade, Academia Scientiarum Fennica, , 301 p. (lire en ligne), "Quelques exemples suffiront à montrer ce que fut la présence saqlabî sur la frange nord de l'Afrique et dans les possessions arabo-musulmanes. Dans le Maghreb, la garde saqlabî de l'État berbère de Nakûr se tient sur la frontière"
  3. a b c d e et f Picard, Christophe, Sea of the Caliphs: The Mediterranean in the Medieval Islamic World, Harvard University Press, , p. 247
  4. a et b Coon, Carleton S, Tribes of the Rif, Cambridge, Massachusetts, Peabody Museum of Harvard University,
  5. a et b Anderson, Glaire D.; Fenwick, Corisande; Mariam, Rosser-Owen, The Aghlabids and Their Neighbors: Art and Material Culture in Ninth-Century North Africa, BRILL, , p. 58

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]