Muhammad an-Nasir

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Muhammad an-Nâsir (الناصر لدين الله محمد بن المنصور an-nāṣir li-dīn allah muḥammad ben al-manṣūr) né à une date inconnue. Il succéda à son père Abû Yûsuf Ya'qûb al-Mansûr comme calife Almohade en 1199. Il mourut empoisonné en 1213.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jeune homme timide et solitaire, il hérita d'un empire instable. Pour un temps débarrassé de la menace chrétienne en Espagne grâce aux victoires de son père, il concentra ses efforts contre les Almoravides d'Ifriqiya. Il donna à Abû Muhammad ben Abî Hafs la responsabilité de gouverner cet État, repris grâce à lui aux Almoravides (vers 1215). Il contribua ainsi involontairement à la fondation de la dynastie Hafside qui régna sur la Tunisie (Ifriqiya) jusqu'en 1574.

An-Nâsir laissa donc les Hafsides s'occuper de l'Ifriqiya tandis qu'il se dirigeait vers l'Espagne pour répondre à la menace de la nouvelle croisade décrétée par le pape. L'armée chrétienne vainquit les Almohades à Las Navas de Tolosa (العُقَاب al-`uqāb, Al-`Uqâb) (1212). L'avance des troupes chrétiennes ne fut stoppée que par la peste. An-Nâsir revint au Maroc pour abdiquer en faveur de son fils Yûsuf al-Mustansir. Il est mort quelque temps après dans des circonstances obscures.


Relation avec le roi Jean d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Au début du 13ème siècle, John, le roi d'Angleterre était sous pression après une querelle avec le pape Innocent III, amenant l'Angleterre à être interdite, par laquelle toutes les formes de culte et d'autres pratiques religieuses étaient interdites. John lui-même a été excommunié, certaines parties du pays étaient en révolte et il y avait des menaces d'invasion française. En écrivant deux décennies après les événements, Matthew Paris, chroniqueur de Saint-Albans du début du XIIIe siècle, prétend que, désespérément, John envoya des envoyés à al-Nâsir pour demander son aide. En retour, John a proposé de se convertir en Islam et de transformer l'Angleterre en un État musulman. Parmi les délégués se trouvaient Master Robert, un clerc londonien. Al-Nâsir était tellement dégoûté par le plaidoyer de John qu'il a envoyé les envoyés loin. Les historiens ont mis en doute cette histoire, en raison du manque d'autres preuves contemporaines. [3] [4] [5] [6]

Il eut pour vizirs :

  • Abû Zayd ben Yûjân (1198-1199) (أبو زيد بن يوجان abū zayd ben yūjān)
  • Abû Muhammad ben ach-Chaykh Abî Hafs (1199-1205) (أبو محمد بن الشيخ أبي حفص abū muḥammad ben aš-šayḫ abī ḥafs) qui fut nommé gouverneur de l'Ifriquiya et fonda la dynastie des Hafsides.
  • Abû Sa`îd ben Jâm`i (1205-1214) (أبو سعيد بن جامع abū sa`īd ben jām`i)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, édition originale 1931, réédition Payot, Paris, 1994.