Muhammad an-Nasir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir An-Nasir.
Muhammad an-Nasir
Fonction
Calife almohade (d)
-
Titre de noblesse
Commandeur des croyants
Biographie
Décès
Activité
DirigeantVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Fratrie
Enfants
Autres informations
Religion
Conflit

Muhammad an-Nâsir (الناصر لدين الله محمد بن المنصور an-nāṣir li-dīn allah muḥammad ben al-manṣūr) né à une date inconnue. Il succéde à son père Abû Yûsuf Ya'qûb al-Mansûr comme calife Almohade en 1199. Il meurt en 1213.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jeune homme timide et solitaire, il hérite d'un empire instable. Pour un temps débarrassé de la menace chrétienne en Espagne grâce aux victoires de son père, il concentre ses efforts contre les Almoravides d'Ifriqiya. Il donne à Abû Muhammad ben Abî Hafs la responsabilité de gouverner cet État, repris grâce à lui aux Almoravides (vers 1215). Il contribue ainsi involontairement à la fondation de la dynastie Hafside qui régne sur la Tunisie (Ifriqiya) jusqu'en 1574.

An-Nâsir laisse donc les Hafsides s'occuper de l'Ifriqiya tandis qu'il se dirige vers l'Espagne pour répondre à la menace de la nouvelle croisade décrétée par le pape. L'armée chrétienne vainc les Almohades à Las Navas de Tolosa (العُقَاب al-`uqāb, Al-`Uqâb) (1212). L'avance des troupes chrétiennes n'est stoppée que par la peste. An-Nâsir revient au Maroc pour abdiquer en faveur de son fils Yûsuf al-Mustansir. Il meurt quelque temps après dans des circonstances obscures.

Relation supposée avec le roi Jean d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Au début du XIIIe siècle, Jean, le roi d'Angleterre, était entré en conflit avec le pape Innocent III, amenant l'Angleterre à être sanctionnée par un Interdit, par laquelle toutes les formes de culte et d'autres pratiques religieuses étaient interdites. Jean lui-même finit par être excommunié, certaines parties du pays étant en révolte, des menaces d'invasion française se profilant également. Jean finit toutefois par se réconcilier avec Innocent III en 1213.

En écrivant deux décennies après les événements, Matthew Paris, chroniqueur de St Albans du début du XIIIe siècle, prétend que, désespéré, Jean envoya des émissaires à al-Nâsir pour demander son aide. En contrepartie, Jean aurait proposé de se convertir à l'Islam et de transformer l'Angleterre en un État musulman. Parmi les émissaires se serait trouvé Maître Robert, un clerc londonien. Al-Nâsir aurait été tellement dégoûté par le plaidoyer servile de Jean qu'il aurait renvoyé les émissaires. Les historiens ont remis en doute cette chronique, en raison de l'absence d'autres sources contemporaines concordantes[1],[2],[3],[4].

Vizirs[modifier | modifier le code]

Il eut pour vizirs :

  • Abû Zayd ben Yûjân (1198-1199) (أبو زيد بن يوجان abū zayd ben yūjān)
  • Abû Muhammad ben ach-Chaykh Abî Hafs (1199-1205) (أبو محمد بن الشيخ أبي حفص abū muḥammad ben aš-šayḫ abī ḥafs) qui fut nommé gouverneur de l'Ifriquiya et fonda la dynastie des Hafsides.
  • Abû Sa`îd ben Jâm`i (1205-1214) (أبو سعيد بن جامع abū sa`īd ben jām`i)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G.K. Chesterton, The Everlasting Man, London, Hodder & Stoughton, , 215 p.
  2. Gabriel Ronay, The Tartar Khan's Englishman, London, Cassel, , 28–34 p. (ISBN 1-84212-210-X)
  3. Graham Stewart, The king who wanted Sharia England. The Times, 16 February 2008
  4. John Derbyshire, United States of Islam. National Review Online, 12 October 2001

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, édition originale 1931, réédition Payot, Paris, 1994.