Sultanat de Touggourt

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Sultanat de Touggourt
(ar) سلطنة تقرت
(Sōltānāt at-Tūggūrth)

14141881

Drapeau
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de la régence d'Alger et des Sultanats locaux, dont le Sultanat de Touggourt au XVIIIe siècle.
Informations générales
Statut Monarchique
Capitale Touggourt
Langue Arabe
Religion Islam
Monnaie Dinar

Entités précédentes :

  • Confédération tribale des Douaoudas

Entités suivantes :

Le sultanat de Touggourt (en Arabe : سلطنة تقرت) est un État qui a existé sur Touggourt, les oasis de sa région et la vallée de l'oued Ghir entre 1414 et 1881[1]. Il est gouverné par des sultans de la dynastie des Beni Djellab[2].

La fondation d'une principauté saharienne[modifier | modifier le code]

Palais délabré des Ben Djellab à Touggourt.

La principauté est fondée par un certain Soliman vers la fin du XVe siècle. Pour certains il serait un pèlerin du Maghreb al-Aqsa, descendant des Mérinides ou un chérif. Une autre version affirme que lassés des rivalités, les clans locaux auraient décrété que le premier entré dans la ville de Touggourt serait reconnu comme chef ; un simple berger (en arabe : djellab) fut celui qui mit le pied le premier dans la ville[3].

Le cheikh Soliman el Djellabi doit composer avec la famille féodale des Douaouda, qui commandait aux arabes Riah : des tribus nomades qui contrôlaient tout la plaine des Zibans à Ouargla. Le chef de cette famille, Ben Sakheri, qui porte le titre de cheikh el arab, va se marier avec la fille de Soliman el Djellabi alors maître de Touggourt[4].

La région de Touggourt est dans un état d'anarchie, mêmes les marchés— traditionnellement des lieux des commerce et d'échanges pacifiques — sont des lieux d'affrontement entre les membres des divers oasis et tribus. Soliman el Djellabi, connaissant les ressorts politiques locaux et les ressources du pays, appelle autour de lui les hommes les plus populaires du pays (marabouts, chefs d'oasis, etc.) pour mettre de l'ordre dans la contrée. Il se sent assez fort pour conserver les structures politiques locales, dont la djemaa (conseil) dans laquelle il peut nommer des membres. Il équipe à ses frais une deïra de cinq cents cavaliers qui sera le noyau de son armée. Il parcours ainsi les environs en châtiant les rebelles, en rétablissant la paix et en établissant un impôt[5].

Dès le XVIe siècle, le sultanat de Touggourt doit faire face à l'hégémonie de la régence d'Alger. Salah Raïs, beylerbey d'Alger mène une expédition contre Touggourt en 1552. Les Ben Djellab font leur reddition face à l'artillerie ennemie ; politiquement ils deviennent dès lors vassaux d'Alger et tributaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Mannoni, Les Français d'Algérie : vie, mœurs, mentalité de la conquête des Territoires du Sud à l'indépendance, p. 85
  2. Charles Féraud, Histoire des sultans de Touggourt et du Sud Algérien, 2006, p. 162
  3. Féraud, op.cit p. 168
  4. Féraud, op.cit p. 175
  5. Féraud, op.cit p. 175-177

Voir aussi[modifier | modifier le code]