Hammadides

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hammadides

بنو حماد (Banū Ḥammād) (ar)
ⴰⵢⵜ ⵃⵎⵎⴰⴷ (Āït Ḥammād) (ber)

10141152

Informations générales
Capitale Al-Qalaâ (1014-1091)
Béjaïa (1091-1152)
Religion Islam
Histoire et événements
1014 Fondation, par sécession des Zirides
1018 Reconnaissance par les Zirides
1052 Premières incursions almohades
1066 Destruction du royaume ifrenide
1102 Victoire contre les Almoravides
1152 Intégration au royaume almohade
Princes
(1er) 1008-1028 Hammad ibn Bologhine
(Der) 1121-1152 Yahya ibn Abd al-Aziz

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Minaret de la Kalâa des Béni Hammad

Les Hammadides ou Hammadites (بنو حماد), sont une dynastie berbère sanhajienne qui règne sur le Maghreb central de 1014 à 1152. La dynastie hammadide est fondée en 1014 par Hammad Ibn Bologhine, second fils de Bologhine Ibn Ziri, par sécession vis à vis de la dynastie ziride à la suite de contestations liées à la sucession[1].

Les Hammadides sont connus pour leur capitale fortifiée, la Kalâa des Beni Hammad, cité médiévale prestigieuse, dont les ruines sont classées au patrimoine mondial de l'humanité. Suites aux nombreuses incursions des Hialiens, en 1067 une nouvelle capitale est désignée, Béjaia, l'antique Saldae, sur la côte de l'actuelle Kabylie. Elle se nommera An-Nāṣīrīya (du nom du souverain An-Nāṣir)[1]. La ville fut rebâtit et fortifiée, elle est également doté d'infrastructures maritimes importantes.

La cité devint rapidement une grande capitale méditerranéenne, devenant un partenaire majeur dans le commerce et un foyer culturel et scientifique important à l'époque de l'âge d'or musulman (andalousie)[2].

Les incursions des nomades zénètes du sud, et l'arrivée des Arabes hilaliens qui contrôlent les plaines font que l'arrière-pays échappe progressivement à leur autorité[3].

Le Sultanat Hammadide affaibli et replié sur Béjaïa disparaît à la suite de la conquête du Maghreb central par les Almohades en 1152[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 972, alors que le Maghreb était sous domination Fatimide, le calife al-Mu‘izz al-Dîn Allâh (r. 953-975), quitta le Maghreb pour s'installer au Caire, sa capitale nouvellement fondée après la conquête de l'Égypte[4].

L'autorité du Maghreb fut alors confiée à Bulukîn (r. 972-984), chef de la tribu des Sanhadja. Cette transmission de pouvoir est accompagnée de crises et guerres civiles, provoquées par les tribus rivales, se considérant lésées par ce changement, telles que les tribus du Maghreb occidental (actuel Maroc) qui s'allièrent à Cordoue. Au sein même de la tribu sanhadja, éclata, quelques années après, des querelles sur la transmission de l'autorité, ainsi Al Mansûr, fils aîné de Bulukin garda autorité sur ce qui restait du Maghreb Occidental (de l'oranie à Chlef) et Hammad, fils second, la partie de l'Ifriqya (d'Alger à la Libye)[4],[4].

Hammad Ibn Bologhine Menad Abou Ziri, fonde donc la dynastie en 1014, en se déclarant indépendant des Zirides, mais reconnait, tout come son cousin Al Mansur, la légitimité des califes Abbassides de Bagdad. Celà est considéré comme une trahison de la part des Fatimides qui décidèrent d'envoyer des mercenaires, les Hilaliens, au Maghreb.

La première capitale Hammadite, fût fondée à Al-Qalaa (Kalaa des Beni Hammad). L'arrivée des mercenaires Hilalien obligea le Sultan à déplacer sa capitale à Béjaïa, ville côtière disposant de davantage de ressources et d'infrastructures( portuaires notamment). Il y fit construire des remparts et des portes autour de la Ville afin de renforcer la sécurité de la cité. La ville connaîtra une grande prospérité économique, grâce aux richesses de l'agriculture, de la pêche et du commerce maritime mais aussi une prospérité intellectuelle, avec le développement des sciences islamiques, mathématiques, l'art ou l'Histoire. Elle devient très vite une cité attrayante pour les voyageurs européens et andalou.

Les Hammadides feront de Béjaïa l'une des cités les plus prospères qu'ait connu le Maghreb et la Méditerranée à cette époque[5],[6].

L'arrivée des Hilaliens provoqua un bouleversement dans les rapports d'autorité du territoire, mais la menace des tribus berberes rivales étaient d'avantages craintes. Celà favorisa l'expansion des hilaliens et affaiblissant les dynasties berberes musulmanes. Ainsi, déclarant un statu quo, les hammadites de Béjaia se sont alliés aux mercenaires Hilalien afin de combattre et vraincre les Ifrenides de Tlemcen en 1058. Les Ifrenides garderont leur capitale Tlemcen mais perderont une grande partie de leur territoire[3].

L'affaiblissement des ifrenides aura pour conséquences l'émergence d'une nouvelle dynastie venue de mauretanie, les Almoravides. Ceux-ci prennent Tlemcen aux Ifrenides mais sont arrêtés par le Sultan Hammadite, Al Mansur Ibn an-Nasir, et ses alliés Hilaliens, en 1102. Les almoravides sont donc repoussés vers le maghreb al aqsa (l'actuel Maroc)[2].

Les Hammadites de Béjaïa, s'imposent donc, après la chute de leur cousins Zirides, comme une grande puissance au Maghreb central. Ils réussissent à occuper Djerba et repousser les Arabes du Hodna. Ils repoussent de nombreuses attaques maritimes, notamment celles des Génois en 1136. Les luttes contre les hilaliens redevenaient constantes et la cité fut de plus en plus affaiblie malgré sa prospérité économique et culturelle.

La chute des almoravides, remplacés par la dynastie commandée par Abd-Al Mumin, les almohades, provoquera la fin de l'hégémonie Hammadite. Les almohades prennent le Maghreb Al Aqsa ainsi que le Maghreb central confisqué aux Hammadites en 1142. Ils combattent les Hilaliens qui sont repoussés vers les hauts plateaux et prennent l'actuelle Tunisie. Celà marque donc la fin de la dynastie Hammadite, mais la cité de Bougie reste prospère. Elle accueille de nombreux savants. Le Sultan Almohade y batit une casbah et de nombreuses infrastructures[2].

Princes hammadides[modifier | modifier le code]

Dynastie des Hammadides (1014-1152)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L. Golvin, Hammadides, Éditions Peeters,‎ (ISBN 2-7449-0127-X, lire en ligne), p. 3334-3345
  2. a, b et c Ibn Khaldūn et William MacGuckin baron de Slane, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, Impr. du Gouvernement,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Serge Ferchain, L'invasion hilalienne du Maghreb et ses conséquences religieuses, sociologiques, économiques et culturelles du 11ème au 15ème siècle, Editions des écrivains,‎ , 127 p. (ISBN 2844345212 et 9782844345219)
  4. a, b, c et d « Qantara - Les Zirides et les Hammadides (972-1152) », sur www.qantara-med.org (consulté le 22 janvier 2016)
  5. « Bejaia : Une ville à l’histoire et à la civilisation millénaires », sur www.elmoudjahid.com (consulté le 22 janvier 2016)
  6. Collectif, Petit Futé, Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Algérie 2015 Petit Futé (avec cartes, photos + avis des lecteurs), Petit Futé,‎ (ISBN 9782746978379, lire en ligne)
  7. Désigné par Al-Mansur (vers 1090) puis destitué par le même en 1094
  8. Désigné par An-Nasir, destitué par Al-Mansur et remplacé par Abu Yakni.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement,‎ , 635 p. (présentation en ligne)
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot »,‎ (1re éd. 1931) (ISBN 9782228887892)
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties : a chronological and genealogical manual, Edinburgh University Press,‎ , 389 p. (ISBN 9780748621378, lire en ligne), « The Zīrids and Ḥammādids », p. 35-36
  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Paris, PUF, coll. « quadrige »,‎ , 1040 p. (ISBN 978-2130-54536-1), « Hammadides », p. 333
  • L. Govin, « Hammadides », Encyclopédie berbère, no 22,‎ (ISBN 2-7449-0127-X)