Atérien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Atérien
Description de cette image, également commentée ci-après
Atérien, région de Djelfa (Zaccar), Algérie
Définition
Lieu éponyme Bir el-Ater (Algérie)
Auteur Maurice Reygasse, 1922
Caractéristiques
Répartition géographique Maghreb et Sahel
Période Paléolithique moyen
Chronologie 145 000 à 30 000 ans
Type humain associé Homo sapiens

Pointe pédonculée atérienne
Racloir pédonculé atérien

L'Atérien est une industrie lithique préhistorique couvrant le Maghreb et le Sahel, et appartenant au Paléolithique moyen d'Afrique, autrement appelé Middle Stone Age.
Il doit son nom au site de Bir el-Ater, au sud de Tebessa, en Algérie, où il a été décrit par Maurice Reygasse en 1922[1].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le site atérien le plus ancien est daté de 145 000 ans avant le présent, à Ifri n'Ammar au Maroc[2]. Les sites atériens se multiplient à partir d'environ 130 000 ans, quand le climat devient plus favorable en Afrique du Nord. Cette industrie disparait il y a environ 30 000 ans[réf. souhaitée], et ne semble pas avoir influencé les cultures lithiques postérieures dans la région[réf. souhaitée], notamment l'Ibéromaurusien qui apparaît dans le Maghreb au Paléolithique supérieur après un hiatus archéologique[réf. souhaitée] de plusieurs milliers d'années.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'Atérien se distingue d'abord par la présence d'outils pédonculés destinés à être emmanchés[3]. Il associe la mise en œuvre du débitage Levallois à la confection d'outils sur éclat diversifiés (racloirs, denticulés, etc.), ainsi que d'outils foliacés bifaciaux. On a trouvé des éléments d'ornement personnel (des coquillages Nassarius percés et ocrés pour former un collier) sur au moins un site atérien, daté de 82 000 ans[4].

L'Atérien est l'un des plus anciens exemples de diversification technique régionale, montrant une évolution significative par rapport aux industries lithiques antérieures dans la région, considérées comme appartenant au Moustérien, dont l'Atérien semble dériver.

Extension géographique[modifier | modifier le code]

L'Atérien se déploie sur toute l'Afrique du Nord-ouest, de la Mauritanie au Niger, surtout au Maroc (Taforalt, Dar es-Soltan), dans le Sahara (Bir Tefawi, oasis de Kharga), au Niger (Seggedim), et bien sûr un peu partout en Algérie (sur le site éponyme de Bir el-Ater, à Bérard, Kharouba près de Mostaganem, et au Camp Franchet d'Esperey à Arzew)[5].

Restes humains[modifier | modifier le code]

Quelques restes humains fossiles ont été mis au jour en association avec des industries atériennes, notamment à Dar-es-Soltane, Témara et El Harhoura, près de Rabat. Il s'agit de fossiles d'Homo sapiens sous une forme anatomiquement moderne[6],[7].

Débat[modifier | modifier le code]

Il existe d'autres sites préhistoriques en Afrique du nord-ouest pendant la même période ne présentant pas d'outils pédonculés dans leurs assemblages lithiques, mais partageant cependant d'autres éléments en commun avec les sites atériens. Une étude de 2014 remet en question la pertinence du concept d'atérien en estimant qu'il faut plutôt considérer l'existence d'un réseau d'industries apparentées et partageant certaines caractéristiques en fonction de leur proximité géographique ou de leur environnement[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) An Encyclopedia of World History, Boston, MA, Houghton Mifflin Company, , 9 p. (ISBN 0-395-13592-3)
  2. (en) Daniel Richter et al., « New chronometric data from Ifri n’Ammar (Morocco) and the chronostratigraphy of the Middle Palaeolithic in the Western Maghreb », Journal of Human Evolution, vol. 59, no 6,‎ , p. 672–679 (PMID 20880568, DOI 10.1016/j.jhevol.2010.07.024, lire en ligne)
  3. (en) Eleanor M. L. Scerri, « The Aterian and its place in the North African Middle Stone Age », Quaternary International, vol. 300,‎ , p. 111–130 (DOI 10.1016/j.quaint.2012.09.008, lire en ligne)
  4. (en) Abdeljalil Bouzouggar, Nick Barton et al., « 82,000-year-old shell beads from North Africa and implications for the origins of modern human behavior », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 104, no 24,‎ , p. 9964–9969 (ISSN 0027-8424, PMID 17548808, PMCID 1891266, DOI 10.1073/pnas.0703877104, lire en ligne)
  5. (en) Gwen Robbins Schug et Subhash R. Walimbe, A Companion to South Asia in the Past, John Wiley & Sons, (ISBN 1119055474, lire en ligne), p. 64
  6. D. Ferembach, « Les restes humains de la Grotte de Dar-es-Soltane II (Maroc). Campagne 1975 », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, vol. 3, no 2,‎ , p. 183–193 (DOI 10.3406/bmsap.1976.1849, lire en ligne)
  7. Yves Coppens et Pascal Picq, Aux origines de l'Humanité, Paris, Fayard, , 642 p.
  8. (en) Eleanor M. L. Scerri et al., « Earliest evidence for the structure of Homo sapiens populations in Africa », Quaternary Science Reviews, vol. 101,‎ , p. 207–216 (DOI 10.1016/j.quascirev.2014.07.019, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Reygasse (1922), « Note au sujet de deux civilisations préhistoriques africaines pour lesquelles deux termes nouveaux me paraissent devoir être employés », in : XLVIe session de l'Association française pour l'avancement des Sciences, Montpellier, p. 467-472.
  • Camps G. (1957), Le gisement atérien du Camp Franchet d'Espérey, LIBYCA : Antropologie - Archéologie - Préhistoires, tome III- 1955, pp 17–56.
  • Tixier J. (1967), Fiches typologiques africaines : Pièces pédonculées atériennes du Maghreb et du Sahara, Paris, Congrès Panafricain de Préhistoire et d'Études Quaternaire, Muséum National d'Histoire Naturelle, sous la dir. de L. Balout.
  • Debénath A., Raynal J.-P., Roche J., Texier P.-J., et Ferembach D. (1986), « Stratigraphie, habitat, typologie et devenir de l'Atérien marocain : données récentes », L'Anthropologie, t. 90, no 2, p. 233-246.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]