Traité de Lalla Maghnia
| Type de traité | Traité frontalier |
|---|---|
| Langue | français |
| Signé |
Marnia (auj. Maghnia) |
|---|---|
| Effet |
(échange des ratifications) |
| Parties | ||
|---|---|---|
| Signataires | Comte de La Ruë | Sid Hmida ben Ali |
| Ratifieurs | Louis-Philippe | Moulay Abderrahmane |
Le traité de Lalla-Maghnia (ou Lalla-Marnia) est un traité signé à Marnia (auj. Maghnia) le par le comte de La Rüe, pour la France, et le sid Ahmida ben Ali, pour le Maroc. Il fixe la frontière entre le Maroc et l'Algérie française, dans la zone tellienne.
La frontière
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Le traité fait suite à celui de Tanger du 10 septembre 1844, dans lequel le Maroc reconnaît la légitimité de la présence française en Algérie et prévoie l’établissement d’une délimitation frontalière ultérieurement.
L'article 1 stipule que les deux plénipotentiaires sont convenus que les frontières qui existaient autrefois entre la régence d'Alger (sous domination ottomane) et le Maroc avant 1830, seront les mêmes entre l'Algérie française et le Maroc[1].
L'article 2 définie qu'à l'est de cette ligne frontière les territoires appartiennent à l'Algérie, à l'ouest à l'empire du Maroc.
La traité de Lalla Maghnia distinguait trois secteurs, qui sont déterminé dans les articles suivants[2].
Dans l'article 3 sur environ 140 km entre la côte méditerranéenne et le col du Teniet-el-Sassi, dans l'Atlas tellien.
Les articles 4 et 5 déterminent plus au sud, du col de Teniet-el-Sassi à Figuig, dans le secteur des hauts-plateaux, non plus la frontière, mais la souveraineté de chaque puissance sur diverses tribus ou fractions de tribu : L'article 4 :
- les M'beia, les Beni-Guil, les Hamyan-Djenba, les Eumour-Sahara et les Ouled Sidi Cheikh el-Gharaba dépendent du Maroc ;
- les Ouled Sidi Cheikh el-Cheraga et les Hamyan (les Hamyan-Djenba exceptés), de l'Algérie.
L'article 5 détermine encore plus au sud, les kessours (villages du désert) sont également désignés selon leur appartenance à l'un des deux pays :
- Les kessours qui appartiennent au Maroc sont ceux de Ich (Yiche) et de Figuig;
- Les kessours qui appartiennent à l’Algérie sont : Aïn-Sefra, Sfissifa, Assela, Tiout, Chellala, El-Abiodh et Boussemghoun
L'article 6 définie le troisième secteur : au sud des kessours (au sud de Figuig), la convention excluait le bornage frontalier, comme il s’agissait du « désert proprement dit (…) la délimitation en serait superflue »[2].
L'article 7 définie les conditions de refuge pour un individu traversant la frontière[2].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Traité de délimitation conclu, le 18 mars 1845, entre la France et le Maroc, dans M. de Clercq, Recueil des traités de la France, t. 5 : 1843-1849, Paris, Amyot, , p. 271-275.
- Traité délimitant la frontière algéro-marocaine.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- « 'Abdelqader hors-la-loi », dans Charles-André Julien, Le Maroc face aux impérialismes : 1415-1956, Jaguar, (réimpr. 2011) (1re éd. 1978), 549 p. (ISBN 978-2-86950-421-9), p. 29
- « La France vue du Maroc au lendemain de la bataille d'Isly », dans Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Paris, Perrin, [détail de l’édition], p. 306-311
- « La question algérienne », dans Bernard Lugan, Histoire du Maroc : Des origines à nos jours, Paris, Ellipses, , 403 p. (ISBN 978-2-7298-6352-4), p. 203-211
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Traité de Lalla Maghnia, 18 mars 1845 (extraits) », dans « Le Maroc : XIX[e] siècle - 1912 » [PDF], sur Centre d'études arabes, Rabat, Service de coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France au Maroc
- Traité de délimitation conclu, le , entre la France et le Maroc, dans M. de Clercq, Recueil des traités de la France, t. 5 : 1843-1849, Paris, Amyot, , p. 271-275
