Nasrides

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Dynastie nasride
بنو نصر (ar)

12381492

Blason

Devise : ولا غالب إلا الله
(Et il n'y a pas de vainqueur, sinon Dieu)

Description de cette image, également commentée ci-après

Le royaume de Grenade vers 1480

Informations générales
Statut Émirat, vassal de la Castille
Capitale Grenade
Religion Islam
Histoire et événements
1238 Unification de l'Espagne musulmane au profit des Nasrides
1482-1492 Guerres de Grenade
Défaite finale face à la couronne d'Espagne
Émirs
(1er) 1238-1273 Mohammed ben Nazar
(Der) 1482-1492 Boabdil

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La dynastie nasride, Banû al-Ahmar, Banu Nazari[1], Nazarí en castillan, ou encore Nasari selon les orthographes, a été fondée par Mohammed ben Naṣar, qui établit son pouvoir sur le Royaume de Grenade en créant l'émirat de Grenade en 1238. Cet État doit sa subsistance à sa vassalité aux rois de Castille et d'Aragon, pour lesquels les Maures payent un tribut annuel. Cet émirat représente la dernière forme que prend le royaume de Grenade. Le « pays d'al-Andalûs » est alors réduit à portion congrue.

Composition de l'émirat[modifier | modifier le code]

Le dernier domaine musulman de Grenade est séparé en quatre zones, d'ouest en est :

  • Cora de Tacoronna
  • Cora de Rayya
  • Cora de Elvira, centré autour de la ville de Grenade
  • Cora de Peyyna, avec comme port Almería

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant les Nasrides[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire d'al-Andalus.

Avènement des Nasrides[modifier | modifier le code]

La dynastie est instituée en 1238 par un émir arabe, Mohammed ben Nazar souvent appelé Al-Ahmar[2] (Le rouge) et surnommé Al-Ghâlib[3] (le vainqueur) qui descendrait du médinois Sa`d ibn `Ubâda[4] chef de la tribu des Banu Khazraj au moment de la mort de Mahomet en 632. Après la chute des Almohades, ils s'emparent de plusieurs villes et finalement de Grenade. Al-Ahmar y construit une résidence fortifiée qui deviendra le palais d'Alhambra. Devant la reconquista chrétienne, l'émir de Grenade a dû se déclarer vassal du roi de Castille, Ferdinand III. Les émirs de Grenade ont ensuite cherché une alliance avec les Zianides du Maghreb[5] , qui ont accordé leur soutien après la cession d'Algésiras.

la Frontera Militar[modifier | modifier le code]

Lorsque les Nasrides ne respectent pas le versement tributaire ont lieu des incursions chrétiennes traversant la frontière..

Cette frontière est figée pendant deux siècles, durant lesquels les souverains espagnols vaquent à d'autres préoccupations telles que la structuration territoriale de leurs nouvelles terres. Elle devient donc La Frontera, et de nombreuses agglomérations andalouses limitrophes lui doivent son nom.

Gloire[modifier | modifier le code]

Embellissement des palais princiers, d'un raffinement jamais atteint ailleurs en al-Andalus. Les artistes sont au faîte de leur maîtrise, les Nasrides les encouragent à décorer chaque parcelle de leur palais, dans une espèce d'horreur du vide. Marchant sur un sol de plaques de marbre massif, ils se promènent ainsi dans un univers à la fois architectural et spirituel, représentant la nature sur les façades, de manière allégorique, et des cieux semés d'astres dorés sur plafonds de bois rares.

Décadence[modifier | modifier le code]

La capitulation de Grenade, par F. Padilla : Boabdil confronté à Ferdinand II d'Aragon, et Isabelle Ire de Castille

Les princes castillans sont bravés par cette poche concentrée qu'est devenu le dernier royaume musulman en terre d'Espagne. Les derniers souverains nasrides, Abû al-Hasan `Alî et son fils Boabdil, sont soumis à des pressions autant internes qu'externes. Les religieux venus d'autres villes maintenant aux mains des castillans sèment l'agitation. Les dissensions politiques dans la ville sont également dues à la pression perpétuelle liée au statuquo sur la Frontera et les assauts des catholiques auxquels l'appui du Pape a permis de liguer des armées coalisées extérieures aux Espagnes. C'est la perte d'une des places fortes de la Frontera qui déclenche l'ultime acte : les guerres de Grenade. Gloire et décadence mêlées, c'est ce qui caractérise le règne des Nasrides. Ces caractéristiques s'amplifient sur les derniers temps du règne, lorsque la perception de la fin approche.

La fin[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Guerres de Grenade et Prise de Grenade.

Lorsque les Rois catholiques sont fermement ancrés au fort de Santa Fé, au pied même de la capitale de l'émirat, Boabdil ne voit plus que la solution d'une sortie négociée par la voie politique. Devant l'avancée des troupes chrétiennes, l'armée mérinide n'a pas suffi à défendre les terres Nasrides et l'émirat est défait le 2 janvier 1492 par Isabelle la Catholique et Ferdinand II d'Aragon.

Des accords concernent la famille nasride avec une permission de s'installer sur une terre au sud, sur la côte. Dès leur arrivée, les rois espagnols demanderont à certains habitants de quitter la ville. Suivant vers le sud, ils édifieront les villages des Alpujarras, qui encore aujourd'hui présentent des similitudes avec les casas de l'Albaicin de Grenade.

Devise de la dynastie[modifier | modifier le code]

و لا غالب إلا الله

La devise des nasrides aurait été proclamée par le premier conquérant lors de son entrée sous la porte d'Elvira de Grenade :

ولا غالب إلا الله

Wa lā ghālib illa-āllāh
(Et il n'y a pas de vainqueur, sinon Dieu)[6].

Nasrides notables[modifier | modifier le code]

Liste des émirs nasrides[modifier | modifier le code]

Liste des souverains nasrides de Grenade[7],[8],[9]
Mohammed Ier al-'Ahmar al-Ghâlib bi-llâh 1238-1273 Mohammed II al-Faqîh (empoisonné ?) 1273-1302 Mohammed III al-Makhlû` (démis) 1302-1309
Abû al-Juyûch Nasr (démis) 1309-1314 Abû al-Walîd Ismâ`îl Ier (assassiné) 1314-1325 Mohammed IV (assassiné) 1325-1333
Yûsuf Ier (assassiné) 1333-1354 Mohammed V al-Ghanî (démis) 1354-1359 Ismâ`îl II (assassiné) 1359-1360
Mohammed VI al-'Ahmar 1360-1362 Mohammed V al-Ghanî (2) 1362-1391 Yûsuf II 1391-1392
Mohammed VII al-Musta`în 1392-1408 Yûsuf III Mohammed VIII al-Mutamassik (démis) 1417-1419
Mohammed IX al-'Aysar (El Zurdo) (démis) 1419-1427 Mohammed VIII al-Mutamassik (2 puis démis) 1427-1429 Mohammed IX al-'Aysar (El Zurdo) (2 puis démis) 1429-1431
Yûsuf IV (démis) 1431-1432 Mohammed IX al-'Aysar (El Zurdo) (3 puis démis) 1432-1445 Mohammed X al-'Ahnaf (El Cojo) (démis) 1445
Yûsuf V (démis) 1445-1446 Mohammed X al-'Ahnaf (El Cojo) (2 puis démis) 1446-1447 Mohammed IX al-'Aysar (El Zurdo) (4) 1447-1453
Mohammed XI (El Chiquito) 1453-1455 Sa`d al-Musta`în (Ciriza) 1455-1462 Yûsuf V (2 puis démis) 1462
Sa`d al-Musta`în (Ciriza) (2 puis démis) 1462-1464 Abû al-Hasan `Alî (El viejo) (Muley Hacén) 1464-1482 Mohammed XII az-Zughbî (Boabdil) (démis) 1482-1483
Abû al-Hasan `Alî (El viejo) (Muley Hacén) (2) 1483-1485 Mohammed XIII az-Zaghall (démis) 1485-1487 Mohammed XII az-Zughbî (Boabdil) (2) 1487-1492

Filiation[modifier | modifier le code]

Architecture nasride[modifier | modifier le code]

Ne sont indiqués que les édifices d'époque qui n'ont pas disparu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : banū naṣr, بنو نصر, Les descendants de Nasr ou
    arabe : an-naṣarīyūn, النصريون, Les Nasrides ou
    arabe : banū al-ʾaḥmar, بنو الأحمر, Les descendants d'Al-Ahmar
  2. Il est surnommé Al-Ahmar à cause de sa barbe rousse.
  3. Il est surnommé Al-Ghâlib bi-llâh, Vainqueur grâce à Dieu, après la prise de Grenade.
  4. Janine & Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2004, 1056 p. (ISBN 978-2-130-54536-1), p. 615, article Nasrides
  5. Orientalia Hispanica: Sive Studia F. M. Pareja Octogenario Dicata, Felix M. Pareja Casanas, F. M. Pareja, J. M. Barral.Collaborateur F. M. Pareja. Page 34. Publié par Brill Archive, 1974. ISBN 90-04-03996-1,Version en ligne
  6. arabe : wa lā ghālib ʾillā allāh, ولا غالب إلا الله, Et pas de vainqueur sinon Dieu ; Pas d'autre vainqueur que Dieu
  7. *(ar) www.hukam.net, بنو نصر/النصريون/بنو الأحمر في غرناطة Les Nasrides, Les Banû al-Ahmar à Grenade
    • (fr) web.genealogie.free.fr Espagne
  8. Cet Ismâ`îl est le père de Mohammed VI al-'Ahmar d’après (fr) web.genealogie.free.fr Espagne. Cependant (ar) www.hukam.net, بنو نصر/النصريون/بنو الأحمر في غرناطة en fait le fils d’Ismâ`îl II ce qui ne peut être qu'une erreur car Mohammed VI al-'Ahmar serait né en 1332 et Ismâ`îl II en 1339 soit sept ans après son fils !
  9. Si Yûsuf IV est le petit-fils de Mohammed VI al-'Ahmar comme l'indique Nicolás Homar Vives, Reyes y Reinos Genealogias, Granada, C'est la version qui semble le mieux correspondre aux récits du bref règne de Yûsuf IV.
  10. Yûsuf IV ben al-Mawl serait le fils de Mohammed VI al-'Ahmar d'après (ar) www.hukam.net, بنو نصر/النصريون/بنو الأحمر في غرناطة. Pour (fr) web.genealogie.free.fr Espagne il serait le petit-fils de Mohammed V al-Ghanî. Pour (es) R.H. Shamsuddín Elía, Historia de Al-Andalus, Boletín N° 53 -08/2006 Al-Ándalus III: El Sultanato De Granada (1232-1492) il serait le petit-fils de Mohammed VI al-'Ahmar, de même pour Nicolás Homar Vives, Reyes y Reinos Genealogias, Granada
  11. Ne figure pas dans l'arbre généalogique de (fr) web.genealogie.free.fr Espagne, mais est donné en cette place par (ar) www.hukam.net, بنو نصر/النصريون/بنو الأحمر في غرناطة.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]