Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi

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Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
سيدي محمد ولد الشيخ عبد الله
Abdallahi en 2007
Abdallahi en 2007
Fonctions
Président de la
République islamique de Mauritanie

(1 an, 3 mois et 18 jours)
Élection 25 mars 2007
Premier ministre Zeine Ould Zeidane
Yahya Ould Ahmed El Waghef
Prédécesseur Ely Ould Mohamed Vall
(président du Conseil militaire pour la justice et la démocratie, de facto)
Successeur Mohamed Ould Abdel Aziz
(président du Haut Conseil d'État, de facto)
Biographie
Date de naissance (78-79 ans)
Lieu de naissance Aleg, Mauritanie
Nationalité mauritanienne
Parti politique Indépendant
Conjoint Khatou Bint El Boukhari
Diplômé de Université de Grenoble, Paris
Profession économiste
Religion Islam

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
Présidents de la
République islamique de Mauritanie

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (en arabe : سيدي محمد ولد الشيخ عبد الله) né en 1938, est un homme politique mauritanien. Président de la République islamique de Mauritanie depuis le 19 avril 2007, il est suspendu le à la suite d'un coup d'État militaire mené par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gouvernements et exils[modifier | modifier le code]

Il est de 1971 à 1978, ministre d'État, ministre de l'Économie dans le gouvernement de Moktar Ould Daddah. Il est emprisonné lors de la chute du gouvernement de ce dernier, une fois libéré il devient conseiller économique pour le Koweït de 1982 à 1985. Revenu en Mauritanie en 1986, il est nommé ministre de l’Hydraulique et de l'Énergie puis ministre des pêches et des affaires maritimes par Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya. En 1989 il se brouille avec la présidence ce qui le pousse à s'exiler à nouveau, il reprend son travail pour le Koweït dans un service d'aide au développement au Niger. Il ne revient en Mauritanie qu'en 2003 et renoue aussitôt avec la politique[1].

Présidentielle de 2007[modifier | modifier le code]

Lors du premier tour de l'élection présidentielle qui se déroule le 11 mars 2007, il obtient 24,80 % des voix. Le 25 mars, il est élu lors du second tour avec 373 519 voix, soit 52,89 % des suffrages exprimés, face à Ahmed Ould Daddah qui lui a obtenu 47,11 % (premier tour 20,70 %). Il est investi président le 19 avril. Il est le président qui a souhaité le retour des réfugiés politiques mauritaniens après le départ du colonel Maouiya son prédécesseur.

Il a inscrit la restauration de l’unité nationale, la consolidation de l’État de droit « par l’approfondissement de la démocratie » et la lutte contre la pauvreté au rang des axes prioritaires de son mandat pour les cinq prochaines années. Le nouveau président s’est engagé à promulguer une nouvelle législation pour enrayer définitivement le phénomène et à mener « une politique de discrimination positive » à l’égard des anciennes victimes. Une meilleure répartition des richesses nationales dans un pays de 3,1 millions d’habitants pourvu de nombreuses ressources naturelles et où l’incidence de pauvreté reste encore au-dessus de 40 % va, enfin, constituer un chantier important du nouveau pouvoir, estiment les observateurs.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a recueilli 52,85 % des suffrages lors du 2e tour d’un scrutin présidentiel qualifié de « transparent et crédible » par l’ensemble des observateurs. Cette élection a mis un terme à 19 mois d’une transition militaire marquée par pas moins de cinq consultations électorales.

Il devient alors le premier et le seul président élu démocratiquement de l'histoire de son pays[2].

Exercice du pouvoir[modifier | modifier le code]

La présidence effective d'Abdallahi dure moins de quinze mois.

Elle est marquée par un nouveau dispositif législatif et policier punissant plus sévèrement l'esclavage. La notion d'esclavage est redéfinie dans un sens plus large, des peines de cinq à dix ans de prison sont prévues pour les propriétaires d'esclaves ainsi que contre les fonctionnaires trop laxistes ou corrompus. La loi de 1981 prévoyant une indemnisation pour les propriétaires perdant des esclaves est abrogée[3].

Conformément à sa promesse électorale, son gouvernement commence à organiser le retour des « réfugiés négro-mauritaniens » installés au Sénégal depuis le conflit sénégalo-mauritanien de 1989[4]. Le processus est cependant critiqué par les Forces de libération des Africains de Mauritanie (FLAM) qui le juge trop lent et pas assez généreux.

En avril 2008, face à la crise alimentaire mondiale de 2007-2008, il décide de créer une banque de céréales, de supprimer les taxes douanières sur le riz et de subventionner les prix du gaz et de l’électricité et diverses mesures pour éviter la famine dans les zones les moins accessibles[5]. Le coût du programme est évalué à 75 millions d'euros. Dans le même temps, il annonce des mesures pour faciliter l'accès aux logements à Nouakchott.

Coup d'État d'août 2008[modifier | modifier le code]

Le 6 août 2008, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est arrêté avec le Premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghef par des militaires lors d'un coup d'État militaire. Le responsable du putsch n'est autre que l'ex-chef de la garde présidentielle, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, limogé par décret quelques heures auparavant par le président. Ce dernier a été emmené dans un endroit tenu secret par les militaires et sa résidence privée n'est plus désormais sous surveillance[6].

Depuis le départ de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, un front de résistants milite en faveur de son retour, le Front pour le retour de Sidi, qui selon les révélations de WikiLeaks, est toujours actif en 2010[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Samson, « Sidi Ould Cheikh Abdallahi élu président », RFI,‎ (lire en ligne)
  2. « Coup d'Etat en Mauritanie, le premier président démocratiquement élu arrêté - 06/08/2008 », sur ladepeche.fr (consulté le 30 septembre 2016)
  3. Immigration and Refugee Board of Canada, « Mauritanie : information sur la situation des Mauritaniens noirs (2006-2008) », Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés,
  4. Marianne Meunier, « Controverse autour des rapatriés », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  5. Manon Rivière, « La Mauritanie annonce un plan d’urgence face à la hausse du coût de la vie », RFI,‎ (lire en ligne)
  6. J.C. et C.J., « Coup d'État en Mauritanie », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  7. Marianne Meunier, WikiLeaks : informations et manigances à Nouakchott, Jeuneafrique.com, 7 décembre 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony G. Pazzanita, « Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 471-477 (ISBN 9780810855960)
  • (es) . Biographie Fundació CIDOB