Histoire du Maghreb

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Cippe votif avec inscription punique.
Cippe votif avec inscription, H 0,65 m l 0,42 m ; VIe siècle av. J.-C., CIS I, 5684.

L'histoire du Maghreb est connue au travers de diverses sources. L'une d'elles sont les recherches archéologiques, notamment en Tunisie, qui ont entre autres permis de découvrir les traces exposées au Musée national du Bardo (Tunisie).


Avant l'islamisation[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le Maghreb est mondialement connu pour son patrimoine préhistorique[1].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Photographie ancienne du bas-relief des sept personnages dit des Dii Mauri, calcaire, IIIe siècle apr. J.-C., provenant d’El-Ayaida.
  • Vers 1100 av. J.-C. : expansion phénicienne en Afrique du nord et création de nombreux comptoirs le long des côtes dont Carthage
  • 264-146 av. J.-C. : les 3 guerres puniques entre Carthage et Rome. Après la dernière guerre, Rome rase Carthage et crée sa première province sur le continent africain Africa correspondant au nord de la Tunisie actuelle.
Articles détaillés : Carthage et Civilisation carthaginoise.
  • 112-105  : révolte menée par le Berbère Jugurtha contre l'occupation romaine
  • 17 apr. J.-C. : le numide Tacfarinas prend la tête d'une révolte contre l'occupation romaine dans l'actuelle Algérois
  • 42 : Rome occupe toute l'Afrique du nord
Mosaïque représentant une basilique chrétienne en coupe, avec la façade et les nefs ainsi que l’autel.
Mosaïque dite de l’Ecclesia Mater.
  • Ier et IIe siècles : les Berbères embrassent le christianisme comme symbole de résistance à l'occupant naguère païen.
  • 193 : Septime Sévère devient empereur romain. Il est originaire de Leptis Magna, ville actuellement en Libye
  • 212 : tous les habitants de l'Empire, dont ceux des provinces d'Afrique deviennent citoyens romains (édit de Caracalla)
  • 302-305 : persécution des chrétiens par l'empereur Diocletien
  • 380 : le christianisme, religion officielle de l'empire. Les Berbères choisissent le donatisme, autre marque de résistance et d'opposition à l'occupant.
  • 395 : Augustin de Thagaste est élu évêque d'Hippone (actuelle Annaba en Algérie). Il sera l'un des plus importants docteurs de l'église catholique.
  • 439-533 : après la péninsule ibérique, le Maghreb souffre à son tour de l'invasion des peuplades germaniques. Les Vandales occupent Carthage et chassent l'occupant romain pour s'installer à sa place.
Article détaillé : Royaume Vandale.
  • 534 : Bélisaire, général byzantin occupe Carthage et le Constantinois. Entre temps, les Berbères réussissent à résister aux Vandales et s'organisent en royaumes.

L'islamisation (646-711) (en arabe : el fat'h)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête musulmane du Maghreb.
La Grande Mosquée de Kairouan fondée par Oqba Ibn Nafaa en 670, est une des plus anciennes mosquées du Maghreb ; elle date dans sa forme actuelle du IXe siècle (836-875), Kairouan, Tunisie.
Un feuillet du Coran bleu de Kairouan avec la riche calligraphie d’or sur un fond bleu.
Coran bleu de Kairouan.
  • 646 : à la suite de l'attaque byzantine contre les musulmans au nord de la péninsule arabique et en Syrie, une guerre sans merci va se déclencher entre les deux parties et ne se terminera qu'avec la chute de Constantinople. Les musulmans vainqueurs en Syrie poursuivront les Byzantins là où ils se trouvent. En Égypte d'abord puis jusqu'au nord-ouest de la Libye, où ils avaient l'habitude de fuir pour revenir à l'assaut.
  • 670 : fondation de Kairouan, ainsi que de sa Grande Mosquée, par le général arabe Oqba Ibn Nafaa ; Kairouan va servir de base pour l'islamisation de tout le Maghreb[2].
  • Fin du VIIe siècle : l'islam s'installe dans tout le Maghreb, les occupants byzantins sont chassés.
  • 695-705 : rébellion berbère contre la dynastie Omeyyade menée par la reine Kahena dans les Aurès
  • 711 : les Oméyyades contrôlent tout le Maghreb.

711-1500[modifier | modifier le code]

Période ottomane[modifier | modifier le code]

  • 1492 : l'Espagne est entièrement reconquise (prise de Grenade) par les chrétiens. Juifs et musulmans sont expulsés vers le Maghreb
  • 1505 - 1510 : tentatives espagnoles pour contrôler les côtes du Maghreb. Construction de la forteresse espagnole, le Penon en face du port d'Alger.
  • 1516 : Arudj Barberousse prend Alger à la tête de 1 300 turcs et d’une flotte de 16 galiotes. Il devient maître de la ville après avoir fait assassiner l'émir Salim at-Toumi.
  • 21-25 octobre 1541 : échec du siège d’Alger par Charles Quint[3]. Un corps expéditionnaire de 15 000 hommes et 300 navires réussit à débarquer, mais la tempête disperse les navires, entraîne des pertes en vivres et en munitions. Charles doit rembarquer sans pouvoir prendre la ville. La défense de la ville est assurée par 800 Turcs de l’odjak, avec auxiliaires de 5 000 hommes.
  • Khayr ad-Din Barberousse fait allégeance au sultan de Constantinople Sélim Ier qui envoie à Alger 6 000 hommes dont 2 000 janissaires et le nomme émir des émirs (beylerbey) du Maghreb central.
  • 1521 : il s’empare de Constantine, Annaba (1522), Ténès, Cherchell et Mostaganem.
  • 1529 : il rase le Peñon et fait construire un môle qui relie les quatre îlots à la cité. Alger a désormais son port. C’est l’acte de naissance de la régence d’Alger, « république militaire ».

Émergence des nations[modifier | modifier le code]

Avec l'émergence des nations, l'histoire se singularise pour chaque nation, puis avec l'indépendance pour chaque nation.

Émergence de la nation algérienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Algérie.
    • 1827 : crise diplomatique entre la France et le bey d'Alger
    • 1830 : les troupes françaises prennent Alger, début de la colonisation
    • 1837 : Le général français Shneider utilise pour la première fois dans une lettre le mot "Algérie"
    • 1838-1847 : résistance d'Abd el-Kader
    • 1848 : l'Algérie est déclarée territoire français et départementalisée

Depuis 1830 jusqu'à son indépendance, l'Algérie est sous administration française.

  • 1954 le début de la guerre en Algérie
  • 1962 l Indépendance de l’Algérie

Émergence de la nation lybienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Libye.

Alors que les grandes puissances européennes poursuivent leur expansion en Méditerranée, le Royaume d'Italie cherche à développer son propre empire colonial. L'ancienne province romaine de « Libye » paraît le territoire le plus aisé à conquérir pour l'Italie, qui peut se prévaloir de l'avoir déjà possédée[4]. La bienveillance de la France et du Royaume-Uni à l'égard de leurs ambitions pousse les Italiens à agir et, en septembre 1911, l'Italie remet un ultimatum à la Sublime Porte, annonçant son intention d'occuper la Tripolitaine et la Cyrénaïque pour garantir la vie et les biens de ses propres sujets présents dans le pays. La guerre italo-turque, bien que plus difficile que prévu pour les Italiens, tourne finalement à leur avantage. Le , un décret royal déclare la Tripolitaine et la Cyrénaïque parties intégrantes du Royaume d'Italie. Au printemps 1912, la zone côtière est entre les mains des Italiens. Le , par le Traité d'Ouchy, l'Empire ottoman renonce à sa souveraineté sur les régions conquises par l'Italie[5]. Les territoires de l'ancienne régence de Tripoli sont désormais désignés par les Italiens du nom de Libye, reprenant la désignation de l'ancienne province africaine de l'Empire romain.

Jusqu'à son indépendance, la Libye est sous administration italienne.

La Libye connaît à partir de 1938 un regain de tension, dû au rapprochement de l'Italie avec l'Allemagne nazie. Les frontières de la Libye avec le Protectorat français de Tunisie, le Royaume d'Égypte et les colonies françaises en Afrique ont été délimitées par une série de traités entre 1910 et 1935, mais un nouveau litige a lieu en 1938 avec la France au sujet de l'attribution à la Libye d'une bande de terre de 1 200 km au nord du Tibesti. Dans un contexte de tensions internationales renforcées, la proximité de la Libye italienne avec le Protectorat français de Tunisie suscite des inquiétudes de part et d'autre[6].

Le , peu après l'entrée en guerre de l'Italie, Italo Balbo meurt dans un incident aérien. Rodolfo Graziani est rappelé en Libye pour lui succéder. L'offensive menée par Graziani, sur ordre de Mussolini, contre les forces britanniques de Archibald Wavell, est un échec, qui tourne à la déroute pour les Italiens lors de la contre-offensive alliée. En février 1941, les Britanniques occupent Benghazi; l'Afrikakorps d'Erwin Rommel est appelée à la rescousse des Italiens et les combats se poursuivent jusqu'en 1943, quand la contre-offensive de Bernard Montgomery aboutit à l'occupation de Tripoli. Les Forces françaises libres prennent quant à elles le contrôle du Fezzan et du Ghadamès au sud-ouest du pays. À la fin de la guerre mondiale, la Tripolitaine et la Cyrénaïque sont sous occupation britannique, et le Fezzan sous occupation française. L'émir Idris, naguère exilé par les Italiens, fait un retour triomphal en Cyrénaïque en 1945[7].

Émergence de la nation marocaine[modifier | modifier le code]

  • Mauritanie
  • Sahara occidental

Émergence de la nation tunisienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Tunisie.
    • 1869 : la Tunisie passe sous contrôle d'une commission internationale présidée par la France
    • 1881 : protectorat français sur la Tunisie (traité du Bardo) entrainant une révolte populaire

Enjeux communs[modifier | modifier le code]

La coexistence des nations n'interdit pas l'existence d'enjeux communs. Le Maghreb kharijite, entre révolte et intégration Insurrection islamique au Maghreb et Opération Enduring Freedom - Trans Sahara.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1957_num_66_357_18314
  2. (fr) Histoire de la ville de Kairouan (Kairouan.org)
  3. François Tonic, Question d'Histoire, éd. Publibook, 2001, p. 196
  4. Charles L. Killinger, The history of Italy, Greenwood Publishing Group, 2002, page 133
  5. François Burgat, André Laronde, La Libye, Presses universitaires de France, 2003, pages 43-44
  6. François Burgat, André Laronde, La Libye, Presses universitaires de France, 2003, pages 49-50
  7. François Burgat, André Laronde, La Libye, Presses universitaires de France, 2003, pages 50-52

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ernest Weibel. Occident-Maghreb 13 siècles d'histoire, 624 pages, Ellipses 2010 (ISBN 978-2729854690)