Royaume d'Altava

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Royaume d'Altava

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Carte du royaume d'Altava (1) et les autres royaumes berbères romanisés à la fin du VIe siècle.
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Altava
Langue Berbère, roman africain
Religion Christianisme (catholicisme)

Entités précédentes :

Le royaume d'Altava est un royaume berbère indépendant centré sur la ville d'Altava dans le nord de l'actuelle Algérie. Le royaume d'Altava est un état successeur de l'ancien royaume des Maures et des Romains qui contrôlait une grande partie de l'ancienne province romaine de Maurétanie césarienne. Ce royaume s’est effondré à la suite des campagnes militaires des Byzantins visant à réduire son influence et son pouvoir après que Garmul ait envahi l’exarchat d’Afrique[1].

L'effondrement du royaume des Maures et des Romains a entraîné la montée de plusieurs petits royaumes berbères dans la région, notamment le royaume d'Altava, qui était centré sur la capitale de l'ancien royaume. Le royaume a continué d'exister au Maghreb jusqu'à la conquête de la région par le califat omeyyade aux VIIe et VIIIe siècles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Carte du royaume des Maures et des Romains avant son effondrement au VIe siècle.

Le royaume des Maures et des Romains fut fondé au début du ve siècle après les conquêtes berbères partielles de la Maurétanie romaine. À la fin du iiie siècle, la domination romaine directe était déjà confinée à quelques villes côtières (comme Septum en Maurétanie tingitane et Césarée en Maurétanie césarienne). Les sources historiques sur les zones intérieures sont rares, mais celles-ci étaient apparemment contrôlées par des dirigeants berbères locaux qui, toutefois, maintenaient un certain degré de culture romaine, y compris les villes locales, et reconnaissaient généralement nominalement la suzeraineté des empereurs romains[2].

Après la conquête vandale de l’Afrique du Nord et l’instauration du royaume vandale, ces villes se sont complètement isolées et sont finalement tombées sous le contrôle du peuple berbère romanisé de la région. Les berbères formeraient un royaume barbare indépendant, surnommé le Regnum Maurorum et Romanorum, le « royaume des Maures et des Romains ». Ce royaume sera une puissance locale, se retrouvant souvent en guerre avec le royaume vandale voisin. Lorsque l'Empire byzantin a envahi les Vandales dans le but de reconquérir l'Afrique du Nord, le royaume mauro-romain, alors dirigé par le roi Masuna s'est allié avec les Byzantins contre les Vandales. Cependant, les dirigeants ultérieurs sont entrés en conflit avec l'Empire. Après une campagne militaire ratée du roi Garmul contre l'Empire byzantin, l'Empire a réintégré certains territoires côtiers et le royaume s'effondra[3].

État-croupion[modifier | modifier le code]

Bien que le domaine du royaume mauro-romain se soit effondré et que d'autres royaumes ont émerger dans ses ruines, tels que le royaume des Ouarsenis et le royaume du Hodna, un royaume berbère romanisé à continué d'être gouverné depuis la ville d'Altava, bien que sa taille soit nettement inférieure à celle du royaume qui fut dirigé par Garmul[1]. Au cours de cette période, le christianisme est devenu la religion prédominante dans le royaume d'Altava. Une nouvelle église a été construite dans la capitale Altava en cette période[4]. Diverses inscriptions funéraires chrétiennes ont été découvertes à Altava et les alentours, mais ce qu'il advint du royaume lui même et ses dirigeants est inconnu.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Martindale 1980, p. 509-510.
  2. Wickham 2006, p. 516-517.
  3. El Africa Bizantina, p. 45-46
  4. (en) R. I. Lawless, « Mauretania Caesartiensis: an archaeological and geographical survey », Durham theses, vol. 1,‎

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Courtot, « Altava », Encyclopédie berbère, no 4,‎ (lire en ligne)
  • Gabriel Camps, « Rex gentium Maurorum et Romanorum. Recherches sur les royaumes de Maurétanie des VIe et VIIe siècles [Recherches sur les royaumes de Maurétanie des VIe et VIIe siècles] », Antiquités africaines, vol. 20, no 1,‎ , p. 183-218 (ISSN 0066-4871, DOI 10.3406/antaf.1984.1105, lire en ligne)
  • (en) Timothy Barnes, The new Empire of Diocletiam to Constantine, Cambridge, MA: Harvard University Press, (ISBN 0783722214 et 9780783722214, OCLC 912403126, lire en ligne)
  • (en) Ivan Hrbek, General History of Africa III: Africa From the Seventh to the Eleventh Century
  • Charles Diehl, L'Afrique byzantine : histoire de la domination byzantine en Afrique (533-709), Paris, Leroux, , 644 p. (lire en ligne)
  • Yves Modéran, Kusayla, l'Afrique et les Arabes, dans Identités et Cultures dans l'Algérie Antique, Université de Rouen,
  • (en) Jonathan Conant, Staying Roman : Conquest and Identity in Africa and the Mediterranean, 439-700, Cambridge New York, Cambridge University Press, (ISBN 9781139048101, 1139048104 et 9780521196970, OCLC 794731524, lire en ligne), p. 280-281
  • (en) Chris Wickham, Framing the Early Middle Ages: Europe and the Mediterranean, 400-800, Oxford University Press, , 1024 p. (ISBN 978-0-19-921296-5, lire en ligne)