Atlantes (peuple)

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Carte du monde décrit par Hérodote dans ses Histoires

Les Atlantes (en berbère: ⵉⵏⴰⵟⵍⴰⵚⵏ) sont un peuple libyque qu'Hérodote (v. 484425 av. J.-C.) place dans la partie septentrionale de l'Afrique du Nord, à proximité d’une montagne qu'il nomme « Atlas »[1] dont la situation est incertaine[2].

Les Atlantes figurent essentiellement dans l'œuvre d'Hérodote comme un nom : localisés sur un « bourrelet sablonneux » à proximité de l'Atlas — décrit comme la « colonne du ciel  » — et à vingt journées à l’ouest des Garamantes[2], les Atlantes sont le dernier peuple qu'Hérodote énumère en Afrique en allant vers l'Ouest, À ce titre ils témoignent de l'importance de la nomination et de l'énumération dans son œuvre, les catalogues de noms de l'historien rappelant les énumérations des rhapsodes[3].

Après Hérodote, certains commentateurs ont tendu à situer ces Atlantes en bordure de l’Atlantique bien que la localisation de l'Atlas marocain soit mal fixée dans l’Antiquité[2]. Certains éléments du récit d'Hérodote sont repris par Pomponius Mela qui situe les Atlantes « au couchant » sans plus de précision, par Pline l’Ancien qui rapporte l'idée selon laquelle les Atlantes habitent « au milieu des solitudes » ou encore par Solin, Martianus Capella et Ammien Marcellin qui les nomme « Atlantei »[2].

Diodore de Sicile consacre quant à lui plusieurs paragraphes de son Livre Trois (LIV-LV) de sa Bibliothèque historique à un peuple d'Atlantes qu'il situe à l'extrémité de l'Afrique et qu'il présente comme arrivé à un assez haut degré de puissance et de civilisation. Il place leur histoire aux temps légendaires de la mythologie ; les Atlantes doivent faire face aux Gorgones et sont vaincus par les Amazones, dans une description de peuples irréels dans un récit légendaire loin d'une connaissance réelle de l'extrémité ouest de l'Afrique[4]. Diodore place également chez les Atlantes l'origine de nombreux dieux.

Selon Pierre Vidal-Naquet, Platon a pu s'inspirer du nom de la tribu libyenne donné par Hérodote pour nommer la cité fictive qu'il imaginait dans le cadre du mythe de l'Atlantide présenté dans ses dialogues du Critias et du Timée [5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « La montagne a donné son nom aux habitants du pays : on les appelle les Atlantes » traduction A. Barguet, Gallimard, folio, 1992, p. 443
  2. a b c et d Jehan Desanges, « Atlantes », Encyclopédie berbère, no 7,‎ , p. 1013 (ISSN 1015-7344, lire en ligne, consulté le )
  3. François Hartog, Le miroir d'Hérodote, Paris (1980), 2001, p. 378 et 506
  4. Maurice Euzennat, CRAI, 1993, 137-2, p. 539 remarques formulées à l'occasion de la communication de Jehan Desanges, « Diodore de Sicile et les Éthiopiens d'Occident » Lire en ligne
  5. Pierre Vidal-Naquet, « Hérodote et l'Atlantide entre les Grecs et les Juifs. Réflexion sur l'historiographie du siècle des Lumières ». Quaderni di storia, 8, 1982, 16, p. 7

Références[modifier | modifier le code]

  • François Hartog, Le miroir d'Hérodote, Paris (1980), 2001, p. 378 et 506.
  • Pierre Vidal-Naquet, « Hérodote et l'Atlantide entre les Grecs et les Juifs. Réflexion sur l'historiographie du siècle des Lumières ». Quaderni di storia, 8, 1982, 16

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