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Guerre du Sahara occidental

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Guerre du Sahara occidental
Description de cette image, également commentée ci-après
Frontière actuelle entre le territoire contrôlé par le Maroc et celui contrôlé par le Polisario à Tifariti.
Informations générales
Date 1975-1991
Lieu Maroc, Mauritanie et Sahara occidental
Issue cessez-le-feu du
Changements territoriaux 80 % du territoire est contrôlé par le Maroc
20 % par le Front Polisario
Belligérants
Drapeau du Maroc Maroc (1975-1991)
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
(1975-1979)
Drapeau de la France France
(1977-1978 : implication)
Drapeau de la République arabe sahraouie démocratique Front Polisario, puis
Drapeau de la République arabe sahraouie démocratique RASD
(1975-1991)
Drapeau de l'Algérie Algérie
(jan.-fev. 1976 : implication
1976-1991 : soutien logistique)
Drapeau de la Libye Jamahiriya arabe libyenne
(1975-1984 : soutien logistique)
Commandants
Drapeau du Maroc Hassan II
Drapeau du Maroc Ahmed Dlimi
Drapeau du Maroc Abdelaziz Bennani
Drapeau du Maroc Mohamed Abrouk
Drapeau de la Mauritanie Moktar Ould Daddah
Drapeau de la Mauritanie Moustapha Ould Mohamed Saleck
Drapeau de la Mauritanie Mohamed Khouna Ould Haidalla
Drapeau de la République arabe sahraouie démocratique Mohamed Abdelaziz
Drapeau de la République arabe sahraouie démocratique El-Ouali Moustapha Sayed
Drapeau de la République arabe sahraouie démocratique Lahbib Ayoub
Drapeau de la République arabe sahraouie démocratique Brahim Ghali
Drapeau de l'Algérie Houari Boumédiène
Drapeau de la Libye Mouammar Kadhafi
Pertes
Drapeau du Maroc
2 155-2 500 morts[1]
200 capturés[2]
Drapeau de la Mauritanie
2 000 morts
Drapeau de la République arabe sahraouie démocratique
4 000 morts
200 prisonniers
Drapeau de l'Algérie
200 morts
106 prisonniers

Batailles

La guerre du Sahara occidental qui s'est déroulée entre 1975 et 1991[3] est un conflit militaire opposant le Maroc et la Mauritanie au Front Polisario, sur le territoire du Sahara occidental. La guerre éclate à la suite du retrait de l'Espagne du Sahara espagnol, qu'elle avait convenu de céder au Maroc et à la Mauritanie lors des accords de Madrid.

Le Front Polisario, un mouvement indépendantiste sahraoui qui avait lutté contre l'occupation espagnole, se retourne contre le Maroc (qui a également lutté contre l'occupant espagnol depuis son indépendance en 1956) et la Mauritanie, avec le soutien de l'Algérie et la Libye. En 1979, le Front Polisario contraint la Mauritanie à accepter un accord de paix. Le Maroc et le Polisario signent un accord de cessez-le-feu en 1991, préalable à un référendum d'autodétermination. Ce référendum n'a toujours pas eu lieu.

Le Maroc contrôle 80 % du territoire du Sahara occidental, tandis que le Polisario revendique le contrôle des 20 % restants[4]. Ce conflit aurait causé la mort de plus de 16 000 personnes.

Contexte historique, géographique et politique

Colonisation espagnole

Sahara espagnol et protectorats du Maroc en 1912.

En 1859, l'Espagne déclenche la seconde guerre du Maroc contre le Maroc, la guerre se termine par une victoire de l'Espagne lors des batailles de Sierra de Bullones le , de Castillejos le , de Tétouan le et de Wad-Ras le . Le Maroc est contraint de signer avec l’Espagne le le traité de Wad-Ras, dont les conditions lui sont très défavorables.

En 1884, l'Espagne commence à coloniser le Sahara occidental qui devient peu à peu une colonie malgré une résistance de quelques tribus sarahouies aidées matériellement par le sultan du Maroc Hassan Ier du Maroc. L'Espagne commence par coloniser Río de Oro ; en 1887 la totalité du Sahara occidental est colonisée.

Le domaine espagnol se composait de deux régions actuelles du Maroc, géographiquement disjointes : les régions du Rif et Yebala au nord du Maroc ; et Tarfaya, en bordure du Sahara espagnol s'étendant au sud jusqu'à la Mauritanie, et avec le fleuve Draa comme frontière au nord. Huit mois avant la conférence de Berlin, la France avait établi son protectorat sur la plus grande partie de l'actuel Maroc, concédant à l'Espagne plus une zone d'influence qu'un réel protectorat. Toutefois, la création d'une administration coloniale sur le territoire du protectorat dans le Rif ne se produira pas avant 1927 à la suite de la guerre du rif, lorsque la région a été pacifiée. Le protectorat a duré jusqu'au .

La thèse du Grand Maroc

Carte du « Grand Maroc » revendiqué par l'Istiqlal.

La thèse du Grand Maroc repose sur l'idée que le Maroc doit légitimement recouvrir l'ensemble des territoires qui lui ont été amputés à la veille et durant le protectorat par la clause d'intégrité territoriale du Traité de Fès. Les limites territoriales de ce Grand Maroc sont variables. Elles incluent généralement l'intégralité de la Mauritanie, le quart occidental du Sahara algérien ainsi qu'une partie du Mali.

Le Grand Maroc est un concept développé par le gouvernement marocain principalement par l'Istiqlal dans les années 1950 et 1960[5]. À la suite de la guerre des sables le Maroc abandonne ses revendications territoriales sur une partie du Sahara algérien[6], puis renoncera et reconnaîtra la Mauritanie en 1969[7]. Sa dernière préoccupation sera le Sahara occidental.

Guerre d'Ifni

Après l'indépendance du Maroc en 1956, l'armée de libération marocaine est fondée afin de libérer les territoires sous contrôle espagnol et français (Ifni, Tarfaya et le Sahara occidental) : c'est ce que l'on appelle la « guerre d'Ifni ».

En février 1958, les troupes franco-espagnoles ont lancé une offensive de grande envergure qui a permis de démanteler l'Armée de libération marocaine au Sahara occidental[8].

Le , des accords sont signés entre le gouvernement espagnol et le Maroc. Celui-ci obtient la région de Tarfaya (Cap Juby), entre le Drâa et le parallèle 27º 40', à l'exclusion de Sidi Ifni et du reste du Sahara espagnol.

L'Espagne a rétrocédé Ifni au Maroc en 1969, conformément à la résolution 2072 de l'Organisation des Nations unies (1965), qui appelle à la décolonisation d'Ifni et du Sahara occidental. Mais l'Espagne parvient toutefois à conserver le Sahara occidental jusqu'au début de la marche Verte (1975)[9].

Premiers mouvements sahraouis

Après la guerre d'Ifni de 1957-1958, plusieurs mouvements sahraouis entreprennent des raids au sein du Sahara occidental.

Le premier mouvement indépendantiste, le Frente de Liberacíon del Sahara bajo Dominacíon Española, est fondé en 1966 mais il n'entreprend aucune action[10].

Mohammed Bassiri, un sahraoui ayant fait ses études au Maroc, crée en 1967 le Harakat Tahrir Saqia al-Hamra wa Wadi al-Dhahab (mouvement de libération du Seguia el-Hamra et Oued ed-Dahab), précurseur pacifique du Polisario[10].

En 1969, la région voit naître le Mouvement révolutionnaire des hommes bleus, puis Mouvement de résistance des hommes bleus, organisation sahraouie de résistance anti-espagnole fondée par Moha R'guibi, dit Edouard Moha, aussi connu sous le nom de MOREHOB.

En 1971, un groupe de jeunes étudiants marocains dans les universités du Maroc a commencé à organiser ce qui allait être connu sous le nom de Mouvement Embryonnaire pour la Libération de Saguia el-Hamra et Rio de Oro[11].

Deux ans plus tard, le Front Polisario se constituera à Zouerate avec le soutien du président mauritanien Moktar Ould Daddah dans un but de fédéralisme.Celui-ci reçu le soutien de plusieurs tribus Maures notamment de Nouadhibou.

Démographie du Sahara espagnol

Avant le conflit, en 1967, le nombre d'habitants dans les trois principales villes du Sahara occidental était estimé à 23 458 personnes, En 1970, le recensement espagnol indiquait que le nombre d'habitants à Lâayoune et Villa Cisneros était d'environ 30 740 habitants, sans compter Smara. Puis, un an avant le début du conflit, en 1974, le nombre d'habitants en comptant les trois principales villes était de 41 207 habitants, Il faut également noter que durant ces années, l'urbanisation était très faible, et la plupart des habitants étaient des nomades organisés en tribus[12]. Selon le recensement espagnol de 1974, le Sahara Espagnol est peuplé de 74 000 personnes[4].

Démographie des principales villes du Sahara espagnol de 1967 à 1974
Années 1967 1970 1974
Lâayoune 15 758 24 048 29 499
Smara 2 130 ? 7 295
Villa Cisneros 5 570 6 692 5 413
Total 23 458 30 740[Note 1] 41 207

Composition tribale

Composition tribale de la population du Sahara occidental selon le recensement espagnol de 1974[13]

  • Tekna (31,4 %)
  • Reguibat (28,4 %)
  • O. Delim (15,6 %)
  • O. Tidrarine (12,2 %)
  • Laarossiyen (6,1 %)
  • Ahl Ma' el-Aynayn (3,4 %)
  • Autres tribus (2,9 %)

On distingue au sein des populations du Sahara occidental trois grands groupes tribaux : les Reguibat et les Tekna, d'origine sanhajienne, et les Ouled Delim, d'origine arabe maqilienne. À ces trois grands groupes s'ajoutent deux tribus sanhajiennes d'importance moyenne, les Ouled Tidrarin et les Laarousyin, ainsi que la confédération maraboutique des Ahl Ma El Aïnin, axée autour des disciples et des descendants du Cheikh Ma El Aïnin[14],[15]. Les différentes tribus sont elles-mêmes composées d'un nombre variable de fractions.

Le territoire compte également plusieurs tribus numériquement beaucoup moins importantes tel les Ouled Bou Sbaa, Imraguens, Filalas, Tadjakant, Chekarna, Taoubbalt, Lemyar, Chenagla et Mejjat, dont certaines constituent des « tribus satellites » gravitant autour d'autres tribus plus importantes, tel les Mejjat, Aït Hassin, Fouikat, Chenagla et Lemyar qui gravitent autour des Tekna de l'ouest, ou les Aït Noss autour des Tekna de l'est[14].

Les Haratins constituent un cas à part. En 1993 environ un tiers des Sahraouis appartenaient à ce groupe parfois plutôt décrit comme une caste. Les Haratins sont des descendants d'esclaves qui servaient de domestiques ou de gardiens de troupeaux aux nomades comme les Bella chez les Touaregs[16],[17].

Forces en présence

La guerre du Sahara occidental oppose le Maroc et la Mauritanie au Front Polisario, sur le territoire du Sahara occidental.

Maroc

En 1979, Ahmed Dlimi est chargé de commander les troupes marocaines jusqu'à sa mort en 1983[Note 2], il sera remplacé par Abdelaziz Bennani. Les forces marocaines sont composées des forces armées royales et des forces auxiliaires marocaines. En 1976, les troupes marocaines totalisaient 30 000 soldats[18]. En 1980 ce chiffre a doublé, et est passé à 60 000[19], et en 1988 l’effectif des forces marocaines atteint plus de 150 000 hommes[20].

Effectifs des forces marocaines de 1976 à 1988
Dates 1976[18] 1980[19],[21] 1988[20]
Effectifs 30 000 60 000 150 000

Mauritanie

En 1976, l'armée mauritanienne était composée de 3 000 à 5 000 hommes, un an plus tard son effectif avait triplé puis en 1979 elle disposait de plus de 18 000 soldats. La guerre augmenta les dépenses de défense (les effectifs de l’armée passèrent de 2 000 à 18 000 hommes entre 1976 et 1978 et représentaient 60 % du budget national à un moment où les actions du front Polisario faisaient diminuer les exportations de minerai de fer) et permit l’intervention militaire du Maroc (avec plus de 9 000 hommes stationnés dans les zones économiquement vitales du pays) et de la France.

Effectifs des forces armées mauritaniennes de 1976 à 1978
Dates 1976[22],[23] 1977 1978[24]
Effectifs 3 000-5 000 15 000 18 000

Polisario

Au début de 1975, les troupes du Polisario étaient composées seulement de quelques centaines d'hommes entraînés et enrôlés dans des groupes de guérilla avant . Mais presque tous les soldats sahraouis des Tropas Nomadas et de la Police territoriale, soit au total environ un millier d'hommes bien entraînés, rejoignirent les forces du front Polisario lorsqu'ils furent renvoyés de leurs unités sur ordre du général Gomez de Salazar, fin octobre[25]. En 1976 le Polisario était composé au total de plus de 5 000 combattants[18]. En 1979, Il est composé de 12000 combattants. En 1980, le Polisario est au plus haut et son effectif avait triplé de 15 000 hommes[19]. L'effectif de l'armée populaire de libération sahraouie est estimé en 1988 à 8 000 soldats[20]. En 1991, le Polisario est au plus bas avec seulement 2 000 à 6 000 hommes[21].

Effectifs de l'armée populaire de libération sahraouie de 1976 à 1991
Dates 1976[18] 1979[26] 1980[27],[19] 1988 1991[21]
Effectifs 5 000 12 000 15 000 8 000 2 000-6000

Armement et tactique

Front Polisario

En 1972, Kadhafi demande à la Mauritanie d'armer le Polisario pour aider à fonder un mouvement de libération du Sahara, Mokhtar Ould Daddah refusera. Dès 1973, lors de la création du Polisario, la Libye offre des armes légères qui serviront à attaquer les premières garnisons espagnoles[21].

C'est en 1975 que l'Algérie commencera à armer le Front Polisario et également en 1976 que cet apport deviendra massif[21]. L'Algérie offre également des canons de 122 mm, tout le carburant nécessaire et la base arrière de Tindouf tandis que la Libye livre des transporteurs de troupes, des missiles et des roquettes[21].

Dans les années 1980, la Yougoslavie et la Corée du Nord offrent des armes dont des SAM-6 et des SAM-7 que le Polisario utilisera en pour abattre un transporteur de troupes C 130, deux bombardiers F-5 et un hélicoptère. Le Polisario disposait également des chars T-54 puis 55 et T-62[21].

La tactique du Polisario, est très simple, elle compte sur sa mobilité et sa connaissance du terrain également appelée rezzous, elle consiste à attaquer grâce à des colonnes rapides des postes militaires, villes et de se replier rapidement vers Tindouf en cas de danger. Mais après que les Français ont lancé l'opération Lamentin, le Polisario est obligé de changer de tactique sur le front mauritanien pour une tactique de harcèlements et de sabotages[28]. Elle continuera cependant ses rezzous contre le Maroc jusqu’à la construction du mur des sables car elle sera obligée pour passer le mur d'utiliser des chars lourds pour tenter des percées qui seront toutes repoussées[21].

Maroc

Dassault Mirage F1 français, mise en service par la l'armée del'Air en 1973.Dassault en a vendu 50 au Maroc.

Le Maroc possède une armée conventionnelle, avec un matériel trop lourd pour le terrain, elle compte d’abord sur son aviation. Les troupes marocaines ne connaissent pas le terrain où elles combattent car ses soldats sont majoritairement des « paysans du Rif ou de l'Atlas »[29].

Au début de la guerre, le Maroc disposait de chars T-54, AMX-13 et M48 Patton, de transports de troupes blindés OT-64 SKOT, M113 et AMX-VCI. Jusqu'en 1989, le Maroc reçoit des blindés OT-62 TOPAS et des missiles SA-7 égyptiens, des chars SK-105 Kürassier autrichiens, des AML, des VAB et AMX-10 RC français et des M113 et chars M48 américains supplémentaires. L'Afrique du Sud, alors sous régime de l'apartheid, livrera des blindés légers Eland Mk 6 et des Ratel en 1980-1981[30]. La Roumanie et l'URSS fourniront également des armes légères au Maroc[21].

La France de Valéry Giscard d'Estaing a vendu 50 mirages F1 au Maroc pendant le conflit[31].

Dans les années 81-82, les États-Unis vont fortement accroître leur aide au Maroc. Cette aide se résumera entre autres à une importante livraison de matériel militaire, à la suite des accords passés entre le Maroc et les États-Unis[32].

Événements menant au conflit

Premiers raids marocains au Sahara Espagnol

Le général Franco en 1969

Dès 1974, Hassan II charge Ahmed Dlimi de commencer les premières opérations dans le but de faire pression sur l'Espagne pour qu'elle décolonise le Sahara[21].

Le , après la création du Front Polisario successeur du mouvement de libération du Seguia el-Hamra et Oued ed-Dahab de Mohammed Bassiri, le Maroc crée en 1975 le Front pour la Libération et l'Unité qui attaque les garnisons espagnoles au nord de la Saguiet el-Hamra[33],[34].

À partir de 1974, Dlimi et ses hommes tenteront des incursions éclair dans le Sahara contrôlé par l’Espagne[21]. Le , les premières troupes marocaines passèrent la frontière et se dirigèrent vers Jdiriya, Haousa et Farsia, trois des avant-postes évacués par l'armée espagnole[35].

En 1975, pratiquement en même temps que la Marche verte, Dlimi entame l’opération Ouhoud, du nom d’une célèbre guerre sainte de la première ère islamique. Pendant le déroulement de la Marche verte vers Laâyoune, l'armée marocaine réussit à pénétrer au Sahara en douce, à plus de 100 km à l’est, en « raflant » au passage les postes de Farsia, Jdiriya, Hawza et plus tard, Mahbes ils réussissent à nettoyer tout le secteur de Smara sans combats[21].

Le , Hassan II déclare à Rabat que la reprise du Sahara occidental représente une question de vie ou de mort[36].

Avis consultatif du 16 octobre 1975

Un avis consultatif de la Cour internationale de justice rendu public en 1975 confirme d'une part l'existence « de liens juridiques d'allégeance entre le sultan du Maroc et certaines des tribus vivant sur le territoire du Sahara occidental », mais ne confirme l'existence « d'aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d'une part, le Royaume du Maroc ou l'ensemble mauritanien d'autre part », et avalise la solution d'un référendum d'autodétermination[37].

Marche verte et décolonisation du Sahara occidental

Un billet de 100 dirhams commémorant la Marche Verte.

Le , le Maroc organise une marche pacifique, nommée « Marche verte » et qui réunit 350 000 civils Marocains portant chacun un Coran et un drapeau marocain pour prendre possession du Sahara occidental[38], le coran se voulait un symbole pacifique de l’action de récupération, alors que le drapeau traduisait un signe indicateur de l’appartenance de ce territoire au Maroc[32], le général Franco de son lit de mort a donné l'ordre de ne pas tirer sur les marcheurs[21]. L'Espagne se voit contrainte d'abandonner le territoire et signe les Accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie. Cet accord a pour but de partager le Sahara occidental entre deux tiers pour le Maroc et un tiers pour la Mauritanie[39].

Création du Front Polisario et guérilla du Polisario contre les Espagnols (1973-1975)

Le , le Polisario est formé à Zouérate (Mauritanie) par El-Ouali Moustapha Sayed, Bachir Moustapha Sayed, Lahbib Ayoub, Mohamed Abdelaziz, Omar Hadrami, Mahfoud Ali Beiba, Mohamed Lamine Ould Ahmed et Mohamed Lamine Ould Bouhali dans le but de mettre fin à l'occupation espagnole du Sahara occidental[21].

Le de la même année, le front Polisario attaque le poste de police espagnol d'El Khanga et signifie par ce geste, l’ouverture des hostilités vis-à-vis de l’occupation et pour la fierté nationale[32],[40].

Le , Lahbib Ayoub à la tête d’une colonne hétéroclite armée de fusils dépareillés, lance une attaque couronnée de succès contre un poste espagnol, du côté d’Amgala[réf. nécessaire]. Le , le Polisario s'empare de Lagouira sans combat[35].

Déroulement du conflit

Occupation du terrain par le Maroc et la Mauritanie (1975-1976)

Partage de l'ex-Sahara espagnol entre la Mauritanie et le Maroc en janvier 1976.

Juste après les accords de Madrid, la Mauritanie et le Maroc commencent l'invasion du territoire.

Le les troupes marocaines s'emparent de Smara et le de Laayoune. Le , les troupes de Mokhtar Ould Daddah s'emparent de Tichla et de Lagouira.

En décembre 1975, Lahbib Ayoub et plusieurs de ses combattants mènent un raid éclair contre les premiers bataillons marocains chargés de « récupérer » le Sahara, du côté de Haouza.

Le , les dernières troupes espagnoles quittent Laâyoune tandis que les troupes marocaines arrivent à Dakhla (Villa Cisneros). Le , elles sont rejointes par les troupes mauritaniennes et les derniers soldats espagnols quittent le territoire.

Au début de 1976, la Mauritanie contrôle théoriquement le tiers sud du Sahara et le Maroc les deux tiers nord.

Première et deuxième bataille d'Amgala

Situation du Sahara occidental début janvier 1976.

En janvier 1976, l'Algérie décide de participer au conflit et s'avance jusqu'à Amgala, à plus de 300 km à l'ouest de sa frontière avec le Sahara occidental. Le , l'armée marocaine attaque les troupes algériennes, c'est la première bataille d'Amgala qui dure du 27 au . La confrontation qui s'est déroulée dans l'oasis d'Amgala, entre les forces marocaines et algériennes, montre le soutien actif de l'Algérie vis-à-vis du Front Polisario.

Deux semaines plus tard, le 14 février, le Polisario, soutenu par l'Algérie, attaque les troupes marocaines et reprend Amgala[41]. Cette deuxième bataille d'Amgala est la dernière bataille juste avant une guerre sans front et une guerre d'embuscade entre les principaux belligérants que sont le Maroc et le Front Polisario, l'Algérie se retirera également du conflit après cette bataille[21].

Harcèlement du Polisario (1976-1980)

Le le Front Polisario, parti politique sahraoui, proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à Bir Lehlou au lendemain du retrait de l'armée espagnole du territoire. Les partisans du Front Polisario attaquent les forces marocaines et mauritaniennes par des incursions éclairs (guérilla), car celui-ci les considère comme des forces d'occupation[32].

En 1976, 10 000 réfugiés sahraouis quittent le pays pour les camps de Tindouf fuyant la guerre.

Le 21 janvier, l'armée de l'air marocaine perd un avion, un Northrop F-5 de fabrication américaine, près d'Aïn Ben Tili et trois jours plus tard, le poste tombe aux mains du Polisario. Les Mauritaniens le reprennent le [25].

Le , le Polisario réussit à lancer plusieurs tirs de mortier dans le centre d'El-Aïoun[25].

Le , El Ouali, le fondateur du Polisario, meurt lors d'un raid sur la capitale mauritanienne. Il est remplacé par Mohamed Abdelaziz.

Le 2 février 1977, le village d’Aferket situé à 50 km de Guelmim est attaqué par le Front polisario. Une dizaines de militaires du Polisario essaye de pénétrer le village aux alentours de minuit. Très peu armés, la tentative fut un échec. Les militaires du Polisario prennent la fuite après un tir de mortier des soldats marocains arrivant de la ville de Guelmim. Dans leur fuite, des mines sont placés pour ralentir l’avancée de l’armée marocaine, l’attaque du village n’a fait aucun mort. Cependant, le lendemain un civil au volant de son camion fut tuer par l’une de ces mines à quelques kilomètres d’Aferket.

Le , les troupes du Polisario commandées par Lahbib Ayoub attaquent la cité minière de Zouerate, où vivent plusieurs centaines de coopérants français et leurs familles; deux Français trouvent la mort et six autres sont capturés. Ils sont libérés huit mois plus tard, le et confiés au secrétaire général de l'ONU, Kurt Waldheim[42].

Le , Hassan II et Ould Daddah signent un accord de défense mutuelle et créent un haut commandement mixte. Plus de 9 000 soldats marocains occupent les principales villes mauritaniennes pour faire face au Polisario. Cela n'empêche pas le palais présidentiel à Nouakchott d'être bombardé. La Mauritanie demande de l'aide à la France[42].

Entre le 26 et de violents combats ont lieu à Haouza entre le Maroc et le Front polisario qui finit par s'en emparer[43].

Le 4 novembre, le point d'eau de Birgandus situé à quelques kilomètres de la voie ferrée au nord de Nouadhibou est attaqué par le Polisario[44]. Le 7 novembre, une colonne forte de 50 véhicules du Polisario attaque et prend le contrôle d'un poste mauritanien au nord-est d'Atar. Le 22, une autre colonne composée de 50 véhicules attaque le train minéralier de Touagil[44]. Le , La France lance l’opération Lamentin[45], qui décide le bombardement de trois positions du Polisario en Mauritanie et commence à aider également les troupes mauritaniennes.

Le 2 décembre, le poste mauritanien de Banou Lanouar sur la voie ferrée est attaqué par une colonne du Polisario qui l’occupe pendant 3 heures avant de se replier vers le nord-est en capturant quelques soldats mauritaniens[44]. Le 12, les troupes françaises ont le feu vert pour détruire une colonne estimée à 50 véhicules, à la suite de l'attaque de ces derniers contre le train minéralier qui se situe au sud de Zouerate, plusieurs soldats mauritaniens sont tués. Les Français poursuivent cette colonne du Polisario qui se disperse pour rendre la tache difficile aux Français, finalement un quart de la colonne est détruite et l'armée mauritanienne réussit à libérer 13 des siens[46].

Le 18 décembre, après l'attaque du poste Tméimichatt par une colonne composée de plus de 50 véhicules, trois patrouilles de Jaguars français stationnés à Dakar interviennent et détruisent la moitié de la colonne. L'armée mauritanienne récupère un important matériel militaire.

Le , après l'attaque du Polisario sur le poste de Choum, l'aviation française repère une colonne composée d'une trentaine de véhicules se repliant vers le nord sans avoir l'autorisation de la détruire[47]. Le 25 janvier, les Mauritaniens réussissent difficilement à repousser une attaque du Polisario contre la garnison de Touagil. Le 2 octobre, ils repoussent encore avec succès le Polisario qui tentait de prendre le contrôle de Tichla, puis le 28 les Sarahouis subissent un nouvel échec à Touagil[28].

Le , une colonne mauritanienne qui bénéficie de l'appui des forces françaises en Mauritanie dans le cadre de l'opération Lamentin, intercepte des unités du Polisario vers la voie ferrée dans la région de Zouerate.

Le 3 mai 1978, un convoi d'une quarantaine de véhicule saharaouis est accroché par l'armée mauritanienne au sud du Sahara espagnol, les Jaguars interviennent détruisant une dizaine de véhicules, le lendemain 4 mai le reste de la colonne est regroupé dans les contreforts d'une vallée et les Jaguars frappent à nouveau. Les véhicules survivants à ces attaques parviennent à s'échapper dans la nuit malgré les troupes mauritaniennes les encerclant![réf. nécessaire]

En 1979, la Mauritanie déclare un cessez-le-feu unilatéral à l'encontre du Front Polisario à cause du putsch militaire qui renverse l'ancien président Moktar Ould Daddah un an auparavant, ce qui neutralise la Mauritanie dans ce conflit. Le Maroc est désormais son principal ennemi. Avec le retrait de Nouakchott, le Maroc se retrouve avec un territoire de près de 270 000 km2 à sécuriser. Le Maroc commence également à annexer la partie sud du Sahara. Le , il est à Dakhla. Le 14, il commence à sécuriser la province[21].

En , les troupes du front Polisario commandées par Lahbib Ayoub attaquent et occupent, pendant plus de cinq heures Tan-Tan avec plus de 1 700 hommes[48].

Le , plus de 3 000 hommes et 500 véhicules du Polisario attaquent la garnison de Bir Anzarane. Cette bataille se termine par une victoire marocaine[49]. Le , la base de Lebouirate, au sud du Maroc, est prise par le Polisario qui détruit une cinquantaine de blindés.

Du 6 au , le Polisario attaque la garnison de Smara défendue par 6 000 soldats marocains, l'attaque est finalement repoussée. Le l'ALPS s'empare de Mahbès, la dernière et unique base marocaine entre l'Algérie et Smara, protégée par 780 hommes.

Du 1 au , le Polisario inflige une sévère défaite aux forces armées marocaines dans le djebel Ouarkziz et les pousse à adopter une nouvelle stratégie[48],[50].

Construction du mur des sables et l'enlisement du conflit (1980-1987)

Étapes de construction du mur marocain.

Dès 1979, l’idée d’un mur de défense s’impose comme une évidence pour les autorités marocaines[21].

En 1980, le Maroc commence la construction du mur des sables de plus de 2 720 km, protégé par plus de 100 000 soldats, également par des champs de mines, des remblais, des tranchées, des radars Rasura de surveillance rapprochée de plus de 50 kilomètres de portée, des portillons électroniques et des Northrop F5.

Lors de sa construction, les rumeurs les plus folles circulent à propos du mur. En fait c’est une réalisation du génie militaire marocain à 100 %[51]. Ce mur provoque l'enlisement du conflit.

Ahmed Dlimi s’appuie sur ses trois colonnes blindées, Ouhoud, Arak et Zellaqa, fortes de 20 000 hommes chacune, pour creuser des sillons à travers le Sahara.

En , le premier mur est en construction. Celui-ci protège le triangle névralgique Boucraâ-Smara-Boujdour et il sera achevé en malgré plusieurs attaques du Polisario[21].

En 1982, la RASD est admise à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont le Maroc se retirera deux ans plus tard[32].

En , Dlimi meurt d'un accident de voiture selon les sources marocaines mais d’après certaines sources, il a été tué après avoir essayé d'organiser un coup d'État contre le roi Hassan II[52], ou parce qu'il était devenu trop puissant, ayant été de ce fait une menace pour la monarchie marocaine[53]. Hassan II charge Abdelaziz Bennani de remplacer Ahmed Dlimi au poste de commandant militaire de la zone sud, il peut également compter sur Driss Benaïssa, Mohamed Abrouk ou le colonel Britel pour terminer la construction du mur des sables[21].

En 1984, la Libye et le Maroc se réconcilient, prévoyant une union lors de l'accord d'Oujda signé le . La Libye cesse son soutien au Polisario[54].

Le , l’assemblée générale de l'ONU adopte une résolution réaffirmant la nécessité de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario. Pérez de Cuellar est chargé de proposer des solutions de paix vu que l'OUA a échoué en acceptant le Front Polisario dans l'organisation[55].

En printemps 1986, des pourparlers indirects ont lieu entre le Maroc et le Front Polisario à New York, ils échouent en raison de divergences de fond sur le référendum, le Polisario exigeant le retrait des troupes et de l'administration marocaines avant la tenue de référendum[55].

En , le sixième et dernier mur, celui qui longe la frontière avec la Mauritanie est terminé. Il protège aussi Tichla et Aousserd dans l’est de la province d’Oued Eddahab[21].

Après la construction du mur (1987-1991)

En février, mars et , le Polisario effectue plusieurs raids le long du mur qui va maintenant de M’hamid El Ghizlane à Guergarat, à 55 km au nord de Lagouira, pour éprouver les défenses marocaines soumises à rude épreuve[21].

En , une commission technique de l'ONU, de dix-neuf experts visite le Sahara occidental pour y enquêter sur les conditions matérielles d'un éventuel référendum[55].

Le , les relations diplomatiques entre le Maroc et l'Algérie se rétablissent[55].

Le Secrétaire général de l'ONU et l'envoyé spécial du Président de l'OUA présentent le , au Ministre des Affaires étrangères du Maroc et aux représentants du Front Polisario, une solution de paix sous le concept "proposition de règlement dont l'objectif premier est l'organisation du référendum d'autodétermination"[56],[55]. Le , le Maroc et le Front Polisario, accepte, ce "plan" et entame des rencontres[55].

Le , le Polisario abat un avion américain par erreur. Durant la même année une révolte ouverte a explosé dans les camps de Tindouf. Une de ses conséquences sera le ralliement de 6 membres de la direction du Polisario, dont Omar Hadrami[21].

Hassan II confirme le , aux dirigeants des principaux partis politiques marocains que le Maroc ne cédera "aucun pouce de son territoire"[57].

Depuis la construction du mur des sables, le Polisario tente toujours de s'adapter à des confrontations conventionnelles auxquelles le mur, désormais achevé, l’oblige. Ayoub opère par concentration de blindés. Les derniers combats significatifs ont lieu à Gueltat Zemmour, en , en janvier et en où le Polisario perdra près de 100 combattants sur le terrain[21].

En novembre 1989, le roi Hassan II reçoit une délégation du Polisario. La paix des braves n’aura pas lieu, le Polisario persiste à revendiquer l'indépendance alors que le Maroc ne veut accorder qu'une autonomie interne[55].

En mai 1991, le roi Hassan II et le président Chadli Bendjedid se réconcilient à Oran. Les frontières algéro-marocaines sont rouvertes. L'Algérie retire son appui militaire et financier au Polisario[58].

Un cessez-le-feu est signé le entre les deux parties sous l'égide de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Bilan

La guerre du Sahara occidental a causé plus de 16 000 morts[59].

Maroc

Les pertes marocaines entre 1975 et 1987 sont évalués à 7 000 morts[réf. nécessaire]. Mais selon le Polisario, les pertes de l'armée marocaine sont évaluées à 1/10 de son effectif. 40 000 soldats au moins se trouvent pratiquement cloués au sol dans le sud marocain, sur le territoire de la R.A.S.D. et en Mauritanie selon les responsables du Front Polisario[60]. Mais le bilan affirmé par le Front Polisario n'est pas vérifié. Lors du conflit 2 300 soldats marocains ont été faits prisonniers selon le capitaine Ali Najab[61]. Les pertes matérielles marocaines furent très sévères, la principale cause de ces grosses pertes fut que le Polisario ayant l'initiative du terrain, lança plusieurs attaques contre des garnisons isolées.

Mauritanie

Lors du conflit, la Mauritanie eut plus de 2 000 morts et beaucoup de prisonniers.[réf. nécessaire]

Polisario

Les pertes du Polisario entre 1975 et 1987 sont estimées à 4 000 morts[réf. nécessaire]. Il faut noter aussi qu'entre 1976 et 1980 le Polisario eut de très grands succès en harcelant les troupes marocaines et mauritaniennes mais après la construction du mur des sables par le Maroc, il eut un grand changement de situation et lors des attaques du Polisario contre le mur, l’armée populaire de libération sahraouie eut de très grandes pertes comme en , en et en , le Polisario laissera près de 100 morts à Gueltat Zemmour[21].

Plus de 152 combattants du Polisario ont été capturés au cours de l'opération de " ratissage " lancée au Sahara occidental par les troupes maroco-mauritaniennes, du 1er août au 1er septembre dernier[Quand ?], au lendemain du traité de défense commun qui lie la Mauritanie au Maroc[60].

Depuis le cessez-le-feu (1991-)

Après le cessez-le-feu du , la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) installe son quartier général à Laâyoune[4]. Plusieurs tentatives de référendum ont également lieu mais ont toutes échoué mais dès l'arrivée de Kofi Annan au Secrétariat général en , il permet de relancer le processus de paix. Kofi Annan nomme James Baker, ancien Secrétaire d'État américain, comme envoyé personnel pour le Sahara occidental. James Baker a à deux reprises tenté de faciliter un compromis autour du concept d’autonomie[62]. Le premier en 2000 qui offre une large autonomie locale dans le cadre de l'État marocain, dont les compétences seraient limitées à la défense et aux affaires étrangères. Ce plan est accepté par le Maroc, mais rejeté par le Polisario et l'Algérie et le second en 2003 qui prévoit l'établissement d'une Autorité du Sahara occidental pour cinq ans, puis la tenue du référendum auquel les Marocains non originaires du Sahara occidental participeraient et auquel la nouvelle option d'une « autonomie permanente » figurerait. Le plan est approuvé unanimement par le Conseil de sécurité sous la condition de son acceptation par toutes les parties. Il est refusé par le Maroc car il compromet son intégrité territoriale. À la suite de ce refus, James Baker démissionne en juin 2004.

Une division blindée de l'APLS en 2010
Rassemblement de troupes du Front du Polisario en 2005.

Depuis la démission de James Baker en juin 2004, l'ONU fait face à une impasse en effet car elle doit trouver une solution qui serait acceptée par le Front Polisario et le Maroc. Plusieurs débats et événement ont lieu depuis comme le 8 novembre 2010 à Laâyoune lorsque les forces marocaines de la gendarmerie marocaine et des forces auxiliaires tentent de démanteler le camp Gdim Izik mais ils font face à des émeutiers ce qui a engendré des combats[63].

Statut de la RASD et du Maroc

Reconnaissance de la RASD

La République arabe sahraouie démocratique (RASD) est membre de l'Union africaine depuis 1982 mais n'est reconnue actuellement ni par l'Organisation des Nations unies (ONU), ni par la Ligue arabe, ni par l'Union du Maghreb arabe, ni par l'Organisation de la conférence islamique ni par aucun pays occidental ou membre permanent dans le Conseil de sécurité des Nations unies.

La majorité des États reconnaissant la RASD sont africains ou sud-américains. Plus de 80 pays ont reconnu la RASD au long de l'Histoire. Aujourd'hui, plus de 57 pays ont retiré leur reconnaissance, après un effort considérable de la diplomatie marocaine.

Un rapport remis au Parlement européen en 2002 indique la RASD était reconnue par 54 États à travers le monde[64], et 72 l'ont reconnue à un moment ou à un autre.

Selon une déclaration de Brahim Ghali, ambassadeur sahraoui à Alger, 85 États reconnaissent officiellement la RASD en [65].

D'après le « portail du Sahara marocain », 32 pays reconnaissent la RASD en 2008[66].

Reconnaissance de la souveraineté du Maroc

Drapeau du Maroc

Dans un rapport publié en 2006 par Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies, il est indiqué qu'aucun État membre de l'ONU ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental[67].

Une trentaine de pays ont soutenu l'intégrité territoriale du Maroc.

En 2002, un document de l'ONU qualifie pour la première fois le Maroc de « puissance administrante »[68] ce qui l'autoriserait à exploiter les ressources naturelles du territoire[69] mais cette qualification n'a jamais été autorisée par l'Assemblée générale des Nations unies et n'est pas portée sur la liste des territoires non autonomes tenue par l'ONU.

Annexes

Articles connexes

Lien externe

Sources

Références

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  27. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Pertes et effectif du Maroc et du Polisario entre 1975 et 1987
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  60. a et b Sahara Occidental, Histoire, chp 9, page 2[non neutre]
  61. Samir El Ouardighi, « DOCUMENT. Ali Najab: “Ma guerre contre le polisario“ (1) », sur Médias 24,
  62. Sahara occidental : Sortir de l'impasse
  63. Sahara occidental : tension après les émeutes
  64. Rapport de la Présidente de la délégation ad hoc Sahara occidental, Mme Catherine Lalumière, vice-présidente du Parlement européen, 2002, lire en ligne
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  66. http://www.saharamarocain.net/modules/smartsection/item.php?itemid=62
  67. Document S/2006/249, Report of the Secretary-General on the situation concerning Western Sahara lire en ligne. « Le Conseil de sécurité ne serait pas à même d’inviter les parties à mener des négociations concernant l’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine, car ce libellé impliquerait la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ce qui était hors de question tant qu’aucun membre de l’Organisation des Nations unies n’aurait reconnu cette souveraineté. »
  68. (en) Rapport S/2002/178 du secrétaire général concernant la situation au Sahara occidental (ONU)
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[1]

Notes

  1. La population à Lâayoune et à Villa Cisneros en 1970 était de 30 740 habitants sans compter Smara
  2. Ahmed Dlimi meurt mystérieusement, selon le Maroc lors d'un accident et selon d'autres sources parce qu'il a essayé d'organiser un coup d’état ou parce qu'il était devenu trop puissant, ayant été de ce fait une menace pour la monarchie marocaine

Bibliographie

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