Abbaye de Jumièges

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jumièges (homonymie).
Abbaye de Jumièges
Image illustrative de l'article Abbaye de Jumièges
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction 654
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classée MH (1918, 1921, 1947)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Ville Jumièges
Coordonnées 49° 25′ 55″ Nord 0° 49′ 09″ Est / 49.4320637, 0.8191252

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de Jumièges

Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime

(Voir situation sur carte : Seine-Maritime)
Abbaye de Jumièges

L'abbaye Saint-Pierre de Jumièges fut fondée par saint Philibert, fils d'un comte franc de Vasconie vers 654[1] sur un domaine du fisc royal à Jumièges dans le département de la Seine-Maritime. Elle applique la Règle de saint Benoît dès la fin du VIIe siècle après l'avoir utilisé probablement avec la Règle de saint Colomban.

Elle marque l'apogée du monachisme normand dans la vallée de la Seine, conserve la plus vaste et la plus précoce des grandes abbatiales normandes, est la seule qui soit restée fidèle à la multiplicité des sanctuaires du très ancien monachisme carolingien et une des clefs de l'art roman normand où l'articulation entre l'architecture carolingienne et l'architecture romane est la plus visible[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sceau de l'abbé Du Bosc en 1417

L'origine

L'abbaye de Jumièges naît vers 654 dans une boucle de la Seine par une donation de Clovis II et de sa femme sainte Bathilde. Cette fondation à une époque où l'essor monastique en Gaule a été suscitée par saint Colomban cinquante ans plutôt, fortifiée par ses disciples atteint son degré le plus haut. Elle s'intercale entre celle de l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle en 649-650, celles de l'abbaye de la Trinité de Fécamp et de l'abbaye de Montivilliers vers 660 et 684. Cette organisation monastique prépare l'unité carolingienne qui sera une unité chrétienne[3]. Les donateurs confient le soin de son développement à saint Philibert, abbé de Rebais et ami de l'évêque saint Ouen de Rouen, qui vient lui aussi de Rebais[4]. Il construit trois églises dédiées à la Vierge Marie, à Saint Pierre et à Saint Germain-Saint Denis ainsi que d'importants bâtiments monastiques. Avec ses successeurs, Jumièges devient l'un des centres littéraires les plus importants de la Neustrie[5]. Elle attire des abbés de premier plan comme le neveu de Charles Martel, Hugues, abbé de l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle et archevêque de Rouen. Bien contrôlée par les carolingiens, elle devient un lieu d'exil pour les ennemis de la dynastie avec, sous Charlemagne, le duc Tassilon de Bavière et son fils dont les tombes donnèrent la légende des énervés de Jumièges[6]

Saint Philibert formé par un disciple de saint Colomban, assidu à la prière, au jeûne, à l'abstinence, à la mortification corporelle, à la pratique de l'aumône et de l'hospitalité nuance cette règle par celle de saint Benoît, les textes de saint Basile et de saint Macaire pour maintenir sa communauté dans l'ordre et la paix. Les 70 moines qu'il fait venir partagent leur vie entre la prière, l'apostolat et le travail. Des abbée et des moines le rejoignent, l'apostolat développe des vocations. Il rachète en Angleterre des esclaves, les catéchise, les baptise et certains deviennent moines ce qui explique leur nombre de 800 vers l'an 670. Après la mort de saint Philibert et malgré la peste qui décime la moitié de la communauté vers 685, à l'époque la plus glorieuse et la plus prospère de Jumièges, vers 700, il y aurait eu 900 moines et 1 500 serviteurs qui par leur travail défrichent les terres, les transforment en jardins, vergers, culture, prés et vignobles, pèchent des cétacés pour l'huile, la dîme servant à l'entretien des pauvres et à l'hôtellerie très fréquentée par les pèlerins anglo-saxons sur le chemin de Rome et les exilés[7].

Le , les Vikings incendient le monastère carolingien avant de revenir et de le piller. Devant la menace scandinave, les moines s'exilent, emportant les reliques et les manuscrits les plus précieux reprenant l'exclamation déjà poussée à Lindisfarne « A furore Normannorum libera nos Domine ! » (« De la fureur des Normands, libère-nous Seigneur ! ») et abandonnent l'abbaye. La plupart se réfugient au Prieuré d'Haspres, près de Cambrai et y maintiennent une ombre de continuité administrative. Un de ces moine emporte un antiphonaire et rejoint l'abbaye de Saint-Gall dans laquelle il rencontre le jeune Notker le Bègue. Inspiré de ce manuscrit, ce dernier commençe à composer la séquence, nouveau chant syllabique[8],[9].

La renaissance

Sous Guillaume Ier de Normandie dit Longue-épée, vers 940, deux moines d'Haspres se font restituer le site mais échouent dans leur essai de restauration. Peu après, le duc établit une nouvelle communauté constituée de moines bénédictins venant de l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. L'assassinat du duc en 942 met fin à cette tentative mais des clercs restent sur place et veille sur les ruines. Peu de temp après, avant la fin du Xe siècle, la vie monastique reprend, longtemps de manière assez timide. Par prudence, le prieuré d'Haspres est conservé jusqu'en 1024[10].

L'abbé Robert de Jumièges dit « Champart » fait reconstruire le monastère (1040–1052). Le 1er juillet 1067, l'archevêque de Rouen, le bienheureux Maurille, consacre solennellement la grande église abbatiale de Notre-Dame de Jumièges, en présence du duc de Normandie Guillaume le Conquérant qui donne des biens anglais à l'abbaye dont les moines participeront activement à la mainmise des Normands sur l'Église d'Angleterre.

Église Saint-Pierre, façade pré-romane, nef gothique
Abbatiale Notre-Dame, façade romane
Abbatiale Notre-Dame, tours romanes, celliers romans et gothiques
Abbatiale Notre-Dame, nef et transept romans
Abbatiale Notre-Dame, chœur gothique
L'église Saint-Pierre et l'abbatiale Notre-Dame

Quelque temps après l'intégration de la Normandie au domaine royal, le chœur roman de la grande église abbatiale est reconstruit en style gothique (vers 1267–1278). Il ne s'agissait pas, comme on a longtemps cru, de créer un déambulatoire, puisque des fouilles effectuées par Georges Lanfry ont montré que le chœur roman en était déjà doté. L'objectif était plus sûrement d'ajouter des chapelles rayonnantes et d'amener, ainsi, la lumière dans un édifice sombre, jugé vétuste, et qui n'était plus au goût du jour. La communauté pouvait se permettre de telles dépenses car, à ce moment, elle vivait une période de grande prospérité. C'est aussi au XIIIe siècle que la communauté connut un dynamisme sans précédent, qu'on peut déceler par exemple dans l'activité du Scriptorium. En effet, près de la moitié des 400 manuscrits dont dispose la bibliothèque date de cette période.

En 1431, l'abbé de Jumièges, Nicolas Le Roux, homme qui n'était pas sans qualités, dont on avait loué la piété, la régularité, le dévouement aux intérêts de son monastère, prit une part active au procès de Jeanne d'Arc. Son avis sur la culpabilité de la pucelle trahit les anxiétés de sa conscience. En effet, il jugeait la cause très ardue : in tam arduo negotio, et ne se détermina en sa défaveur que par crainte du pouvoir anglais et, il faut bien le dire aussi, de l'autorité des docteurs de Paris (occupé par les Anglais), dont il devait suivre les avis.

Lors de la reconquête de la Normandie vers la fin de la Guerre de cent ans, le roi de France Charles VII prend ses quartiers d'hiver dans l'abbaye. Sa maîtresse Agnès Sorel vient subitement l'y rejoindre alors qu'elle est enceinte de huit mois. Elle accouche au début du mois de février, puis meurt neuf jours plus tard. L'enfant mourra également en bas age[11].

Le régime de la commende

La fin du XVe siècle est marquée par la nomination des premiers abbés commendataires, la prospérité matérielle et le relâchement de la discipline. La vie des moines devient plus séculière que religieuse, les officiers et particulièrement le cellérier ont tendance à constituer des bénéfices et il y a moins de moines, une trentaine vers 1440. La commende est la revanche de l'épiscopat contre le système des exemptions. En réalité on perçoit l'esprit de lucre chez ses prélats fastueux et courtisans, bien des abbayes possédant les revenus d'un évêché. Elle modifie profondément l'organisation bénédictine en privant la communauté de son chef traditionnel. Le pouvoir effectif et l'influence à la fois spirituelle et temporelle sur les destins du monastère passe aux mains des prieurs. En 1515, l'abbé Philippe de Luxembourg s'attèle à réformer Jumièges et introduit dans le monastère la réforme de Chézal-Benoit, installe les moines réformés dans des chambres qu'il fait bâtir au-dessus du réfectoire et un nouveau dortoir au sud de l'église Saint-Pierre. Le relâchement et les abus qui s'étaient introduits sous le régime de la commende ont pratiquement disparu, mais le lien est rompu avec la congrégation de Chézal-Benoît par l'invasion des calvinistes[12],[13],[14].

Pendant les guerres de Religion, l'abbaye fut à nouveau mise à sac. Les Huguenots, qui ont ravagé Rouen, Dieppe, Le Havre et Caudebec, arrivèrent aux portes de Jumièges. Les religieux, ayant appris le sac de Caudebec, quittèrent tous l'abbaye. Le , les Protestants partirent de Caudebec pour Jumièges où ils trouvèrent le monastère désert. Ils y pénétrèrent et mirent tout au pillage. Les autels furent renversés, les vases sacrés volés, les images brisées, les saintes reliques jetées au feu. Châsses, ornements, linge, argenterie, meubles, tout fut détruit ou emporté. Le plomb dont l'église et le cloître étaient couverts, l'étain, le cuivre, les provisions en nature, vin, blé, bestiaux, tout, jusqu'aux livres de la riche et magnifique bibliothèque et aux archives du chartrier devinrent la proie de ces pillards.

Le , le roi Charles IX se rendit à Jumièges et constata de ses yeux l'étendue du désastre. Il permit aux religieux de vendre un peu de « la terre gémétique[15]» pour pourvoir à leurs premiers besoins. C'est ainsi qu'ils aliénèrent la seigneurie de Norville et la cédèrent à Charles II de Cossé, comte de Brissac, seigneur d'Ételan, pour 10 220 livres. Dix-sept religieux seulement retournèrent alors à Jumièges et remirent un peu d'ordre dans l'abbaye dévastée.

Au début du XVIIe siècle, l'abbé Marian de Martinbos introduit à Jumièges la réforme de Saint-Vannes, premier essai de la congrégation de Saint-Maur et source de disputes entre réformistes et partisans du statu quo. Du point de vue monastique et spirituel, rien ne ressemble tant à un mauriste qu'un autre mauriste ce qui s'explique par la centralisation de la congrégation, l'unité de la formation et le brassage qui s'opère par le passage des moines d'un monastère à l'autre. Jumièges ne s'est pas laissé dépasser par la recherche de la perfection et la tendance vers la sainteté par beaucoup de monastères mauristes. On y recherche la présence de Dieu et l'esprit d'oraison, la régularité et l'esprit de mortification, tout cet ensemble se traduisant par l'esprit de silence[16]. En 1663, la bibliothèque, qui était depuis le XIVe siècle au-dessus du porche de l'église Saint-Pierre, est reconstruite au-dessus des celliers et, en 1671, le nouveau logis abbatial est terminé puis le grand dortoir en 1732, mais l'abbaye est bien loin de son ancienne splendeur et les vocations bien rares.

En 1789, les religieux ne sont plus que 18 et doivent se disperser à la fin de 1790[17]. Dans les procès-verbaux, leurs protestations sont peu fermes entre ceux qui déclarent sans vergogne accepter de bon cœur l'offre de l'assemblée de briser leurs chaines et celui qui dit: Il est et il sera à jamais inconcevable à la raison humaine qu'une assemblée de mortels puisse délier ses semblables des serments solennels et libres qu'ils ont faits à l'immortel, on a presque jamais des réactions indignées qu'aurait dû provoquer un vrai esprit de foi[18].

Ruines et sauvegarde

À la Révolution, comme bien des bâtiments religieux, l'abbaye est vendue au titre des biens nationaux. En 1795, le premier acquéreur, Pierre Lescuyer, receveur des biens nationaux, entreprend immédiatement la démolition du cloître du XVIe et du dortoir du XVIIIe siècle[19]. En 1802, le nouveau propriétaire, Jean-Baptiste Lefort, un marchand de bois de Canteleu, fait exploser le chœur. L'église connaît un lent démembrement et sert de carrière de pierres, comme les autres parties de l'abbaye jusqu'en 1824. Les fresques ont été effacées par l'action des éléments. Des tombeaux et pierres tombales des abbés, il ne reste plus que les dessins exécutés pour François Roger de Gaignières[20].

Nicolas Casimir Caumont, né à Rouen le 19 janvier 1781, qui épousa le Mlle Sophie Adèle Lefort fille de Jean-Baptiste, habita l’abbaye de Jumièges dont il fut le propriétaire à la mort de son épouse et le sauveur d'une destruction certaine. Maire de Jumièges le 14 octobre 1830, ancien président de la chambre de commerce de Rouen de 1834 à 1837 et du tribunal de commerce, président du conseil d'administration de la banque de Rouen, vice-consul du Brésil et du Portugal, ancien conseiller municipal de Rouen, il mit toute son énergie pour sauver le monument et le mettre en valeur. Nicolas Casimir décède à Jumièges le , il y est inhumé le lendemain. La famille Caumont met alors en vente l’édifice.

La famille Lepel-Cointet rachète l'abbaye en 1852 et commence à sauver les vestiges. Avec la mode romantique, l'église connaît une renommée importante grâce à Victor Hugo qui dit d'elle « encore plus beau que Tournus » et l'historien Robert de Lasteyrie la qualifie d'« une des plus admirables ruines qui soient en France ». Roger Martin du Gard lui consacre une thèse.

L'abbaye de Jumièges redevient propriété de l'État en 1947, puis propriété du département de Seine-Maritime en 2007 dans le cadre de la loi de décentralisation du 13 août 2004, qui permet de transférer certains monuments historiques aux collectivités territoriales. Elle est située dans le canton de Duclair, en Seine-Maritime.

La vie intellectuelle[modifier | modifier le code]

L'amour des lettres est étroitement subordonné au désir de Dieu. Le moine conçoit l'éducation intellectuelle, puis, toute la vie de l'esprit par rapport à la rencontre avec Dieu dans la liturgie, la prière, la lecture méditée et priée, la mémorisation, la récitation, le commentaire infiniment repris et ruminé intérieurement[21].

Dès le VIIe siècle, sous saint Philibert, l'école monastique liée à la bibliothèque est avec celle de l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle l'une des plus réputée de Neustrie, son influence va jusqu'en Angleterre et dépeuple parfois d'autres monastères. Les cénobites se livrent à l'étude des langues de peuples lointains où ils vont racheter des captifs et leurs lettres sont indispensables pour les prédications, la lecture y est d'un grand honneur. Les invasions normandes de 841-851 ne laissent subsister aucun manuscrit.

Vers 1004, après la réforme de Guillaume de Volpiano qui rétablie la discipline, double l'école monastique d'une autre école ouverte aux séculiers pauvres ou riches, grâce à la réputation de l'abbé Thierri de Montgommeri qui attire un grand nombre d'élèves et les dons de Robert Champart après son élévation au siège de Londres, l'abbaye avec sa bibliothèque et l'école monastique retrouvent un nouvel élan. En 1171, Alexandre, un docteur de Paris apporte avec lui 22 volumes et enseigne la dialectique et la théologie. Il deviendra abbé de 1198 à 1213 après avoir dirigé le scriptorium[22],[23].

Au XIe siècle, la formation intellectuelle des moines est essentiellement utilitaire, on enseigne la dialectique considérée comme nécessaire au développement rationnel de la pensée, mais la grammaire dès que l'on dépasse la correction du langage et à plus forte raison la rhétorique apparaissent comme superflues. Les moines s'inspirent des Pères comme saint Ambroise ou saint Augustin. À partir du XIIe siècle, la vie monastique exige une certaine connaissance de la théologie qui est encore sagesse plus que science. La première partie du XIIIe siècle est l'âge d'or de la bibliothèque puis son budget est restreint. Sous l'abbé Guillaume de Fors (1247-1248), elle est considérablement agrandie et, on lui doit une concordance de la Bible et l'utilisation de dictionnaires[24]. Vers 1338, les professeurs de Jumièges enseignent la grammaire, la logique et la philosophie. L'abbé envoie les plus aptes aux universités et les autres copient des livres. Ceux de chœur sont exécuter dans l'abbaye et les autres copiés à Paris. La bibliothèque était placée sur le vestibule devenu parloir des moines entre l'église Saint-Pierre et le cloître. Les abbés Simon du Bosc (1390-1418) et Nicolas Le Roux (1418-1431) l'enrichissent de manuscrits précieux principalement canoniques.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les mauristes qui ont trouvé une abbaye mutilée par les huguenots, spoliée par de peu scrupuleux abbés commendataires, hantée par des moines désœuvrés restaurent les études et initient les postulants de Haute-Normandie à la philosophie et la théologie. Jusqu'en 1660, la congrégation s'organise et les moines s'initient au travail intellectuel. De 1660 à 1715, Jumièges fournit à Jean Mabillon et aux grands éditeurs des auxiliaires compétents doublés de parfaits religieux pour les travaux collectifs de patristique et reçoit en 1662 la visite de la société des bollandistes[25], de 1715 à 1740, Bernard de Montfaucon utilise plusieurs moines à des tâches plus profanes et dans la dernière période, le monde, le jansénisme et la philosophie gangrènent le monastère et précipite sa ruine[26].

L'abbé François de Harlay (1651-1719) fait construire une belle bibliothèque très éclairée de 30 m de longueur, 10 m de largeur et 5 m de hauteur à l'entrée de l'abbaye, au-dessus des celliers. Après avoir possédé environ 800 manuscrits, elle n'en compte plus que 370 en 1656[27]. Les prieurs l'augmentent et, à la Révolution, elle contient plus de 10 000 volumes sans compter les manuscrits dont 200 ont disparu. L'ensemble est transporté à la bibliothèque de Rouen.

Les manuscrits

Enluminure de Hugo Pictor, XIIe siècle

Quelques-uns des 383 manuscrits de l'ancienne bibliothèque abbatiale de Jumièges contiennent des traités, notes, tableaux ou figures intéressants pour l'histoire du comput ecclésiastique en France[28]. Sur la quarantaine de manuscrits canoniques subsistants de l'époque mauriste, les plus significatifs correspondent à l'épanouissement de la science juridique dans les cloîtres aux XIIIe et XIVe siècles[29],[30], 9 manuscrits du XIIIe siècle montre l'autorité de saint Bernard à Jumièges qui, par ses écrits transmettait l'interprétation de la Règle dans le De præecepto, enseignait l'amour de Dieu dans sa Lettre aux chartreux, indiquait les voies de la contemplation dans les Sermonts sur les Cantiques et fournissait des lectures pour la prière liturgique[31]. On trouve 50 manuscrits liturgiques du XIe au XVe siècle[32] et 40 manuscrits musicaux[33]. Le fond d'enluminures de Jumièges est composé de 163 manuscrits[34] et 2 150 éléments décoratifs avec 61 décors importants, la plupart des XIIe et XIIIe siècles. Les peintures authentiquement de Jumièges sont 5 dans 3 manuscrits, un missel du XIVe siècle et un manuscrit du XIIe siècle. L'enlumineur normand, le moine Hugo Pictor a travaillé à Jumièges à la fin du XIIe siècle[35]. L'école de Jumièges n'a pas d'originalité et est, en plein XIIe siècle dans la dépendance du style byzantin[36].

Sur le dos d'un manuscrit de la fin du IXe siècle ou début du Xe siècle est transcrite une table de 79 drogues médicinales dont: safran, rhubarbe d'Europe, noix de Galle, réglisse, opium de Cyrénaïque, d'Indes et d' Égypte, anacarde, carbonate de soude, musc de castor, thym, cardamone, baume de la Mecque, corail, arsenic, myrrhe, soufre, sulfate de cuivre, herbes, fleurs, semences, écorces confites, poivre, gingembre encens, cumin, alun, coloquinte, ambre[37]...

Temporel[modifier | modifier le code]

L'abbaye de jumièges a reçu de nombreuses donations qu'elle développe par des acquisitions, organise par des ventes et des échanges, défend par des procès pour assurer la vie temporelle de la communauté, ses fonctions sociales, économiques et politiques.

De nombreuses chartes en gardent la trace et, dès les années 825, on voit Louis le Débonnaire confirmer l'absence de droits de péages sur les provisions, et en 1027, Richard II de Normandie, une importante liste de donations[38]. Pendant la guerre de Cent Ans, elle perd tous les dons fait en Angleterre par Guillaume le Conquérant[39], en particulier l'île de Hayling et deux églises[40].

Grâce à une liste de 849 et une charte ducale de 1025 qui explicitent l'intention de restauration, l'histoire du patrimoine entre la période franque et la période ducale se laisse assez bien suivre. Jumièges a conservé la majeure partie de ses terres à l'extérieur du duché: Tourtenay en Poitou, Courgains dans le Perche, Friaucourt en Ponthieu jusqu'au début du XIe siècle, Montataire en Beauvaisis, Genainville en Vexin français jusqu'aux usurpations laïques de la fin du Xe siècle. Dans le duché, les récupérations sont assez nombreuses, certaines très anciennes comme: Duclair, Jouy-sur-Eure et Gauciel, d'autres plus tardives comme Beaunay dans le pays de Caux récupérée à la fin du XIe siècle[41].

Parmi ses biens en France : des baronnies, prieurés, bénéfice-cures, patronages d'églises, seigneuries, vavassories, fiefs, droits de haute-justice au Vieux-Verneuil, prieuré de Bouafle, seigneurie d'Anneville-sur-Seine, droits de basse et moyenne justice dans les baronnies de Duclair, Jumièges et Mesnil-sous-Jumièges.

Les possessions de l'abbaye

Elle reçoit les dîmes de nombreuses paroisses, des rentes et possède des droits dans la forêt de Brotonne, sur le passage et le halage sur la Seine, sur les foires et marchés, pêche, pressurage. Ses moulins lui permettent de contrôler la production des grains sur ses terres donc le paiement de la dîme et, ils sont aussi des lieux de rencontre d'échange et de commerce[42]. Les salines de Rouxmesnil-Bouteilles fournissent le sel[43].

Dès sa fondation, elle jouit d'un domaine fluvial entre Notre-Dame-de-Bliquetuit et Yville-sur-Seine, des ports de Jumièges, Quillebeuf-sur-Seine, Vieux-Port, Le Trait, Yainville, Duclair. En 654-676, saint Philibert parle de flottilles de commerce et de pèche la ravitaillant en blé, vin, sel, poisson et huile d'éclairage. Au XIIe siècle, les moines trafiquent en important des cargaisons de vin dépassant leurs besoins et vendent le surplus loin dans la Seine ou vers l'Angleterre[44].

Le prestige de l'abbaye et la fréquentation des pèlerins sont liées à la qualité de ses reliques. Le culte de saint Valentin de Terni[45] est attesté en 1052, et s'est développé notamment leur de processions où l'on portait son chef, l'église paroissiale de Jumièges lui est dédiée au début du XIIIe siècle. En 1493, l'abbaye reçoit une côte de saint Philibert et en 1655, une partie du crane de sainte Bathilde, reine de France, ses fondateurs. On y trouve aussi les reliques des saints: Aicadre, Constantin, Pérégrin, Hugues, Quentin, une dent de saint Jean-Baptiste, une côte de saint Laurent. Elles rejoignent l'abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle en 1897 avec la restauration du monastère[46].

En 1267, l'abbaye de Jumièges comptait 45 moines résidents, 21 à l'extérieur (tous étaient prêtres sauf 12) et beaucoup de laïcs troublant la quiétude du monastère[47]. Pour avoir une idée de l'organisation et de la répartition des dépenses, nous avons un état des biens de l'abbaye en 1338 qui nous éclaire sur la vie temporel du monastère.

En 1338, le total des recettes est de 7 672 livres pour 7 044 livres de dépenses, soit un excédant d'environ 600 livres. Un très grand nombre d'hôtes s'installent au monastère en utilisant le passage d'eau et les dépenses de l'hôtellerie représentent plus de la moitié des revenus de l'abbaye. Pour la nourriture de 40 moines et leurs domestiques, les hôtes et les indigents, il faut pour 451 livres de grains et farines alimentaires, 288 livres de céréales pauvres, seigle et orge, 780 livres de vin. Pour la cuisine de la communauté et des ouvriers : 220 livres plus la pitance, 1 784 livres pour l'huile, condiments, épices (pour la table et la fabrication des drogues médicinales), viandes, soit un total de 2 104 livres pour la nourriture.

Les vêtements des moines coûtent 162 livres, les vêtements des ouvriers et employés : 386 livres. Pour les frais d'exploitation des vignes et des terres, il faut 494 livres ; pour les chevaux et la maréchalerie, 200 livres ; pour les réparations à l'extérieur de l'abbaye, 200 livres et pour les nombreux procès visant à défendre les biens, 494 livres.

Les offices monastiques sont bien définis. L'abbé reçoit 1 930 livres, le cellérier 3 500 livres, le cuisinier 1 225 livres, le chantre qui entretient la bibliothèque 12 livres, le sacristain 4 livres. Il y aussi des offices de pitancier et de prieur claustral. L'aumônier garde les restes de nourriture et reçoit 426 livres. Les frais de voyages de l'abbé et des moines sont importants : l'abbé: 178 livres, le pitancier : 36 livres, le bailli : 25 livres, ce qui suppose des sorties très fréquentes[48]. Ces officiers et en particulier le pitancier accordent de petits prêts le plus souvent aux habitants de Jumièges avec un taux d'environ 10%[49].

Le XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, la situation s'est dégradée sous l'action des abbés commendataires qui ne cherchent qu'à augmenter leurs profits. Sous le poids des dettes et des emprunts, le nombre de moines doit être réduit à vingt et le noviciat transféré à l'abbaye de Saint-Wandrille[50]. En 1760, la communauté ne dispose plus que de 32 000 livres pour payer les serviteurs et les dépenses courantes. Les bâtiments se dégradent et pour réaliser les réparations urgentes, les moines doivent vendre pour 40 000 livres la réserve de bois, emprunter 20 000 livres et fieffer des biens.

En 1789, sur les 120 000 livres de revenus de l'abbaye, l'abbé commendataire en reçoit 80 000 et il n'en reste que 40 000 aux moines et tous leurs serviteurs. L'abbé ne réside pas à Jumièges et les moines ne sont plus que seize: un prieur, un sous-prieur, un cellérier, un procureur, un bibliothécaire, un dépositaire, un dépensier et huit autres religieux. Ils ont chacun deux chambres, l'une avec un lit, l'autre avec le vestiaire et la bibliothèque, un petit jardin et une petite serre. Le prieur bénéficie d'un appartement, d'un grand jardin avec espaliers, d'une volière et d'une serre. En 1790, la municipalité de Jumièges découvre une dette de 45 000 livres[51].

Héraldique et sigillographie[modifier | modifier le code]

JumiègesBlason.PNG

Blasonnement: d'azur, à la croix d'or, cantonnée de quatre clefs d'argent[52].

Sceaux de l'abbaye

  • En 1334: La vierge assise, couronnée et nimbée, tenant l'enfant Jésus couronné et nimbé, un sceptre fleuronné à la main droite, accostée de deux religieux à mi-corps, l'un tenant un livre et l'autre une crosse, SIGILLUM CONVENTUS GEMETIENSIS AD COUSAS, sceau rond 46 mm
  • En 1393: Dans une niche gothique, Saint Pierre debout, tête nue, en chasuble, crossé, tenant un livre. Au-dessous, un écu à la croix chargé d'une croix et cantonné de quatre clefs, SIGILLUS ABBATI SANCTI PETRI DE GEMETICIS AD COUSUS, sceau rond 58 mm

Sceaux des abbés

  • En 1191-1198: L'abbé debout, tête nue, tenant un livre ouvert, sceau ogival 67 mm
  • Á la fin du XIIe siècle: Roger, abbé de Jumièges: personnage à mi-corps, de profil à droite, tête nue tenant une banderole PAX TIBI, sceau rond 38 mm
  • En 1215: Guillaume de Refeuchon: l'abbé debout, crossé, ABBATIS GEMMETENCIS, sceau ogival 70 mm
  • En 1274: Robert d'Ételan: l'abbé debout, tête nue, crossé, tenant un livre, SIGILLUM FRATIS ROBERTI DEI PERMISSIONE ABBATIS GEMETICENSIS, sceau ogival 52 mm, contre-sceau: Saint Pierre assis, mitré, bénissant, tenant un livre, SANCTUS PIETRUS GEMETICENSIS
  • En 1305: Guillaume: l'abbé debout, tête nue, crossé, tenant un livre, accosté de deux fleurs de lys, SIGILLUM FRATIS GUILLERMI DEI GRACIA ABBATIS, sceau ogival 52 mm, contre-sceau: Saint Pierre assis, mitré, bénissant, tenant un livre, SANCTUS PIETRUS GEMETICENSIS
  • En 1349: Dans une niche gothique, l'abbé, tête nue, crossé, tenant un livre, SIGILLUS FRATRIS ABBATIS GEMETENSIS, sceau ogival 60 mm

Sceau du prieur

  • En 1709, sous les abbés commendataires: Écu à la croix cantonnée de quatre clefs, timbré d'une mitre et d'une crosse, embrassé par deux palmes, sceau oval 20 mm[53].

Architecture[modifier | modifier le code]

Vue de 1702
L'abbaye en 1678
Plan de 1797
Plan de l'abbaye en 1674
Plan des ruines

La reconstruction de l'abbaye de Jumièges s'est faite à partir des vestiges de l'église Saint-Pierre, le pignon ouest, les massifs des deux tours et les deux travées de l'aile nord de la nef. Après l'an mil, l'abbatiale Notre-Dame est construite, puis entre cette église et l'ancienne église Saint-Pierre s'installent la salle capitulaire puis la salle des reliques avec son étage. Á la fin du XIIIe siècle, le chœur roman de l'abbatiale Notre-Dame est remplacé par un chœur gothique. Le siècle suivant, l'église Saint-Pierre est reconstruite en gardant une partie de la nef et le pignon. Le petit passage qui relie les deux églises derrière la salle capitulaire garde le souvenir du roi Charles VII et de sa maîtresse Agnès Sorel. Au XVIe siècle, les abbés commendataires renouvellent le cloître et les bâtiments conventuels. En 1673, est inauguré le logis abbatial et en 1732, le grand bâtiment qui regroupe une grande partie des fonctions régulières, les terrasses et les jardins.

Pour comprendre l'organisation de l'abbaye, nous avons un plan précis de 1674, la gravure du Monasticon Gallicanum de 1678 qui donne les élévations, une copie mise en couleur en 1702 utile pour les matériaux de couverture, un plan de 1797 avec l'ensemble des jardins et des transformations des mauristes et une série de lithographies de 1820[54].

Le plan général est lié à la pente importante du terrain orienté dans l'axe des églises et la présence de deux lieux de culte. Il présente deux anomalies par rapport au plan-type d'un monastère comme celui de l'abbaye de Beauport retenu par Arcisse de Caumont dans son Abécédaire d'archéologie: l'éloignement des dortoirs du chœur eucharistique de l'abbatiale et le cloître qui ne s'inscrit pas dans un carré.

On y trouve la fonction d'accueil des visiteurs avec l'hôtellerie et la partie ouest de la nef de l'abbatiale Notre-Dame, la dépense ou administration de l'abbaye ; la clôture monastique organisée autour du cloître avec les sanctuaires, la salle capitulaire, lieu de réunion et de décision, ouverte sur le cloître pour que personne n'ignore une assemblée, le réfectoire, les dortoirs et autres lieux de vie des moines ; les annexes de fonctionnement[55].

L'église Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Elle correspond au premier sanctuaire que les moines ont reconstruit. Du point de vue architectural, elle conserve également la partie la plus ancienne de l'abbaye. En effet, la façade Ouest, privée de son massif occidental, dont on peut encore voir la base des tours et le pied des escaliers qui menaient en leur sommet, l'ouverture partiellement murée de la vaste tribune qui embrassait l'édifice et deux travées nord de la nef ont été datées par les archéologues du Xe siècle, c'est-à-dire au point décisif de l'évolution du massif carolingien à trois tours. L'étroite circulation du deuxième niveau anticipe celle de l'abbaye Notre-Dame de Bernay. Les occulis conservent des traces d'enduit et de peinture, les chapiteaux des baies géminées dérivent de formes italiennes. Tout cet ensemble devait être très orné. Sa datation de la restauration de Guillaume Longue-Épée de 928[56], 936 ou 942[57] est controversée. Elle serait de la fin du siècle, avant 993, date certaine de la sépulture de l'ancien abbé de Saint-Wandrille, Ensulbert[58].

En 1335, l'abbé Guillaume-le-Jeune entreprend la reconstruction de la nef[59], dont les murs subsistants sont nettement de style gothique. Ce sanctuaire était réservé aux moines et aux convers[60].

L'église abbatiale Notre-Dame[modifier | modifier le code]

JumiegesNotreDamePlan.png
Chapiteau à l'oiseau, XIe siècle

Il s'agit d'un édifice mixte de style roman et de style gothique. Il ne subsiste quasiment rien de l'abside et du chœur gothique, à part une chapelle rayonnante, quelques pans de murs et substructions. Les parties romanes, à savoir la façade, la nef et le mur ouest de la tour-lanterne sont les mieux conservées. L'abbatiale mesurait 88 mètres de longueur et les murs de la nef atteignent encore 25 mètres sur trois niveaux d'élévation. Une tour-lanterne à deux étages illuminait la croisée du transept, mais il ne subsiste que le mur ouest. La façade occidentale présente un Westwerk (massif occidental), réminiscence dans l'art roman d'une disposition carolingienne, rarissime en France mais commune en Allemagne, d'où son terme technique allemand. Il est encadré de deux tours à peu près symétriques de 46 mètres de hauteur, polygonales dans leur partie supérieure, en retrait[61]. Le massif occidental et la nef seraient de 1014-1028[62]. L'abbatiale a été consacrée en 1067 et le chœur gothique construit vers 1275 pour créer des chapelles aux nombreux moines prêtres[63].

Les chapiteaux sont essentiels pour l'histoire de la sculpture normande du XIe siècle et prolongent avec quelques transformations ceux du chœur de l'abbaye Notre-Dame de Bernay. Ils sont composés de thèmes végétaux et de personnages en buste avec parfois la transposition dans la pierre de motifs d'enluminures[64].

En 1688–1692, une fausse voûte sur croisée d'ogives sur la nef est construite. En effet, comme tous les grands édifices romans de Normandie, elle n'était pas voûtée de pierre, d'où sa charpente apparente. Par contre, les bas-côtés étaient dotés de voûtes d'arêtes. De plus, le chœur gothique avait une voûte sur croisée d'ogives.

Le cloître[modifier | modifier le code]

L'emplacement du cloître avec l'ifs au centre
L'entrée des celliers
La salle capitulaire et l'église Saint-Pierre

Le cloître a été construit en 1530 sous l'abbé François de Fontenay. De style gothique flamboyant, comme celui de l'abbaye de Saint-Wandrille, il n'en subsiste aujourd'hui que des traces au sud de l'abbatiale Notre-Dame. De plan trapézoïdal, il mesurait suivant les cotés de 28 à 40 m. Ses quatre galeries avaient des contreforts surmontés de pinacles pour maintenir la poussée des voûtes. Une large baie, divisée en trois par des meneaux et un remplage, éclairait chaque travée sous un arc brisé. Une balustrade couronnait les galeries. Les voûtes étaient sur un plan étoilé avec quatre clefs pendantes à chaque travée, les branches d'ogives se réunissant sur des culs de lampe. Les clefs de voûte et les culs de lampe étaient richement décorés. Des fresques sur l'histoire ou les légendes de l'abbaye décoraient les murs[65]. Les vestiges du cloître n'ont pas été achetés au début du XIXe siècle par Lord Stuart de Rothesay et remontés dans son château de Highcliffe près de Bournemouth. En réalité, on n’y trouve que quelques culots et des fragments de la grande arcade sculptée du porche de l'ancienne hôtellerie (devenue cellier au XVe siècle)[66]. Le centre du cloître est matérialisé par un if, planté au XVIe siècle et symbole de vie éternelle, tout comme celui de l'abbaye de Muckross en Irlande.

Les celliers[modifier | modifier le code]

À l'ouest du cloître se trouve l'ancien cellier, qui comprend des parties romanes du XIIe siècle et gothiques et des souterrains qui, d'Ouest en Est comprennent 26 caveaux, 13 de chaque côté pouvant contenir chacun 600 bouteilles, une allée longue et étroite puis une salle voûtée soutenue par trois fortes colonnes [67]. Les moines y entreposaient leur propre vin, issu de leurs vignes du Conihout de Jumièges, d'où ce dicton : « De Conihout ne beuvez pas, car vous passerez de vie à trépas ! ». Ils en exportaient une partie vers l'Angleterre et en consommaient pour leur usage personnel, mais ils préféraient du vin de Loire qu'ils achetaient à Beaugency.

Sur la tour sud de Notre-Dame, hormis le cadran solaire, sont visibles les traces de deux charpentes différentes à deux niveaux distincts : l'une est celle du toit du cellier d'origine, l'autre est celle du toit rehaussé par la construction, entre 1663 et 1669, au-dessus du cellier, d'une bibliothèque par les mauristes.

La grande salle avec ses fenêtres et ses décors du mur Ouest[68], les traces de peinture ne correspond pas à la typologie des celliers normands du XIIe siècle. Le porche monumental au centre de cette pièce, orienté vers l'entrée de l'abbaye semble marquer une fonction d'accueil[69].

La salle capitulaire[modifier | modifier le code]

Entre l'abbatiale Notre-Dame et l'église Saint-Pierre, la salle capitulaire[70], lieu d'assemblée des moines et de lecture d'un chapitre de la règle de saint Benoît est une salle carrée terminée par une abside construite en supprimant les deux travées du bas-côté de la partie pré-romane de Saint-Pierre. Le passage Charles VII a entamé le mur Est de l'hémicycle au XIVe siècle[71]. Cette salle du XIIe siècle de style roman était déjà dotée d'une voûte sur croisée d'ogives, une des trois plus anciennes en France, toutes en Normandie et toutes dans des monastères bénédictins : l'église de l'abbaye Sainte-Trinité de Lessay et le « promenoir » des moines du Mont-Saint-Michel. Elle jouxte la « salle des reliques », où les moines entreposaient leurs nombreuses reliques, garantes en partie de la venue des pèlerins.

Le logis abbatial[modifier | modifier le code]

À l'est, au point le plus élevé à l'intérieur de la clôture de l'abbaye, se trouve le logis abbatial qui est une grande bâtisse de style classique, aux lignes sobres et équilibrées, construite par les Mauristes au XVIIe siècle. À l'époque de sa construction, l'abbé commendataire est François Harlay de Champvallon qui deviendra archevêque de Rouen. Il accueille le musée lapidaire et des expositions.

La porterie[modifier | modifier le code]

La Porterie

Elle se situe à l'extrémité ouest de la clôture. Elle est vaste et massive. C'est un espace rectangulaire qui s'ouvre de chaque côté par deux portails : l'un pour les charrois (le plus grand) et l'autre pour les piétons. À l'intérieur, la voûte est construite sur croisées d'ogives et la base des murs latéraux est occupée par des bancs de pierre destinés aux pèlerins et aux visiteurs. L'ensemble date du XIVe siècle. Une maison de style néo-roman et néo-gothique (« style troubadour ») a été construite au-dessus de la porterie et une autre aile, dotée d'un étage, y a été accolée. En définitive, c'est l'ensemble de la porterie gothique qui se trouve englobé dans cette construction du XIXe siècle. Elle a servi d'habitation aux derniers propriétaires et est actuellement occupée par les services administratifs et la librairie de l'abbaye. Elle abrite également un lieu d'exposition.

Filiales[modifier | modifier le code]

Liste des abbés et des prieurs mauristes[modifier | modifier le code]

Liste des abbés de l'abbaye de Jumièges depuis sa fondation au VIIe siècle jusqu'à son dernier abbé fin XVIIIe siècle. Liste des prieurs mauristes de 1618 à 1790.

Autres personnalités[modifier | modifier le code]

L'abbaye eut également ses propres annales : Annales Gemmeticenses (Annales de Jumièges), écrites au début du XIIe siècle.

Au XVIIe siècle, l'abbaye renaissante a été de nouveau un centre intellectuel important. Parmi les moines qui ont contribué à sa renommée, on peut citer :

  • Dom Thomas Dufour, très versé dans la connaissance des langues orientales, auteur d'une grammaire hébraïque ;
  • Dom Jean Garet, l'éditeur des ouvrages de Cassiodore ;
  • Dom Massuet, savant helléniste, connu dans le monde de l'érudition par son édition de saint Irénée ;
  • Dom Boudier, un des bons écrivains et des supérieurs généraux de l'Ordre ;
  • Dom Le Nourry, l'auteur de l'excellent ouvrage intitulé Apparatus ad Bibliothecam Maximam Patrum, où l'on trouve une analyse raisonnée des Pères apostoliques et des écrivains ecclésiastiques des IIIe et IVe siècles.

Protection[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Jumièges a été classée monument historique en 1862, avant d'être déclassée le 21 mars 1888. L'église abbatiale, l'église Saint-Pierre, la salle capitulaire, le grand cellier occidental, les caves, les souterrains et l'escalier conduisant au potager font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 15 janvier 1918. Les terrains environnant les ruines de l'abbaye sont classés par décret du 26 décembre 1921. Finalement, le 21 octobre 1947, l'ensemble de l'ancienne abbaye et le parc attenant sont classés monuments historiques[72].

L'abbaye est située dans le parc naturel régional des Boucles de la Seine normande.

Représentations picturales[modifier | modifier le code]

Adrien Dauzats (1804-1868) l'a peinte en 1834[73].

Anecdote[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Jumièges a servi de cadre entre autres, à l'aventure d'Arsène Lupin intitulée : La Comtesse de Cagliostro. L'oncle de Maurice Leblanc, Charles Brohy était propriétaire de l'actuel bureau de poste de Jumièges, en face de l'abbaye, où l'écrivain fit de nombreux séjours. Maurice Leblanc a écrit une série de « Contes essentiels » sous le pseudonyme de « L'Abbé de Jumièges » (1893-1894, Gil Blas).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fondation de Jumièges
  2. Lucien Musset: Normandie romane, tome: 2, pages: 110, 61
  3. Jean-François Marignier: Jumièges et le monachisme occidental au Haut-Moyen-Age (VIIe-XIe siècles) dans: Jumièges', Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 753-758
  4. Chirol Elizaseth: compte-rendu des 'Études archéologiques, Congrès scientifique du XIIIe centenaire dans: Annales de Normandie, 1956, volume:6, no 3, page: 298
  5. L. M; Michon, R; Martin du Gard: L'abbaye de Jumièges, éditeur: Henri Laurent, Paris, pages: 13-15
  6. Lucien Musset: Cadre chronologique de l'abbaye de Jumièges dans: Normandie romane, tome: 2, page: 110
  7. Dom Patrice Cousin: La vie monastique à Jumièges des origines à la dévastation par les normands (654-851) dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 745-752, Imprimerie Lecerf, Rouen, 1955
  8. http://www.musicologie.org/publirem/hmt/hmt_notker.html
  9. Dr Jean Duft: Le Presbyter de Gimedia apporte son antiphonaire à Saint-Gall dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 925 à 936
  10. Lucien Musset: Monachisme d'époque franque et monachisme d'époque ducale en Normandie: le problème de la continuité, pages: 58-59 dans: Aspect du monachisme en Normandie (IV-XVIIIe siècles), Librairie philosophique J. Vrin, Paris, (ISBN 2-7116-2034-4) (notice BnF no FRBNF36144416)
  11. La Guerre de cent Ans, Georges Minois, Tempus édition Perrin
  12. L. M. Michon, R. Martin du Gard: L'abbaye de Jumièges, pages: 30-31
  13. Dom Yves Chaussy: La réforme de Chézal-Benoît à Jumièges dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 808-815
  14. Dom Jacques Maltier: Les prieurs mauristes de Jumièges dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, page: 817
  15. Selon l'expression de l'abbé Cochet in Jean-Benoît-Désiré Cochet, Culture de la vigne en Normandie (1844).
  16. R. P. Pierre Massein: Sainteté et vie monastique à Jumièges au XVIIe siècle dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 847-852
  17. L. M. Michon, R. Martin du Gard: L'abbaye de Jumièges, pages: 32-35
  18. Dom François Bonnet de Viller: Les derniers moines de Jumièges dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 836-845
  19. Louis Réau, Histoire du vandalisme.
  20. Henri Bouchot, Bibliothèque Nationale: Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux Départements des estampes et des manuscrits, tome: 1, pages: 272-276, n°2289 à 2314, Librairie E. Plon, Nourrit et Cie, Paris, 1801 (sur gallica)
  21. Jacques Fontaine: Le culte carolingien dans les abbayes normandes, dans: Lucien Musset (direction): Aspect du monachisme normand des IV-XVIIe siècles, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, ISBN 2-7116-2034-4, page: 34
  22. Geneviève Nortier-Marchand: La bibliothèque de Jumièges au Moyen-âge, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tom: 2, pages: 599 et suivantes
  23. Abbé Philippe Delhaye: Un exemple de théologie monastique au XII siècle: Alexandre de Jumièges dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 783-790
  24. Abbé Pierre Michaud-Quantin: La première formation intellectuelle des moines au Moyen-âge dans: Jumièges, Congrès du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 615, 619, 623, 624
  25. R.P. Maurice Coens: Une visite des bollandistes à Jumièges en 1662, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, page: 663
  26. Abbé Joseph Daoust: L'activité littéraire de Jumièges aux XVIIe et XVIIIe siècles dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, page: 655
  27. Geneviève Nortier-Marchand: La bibliothèque de Jumièges au Moyen-âge, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, page: 613
  28. Alfred Cordoliani: Le plus ancien manuscrit de comput ecclésiastique du fond de Jumièges, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 691 à 702
  29. Jacqueline Rambaud-Dubot: Manuscrits canoniques de Jumièges, Décret de Gratien, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 669 à 679
  30. Abbé Louis Guizard: Manuscrits canoniques du fond de Jumièges: Recueil de décrétales. Un corpus de droit canonique au XIVe siècle dans: Jumièges, Congrés scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 681 à 690
  31. Dom Jean Leclercq: Saint Bernard à Jumièges dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 791-796
  32. Dom René-Jean Hesbert: Les manuscrits liturgiques de Jumièges dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 855-872
  33. Dom René-Jean Hesbert: Les manuscrits musicaux de Jumièges, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 901 à 912
  34. Dom René-Jean Hesbert: Les manuscrits enluminés de l'ancien fond de Jumièges, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages:721 à 736 (avec les cotes de toutes les enluminures)
  35. Richard Gameson: Hugo Pictor, enlumineur normand dans: Caliers de civilisation médiévale, 2001, volume: 46, pages: 121-138
  36. Charles Antoine Deshayes: L' histoire de l'abbaye de Jumièges, pages: 21, 22,45, 49, 67, 84, 145, 163; Plusieurs auteurs dans le compte-rendu du Congrès de Jumièges, La vie intellectuelle à Jumièges, Annales de Normandie, 1956, volume: 6, no 3, pages: 333-340
  37. Charles Cailhol: Les drogues médicinales à Jumièges au Xe siècle dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 704 à 720
  38. J. J. Vernier: Chartes de l'abbaye de Jumièges (825-1204) conservées aux Archives de la Seine-Inférieure, pages: 140, 169
  39. André Dubuc: de la fin du Moyen Âge à la Révolution dans: Annales de Normandie, 1957, n° 2, page: 235 (sur Persee)
  40. J. J. Vernier: Chartes de l'abbaye de Jumièges (vers 825 à 1204) consevées aux archives de Seinr-Inférieure, Tome: 1, Editeur: Auguste Picard, Paris, 1916, Chartes: XXIX, XLI, XLVIII
  41. Lucien Musset: Monachisme d'époque franque et monachisme d'époque ducale en Normandie: Le problème de la continuité, page: 59 dans: Aspect du monachisme en Normandie (IVe-XVIIIe siècles)
  42. Archives départementales de Seine-Maritime: Répertoire numérique, série H, tome: 2, 9H 1 à 1807
  43. Dom Jean Laporte: Les possessions de Jumièges en France, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 1, page: 146, Imprimeur: Lecerf, Rouen, 1955
  44. Joachim Darsel L'amirauté en Normandie (V-Amirauté de Caudebec-Quillebeuf), dans: Annales de Normandie, 1971, volume: 21, n°3, pages: 169-172
  45. Jean Mabillon: Histoire de l'abbaye royale de Jumièges, tome: 1,page: 177
  46. Dom Joseph Thiron: Les reliques de Jumièges dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 2, pages: 889-899
  47. Th. Bonnin: Journal des visite pastorales d'Eude Rigaud, archevêque de Rouen, page: 584
  48. J. Laporte: L'état des biens de l'abbaye de Jumièges en 1338 dans: Annales de Normandie, 1959, volume: 9, no 2, pages: 67-89 (sur Persee)
  49. Dom Jean Laporte: Les possessions de Jumièges en France, dans: Jumièges, Congrès scientifique du XIIIe centenaire, tome: 1, page: 146, Imprimeur: Lecerf, Rouen, 1955
  50. Charles Antoine Deshayes: Histoire de l'abbaye royale de Jumièges, pages: 157 et suivantes
  51. Plusieurs sources: J. C. Perrot: La vie matérielle d'une grande abbaye au XVIIIe siècle, dans: Annales de Normandie, 1956, n° 3, page:315; Emile Savalle: Les derniers moines de l'abbaye de Jumièges (sur Gallica)
  52. Alfred Canel, Armorial de la province des villes de Normandie, Rouen, A. Péron, 1849, [lire en ligne]
  53. G. Demay: Inventaire des sceaux de Normandie, n° 2683, 2684, 2804 à 2809, 2939,
  54. Taylor et Nodier: Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, Normandie no 1, 1820, édition: 1820-1878, vues: 76 à 107 (sur gallica, no 16)
  55. Georges Lanfry: L'abbaye de Jumièges, Plans et documents, pages: 3, 4, 25, 27
  56. Georges Lanfry: L'abbaye de Jumièges, Plans et documents, page:21
  57. L. M. Michon, Roger Martin du Gard; L'abbaye de Jumièges, page: 18
  58. Maylis Baylé: L'architecture normande au Moyen Âge, tome;2, pages: 14-15
  59. L. M. Michon, R. Martin du Gard: L'abbaye de Jumièges, page; 27
  60. Plusieurs sources: L'architecture normande au Moyen Âge, éditions Corlet, tome: 1, page 42 par Carol Hertz; tome; 2, pages 14-15 par Maylis Bailé; Jean Valléry-Radot dans Le deuxième colloque internationale de la Société française d'archéologie (Rouen 13-14 juin 1966), Bulletin monumental, 1969, vol: 127, no 2, page: 125 (en ligne sur Persee); Georges Lanfry: L'abbaye de Jumièges, Plans et documents, page: 23
  61. Jean Valléry-Radot: Notre-Dame de Jumièges dans: Le deuxième colloque international de la Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 1969, volume: 127, no 2, page: 132 (en ligne sur Persee)
  62. M. de Boüard; Sur l'architecture normande de l'époque romane, chronologie de la construction de Notre-Dame de Jumièges dans: Annales de Normandie, 1960, volume: 10, page; 83 (controverse sur la datation), en ligne sur Persee
  63. L. M. Michon, Roger Martin du Gard: L'abbaye de Jumièges, page: 38, 63
  64. Eliane Vergnoles: Comte rendu de l'ouvrage de Maylis Baylé: La sculpture du XIe siècle à Jumièges..., Bulletin monumental, 1983, volume: 41, pages: 310-311 (en ligne sur Persee)
  65. Georges Lanfry: L'abbaye de Jumièges, Plans et documents, page:17
  66. Yves Bruand: Le cloître de Jumièges, résumé dans: Bulletin monumental, 1959, volume: 117, no 2, pages: 130-131 (en ligne sur Persee)
  67. Charles Antoine Deshayes: Histoire de l'abbaye de Jumièges, pages: 199-200
  68. Taylor et Nodier: Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, Normandie 1, 1820-1878, vue: 76 (sur gallica)
  69. Mathilde Gardeux: Espace d'assistance, espace de pouvoir, dans: Bulletin du centre d'études médiévales, Auxerre, Hors série no 8, 2015
  70. Jean Valléry-Radot:La salle capitulaire de Jumièges dans: Le deuxième colloque international de la Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 1969, Volume: 127, no 2, page: 142 (en ligne sur Persee)
  71. L. M. Michon, Roger Martin du Gard: L'abbaye de Jumièges, pages: 77-78
  72. « Notice no PA00100726 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  73. Ruines de l'abbaye de Jumièges, musée des Beaux-Arts de Rouen

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gallia Christiana, tome: 11, pages: 185, 949
  • Du Moustier: Neustria Pia, pages: 259, 301, 317 à 325
  • Georges Lanfry: L'abbaye de Jumièges, Plans et documents, Imprimerie Lecerf, Rouen
  • Charles-Antoine Deshayes, Histoire de l'abbaye royale de Jumièges, Baudry, Rouen, 1829
  • Roger Martin du Gard fut admis à l'École des chartes et obtient avec succès le diplôme d’archiviste paléographe en présentant une thèse sur l'abbaye.
  • L. M. Michon et Roger Martin du Gard: L'abbaye de Jumièges, Édition: H. Laurent, Paris
  • Roger Martin du Gard, « Le plan primitif du chœur de l'église abbatiale de Jumièges », Bulletin monumental,‎ , p. 31
  • Dom Hesbert: Jumièges, Congrés scientifique du XIIIe centenaire, (Rouen, 10-12 juin 1954), 2 tomes, 108 communications, 1070 pages, Imprimerie Lecerf, Rouen, 1955
  • Jean Taralon, L'Abbaye de Jumièges, Paris, CNMHS, 1979
  • Lucien Musset, Normandie romane, t. 2, La Haute-Normandie, Éditions Zodiaque, La Pierre qui Vire, 1974, p. 61-123
  • Jacques Le Maho, L'abbaye de Jumièges, Éditions du Patrimoine, coll. « Itinéraires », , 64 p. (ISBN 978-2-85822-395-4, ISSN 1159-1722)
  • Olivier Verley, Jumièges, Bonsecours, Point de vues, , 96 p., broché (ISBN 978-2-915548-35-8)
  • Jean Mabillon, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumièges, Rouen, C. Métérie, 1882-1885. tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica, tome 3 disponible sur Gallica.
  • Julien Loth, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumièges, Rouen: Ch. Métérie, 1882. T1, 2 et 3.
  • Émile Savalle, Les Derniers moines de l'abbaye de Jumièges, Rouen, Imprimerie de D. Brière et fils, 1867, disponible sur Gallica
  • Gilles Deshayes: Les éléments lapidaires carolingiens, romans et gothiques de l'abbaye de Jumièges (Seine-Maritime) dans: Delphine Hanquiez: Regards sur les dépôts lapidaires de la France du nord, pages: 17-36

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Site consacré aux mondes normands, mis en ligne dans le cadre du Projet Raphaël de la Commission européenne. Plusieurs pages concernent les différents bâtiments de l'abbaye de Jumièges.
  2. Histoire de la presqu'île de Jumièges, par Laurent Quevilly.
  3. Tabularia. Sources écrites de la Normandie médiévale, revue électronique sur le Moyen Âge normand (surtout)
  4. Benoït-Michel Tock, Les chartes originales de l'abbaye de Jumièges jusqu'en 1120
  5. Mathieu Arnoux, Disparition ou conservation des sources et abandon de l'acte écrit : quelques observations sur les actes de Jumièges
  6. Pierre Bouet, Carmen de fundatione, ruina et restauratione inclyti monasterii Gemmeticensis
  7. Jacques Le Maho, La production éditoriale à Jumièges vers le milieu du Xe siècle
  8. L'Abbaye de Jumièges
  9. Highcliffe Castle Website (en anglais)
  10. Site officiel de l'Abbaye de Jumièges avec présentation de l'application Jumièges 3D, application de réalité augmentée