Abbaye Notre-Dame de Bonport

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 Ne doit pas être confondu avec Abbaye Notre-Dame de Beauport (Côtes-d'Armor)
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Abbaye Notre-Dame de Bonport
Image illustrative de l'article Abbaye Notre-Dame de Bonport
Bâtiment intact de l'abbaye

Diocèse Diocèse d'Évreux
Patronage Notre-Dame
Numéro d'ordre (selon Janauschek) CCCCXCVIII (286)[1]
Fondation 1189
Début construction XIIIe siècle
Cistercien depuis 1191
Dissolution 1791
Abbaye-mère Abbaye Notre-Dame du Val
Lignée de Abbaye de Cîteaux
Abbayes-filles Aucune
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style Roman
cistercien
Protection Logo monument historique Classé MH (1942)[2]

Coordonnées 49° 18′ 22″ nord, 1° 08′ 04″ est[3]
Pays Drapeau de la France France
Province Duché de Normandie
Département Eure
Commune Pont-de-l'Arche
Site http://www.abbayedebonport.com/

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Abbaye Notre-Dame de Bonport

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Abbaye Notre-Dame de Bonport

L'abbaye Notre-Dame de Bonport est une abbaye cistercienne, située en France, dans le département de l'Eure, sur la commune de Pont-de-l'Arche. Elle est construite sur la rive d'un bras mort de la Seine, en aval de l'agglomération de Pont-de-l'Arche.

L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende raconte qu'en juillet 1189, au cours d'une partie de chasse, Richard Cœur-de-Lion faillit se noyer en poursuivant un cerf qui avait malencontreusement décidé de traverser la Seine. Richard fût ainsi emporté par un fort courant et voyant sa vie en danger, aurait fait vœu à Dieu de fonder une abbaye à l'endroit où son cheval reprendrait pied sur la terre ferme, c'est-à-dire s'il arrivait à bon port.

En réalité, le « bon port » est plus sûrement le port du Christ sur Terre.

L'abbaye a été effectivement fondée par Richard à la fin de 1189, dix ans avant sa mort. Elle est sise à un endroit dépendant anciennement du territoire des Damps dénommé Maresdans[4]. Une charte originale de Richard mentionne l'installation de moines cisterciens le 22 juin 1190. Douze moines, un prieur et des convers investissent les lieux en provenance de l'abbaye Notre-Dame du Val (Mériel), près de Pontoise. Ils commencent par défricher. Les travaux de construction débutent peu de temps après. La charte fait état d'un don de Richard à Ardouval. Deux jours plus tard, il affranchit la congrégation de tout droit de coutume. En 1198, une charte supplémentaire de confirmation donne aux moines non seulement les terres de Bonport, mais aussi de nombreuses autres aux alentours, ainsi que des portions de la forêt d'Eawy, en vue d'y prélever du bois de charpente. Après le rattachement de la Normandie au Royaume de France, Philippe-Auguste, puis les rois suivants confirment l'abbaye dans ses possessions et privilèges. Au début du XIIIe siècle, une bulle du pape Innocent III prend sous sa protection l’abbaye de Bonport. L'apogée du monastère se situe vers le XIIIe - XIVe siècle grâce à des revenus réguliers et à l'action de ses moines copistes qui portent sa renommée au-delà des terres normandes et de l'Île-de-France. En 1244, le Pape Innocent IV accorde une indulgence de vingt jours aux fidèles qui visiteront les lieux. La réputation grandissante de l'abbaye lui vaut la venue de nombreux pèlerins.

Comme ailleurs, la guerre de Cent Ans provoque des pillages et des dommages, causés tout autant par le parti français que par le parti anglo-navarrais qui la menacent de ruine. Le roi Charles VI de France octroie des subsides importants aux moines pour qu'ils puissent réparer le cloître et l'église fortement endommagés. Après son second débarquement en Normandie et sa campagne victorieuse, le roi Henri V d'Angleterre accorde une sauvegarde aux moines pour les dédommager de l'avoir hébergé pendant le siège de Pont-de-l'Arche en 1418. Trente et un ans plus tard, les ambassadeurs de France et d'Angleterre se rencontrent au monastère en vue d'établir la paix entre les deux royaumes. En 1465, c'est au tour du roi Louis XI de dédommager financièrement l'abbaye pour les dégâts occasionnés lors des troubles de la Ligue.

Ruines de l'église abbatiale.

Le régime de la commende est instauré à partir du XVIe siècle, système qui va entamer un long déclin des monastères. Les nouveaux abbés ne résident plus sur place et l'un d'entre eux acquiert cette charge à l'âge de deux ans. Quatorze abbés vont se succéder avant la révolution française. Les moines engagent d'importants travaux pour moderniser et rendre plus confortables des bâtiments vétustes, dont le confort spartiate ne correspond plus aux mœurs de l'époque. En outre, il faut pouvoir y accueillir les hôtes prestigieux qui s'y succèdent encore. La raréfaction des vocations et l'absence de revenus importants, liés pour partie au système de la commende, engendrent une diminution de la communauté de près de moitié et la révolution ne va qu'accélérer une lente décadence entamée depuis deux siècles. La vente aux enchères publiques comme Bien national en 1791 marque la fin de toute activité monastique, ainsi l'abbaye est-elle cédée pièce par pièce à différents propriétaires : deux sieurs deviennent propriétaires des bâtiments et des terres. Les meubles sont achetés par différentes personnes. L'église Notre-Dame de Louviers hérite des orgues et de la clôture du chœur, où ils seront déduits. Les cloches sont fondues pour soutenir l'effort de guerre. Quant au chapier, un autel et les stalles, ils sont déposés à l'église Notre-Dame des Arts de Pont-de-l'Arche. L'église abbatiale est transformée, comme ailleurs, en carrière de pierre par son nouveau propriétaire, ce qu'elle restera jusqu'au milieu du XIXe siècle. Lorsque la famille Lenoble se porte acquéreur des lieux en 1874, il ne reste plus que la ferme, le colombier, le dortoir, le réfectoire et la cuisine.

Elle appartient toujours aujourd'hui à des propriétaires privés qui la restaurent.

Le poète Philippe Desportes y meurt le 5 octobre 1606.

Armes de l’abbaye[modifier | modifier le code]

Parti au premier d’azur, semé de fleurs de lis d’or, au deuxième de gueules à trois léopards d’or, l’un sur l’autre, la couronne fleurdelisée[5]

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 286.
  2. a et b Notice no PA00099519, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Val, le », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 11 octobre 2013).
  4. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3) (OCLC 9675154), p. 99-100.
  5. Léon de Duranville, Essai historique et archéologique sur la ville du Pont-de-l'Arche et sur l'abbaye N-D de Bonport, Rouen et Paris, 1856. p. 194

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]