Charles Ier de Bourbon (archevêque de Rouen)

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Charles Ier de Bourbon
Image illustrative de l'article Charles Ier de Bourbon (archevêque de Rouen)
Portrait de Charles Ier de Bourbon, XVIe siècle
Biographie
Naissance
La Ferté-sous-Jouarre
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 66 ans)
Fontenay-le-Comte
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

Par S.S. le pape Paul III
Titre cardinalice Cardinal-diacre :
de « S. Sisto »
de « S. Crisogono »
Évêque de l’Église catholique
Administrateur de Beauvais
(« Évêque-comte de Beauvais et pair de France »)
Précédent Odet de Coligny Nicolas Fumée Suivant
Administrateur de Carcassonne
1567[réf. à confirmer][1]
Précédent François de Faucon Vitellozzo Vitelli Suivant
Archevêque de Rouen
Primat de Normandie
Précédent Georges II d'Amboise Charles II de Bourbon Suivant
Évêque de Nantes
15501554
Précédent Jean de Lorraine Antoine de Créquy Suivant
Administrateur de Carcassonne
Précédent Martín de Saint-André François de Faucon Suivant
Évêque de Saintes
Précédent Julien Sodérini Tristan de Bizet Suivant
Évêque de Nevers
Précédent Jacques d'Albret Jacques Spifame de Brou Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Légat pontifical à Avignon

Orn ext cardinal Prince du sang PdF OSE.svg
Blason pays fr Dombes.svg
Auctor ego audendi
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Charles Ier de Bourbon ( - ), cardinal de Vendôme, était un prince de sang de la maison de Bourbon. Au cours de sa carrière ecclésiastique, il devient abbé commendataire de plus de vingt abbayes. L'accumulation de ces bénéfices fait de lui un des plus riches princes d'Europe[2].

Bien que dénué de caractère et d'intelligence, il fut un personnage important des guerres de religion. En 1585, la Ligue catholique l'imposa au roi Henri III comme héritier de la couronne de France à la place de son neveu protestant le futur Henri IV. Lors des États généraux de 1588 à Blois, il est mis en arrestation sur l'ordre du roi. À la mort de ce dernier, alors qu'il est toujours séquestré, il est reconnu par les ligueurs comme le seul roi de France légitime. Il est proclamé par le Parlement de Paris sous le nom de « Charles X » (1589). Il meurt l'année suivante à l'âge de soixante-six ans.

Famille[modifier | modifier le code]

Né le à La Ferté-sous-Jouarre, il est le fils de Charles IV, duc de Vendôme, et de son épouse Françoise d'Alençon, duchesse de Beaumont. Il est le frère puîné d'Antoine de Bourbon, père d'Henri IV. Grand-neveu du cardinal Charles II de Bourbon, il est le neveu du cardinal Louis de Bourbon-Vendôme et l'oncle du cardinal Charles II de Bourbon[2].

Il aurait eu un fils illégitime, Nicolas Poulain[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière comme clerc à la cathédrale de Meaux.

Élu évêque de Nevers le , il résigne le siège le . Transféré à Saintes le , il résigne ce dernier siège le [2].

Cardinalat[modifier | modifier le code]

Il est créé cardinal lors du consistoire tenu le par le pape Paul III, et reçoit le titre de S. Sisto le . Il participe au conclave de 1549/1550 qui élit pape Jules III[2].

À la mort de Martín de Saint-André, il est désigné administrateur de l'évêché de Carcassonne du au . Il le redevient le après la mort de François de Faucon jusqu'en 1567. Le , il est promu archevêque de Rouen[2]. Il le restera jusqu'à sa mort. Il est à la même époque nommé abbé commendataire de Saint-Ouen de Rouen.

En 1551, il est nommé lieutenant-général du gouvernement de Paris et d’Île-de-France[2].

Il participe aux conclaves de 1555 qui élisent Marcellus II puis Paul IV[2].

Il est l'abbé commendataire de l'Abbaye Notre-Dame du Tronchet de 1556 à 1558[3], de Corbie à partir de 1557[2] et de l'Abbaye de Saint-Wandrille de 1569 à 1578 ainsi que de l'abbaye de Bourgueil[4].

Il ne participe pas au conclave de 1559 qui élit Pie IV. Le , il devient cardinal de S. Crisogono[2].

Il participe aux États Généraux à Orléans. Il assiste au colloque de Poissy en 1561, organisé par Michel de L'Hospital. À partir de 1562, il devient abbé commendataire de Saint-Germain des Prés[2].

Il accompagne en 1565 le roi Charles IX dans son voyage à Bayonne. Il devient cette année légat du pape à Avignon. Il ne participe pas au conclave de 1565/1566 qui élit Pie V.

Le , il administre l'évêché de Beauvais. À ce titre, il devient comte et pair de France. Il résigne le , par échange avec Nicolas Fumée, abbé de la Couture. Il ne participe pas au conclave de 1572 qui élit Grégoire XIII. En 1574, il devient abbé commendataire de Jumièges. Il préside en 1580 l'Assemblée générale du clergé de France tenu à Melun. Il ne participe pas au conclave de 1585 qui élit Sixte V[2].

Il présida le Concile de Rouen en 1581.

Les guerres de religion[modifier | modifier le code]

Le palais que le cardinal de Bourbon se fit construire à l'abbaye de Saint-Germain-des-Près (Paris)

Durant les guerres de religion, il fut partagé entre sa fidélité au pape et la défense de sa famille convertie en partie au protestantisme. Il favorisa la lutte contre la nouvelle religion et entreprit parfois avec succès de ramener au catholicisme les princes de sa famille.

Il occupe au sein de la cour une position fragile du fait de l'engagement de ses frères pour la Réforme protestante. Même s'il soutient activement la lutte contre les protestants, il prend toujours à cœur la défense des intérêts familiaux contre les autres maisons rivales (Guise et Montmorency). Lorsque son frère le prince de Condé est arrêté sur l'ordre personnel de François II, il se jette en larmes au pied du roi pour implorer sa clémence (1560). Très attaché à la religion traditionnelle, il a pendant longtemps l'espoir de faire revenir les membres de sa famille au catholicisme. Il y parvient partiellement avec son frère le roi de Navarre, puis après le massacre de la Saint-Barthélemy avec les fils cadets du prince de Condé.

Assidu à la vie de cour, il est du fait de son statut de prince de sang, toujours placé au premier rang des grandes cérémonies. Sa présence au sein du conseil royal est un gage de légitimité pour un gouvernement en manque de reconnaissance. Comme les autres Bourbon catholiques (La Roche-sur-Yon et Montpensier), il est un familier de la reine Catherine. Homme faible et réputé simple d'esprit, la reine-mère se plaît à l'utiliser. Elle l'emmène souvent dans ses voyages, notamment pour servir de contact privilégié avec les princes révoltés de sa famille.

Le , c'est lui qui unit Henri de Navarre et Marguerite de Valois à Notre-Dame de Paris.

Il est le premier commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, lors de la première promotion du .

Le , il sacre[1] archevêque-duc de Reims Louis II de Lorraine, cardinal de Guise.

Le roi Charles X de la Ligue[modifier | modifier le code]

Médaille de « Charles X » frappée par la Ligue, vers 1589.

En 1584, à la mort du duc d'Alençon, les ligueurs le considèrent comme l'héritier du trône de France, excluant de la succession tous les protestants.

En 1588, lors de la seconde assemblée des États généraux tenus à Blois, Henri III le fait arrêter. Il est emprisonné un premier temps à Tours puis à Fontenay-le-Comte. Après l'assassinat d'Henri III en 1589, le duc de Mayenne le proclame roi de France sous le nom de Charles X. Le , le Parlement rend un jugement qui le reconnait roi de France légitime[2]. Durant cette période où il est toujours détenu prisonnier dans sa prison de Fontenay, il envoie une lettre à son neveu Henri IV qu'il reconnaît comme roi légitime.

Il meurt le dans la prison de Fontenay-le-Comte. Il est enterré dans la chartreuse qu'il a fondé à Gaillon. Cet établissement, détruit par le feu en 1764 et reconstruit, est à nouveau détruit à la Révolution. La dalle de marbre qui recouvrait son tombeau est actuellement déposée dans l'église Saint-Georges d'Aubevoye.

Héraldique et devise[modifier | modifier le code]

Le cardinal portait d'azur, à trois fleurs de lys d'or, au bâton péri en bande de gueules[5],[6]

Il avait pour devise : « Auctor ego audendi » (« Je me porte garant de ton audace »), formule prononcée (au féminin) par la déesse Junon, dans l'Énéide, de Virgile (Livre XII, v. 159). On peut aussi traduire, plus littéralement, le texte original, par : « Je suis l'auteur de ce qui est à oser ».

Ascendances[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cheney 1996.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m The Cardinals of the Holy Roman Church: Consistory of January 9, 1548 (XI)
  3. Liste des abbés du Tronchet
  4. Revue de l'Anjou et de Maine et Loire, p.132.
  5. Bunel 2010.
  6. Popoff 1996, p. 5.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]