Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux

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Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux
Image illustrative de l'article Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux
Présentation
Culte Catholique romain
Type Basilique
Début de la construction 1929
Fin des travaux 1954
Architecte Louis Marie Cordonnier
Style dominant romano-byzantin
Protection Logo monument historique Classé MH (2011)
Patrimoine XXe s.[1]
Site web www.therese-de-lisieux.catholique.fr/The-Basilica.htmlVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Ville Lisieux
Coordonnées 49° 08′ 23″ nord, 0° 14′ 11″ est

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Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux

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Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux

La basilique Sainte-Thérèse est située à Lisieux, en France. Elle a été élevée en l'honneur de Sainte Thérèse peu de temps après sa canonisation.

Imposant édifice de style néo-byzantin inspiré de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, sa construction a débuté en 1929 et sa consécration a eu lieu en 1954. Aujourd'hui, elle est le deuxième lieu de pèlerinage en importance en France (après celui de Lourdes).

Labellisée « Patrimoine du XXe siècle », elle a été inscrite au titre des monuments historiques le 14 septembre 2010[2] puis classée le 7 septembre 2011.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sainte Thérèse de Lisieux est béatifiée le 29 avril 1923 et canonisée dès le 17 mai 1925. La dévotion à la nouvelle sainte, déjà manifestée par les poilus pendant la Première guerre mondiale, prend de l'ampleur dès l'année suivant sa canonisation. Devant le nombre de plus en plus grand des pélerins, il apparaît nécessaire de construire une grande basilique vouée au pèlerinage dans la ville où elle a vécu et où elle est morte[3].

Ce projet de « construire une basilique spirituelle », lancé par l'évêque de Bayeux et Lisieux, Mgr Lemonnier et par Mgr Octave Germain, premier directeur du pèlerinage (1923-1937), commence par soulever des objections de la part du clergé local qui fait remarquer que Lisieux possède déjà plusieurs lieux de culte, y compris sa cathédrale Saint-Pierre. Il reçoit cependant le soutien total du pape Pie XI qui a placé son pontificat sous le signe de sainte Thérèse. Un avant-projet est soumis dès 1926 par un architecte parisien, Jules Barbier : l'édifice prévu, de style néo-gothique que l'on envisage de construire non loin du Carmel s'inspire très fortement de la basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes. L'architecte lillois Louis Marie Cordonnier présente un projet très différent en 1927, lequel est approuvé par Mgr Lemonnier[4].

Sainte Thérèse est proclamée Patronne des missions le 14 décembre 1927, quinze jours avant la mort de Mgr Lemonnier, mort qui fait penser que le projet, jugé trop ambitieux, pourrait être abandonné. Malgré les dons qui affluent au Carmel, son successeur, Mgr Suhard, craint que les plans grandioses n'entraînent des dépenses considérables dont le diocèse serait responsable mais devant la volonté du pape Pie XI, il décide de poursuivre le projet. La basilique sera d'ailleurs entièrement financée par des dons et souscriptions spécifiques venus du monde entier[5].

Les travaux commencent le , la première pierre étant posée ce jour par le cardinal Charost, légat du pape. Ils sont supervisés par deux architectes de père en fils, les Cordonnier — Louis Marie Cordonnier, mort en 1940, puis son fils Louis-Stanislas Cordonnier (décédé le 25 août 1960). La crypte est inaugurée en 1932. La basilique est bénite solennellement le au terme du 11e Congrès eucharistique national par le cardinal Pacelli, légat du pape et futur Pie XII. Le 11 juillet 1939 est installée au sommet du dôme la croix monolithe. Les travaux continuent au ralenti entre 1939 et 1944 à cause de la Seconde Guerre mondiale.

La structure de base, qui a été terminée avant la guerre, subit peu de dégâts lors des bombardements de juin 1944 qui détruisent Lisieux aux deux tiers. Elle a probablement été épargnée grâce à sa position en limite d'agglomération. Après la guerre, on répare les dommages causés sur la basilique. À cette phase de restauration suit la réalisation de la décoration (pose de vitraux et de mosaïques) entreprise dans les années 1950. La basilique est consacrée le par l'archevêque de Rouen et primat de Normandie, Mgr Martin en présence du légat du pape, l'archevêque de Paris Mgr Feltin[6].

Description[modifier | modifier le code]

Précédé d'un vaste parvis qui laisse un espace libre de 76 mètres de largeur, le monument se trouve sur une colline, en limite de la cité qu'il domine de sa masse imposante.

De style composite (dit romano-byzantin), l'architecture de la basilique est fortement inspirée par celle de la basilique du Sacré-Cœur à Paris[7]. Par ses dimensions, l'édifice, construit en béton armé et granit, peut accueillir 3 000 personnes se compare aux plus grandes cathédrales[8] :

  • longueur : 104 m ;
  • largeur du transept : 50 m ;
  • largeur de la nef : 30 m ;
  • hauteur du dôme : 95 m ;
  • hauteur de la coupole : 50 m ;
  • la croix surmontant l'ensemble mesure 1,70 m ;
  • hauteur des voûtes : 37 m ;
  • superficie : 4 500 m2.

Compte tenu de la nature du sol qui est argileux sur une épaisseur de 30 mètres et de sa situation sur la pente d'une colline, les fondations de l'édifice reposent sur 130 piliers cylindriques de diamètres variés (de 1,4 m à 5 m) atteignant le niveau de la couche calcaire sous-jacente afin d'établir sa stabilité[9].

C'est une des plus grandes églises construites au XXe siècle[réf. souhaitée].

Façade de la basilique.

Le parvis est dominé par un autel en granit poli disposé au milieu du perron donnant accès au proche monumental, autel dédié aux cérémonies en plein air. Autour de l'arc du porche, les mois de l'année sont représentés par des scènes familières (travaux ou occupations qui leur correspondent). Au-dessus du portail d'entrée, le tympan est orné d'une monumentale composition : Jésus au milieu de ses apôtres et leur montrant un enfant, comme le modèle que doit suivre quiconque veut entrer dans le royaume.La façade principale, flanquée de deux tourelles, est surmontée d'une inscription (« Car quiconque s’élève sera abaissé et quiconque s’humilie sera exalté »), d'une galerie ornée de 7 statues symbolisant les trois vertus théologales (la foi, l'espérance et la charité au centre) et les quatre vertus cardinales(la justice et la prudence à gauche, la force et la tempérance à droite). Cette façade est coiffée par un fronton triangulaire abritant la statue central de sainte Thérèse et partagé en deux étages : le registre inférieur contient des personnages historiques qui ont contribué à la glorification terrestre de Thérèse[10] ; le registre supérieur abrite les anges qui l'ont accueillie au ciel[11].

L'édifice est en forme de croix latine, avec nef, chœur et transept. La croisée est surmontée d'une imposante coupole. Le volume intérieur est d'un seul tenant, sans nefs collatérales ni déambulatoire : du fait de l'absence de colonnes, tous les fidèles qui assistent aux offices en ont une vue sans obstruction. La plus grande partie de l'intérieur de la basilique est couverte de mosaïques.

Les sculptures sont de Robert Coin (grand prix de Rome en 1929), les dessins des cartons des mosaïques et des vitraux de Pierre Gaudin.

Dans le transept sud un ciborium monumental abrite le reliquaire offert par le Pape Pie XI à la basilique. Situé sur un socle haut placé, le reliquaire est séparé du public par une grille qui l'isole. Les parois de verres ouvertes sur chacune des faces du coffre laissent voir deux os du bras droit de Thérèse[12].

Les orgues de la maison Beuchet Cavaillé-Coll, construites en 1936, installées et restaurées par Victor Gonzalez vers 1950 (55 jeux, 3 claviers).

L'édifice contient 18 autels mineurs offerts par différentes nations en ex-voto à sainte Thérèse. À partir de l'entrée, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre[13] :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

La crypte[modifier | modifier le code]

La crypte de la basilique.

On accède à la crypte de part et d'autre du grand perron par des escaliers situés sous les cloîtres latéraux.

Terminée en 1932, elle évoque le secret de la vie spirituelle de Thérèse. Longue de 50 m et large de 30 m, elle est décorée de marbre et de mosaïques, œuvre de Jean Gaudin, dans le style de l'Exposition des Arts Décoratifs de 1925. En 1958, les mosaïques sont complétées par des scènes qui représentent les moments importants de la vie de sainte Thérèse : baptême, première communion, guérison miraculeuse, engagement dans la vie religieuse, décès. La crypte de la basilique détient, depuis 2008, la châsse des saints Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse[14].

Le campanile[modifier | modifier le code]

Le campanile de la basilique.

Érigé dans les années 1960, le campanile est achevé et inauguré en 1975. Il est séparé de l'édifice principal et situé à l'extrémité sud du parvis. Devant s'élever à 95 m et être surmonté d'un phare (comme à la nécropole Notre-Dame-de-Lorette), est réduit de 40 m et n'a jamais été complètement terminé, la priorité ayant été donnée à des œuvres de bienfaisance, notamment à l'édification du Foyer des Malades, dédié à la mémoire des parents de Thérèse. Il se termine par une terrasse entourée d'une balustrade et abrite les 51 cloches du carillon[15]. La sonnerie de volée est composée de 6 cloches dont la plus grosse, le bourdon d'environ 9 tonnes porte sa devise en bronze :« Je sonne l’appel des peuples à l’unité dans l’Amour[16] ». Ce carillon, d'une grande qualité sonore (facture Paccard), figure parmi les plus beaux d'Europe[non neutre]. Le campanile a été offert par la Belgique et les Pays-Bas en ex-voto à sainte Thérèse[réf. souhaitée].

Le chemin de croix et les tombeaux[modifier | modifier le code]

À l'extérieur, derrière l'abside de la basilique, des allées latérales permettent d'accéder à un chemin de croix monumental disposé par groupes de 3 stations sauf la première et la quatrième qui se trouvent devant l’escalier central qui mène à un autel surmonté d'un grand calvaire, œuvre de Morice, Masselot et Coin. Son implantation sur des pentes a nécessité la construction de deux autres murs de soutènement pour retenir les terres. À l'enclos du chemin de croix, deux tombes encadrent la statue de la Sainte Thérèse. Il s'agit de ceux des parents de la sainte, Louis et Zélie Martin, qui ont été exhumés le 13 octobre 1958 du cimetière de Lisieux pour être transférés dans ce lieu, à l'occasion de leur cause de béatification[17]. Depuis septembre 2008, leurs dépouilles ont été transférées dans un reliquaire déposé dans la crypte de la basilique. Leurs tombes restent néanmoins un lieu de recueillement d'autant qu'ils ont été canonisés le 18 octobre 2015.

La chapelle d'adoration[modifier | modifier le code]

Le chapelle d'adoration de la basilique.

Construite en 2000, la chapelle d'adoration, offerte par l'Irlande en ex-voto à sainte Thérèse, est un lieu privilégié de prière silencieuse. On y accède par la crypte dont les arcades de granit se retrouvent sur le mur de droite de la chapelle. Les bancs sont ceux que l’on a connus naguère dans la chapelle du Carmel. Le tabernacle de l'autel est surmonté de l’icône de la Trinité[18].

Divers[modifier | modifier le code]

Un timbre postal représentant la basilique de Lisieux a été émis le 26 septembre 1960[19].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Fabrice Maze, La Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux, éd. PubliAlp, Grenoble (ISBN 2-9522339-0-X)
  • Revue Les annales de Ste Thérèse de Lisieux no 5 mai 1978 sur « La Basilique Sainte Thérèse »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux », notice no EA14141211, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Alain Nafilyan, Éric Diouris, Frédéric Henriot, Monuments historiques du XXe siècle en Basse-Normandie, In Quarto, 2010.
  3. Maurice Malingue, Sanctuaires et pèlerinages de France, Éditions du Louvre, , p. 37.
  4. Yves Robert, Mémoire ouvrière de Lisieux, Éditions Cahiers du temps, , p. 12.
  5. Jean Vinatier, Le cardinal Suhard (1874-1949): l'évêque du renouveau missionnaire en France, Le Centurion, , p. 69-70.
  6. François Delteil, Monseigneur Germain, l'homme providentiel d'une grande cause, Éditions des Annales, , p. 117.
  7. « Site officiel de la ville de Lisieux » (consulté le 16 janvier 2010).
  8. « Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux », sur lisieux-tourisme.com (consulté en avril 2017).
  9. Paul Amédée Planat, E. Rümler, La Construction moderne, Impr. F. Levé, , p. 270.
  10. De gauche à droite : le bâtisseur de la basilique, Mgr Germain, et un groupe de pèlerins ; Mère Agnès de Jésus, Mgr Picaud, le Cardinal Pacelli, futur Pape Pie XII ; de l'autre côté de la statue, le Pape Pie XI, le Cardinal Suhard, un missionnaire, des soldats, des premiers communiants et des enfants.
  11. Normandie, Pneu Michelin, , p. 138.
  12. Arnaud Esquerre, Gérôme Truc, Jean-Marie Donegani, Yohann Aucante, Morts et fragments de corps, Les Presses de Sciences Po, , p. 59.
  13. La basilique de Lisieux, p.2-3, Coopération Missionnaire Ile de France—Rassemblement Un jour à Lisieux
  14. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Normandie, Petit Futé, , p. 87.
  15. Yves Robert, Mémoire ouvrière de Lisieux, Éditions Cahiers du temps, , p. 21.
  16. Le campanile, sur therese-de-lisieux.catholique.fr
  17. François Monmarché, Denise Bernard Folliot, Normandie, Hachette, , p. 463.
  18. La chapelle d'adoration, sur therese-de-lisieux.catholique.fr
  19. Laurent Lemerle, La France par ses timbres, Flammarion, , p. 173.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Descouvemont (photogr. Nicolas Fediaevsky), La basilique de Lisieux, Editions Ouest-France, , 32 p. (ISBN 2-7373-0188-2). 
  • Jean-Daniel Jolly Monge, Le Mystère de Lisieux, éd. Office Central de Lisieux, Lisieux, 2001 (ISBN 2-9517460-0-8)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Thérèse de Lisieux, un écho du cœur de Dieu, film de Jean-Daniel Jolly Monge, 90 min, Production Office central de Lisieux, Le Cerf, AME,1997.
  • Winter sonata, drama coréen de Oh su yeon, année 2010 (La Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux apparait dans l'épisode 20-21-22... où une jeune architecte rénove la basilique)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]