Abbaye de Blanchelande

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Abbaye Notre-Dame et Saint-Nicolas de Blanchelande
Image illustrative de l'article Abbaye de Blanchelande
Présentation
Nom local Abbaye de Blanchelande
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Prémontrés
Début de la construction 1161
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style dominant style roman / Classicisme (logis)
Protection  Inscrit MH (2000)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Ville Neufmesnil
Coordonnées 49° 18′ 37″ nord, 1° 31′ 12″ ouest[1]

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Abbaye Notre-Dame et Saint-Nicolas de Blanchelande

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Abbaye Notre-Dame et Saint-Nicolas de Blanchelande

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Abbaye Notre-Dame et Saint-Nicolas de Blanchelande

L’abbaye Notre-Dame et Saint-Nicolas de Blanchelande est une ancienne abbaye de l'ordre de Prémontré, fondée au XIIe siècle à Neufmesnil dans le département de la Manche et ancien diocèse de Coutances. L'église abbatiale et plusieurs bâtiments conventuels ont été démolis après la Révolution française.

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation[modifier | modifier le code]

Non loin du prieuré Saint-Michel du Bosc qu'il avait auparavant fondé, le seigneur de la Haye-du-Puits, Richard de La Haye, sénéchal de Normandie fonde en 1154 un prieuré sous le nom de Brocqueboeuf (à Lithaire). Le sénéchal et sa femme, Mathilde de Vernon, fille du seigneur de Néhou, fondent ainsi une abbaye dédiée à la sainte Vierge et à saint Nicolas de Myre. Dès octobre de l'année suivante, les huit premiers moines disposent d'une chapelle en bois, avec à leur tête Renouf, premier abbé connu. Cette chapelle fut bénie par Richard de Bohon, évêque de Coutances. Six ans après cette fondation, Renouf fait transférer cette fondation sur les rive du Naudouil, dans la vallée située entre Brocqueboeuf et le mont Étenclin. En mai 1161, l'évêque Richard y introduit des chanoines prémontrés, qui sont au nombre de trente dès 1170. La nouvelle église, bâtie en pierre, est bénie par l'évêque Guillaume de Tournebu en février 1186, y sont inhumés près du chœur les fondateurs, Richard de La Haye et Mathilde de Vernon. Brocqueboeuf, où avaient vécu les premiers moines devient alors un simple prieuré dépendant de la nouvelle abbaye[2].

L'abbaye de Blanchelande devint rapidement un important site religieux, une abbaye de Prémontrés, desservant plusieurs des paroisses des alentours.

Au XIIe siècle, Guillaume Avenel donne à l'abbaye de Blanchelande l'église Saint-Martin d'Avenel.

Aussi au XIIe siècle, l'abbaye a donné son nom à l'abbaye et village de Blanchland, en Northumberland au Nord de l'Angleterre. Cette abbaye était fondée en 1163.

Liste des abbés de Blanchelande[modifier | modifier le code]

Premiers abbés[modifier | modifier le code]

Le nom du premier abbé ou supérieur n'est pas connu. Il résidait à Brocqueboeuf avec la première communauté[3].

  • Renouf de La Ronceie, d'abord prieur de Brocqueboeuf, il déplaça sa communauté vers l'emplacement actuel de l'abbaye ; il bénit le nouveau cimetière conventuel le 28 juin 1160 et posa la première pierre de la nouvelle église le 28 avril 1161. Il mourut le 26 juillet 1169[3].
  • Pierre le Poète, fut élu le 4 novembre 1169. Il fut le principal artisan de la construction de l'abbatiale, commencée par son prédécesseur. C'est sous son abbatiat qu'elle fut consacrée par l'évêque Guillaume de Tournebu à la mi-janvier 1186 (n. st.). Il développa les biens de l'abbaye, malgré la perte des possessions restées sous domination anglaise, et mourut le 5 janvier 1217[4].

Abbés du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • Le successeur de Pierre le Poète fut Robert de Ravenoville[5]. À peine élu, il rendit son âme à Dieu le 25 avril 1217, d'après le nécrologe[6].
  • Pierre d'Éturville[7] eu également un abbatiat bref, puisqu'il mourut le 2 mars 1222[6].
  • Pierre de Baudienville[8] lui succéda jusqu'en 1247[6].
  • Robert Hairon, élu en septembre 1247, gouverna la communauté de Blanchelande pendant six années, puis abdiqua sa charge le 13 mai 1253, décédant peu après le 16 novembre suivant[6].
  • Thomas de Sainte-Mère-Église[9] lui succéda pendant plus d'une dizaine d'années. On ne sait si son neveu Pierre de Sainte-Mère-Église lui succéda à l'abbatiat ou ne joua le rôle de prieur que pendant la vacance abbatiale. La date du décès de Thomas est d'ailleurs incertaine : 10 septembre 1262 ou 27 octobre 1260[6].
  • Guillaume Aubert, de Sainte-Mère-Église, fut en effet élu dès 1260 et il mourut entre le 14 et le 20 novembre 1271[6].
  • Thomas Fabien n'apparaît dans les chartes qu'en 1275, mais il avait probablement été élu à la mort de son prédécesseur. Il décéda à son tour le 30 août 1298[6].

Abbés du XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Le successeur de Thomas Fabien (abbé de v. 1271 à 1298) fut :

  • Robert Hardy, élu en 1298. Il conclut un accord avec l'abbaye du Mont-Saint-Michel au sujet des dîmes du Rotour en 1302. Son tombeau indiquait trente-trois années d'abbatiat et la date de sa mort le [6].
  • Jean Pitteboult, de Barneville, resta abbé peu de temps, car il décéda le 17 janvier 1337[6].
  • Guillaume de Cressal mourut le 4 septembre 1349[6].
  • Nicolas de La Bonneville[10] décéda quant à lui le 16 août 1362[6].
  • Aubin Leroux décéda comme abbé le 2 avril 1377[6].
  • Thomas des Iles est indiqué au nécrologe de l'abbaye prémontrée de Bellozanne comme décédé le (le 22 juin 1412 selon d'autres catalogues, après 1404 selon Mgr Bernard Ardura)[6].

Abbés du XVe siècle[modifier | modifier le code]

Le successeur de Thomas des Iles (abbé de 1377 à 1404 ou 1412) fut :

  • Richard, dont le nom n'est pas connu, ni la date exacte du décès[11].
  • Thomas de Saint-Lô l'ancien, abbé au moment de l'occupation anglaise, peut-être dès 1412, il quitta l'abbaye «  avec ses chartes et ses saintes reliques et ses vases sacrés  » entre 1421 et 1430 en Angleterre. Il obtint de Henri VI de pouvoir retrouver son abbaye, où il mourut le 25 février 1447 (n. st.), où le remplaça un membre de sa famille[11].
  • Thomas de Saint-Lô le jeune était un cousin ou un neveu du précédent. Il obtint remit son abbaye dans la fidélité au roi de France en 1450. On lit sa date de mort au 8 octobre 1452 dans le nécrologe de Bellozanne, déjà cité, et au 8 septembre 1462 dans les autres catalogues, date plus probable (1461 selon Mgr Ardura)[11].
  • Nicolas Mulot son successeur fut en effet consacré le 10 novembre 1461. Il se démit de sa charge en 1476 et mourut ke 7 février 1483[11]. Son épitaphe est encore visible dans l'église de Neufmesnil où elle a été déposée en 1845. Il aurait résigné sa charge en 1480 (Mgr Ardura).
  • Pierre Pitteboult, de Barneville, cité dès 1480, avait probablement été élu en 1476. Il décéda le 5 février 1486[11]. Son épitaphe est inscrite sur la même dalle funéraire que son prédécesseur.
  • Robert Rosselin est cité comme abbé décédé le [11]. Abbé de 1488 à 1511 (Mgr Ardura).

Abbés du XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Pendant les guerres de religion, l'abbaye fut pillée le 28 février 1587. Les bâtiments furent en partie détruits et ses titres et archives brûlés. Ayant peu de revenus, l'abbaye avait déjà vu ses finances affaiblies par sa part à l'impôt de 100 000 écus consentis au roi. L'abbé Philippe Troussey, évêque suffragant de Coutances, fut assassiné le 25 mai 1590[12].

Le successeur de Robert Rosselin (abbé de 1485 à 1501) fut :

  • Pierre Le Fèvre ne resta que peu d'années et fut le dernier abbé de la période médiévale de l'abbaye (probablement. Il décéda le 22 juin 1507 et fut inhumé avec ses prédécesseurs Nicolas Mulot et Pierre Pitteboult[11]. Son épitaphe se lit avec la leur sur la dalle funéraire abbatiale dans l'église paroissiale de Neufmesnil.
  • Laurent Mulot, sans doute parent de Nicolas Mulot. Cet abbé donna au chœur de son abbatiale un « moïse » de bronze en 1519. La date de son décès est très incertaine, entre 1525 et 1535 selon les sources[11]. Résigna en 1535 (selon Mgr B. Ardura).
  • Nicolas Le Maistre l'ancien lui succéda en effet en 1535, et mourut ou résigna «    »en 1537 ou 1539[11].
  • Nicolas Le Maistre le jeune, cousin du précédent, lui succéda à la tête de la communauté de Blanchelande le 16 ou le 22 mai 1539. Il mourut le 25 avril 1557[13].
  • François de Bouliers, premier abbé commendataire de Blanchelande jusqu'en 1575. Il fut ensuite nommé évêque sur le siège de Fréjus[13].
  • Philippe Troussey l'ancien, abbé régulier en 1575, ancien prieur du précédent, il résigna en faveur de son cousin François Troussey en 1589, et devint évêque titulaire de Porphyre, suffragant de l'évêque de Coutances. Il fut assassiné pendant les guerres de religion le 25 mai 1590[13]..
  • François Troussey, cousin du précédent, nommé en 1589 sur résignation de son prédécesseur, mort le [13].

Abbés du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le successeur de François Troussey (abbé de 1589 à 1614) fut :

  • Philippe Troussey le jeune, neveu du précédent, et fut abbé régulier, décédé le [13]..
  • Jérôme Grimaldi-Cavalleroni (1595-1685) fut le deuxième abbé commendataire de Blanchelande, nommé par le roi alors qu'il était nonce apostolique en France. Devenu cardinal le 13 juillet 1643, il fut transféré à l'archevêché d'Aix ; il est mort en 1685[13]..
  • Giuseppe Zongo Ondedei, abbé commendataire, fut nommé le 1er janvier 1649. Il décéda en août 1651[13]..
  • Jean-Vincent de Tulles, abbé commendataire, ancien évêque d'Orange, et depuis 1646 évêque de Lavaur, il fut nommé en 1651 et décéda le 4 décembre 1668[14].
  • François Caillebot de La Salle, abbé régulier nommé par le roi le 18 décembre 1668, et mort le [14].
  • Melchior de Arod Senevas (1611-1694), marquis de Saint-Romain, abbé laïc commendataire, dont la commende fut donnée par le roi du 1er octobre 1671, date du décès de son prédécesseur régulier, jusqu'au 1er octobre 1672, probablement par contrat[14].. Il était ambassadeur extraordinaire de France auprès du roi du Portugal depuis 1664 et en Suisse entre 1672 et 1676. Il fut aussi commendataire des abbayes de Saint-Léonard de Corbigny et de Saint-Pierre de Préaux[15].
  • Jean-Baptiste Boyer, abbé régulier, chanoine de Paris, nommé le 3& octobre 1672 par le roi, décédé en novembre 1685[14]..

Abbés du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les bâtiments conventuels ainsi que le carré du cloître sont reconstruits dans le style classique. Le logis abbatial est terminé en 1740.

Le successeur du chanoine Boyer (abbé de 1671 à 1685) fut :

  • François Le Vasseur de Coignée, abbé commendataire, nommé le 29 mars 1687, jusqu'en 1721[14],[16]
  • Gilles-Bernard Raguet, abbé commendataire d'août 1721 à 1723, puis aumônier et prieur d'Argenteuil[14]..
  • Pierre-Paul de Lormande, abbé commendataire désigné en octobre 1723[14].. Il avait été membre associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
  • Alexandre Lebrun d'Inteville, marquis d'Inteville, prêtre, licencié en théologie, puis abbé commendataire de Blanchelande depuis le 12 avril 1738, jusqu'en 1748, date où il devint abbé commendataire de Licques[14]..
  • Jérôme Prévost, devenu prieur régulier, puis nommé abbé régulier par le roi le 2 mars 1748. Il mourut en 1765[14].. Il était le frère de l'abbé Prévost.
  • Ange-François de Talaru de Chalmazel (1725-1791), nommé évêque de Coutances en 1764, il reçut presque aussitôt l'abbaye de Blanchelande[17], où ne vivaient plus que quelques chanoines réguliers, dont le martyr Pierre-Adrien Toulorge. L'évêque de Coutance fut désaisi de son abbaye en 1790, devenue bien national. Il mourut en exil l'année suivante à Londres.

Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1790, l'abbaye est déclarée bien national. La mise en vente provoque la démolition partielle des bâtiments conventuels et surtout de l'église abbatiale, dont il restait néanmoins le clocher.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Blanchelande renaît au XIXe siècle, grâce à madame de Robersart, fille du duc de Praslin. Elle restaure le logis abbatial, dont un salon richement décoré, et une salle à manger avec boiseries sculptées. Elle offrit alors aux « sœurs auxiliatrices » de se joindre à elle. Elle leur légua l'abbaye où elles restèrent plus d'un siècle.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, le propriétaire britannique aménage « une éphémère boite de nuit » dans la chapelle[18].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Elle a été vendue aux enchères, à un particulier, pour un montant de 920 000 euros[19]. Plusieurs éléments de l'abbaye sont inscrits au titre des monuments historiques en 2000[20].

Visite[modifier | modifier le code]

La visite de ce lieu n'est pour l'instant pas autorisée, mais le propriétaire a des projets de musées dans l'abbaye[21].[réf. incomplète].

Architecture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Géoportail
  2. Gallia christiana, t. XI, col. 944-945.
  3. a et b Gallia christiana, t. XI, col. 945.
  4. Gallia christiana, t. XI, col. 945-946.
  5. Ravenoville est une commune de la Manche.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Gallia christiana, t. XI, col. 946.
  7. Éturville (Sturvilla) est un ancien fief, et hameau sur la commune de Carquebut, dans la Manche.
  8. Baudienville est un ancien fief, hameau et ferme à Virandeville dans la Manche.
  9. Sainte-Mère-Église est une commune bien connue de la Manche. Le fief de Sainte-Mère avait appartenu à une branche de la famille de Vernon, à laquelle appartenait Mathilde, la fondatrice. La famille de Sainte-Mère-Église avait donné un évêque de Londres en 1199 (voir Guillaume de Sainte-Mère-Église.
  10. La Bonneville est une commune de la Manche.
  11. a, b, c, d, e, f, g, h et i Gallia christiana, t. XI, col. 947.
  12. Mgr Bernard Ardura, Abbayes, prieurés et monastères de l'ordre de Prémontré en France , 1993, p. 132.
  13. a, b, c, d, e, f et g Gallia christiana, t. XI, col. 948.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h et i Gallia christiana, t. XI, col. 949.
  15. Louis d'Hozier, Armorial général, t. IV, «  Pracomtal  » p. 919.
  16. Abbé Quinette, Notice historique sur Saint-Denis-le-Vêtu : une paroisse normande, p. 54 texte.
  17. L. Sandret, L'ancienne église de France (province ecclésiastique de Rouen), Paris : Diumoulin, 1866, p. 310.
  18. Christophe Leconte, « Avis, abbaye de Blanchelande à vendre ce jeudi », Ouest-France, 15 décembre 2010.
  19. « La Manche Libre - L'abbaye de Blanchelande adjugée 920 000 euros aux enchères ! » (consulté le 28 mai 2011)
  20. « Ancienne abbaye de Blanchelande », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. article d'Ouest-France

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cartulaire de l'abbaye de Blanchelande (1271) : extraits, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits occidentaux, Coll. Baluze 58 ; tables, ibid., Manuscrits occidentaux, fr. 4902.
  • Gallia christiana, t. XI, col. 944-949.
  • Cartulaire de Jersey: recueil de documents concernant l'histoire de l'île conservés aux archives du Département de la Manche, Société Jersiaise, Jersey : Labbey, 1918-1924.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Leberruyer, L'abbaye de Blanchelande, Coutances : OCEP, impr. Notre-Dame, 1971.
  • Jean Fournée, « L'Abbaye de Blanchelande, notice historique et descriptive », dans Revue du département de la Manche, t. 20, 1978, fasc. 77-78 (numéro spécial), 141 p.
  • Jean-Baptiste Lechat, « Le dossier du RP Toulorge (1757-1793), religieux de l'abbaye Saint-Nicolas de Blanchelande », dans Revue du département de la Manche, no 144, 1994, p. 37-41

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]