Collégiale du Saint-Sépulcre de Caen

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Collégiale du Saint-Sépulcre de Caen
image illustrative de l’article Collégiale du Saint-Sépulcre de Caen
Présentation
Culte Catholique romain
Type Collégiale désaffectée
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style dominant Classicisme
Protection Logo monument historique Classé MH (1934)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Commune Caen
Coordonnées 49° 11′ 11″ nord, 0° 21′ 33″ ouest

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Collégiale du Saint-Sépulcre de Caen

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Collégiale du Saint-Sépulcre de Caen

La collégiale du Saint-Sépulcre de Caen est une ancienne collégiale fondée au XIIIe siècle dans le quartier du Vaugueux à Caen. Ce monument fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première église[modifier | modifier le code]

Le prêtre Guillaume Acarin, conseiller de Philippe Auguste et de son successeur Louis VII, fait vœu lors de son pèlerinage à Jérusalem de bâtir à Caen une église suivant les plans du Saint-Sépulcre. Le chapitre de Bayeux lui offre un terrain sur la colline faisant face au château de Caen et sur lequel se dresse une chapelle construite au XIIe siècle. En 1219, l'église du Saint Sépulcre est construite à l'est[2] de la vieille chapelle dédiée à sainte Anne.

Si l'on en croit les écrits, il s'acquitte généreusement de ses engagements et l'église est pour l'époque considérée comme une petite merveille. On y remarque surtout une chapelle dite « du Monument » parce qu'elle représente fidèlement le tombeau de Jésus-Christ. On y conservait un morceau de la Vraie Croix. Le dimanche des Rameaux, des processions partaient des différentes paroisses de la ville pour venir adorer cette relique. Une autre cérémonie très fréquentée se tenait le Vendredi saint. D'autres reliques étaient entreposées dans l'église, comme des meubles et des vêtements ayant appartenu à Thomas Becket[3].

Le chapitre de chanoines était à l'origine composé de seize membres. Leur nombre fut ensuite plus important, avant qu'il ne se stabilise à 10 : un doyen et neuf chanoines qui tiraient leur revenu de la prébende[4]. Le premier doyen est le fondateur de l'église, Guillaume Acarin[5].

L'église est pillée lors de la prise de Caen en 1346. Comme l'église se trouve en dehors des fortifications de Caen, les chanoines reçoivent l'autorisation de se mettre en sureté en s'entourant de remparts et de fossés. En 1372, il est fait mention d'une enceinte défensive entourant l'église, son cimetière, ainsi qu'un jardin ; l'accès à l'ensemble se faisait par une porte à deux vantaux à claire-voie[6]. Le fort était également protégé par cinq balistes[3]. Mais ces fortifications, insuffisamment entretenues, ne permettent pas de résister à un assaut et disparaissent avant le XVIe siècle[6].

Vestige de l'ancienne chapelle Sainte-Anne (XIIe siècle)

L'église du Sépulcre, insuffisamment protégée, tombe au pouvoir des Anglais lors du siège de 1417. Ces derniers nomment un de leurs hommes, Jean Fane, comme doyen et emportent le morceaux de la Vraie Croix. Mais selon Charles de Bourgueville, ils rendent la relique aux chanoines à la suite de divers désastres que les conquérants interprètent comme des punitions divines. Les religieux font alors dresser une chapelle.

Les huguenots dévastent à leur tour l'église lors du pillage de la ville en . En août de la même année, Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon et gouverneur de Normandie, proche des calvinistes, fait démolir l'édifice à coup de canon au prétexte que cette position élevée pouvait être investie par les Protestants qui auraient ainsi inquiété la garnison du château de l'autre côté du vallon.

L'église actuelle[modifier | modifier le code]

Après la destruction de leur église, les chanoines du Saint-Sépulcre s'installent dans la modeste chapelle Sainte-Anne.

En 1629, les chanoines font établir à leurs frais les degrés en granit qui conduisent encore, de la rue du Vaugueux à la place du Saint Sépulcre.

Jusqu'au début du XVIIIe siècle, les chanoines disposent d'une chapelle d'environ 30 mètres sur 10. Vers 1740, on lui ajoute une sacristie avec des boiseries richement décorées. En 1761, le doyen charge l'architecte local, Jean Boisard de bâtir le clocher et deux chapelles formant l'ébauche d'un transept. À la veille de la Révolution française, l’église est dans une excellente situation financière[7]. En 1785, une nouvelle campagne d'agrandissement est entreprise par Laguillière afin d'harmoniser les différentes parties de l'église, mais les travaux sont interrompus par la Révolution[8].

L'église depuis la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1791, la collégiale est dissoute. L'église est affectée en 1817 au service de l'artillerie.

En , un projet de construction d'une école pour les filles est adopté par le conseil municipal. Il prévoit la destruction de l'église, alors inutilisée. Des associations de particuliers, relayés par le Préfet du Calvados, souhaite la conservation du clocher qu'un membre du conseil municipal qualifie en retour de « tour à pigeons ». Finalement, le conseil municipal décide en 1911 de modifier les plans de la nouvelle école pour conserver la tour recouverte de lierre, sauvée par son aspect « pittoresque » (rapport de Guerlin du Guer). Mais le projet traine jusqu'en 1913 car l'armée demande des indemnités en vertu de la convention passée en 1817. Le , la déclaration d'utilité publique est signée. Mais la Première Guerre mondiale éclate en juillet et le projet est définitivement abandonné[9].

En 1920, l'armée quitte les lieux qui sont désormais occupés par les archives départementales. La totalité de l'église est classée monument historique en 1934.

Pendant la bataille de Caen, l'église est légèrement endommagée. Une toiture provisoire est posée en 1945, puis la charpente est reconstruite[10]. En 1962, l'édifice est cédé à la ville par le département. La Société des antiquaires de Normandie y installe en juillet-août 1963 les collections du musée des antiquaires de Normandie[11]. Aujourd'hui, l'église est ouverte occasionnellement pour accueillir des manifestations organisées par la ville de Caen.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'emprise au sol de l'église est de 674 m². Elle est longue de 53 mètres pour un maximum de 18 mètres.

De la chapelle Sainte-Anne du XIIe siècle, il ne reste plus qu'un fragment de la façade incorporée au mur sud de l'église actuelle. Il s'agit de deux fenêtres séparées par un contrefort et surtout d'une porte murée dont le décor de frettes crénelées est caractéristique de l'architecture médiévale normande. On en retrouve des exemples au château de Caen (salle de l'Échiquier) ou à l'abbaye aux Dames (église abbatiale). Ces ouvertures ont été murées au XVIIIe siècle[8].

Au-dessus d'une base carrée, la tour octogonale est surmontée d'un dôme à huit pans. Elle est typique de l'architecture de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, comme le clocher de l'église Saint-Michel de Vaucelles construit 20 ans plus tard. Le décor de l'abside, scandé par des colonnes d'ordre corinthien, offre également un bon exemple du classicisme français.

Le toit de la nef est surmonté d'une contre-courbe[12] assez aiguë.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00111126, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Plan Belleforest (1575)
  3. a et b F. Vaultier, Histoire de la Ville de Caen depuis son origine jusqu'à nos jours, B. Mancel, 1843
  4. Guillaume-Stanislas Trébutien, Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, Caen, A. Hardel, 1880, 3e édition, p. 151
  5. Pour la liste des doyens, cf. Pierre Carel, Histoire de la ville de Caen depuis Philippe Auguste jusqu'à Charles IX, Caen, impr. Champion, 1886, p. 318-320 [(fr) texte intégral]
  6. a et b Christophe Collet, Caen, cité médiévale : bilan d'histoire et d'archéologie, Caen, Caen Archéologie, 1996
  7. Alain Corbin, « Les Biens nationaux de première origine dans le district de Caen », Annales de Normandie, 1989, vol. 39, no 1 , p. 91
  8. a et b Philippe Lenglart, Caen, Architecture et histoire, Condé-sur-Noireau, Éditions Corlet, 2008, p. 191-192
  9. Philippe Lenglart, Le nouveau siècle à Caen, 1870-1914, Condé-sur-Noireau, Corlet, 1989, p. 129-133
  10. Renaissance d'une ville, Caen 1944-1963 (exposition en ligne)
  11. Lucien Musset, « Historique sommaire du Musée des antiquaires (1824-1963) », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. 57 (1963-1965), Caen, 1965, pp. 583-588 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2012)]
  12. Cf. Eugène Viollet-Le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, tome 4, 1856

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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