Évangile des Hébreux

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Le terme Évangile des Hébreux ou Évangile selon les Hébreux désigne, dans la littérature patristiques, un ou plusieurs textes apocryphes en usage dans des communautés judéo-chrétiennes. Comme il n’en subsiste que de courts extraits, leur nombre et leur nature sont difficiles à cerner et il existe différentes opinions à cet égard. L’avis dominant est qu’il aurait au moins trois corpus différents : l’Évangile des Ébionites, celui des Nazaréens et l’Évangile des Hébreux proprement dit, mais ils semblent parfois confondus par les auteurs qui les mentionnent et l’attribution d’une citation à l’un ou à l’autre est difficile.

L’Évangile des Hébreux aurait été rédigé avant la moitié du IIe siècle en Égypte pour un public peut-être syrien, lisant l’araméen, le chaldéen ou l’hébreu ; les extraits restants n’offrent pas de ressemblance avec les évangiles canoniques, mais un passage se retrouve dans l’Évangile selon Thomas. Nicéphore lui attribue 2200 lignes.

Sommaire

Mentions chez les auteurs anciens [modifier]

Origène en fait mention trois fois. Cet Évangile est connu de Clément d'Alexandrie (IIe siècle) et apparemment de Jérôme de Stridon[1]. Tout une partie de la critique moderne, dont Simon Claude Mimouni identifie cet évangile avec l'Évangile des Nazaréens[1]. Jérôme affirme qu'il était lu habituellement par ceux qu'il appelle les « nazaréens » ou « nazoréens »[2],[1], écrit en langue hébraïque, qu’il aurait traduit en grec et en latin. Il en existait, selon lui, un exemplaire à la bibliothèque de Césarée[2],[3]. Ignace d'Antioche l'aurait compulsé. Selon W.R. Schoemaker, Épiphane, Hégésippe, Clément, Origène et Eusèbe avaient connaissance d’un Évangile des Hébreux et les trois derniers en avaient une copie[4]. Un tel évangile est cité aussi par Cyrille de Jerusalem.

Particularités théologiques [modifier]

L’Esprit saint y est la mère de Jésus ; selon M. R. James, Throckmorton et Barnstone, le mot « esprit » est féminin en hébreu, de même que shekinah qui désigne la nuée témoignant de la présence divine. Le concept de Jésus fils de l’Esprit saint est aussi présent dans le Protévangile de Jacques, ce qui renforce l’hypothèse d’une origine égyptienne. De façon assez compréhensible pour un texte judéo-chrétien, l'Église de Jérusalem et Jacques le Juste y occupent une place importante. Ce dernier aurait été témoin de la résurrection.

Relations avec Matthieu [modifier]

Un des points discutés est la relation entre les évangiles judéo-chrétiens et l’Évangile de Matthieu pour lequel l’existence de versions hébraïques en usage chez des judéo-chrétiens est attestée. Ainsi, Papias affirmait que Matthieu aurait écrit tout d’abord en hébreu et qu’un Évangile de Matthieu était en usage chez les Ébionites à la fin du IIe siècle[5]. Épiphane affirme qu’ils possédaient, entre autres textes, cet évangile en hébreu, mais sous une forme altérée qu’ils appelaient Évangile des Hébreux[6]. Jérôme rapporte également que les Nazarènes étaient réputés utiliser l’Évangile selon Matthieu. Il déclare avoir eu sous les yeux un tel Évangile en écriture hébraïque et l’avoir jugé assez similaire au texte grec. Néanmoins, les extraits restants de l’évangile des Hébreux ne présentent pas de ressemblance avec Matthieu.

Notes et références [modifier]

  1. a, b et c Gilles Dorival, Le regard d'Origène sur les judéo-chrétiens, in Le judéo-christianisme dans tous ses états - Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir. Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001, p. 279.
  2. a et b Jérôme de Stridon, De viris illustribus chap. III.
  3. Étude sur la théologie nazaréenne
  4. W. R. Schoemaker The Gospel According to the Hebrews The Biblical World 20.3 (September 1902:196-203)
  5. cité par Irénée
  6. Panarion 29

Liens externes [modifier]