Télémark

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la technique de ski. Pour la région de Norvège, voir comté de Telemark. Pour la race bovine, voir télémark (race bovine).
Skieur de télémark

Le télémark est un ensemble de techniques de ski nordique adapté au ski de descente avec le talon libre (non fixé au ski), ce qui permet d'exécuter des virages harmonieux dits « virages télémark ». Le virage télémark s'effectue avec un fléchissement de la jambe intérieure. C'est l'une des plus anciennes techniques de ski, inventée en 1868 par un menuisier du comté de Telemark en Norvège, Sondre Norheim.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'apparition des premiers skis remonte à plus de 2 000 ans av. J.-C. selon des représentations de cette période.

Le télémark doit son nom à la région norvégienne de laquelle il est originaire. On l'appelle « télémark », par opposition aux techniques christiania du nom d'un autre endroit de Norvège, maintenant Oslo.

Le télémark tel qu'on le connaît aujourd'hui est dû à Sondre Norheim qui, lors d'une course de ski dans le village de Morgedal, imposa son style avec la technique du virage sauté.

Pour le ski de descente, les techniques de télémark ont été supplantées au XXe siècle par les techniques avec talon fixé devenues plus performantes en termes de vitesse avec l'évolution technique du matériel. Ces dernières sont issues du style christiania, adapté avec l'importation du ski dans les Alpes. Elles deviennent donc le ski alpin.

Cette disparition temporaire pendant une partie du XXe siècle a contribué à l'idée fausse selon laquelle le télémark serait une technique ancienne, « ancestrale », par rapport aux techniques avec talon fixé.

Le télémark a continué à être pratiqué dans les pays nordiques et a connu une renaissance à partir des années 1970 d'abord en Amérique du Nord, qui s'est ensuite étendue aux autres régions de pratique du ski.

Le matériel[modifier | modifier le code]

Les chaussures[modifier | modifier le code]

Elles présentent un bec à l'avant permettant la fixation sur les skis. Elles sont beaucoup plus souples que les chaussures de ski alpin classique. De la coque en cuir (qui est encore utilisée) on est passé progressivement au plastique souple. Ces chaussures permettent la descente en milieu alpin autant que la montée du même type que le ski de randonnée. La coque cuir, plus souple et plus agréable à porter, n'a pas disparu et a toujours ses aficionados. Mais à l'usage et pour un emploi plus sportif, la coque plastique donne plus de sécurité et de facilité et gagne donc du terrain.

Le ski[modifier | modifier le code]

Il existe des skis dédiés au télémark, même si, pour limiter les dépenses, on peut monter les fixations de télémark sur des skis alpins. Les lattes télémark présentent encore souvent des cœurs en bois et au talon plus souples. On peut trouver des modèles plus ou moins spécialisés : piste, hors-piste, poudreuse, carving, 4 × 4 passe-partout, twintips. La tendance des années 2000-2005 est le ski dit fat, c’est-à-dire présentant des lignes de côtes larges, adaptées à la neige vierge et à la pratique backcountry, terrain de prédilection du télémark.

La fixation[modifier | modifier le code]

Il en existe plusieurs types avec chacune ses avantages, à pointe, à mâchoire. Depuis 1995, la plus répandue est celle à câble : souple ou rigide avec ressort ou pistons. Enfin, des systèmes à plaques remplacent les câbles pour proposer des renforts d'efforts différents. La fixation de Télémark est très simple et malgré sa rusticité, elle offre une bonne sécurité en cas de chute. Avec les modèles plus récents, un système de sécurité est existant. D'un poids insignifiant, on peut surélever la fixation pour éviter d'accrocher la neige dans les virages avec des plaques spéciales. On peut y ajouter une talonnière spéciale pour le ski de randonnée.

Depuis 2006, la plupart des fabricants proposent des modèles de randonnée, dits « FreePivot », où l'étrier avant peut être débloqué pour permettre un débattement équivalent aux fixations de randonnée alpine en montée. Enfin, la nouvelle norme NTN, conçue et commercialisée depuis 2007 par Rottefella, propose elle aussi un système de montée, pour des chaussures mixtes, c'est-à-dire adaptables au télémark (NTN) et a certains standards de fixation de randonnées alpines.

Les bâtons ou le bâton[modifier | modifier le code]

Originellement, on utilisait l'alpenstock, un bâton d'environ 2 mètres. Il est maintenant moins utilisé au profit des bâtons de ski « classique ». On les choisit alors plus courts qu'en ski alpin puisque le centre de gravité est plus bas (en général en dessous du coude), ou plus longs, comme des bâtons de ski de fond, pour la partie skating des compétitions classic. L'usage de bâtons n'est cependant pas indispensable, notamment pour goûter aux joies du télé-surf où l'on cherche à se pencher le plus possible dans le virages ou pour faire du carving.

Disciplines[modifier | modifier le code]

Compétition[modifier | modifier le code]

Épreuves[modifier | modifier le code]

Le télémark est essentiellement une discipline pour amateurs éclairés.

Un "loom": virage à 360° sur piste relevée

Les épreuves sont de trois types[1] :

  • classique : épreuve chronométrée en une manche de deux minute et demie à quatre minutes, comportant des parties libres, des parties en slalom entre portes, des sauts, des looms[2] et des parties à parcourir en skating ; des pénalités de style sont également appliquées ;
  • classique sprint : épreuve similaire à la « classique », mais plus courte et en deux manches.
  • sprint parallèle (depuis 2012) : deux slaloms parallèle parcourus simultanément par deux skieurs, avec loom et partie skating commune, par manches éliminatoires.

Jusqu'en 2011[réf. nécessaire], il y avait également des épreuves de « géant » : un slalom chronométré en deux manches, avec un saut en milieu de parcours, et des éventuelles pénalités pour sanctionner le style.

Le télémark s'est porté candidat pour être un sport olympique en 2014 ou aux olympiades suivantes, selon l'avancement du dossier. Il semble que le télémark (sprint parallèle) soit intégré à l'Agenda 2020, pour une intégration à l'olympiade d'hiver de 2022. A confirmer d'ici 2015 a priori.

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Les championnats du monde de télémark sont organisés tous les deux ans par la FIS depuis 2005. Il existe également des championnats du monde juniors de télémark.

En 2011, Philippe Lau est sacré Champion du monde de Classic Sprint et remporte la Coupe du monde de Classic Sprint et le général de la Coupe du monde.

Les coureurs français[modifier | modifier le code]

En 2011 l'équipe de France A est composée de Alexandre Adami, Antoine Bouvier, Chris Lau, Philippe Lau, Sven Lau et Laura Grenier Soliget[3] ; en 2012, Alexandre Adami n'y est plus, mais le groupe est rejoint par Guillaume Baud, Clément Bergeretti, Derek Bouvier Garzon, Rémi Fradet et Nolwenn Faivre[4].

Les coureurs suisses[modifier | modifier le code]

L'équipe suisse de télémark saison 2011-2012[réf. nécessaire] :

Randonnée[modifier | modifier le code]

Le télémark est également un moyen de pratiquer la randonnée. Des fixations plus adaptées à cela sont proposées depuis 2006 environ (permettant un débattement plus important et donc plus confortable). Les fixations télémark "normale" permettent aussi de faire de la randonnée, et ont été utilisées en partie pour cela pendant des décennies.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]